‹ Au bord du TageChapitre 24 sur 49 · SOU VENEZ- VOUS DE MOL · texte numérisé non relu

SOU VENEZ- VOUS DE MOL

Qu'avec plaisir, ô fleur pâle et charmante , Je te retrouve dans ces lieux !

Plus que l'éclat de la rose naissante , Ton faible azur plaît à mes yeux.

Pour embellir un dernier jour d'automne , Le printemps te laisse après soi ;

J'aime ce nom , ce doux nom qu'on te donne Souvenez- vous de moi.

Mon œil distrait, errant dans la prairie, T'a reconnue avec transport.

Suis-moi ; rappelle à mon âme attendrie Les momens passés sur ce bord.

Mais non ! fleuris et meurs sur ce rivage ; J'y voudrais mourir près de toi

Je pars ■ ô vous , dont j'emporte l'image , Souvenez-vous de moi !

Toi que j'ai vue au fond du noir abîme Auprès de l'antre du torrent ,

Du vieux rocher toi qui pares la cime Et les murs du saint monument ,

Si l'on revient visiter l'ermitage , Qu'un doux regard tombe sur toi !

Vous qui ferez le saint pèlerinage , Souvenez-vous de moi !

Vous reverrez la chapelle pieuse L'autel où nous avons prié ,

Les bois, le mont, l'antre, l'onde écumeuse.

Moi , je n'aurai rien oublié.

Dites-vous bien que d'ennuis oppressée ,

Du destin j'accuse la loi, Que près de vous erre encor ma pensée , Souvenez-vous de moi !

Ma voix s'éteint , mon luth que j'abandonne

Exhale ses derniers accords.

Roseau brisé , jouet des vents d'automne ,

Ils m'emportent sur d'autres bords.. .

Près de revoir le monde et ses orages ,

Mon cœur frémit d'un vague effroi. . .

Ah ! sans retour si je fuis ces rivages , Souvenez-vous de moi !

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