SOU VENEZ- VOUS DE MOL
Qu'avec plaisir, ô fleur pâle et charmante , Je te retrouve dans ces lieux !
Plus que l'éclat de la rose naissante , Ton faible azur plaît à mes yeux.
Pour embellir un dernier jour d'automne , Le printemps te laisse après soi ;
J'aime ce nom , ce doux nom qu'on te donne Souvenez- vous de moi.
Mon œil distrait, errant dans la prairie, T'a reconnue avec transport.
Suis-moi ; rappelle à mon âme attendrie Les momens passés sur ce bord.
Mais non ! fleuris et meurs sur ce rivage ; J'y voudrais mourir près de toi
Je pars ■ ô vous , dont j'emporte l'image , Souvenez-vous de moi !
Toi que j'ai vue au fond du noir abîme Auprès de l'antre du torrent ,
Du vieux rocher toi qui pares la cime Et les murs du saint monument ,
Si l'on revient visiter l'ermitage , Qu'un doux regard tombe sur toi !
Vous qui ferez le saint pèlerinage , Souvenez-vous de moi !
Vous reverrez la chapelle pieuse L'autel où nous avons prié ,
Les bois, le mont, l'antre, l'onde écumeuse.
Moi , je n'aurai rien oublié.
Dites-vous bien que d'ennuis oppressée ,
Du destin j'accuse la loi, Que près de vous erre encor ma pensée , Souvenez-vous de moi !
Ma voix s'éteint , mon luth que j'abandonne
Exhale ses derniers accords.
Roseau brisé , jouet des vents d'automne ,
Ils m'emportent sur d'autres bords.. .
Près de revoir le monde et ses orages ,
Mon cœur frémit d'un vague effroi. . .
Ah ! sans retour si je fuis ces rivages , Souvenez-vous de moi !