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De la Popelliniêre, p

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galères! Celle-ci, qui se rendait en Sicile, fut prise par les Turcs, puis reprise par le commandeur de Malte. Rendu à la liberté, de Gourgues fit un voyage sur les côtes d'Afrique, où nous commencions à former des établissements, puis au Brésil, qui attendait encore des maîtres. 11 revenait de cette dernière excursion, lorsqu'il sut le massacre des Français établis à la Floride. Son parti fut pris à l'instant. Il vendit tout ce qu il possédait, emprunta à ses amis, et rassembla une somme suffisante pour équiper trois navires de moyenne grandeur. Il y embarqua cent cinquante soldats, quatre-vingts matelots, et mit à la voile le 22 août 1567.

La tempête le força de relâcher à Arguim en Afrique, où il eut à combattre trois chefs nègres que les Portugais avaient excités contre lui, puis à Saint-Domingue, où il radouba ses vaisseaux malgré les Espagnols. Enfin, arrivé à la hauteur de Cuba, il rassembla ses équipages et leur confia son projet, dont il n'avait rien dit jusqu'alors. Tous s'écrièrent qu'ils étaient prêts à mourir jusqu'au dernier pour [venger l'outrage fait au nom français

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dans la Floride. Sur quoi de Gourdes dit au pilote de mettre toutes les voiles, et de franchir le détroit de Bahama sans attendre la pleine lune.

Cependant les Espagnols se tenaient sur leurs gardes, non contre les Français qu'ils ne pouvaient attendre, mais contre les naturels du pays, poussés au désespoir par leurs violences; car, bien que l'exemple de Ponce de Léon et de Ferdinand de Sotto fût assez récent pour les rendre prudents, les compagnons de don Pedro Melandez s'étaient conduits en Floride comme au Pérou et au Mexique. Du reste; depuis la conquête du Nouveau-Monde, la. cruauté semblait être devenue chez ces aventuriers une sorte de maladie contagieuse. La plupart en

étaient arrivés à tuer sans motif, sans profit, rien que pour satisfaire je ne sais quelle soif de sang allumée par l'habitude. L'évêque de Ghiapa raconte qu'ils égorgèrent un jour devant lui, par simple amusement, trois mille Péruviens qui étaient venus apporter des provisions. Les Espagnols ne regardaient plus ces malheureux que comme une sorte de bétail qu'ils gardaient à Tétable, ou du gibier destiné à être chassé. L'Indien, à leurs yeux, avait tellement cessé d'être un homme, qu'on avait vu les soldats de Ferdinand de Sotto, manquant de l'huile nécessaire à la fabrication des onguents, se servir de la graisse des Floridiens qu'ils avaient tués pour panser leurs blessures i. Les chefs entretenaient des meutes dressées à la chasse des sauvages et qu'ils nourrissaient de chair humaine dans ce but 2. Les historiens de la conquête nous

1. L'Inca Garcilasso de la Vega uhi supra, seconde partie, liv. I", p. 38.

2. • Les Espagnols avaient à la conquête des Indes plusieurs l.'ls chiens, qu'ils avaient accoutumés contre les Indiens comme i la cliasso d'aulres bûtes, et pour ce ne les nourrissaient que

ont même conservé le souvenir d'un terrible lévrier rouge à gueule noire, nommé Bezerillo. « qui reconnaissait ses capitaines, tirait commune paie de soldat, et aida puissamment Diego de Salazar en la conquête de Saint- Jean*. » Les Espagnols donnèrent à son maître la moitié de tout leur butin. Un autre chien, nommé Leoncillo, valut cinq cents écus d'or à celui qui l'avait dressé, pour avoir tué plus d'Indiens à lui seul que les dix meilleurs soldats de Nimez de Baïboa^ et « c'est de la sorte, observe un des chroniqueurs du temps, qu'en la conquête du Nouveau-Monde les lévriers ont fait des choses dignes d'admiration 2. » Quelques années suffirent ainsi aux Espagnols pour changer en désert des contrées autrefois populeuses, et « ils appelèrent les pays ainsi déshabités pays pacifiés et conquis 3. »

de chair d'hommes qu'ils mettaient en quartier comme des chapons, ï (De la Popellinière, liv. II, p. 27.) LU,

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