de sacs. Exactement 19.987.761, en
(1) En toute loyauté il nous est difficile de prendre parti pour ou contre la valorisation du café; pour les uns, cette opération constitue une aventure dangereuse, pour les autres, c’est au contraire une initiative remarquable par les résultats qu’elle doit pi’ocurer. Il s’agissait en somme de retirer de la circulation la quantité de sacs nécessaire pour dégager le marché et de maintenir le cours rémunérateur par l’équilibre de l’offre et de la demande. L’Etat de Sâo Paulo, grâce à des emprunts réalisés dans diverses banques européennes, emprunts facilement effectués, grâce au crédit de l’Etat, et gagés par un impôt de 5 francs par sac perçu à la sortie des ports de Santos et de Rio, put retirer de la circulation 8 millions de sacs. Mais il s’agit maintenant de liquider l’opération qui Jusqu’ici a donné les résultats attendus en soutenant efficacement les cours — et la question qui se pose pour Sâo Paulo est de savoir s’il lui sera possible d’écouler son stock dans les conditions prévues et sans perte pour ses finances. Après avoir été douteux pendant quelque temps, le succès de l’opération paraît s’affirmer.
IL — D’après les statistiques officielles, il existerait, dans les 171 munlcipes de l’État de Sao Paulo, 688.845.000 caféiers ; en raison du décret-loi de janvier 1904, prohibant toute nouvelle plantation, et, surtout, cette mesure étant difficile à contrôler, parce que certains propriétaires commencent à substituer des cultures à leurs vieilles plantations de caféiers (i), ce chiflre peut être ramené à 644 ou 650 millions de pieds, occupant une superficie de 361.600 alqueires sur les 620.000 cultivés. Parmi les grands établissements agricoles de Sao Pâulo, quelques-uns
Sao Paulo. — Cueillette du café.
sont à signaler par leur grande proportion et leur organisation ultra-moderne, ce sont : les fazendas de Francisco Schmitt, fazenda Dumont, à une Société anglaise; la fazenda Santa Veridiana, à M. Antonio Prado, dans la région de Ribeirao Preto ; la fazenda Santa Gertrudes, au comte de Prates, située à quelque distance de la gare du même nom, sur la ligne Paulista ; les plantations de la raison Prado, Chaves. et C°, les unes près de Brotas, sur la ligne Paulista, les autres dans la région de Dourado, etc., etc.
(1) Le caféier arrive à produire pendant 30 et 35 ans, parfois davantage, suivant le terrain.
III. — Sur le réseau de la Paulista, nous visitâmes la fazenda de Santa Veridiana, appartenant à M. Antonio Prado, le distingué préfet de Sâo Paulo. C’est un des établissements où l’industrie caféière atteint un grand degré de perfection. Puis, en nous rendant vers l’État de Goyaz, par le chemin de fer de la Mogyana, qui dessert toute la zone des grandes cultures caféières, nous reçûmes encore l’hospitalité dans la fazenda Dumont et celle du roi du café, M. Francisco Schmitt. Cette hospitalité, partout large et cordiale, est ce qui séduit le plus dans un voyage à l’intérieur du Brésil. On ne peut rêver accueil plus simple et plus affable ; après l’offre d’une tasse de café, chacun s’empresse de vous conduire à la chambre qui vous est réservée. Ensuite, c’est la visite des plantations, visite qui peut durer plusieurs jours, à cheval ou en troly, voiture spéciale au pays; c’est une sorte de cabriolet nord-américain, composé de deux paires de roues réunies par deux planches, qui servent de support à deux sièges sommaires. Avec cette invention yankee, simple, légère et solide, on passe partout dans les chemins primitifs et pleins d’obstacles de l’intérieur, et l’on s’étonne de ne pas voir le véhicule se partager en deux dans les ornières très profondes.
Au retour, qui a lieu à la tombée de la nuit, un repas confortable réunit la famille du fazendaire et ses hôtes; le repas dure assez longtemps ; comme on se couche en temps ordinaire de bonne heure à la fazenda, on aime, chaque fois que. l’occasion s’en présente, causer longuement sur les conditions dans les- .quelles s’opère la récolte et sur les événements qui se déroulent en Europe.
La fazenda de M. Schmitt, qui est la plus importante de tout le Brésil, se trouve à quelques kilomètres de Ribeirâo Prato. La maison d’habitation est entourée sur deux côtés d’un beau parcjardin, et, quoique n’ayant pas l’apparence luxueuse et l’aspect imposant de quelques habitations, en forme de palais ou de forteresse, de certains planteurs, elle est très spacieuse, bien comprise et extrêmement confortable. En face, se trouvent les séchoirs ou terreiros, les usines et divers ateliers, car la fazenda doit pouvoir construire et réparer tout ou presque tout le matériel et l’outillage dont elle a besoin ; nous y avons vu construire et installer toutes les pièces de machines modernes.
