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CHAPITRE XI

ÉTAT DE S AO PAU LO (suite).

I. Industrie caféière, progression instructive de l’exportation. II. Superficies cul” tivées en caféiers, les grandes fazendas. — III. Chez le roi du café. — IV. Visite des exploitations. — V. Cueillette et préparation du café. — VI. Société anglaise Dumont, petits planteurs, culture du maniçoba. — VII. Prix du café au Brésil, comment on doit préparer cette boisson. — VIII. Autres cultures, le liz, le coton, le tabac. — IX. Cultures du manioc, du maïs, des haricots. — X. Sociétés françaises à Sâo Paulo, richesses minières de l’Etat. — XI. Dans Pextrême sertào pauliste, le Transcontinental brésilien. — XII. Trajet actuel de Rio de Janeiro au Matto Grosso, ce qu’il en coûte. — XIII. Sur le tracé de la Nord-Ouest. XIV. Le personnel de la ligne, les Indiens et la fièvre, avancement des travaux. — XV. De Bacury à Itapura et au Rebojo de Jupia. — XVI. Budget de Sâo Paulo pour 1910.

I. — Par les indications qui ont été données sur les ressources de chaque district, on a vu que les principales cultures de l’État de Sâo Paulo étaient le café, la canne à sucre, le riz, le coton, le tabac, le manioc, sans parler du maïs et des haricots, ni de la vigne, culture récente sur laquelle on fonde de grandes espérances. Mais c’est, nul ne l’ignore aujourdhui, le café qui est la culture reine, la grande culture, source de richesse pour tout l’État de Sâo Paulo, la plus grande source de revenus du Brésil avec le caoutchouc ; il convient donc de consacrer quelques lignes à cette industrie sans, rivale, sans entrer dans des détails qui ont fait l’objet d’ouvrages spéciaux.

A voir l’énorme développement pris par l’industrie caféière, on a peine à croire que le café, qui avait été tout d’abord cultivé au Para et au Maranhâo, venant de Cayenne, n’ait été introduit dans l’État de Rio de Janeiro et la région voisine, dite Nord de Sâo Paulo, que vers la fin du xvm® siècle. A cette époque, le café ne se trouvait guère que dans les pharmacies ; c’est seulement vers 1835 que la culture du café prit de l’extension dans

la région de Campinas. Pais la culture se développa et peu à peu gagna d’autres zones de l’État, alors province de Sao Paulo, inaugurant l’ère d’une grande prospérité.

La progression est des plus instructives : la première exportation de café fut de 35.417 sacs de 60 kilos; en 1851, elle fut de 115.760 sacs ; en 1871, de 546.975 sacs; en 1891, deux ans après la proclamation de la République, l’exportation atteignait le chiffre déjà formidable de 2.952.322 sacs. Mais la marée montante du café ne s’arrête pas là; en 1902, l’exportation atteignait 10 millions 172.071 sacs; le maximum réalisé juscju’â ce jour le fut par la récolte exceptionnelle de 1906-1907, qui s’éleva au chiffre effrayant de 15.392.000 sacs de 60 kilos, et amena une perturbation telle sur les marchés qu’il se produisit un affaissement des prix. Pour soulager, ou du moins pour maintenir les cours, le Gouvernement dut faire une opération dite de la valorisation du café (^), un des épisodes économiques qui, depuis quelques années, ont passionné le plus les milieux commerciaux. La récolte de 1909 fut de proportion plus raisonnable et s’éleva au chiffre encore fort respectable de 12.000.000 de sacs et de près de

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