‹ Au bord du TageChapitre 25 sur 49 · BALLADE DU PAYS DE GALLES · texte numérisé non relu

BALLADE DU PAYS DE GALLES

IMITEE DE L ANGLAIS.

Oh ! que j'aimais l'heure du soir, Les longs récits de nos veillées , Et la salle du vieux manoir Et ses vieilles armes rouillées !

Oh ! que j'aimais l'heure du soir, Quand , après tout un jour d'absence , L'ombre , en couvrant le vieux manoir Venait annoncer ta présence !

Attentive au bruit de tes pas , De loin j'écoutais ta venue ; Je cherchais l'appui de ton bras Pour monter la longue avenue.

Ah ! quand sur ce bras protecteur Je m'appuyais , faible et rêveuse , Quand ma main tremblait sur ton cœur, Sais- tu combien j'étais heureuse \

J'écoutais tes nobles récits, Je m'enivrais de ta présence , De tes regards , de ton souris De ton parler , de ton silence.

De nobles récits chaque soir Remplissent encor nos veillées ; Les murs noircis du vieux manoir Sont tapissés d'armes rouillées.

Mais tes pas au déclin du jour , Ne résonnent plus sur la plaine. . . .

J'interroge sur ton retour L'eau du torrent, l'ombre du frêne.

Las ! à mes magiques accens L'eau répond par un sourd murmure Le frêne aux rameaux jaunissans , Dépouille sa verte parure.

Adieu donc , mon unique amour !

Toute espérance m'est ravie.

Ah ! m'ôter l'espoir du retour, C'est trancher le fil de ma vie. . .

— Le jour luit : les pas d'un coursier Sur la plaine au loin retentissent Et sur l'armure d'un guerrier Les feux du jour se réfléchissent.

Le laird gravit rapidement Du château l'antique avenue. . .

Au-devant de son noble amant La jeune Edith n'est pas venue.

Dans la salle du vieux manoir, Règne un religieux silence.

Les sombres plis d'un crêpe noir Recouvrent les vieux fers de lance.

Et non loin de la vieille tour, On voit un tombeau solitaire ; Et la cloche au déclin du jour , Elève sa voix funéraire .

Un vieillard , un père , en pleurant Baise les pierres sépulcrales :

La veille il a vu son enfant Endormi sous ces froides dalles.

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