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Père Duterirc, vol. IV, p. i

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M. de la Barre désirait que ron ajoutât à ces conquêtes celle de Nieves, qui était pour Saint-Christophe une voisine d'autant plus dangereuse, que les navires ne pouvaient arriver à cette dernière île sans passer devant les forts anglais. Ce projet fut malheureusement repoussé par les gouverneurs, qui ne songeaient qu'à mettre leurs propres établissements en état de défense. On venait, en effet, d'annoncer l'arrivée à la Barbade d'une flotte formidable commandée par Guillaume Willougby. M. de la Barre, qui se trouvait alors à Saint-Christophe,

pensa qu'en joignant les navires laissés dans le carénage de la Martinique à une escadre hollandaise qui venait d'y mouiller, il pourrait se porter à la rencontre des vaisseaux ennemis, et il s'embarquait pour en faire la proposition à Tamiral Creinssen, lorsque le chevalier de Saint-Laurent l'avertit que l'on venait d'apercevoir dans la rade de Nieves une frégate anglaise trois fois plus grande que la patache dans laquelle il se préparait à partir. M. de la Barre répondit que jusqu'alors les colons ne s'étaient jamais inquiétés de la supériorité de force des ennemis, et qu'il était de son devoir d'entretenir cette confiance parmi des gens qui ne pouvaient trouver leur salut que dans l'audace. Il mit donc à la voile pour la Martinique, passant si près du vaisseau anglais, qu'il put entendre les matelots qui couvraient les châteaux d'avant et d'arrière se répéter joyeusement : Well, very welî, comme s'ils eussent applaudi à sa confiance. Sa patache décent vingt tonneaux eût, en effet, tenu tout entière sur le tillac de la frégate ennemie *, qui était percée

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