La fazenda, ou plutôt les fazendas du colonel SchmitL car le
ÉTAT DE SAO PAULO
roi du café d’aujourddiui, arrivé au Brésil à l’âge de neuf ans, comme immigrant, ce dont il est très fier, est colonel de la milice, comme tous ou presque tous les grands fazendaires ; les fazendas, disons-nous, occupent une superficie de 31.969 hectares. Elles possèdent 8.000 colons, répartis en 1.026 maisons à travers les plantations; ces colons cultivent et soignent les 7.585.154 pieds de café des fazendas, qui produisent annuellement une récolte de 250.000 sacs, les années fortes, et 200.000 les années moyennes. Le roi du café possède encore plusieurs sucreries et distilleries.
IV. — Nous avons parcouru cette fazenda et celle voisine (à 20 kilomètres) de Dumont, guidé avec une cordiale bonne volonté à travers toutes les installations, les plantations de canne à sucre et les innombrables allées de cafezales coupées de loin en loin par de larges avenues, parcourues à cheval ou entroly; partout l’œil n’embrasse que des collines où ondulent des forêts de caféiers bien alignés. Dans toute la région on ne voit que ces arbustes ^ hauts de 4 à 5 mètres. Depuis Casa Branca jusqu’à Indaïa, au delà de Franca, c’est-à-dire sur plusieurs centaines de kilomètres, ce ne sont que collines et vallées, couvertes de caféiers. C’est une mer, un océan de café. A la fin, la multitude de ces arbustes au feuillage luisant et d’un vert foncé finit par rendre le paysage monotone. Rien que dans la seule région environnant Ribeirâo Preto, il y a 29 millions de pieds de café; 12 millions dans celle de Cravinha et 14 millions dans celle de Sertaosinho.
Dans ces excursions à travers les plantations, afin de nous documenter sans perte de temps, nous allions déjeuner dans l’une des fazendas la plus rapprochée, pour revenir dîner à l’ha- , bitation où attendaient toujours quelques invités. Dans l’inter-
*** valle il nous fallait souvent pénétrer dans les maisons des
administrateurs , chefs de service ou surveillants des diverses fazendas ; chaque fois la tasse de café, obligatoire dans tout l’intérieur, nous était offerte, si bien qu’en une seule journée il nous est arrivé de savourer vingt et une tasses du breuvage populaire. Ceci tout à fait impunément, car il semble que dans ce pays, en raison du climat sans doute, le café ne produise sur les nerfs aucun effet sensible ; cette boisson, qu’on s’accoutume très vite à boire à toute heure du jour, semble bientôt agréable et m nécessaire.
V. — Dans les plantations, les arbustes à café sont espacés de 4 en 4 mètres; autour du pied, le sol est soigneusement sarclé, pour le débarrasser des plantes envahissantes. Les cerises, vertes d’abord, puis rouges et presque noires lorsqu’elles ont dépassé la maturité sur l’arbre, se pressent serrées sur les branches. La récolte commence en mai; c’est le plus intéressant spectacle du travail d’une fazenda. La cueillette est aussi le travail le plus lucratif pour les colons, car tout le monde, femmes et enfants, peut y collaborer, et chaque boisseau de 50 litres est payé de 0 fr. 80 à 1 fr. 25 sans résidus ni pierres . Le café récolté est mis en sacs et chargé sur des charrettes traînées à boeufs ou à mules .
Arrivé à la fazenda, le café est jeté dans des canaux-lavoirs qui le nettoient de toute impureté, après quoi il est étendu sur d’immenses terrasses-séchoirs (terreiros) où il reste quatre ou cinq jours exposé à l’action du soleil, étendu en couches minces qui sont ramenées en tas le soir si la pluie menace. Une fois que la pellicule qui préserve le grain devient complètement noire et parfaitement sèche, ce qui fait éclater son écorce, le café est prêt pour rentrer à la machine. Les fèves sont alors conduites dans un vaste dépôt à l’aide de wagonnets courant sur rails Decauville, ou avec des brouettes, suivant les fazendas. Une chaîne à godets, sorte de drague mue par la vapeur, vient saisir les fèves dans ce dépôt pour les faire passer dans une machine qui les débarrasse des pellicules qui les recouvrent encore, puis elles sont passées aux vans mécaniques. Les grains sont ensuite placés dans une machine qui les répartit par dimension ; d’aucuns sont classés à la main sur de petites machines spéciales par les jeunes filles et les vieilles femmes. Le café est alors mis dans un double sac de toile et prêt à être livré à la consommation.
La récolte et les divers procédés mécaniques pour préparer le café jusqu’au moment où il est embarqué ont été si souvent décrits qu’il serait fastidieux de les résumer plus longuement. Toutefois, il y aurait lieu d’attirer l’attention sur les besoins des planteurs en ce qui concerne le matériel; les machines pour le traitement du café ont déjà atteint un degré élevé de perfection, mais des machines qui se substitueraient à la main-d’œuvre trouveraient un débouché immédiat. La machine réclamée avec le plus d’insistance est celle destinée à la cueillette du café. Déjà on aurait pu introduire des machines dans la culture des ^
arbustes, si l’on ne s’était pas trouvé dans la nécessité de conser- -é
ver un grand nombre d’ouvriers toute l’année, de façon à avoir une main-d’œuvre abondante. L’État de Sao Paulo se propose de -i décerner une prime aux inventeurs d’une cneilleuse qui donnerait ;; des résultats satisfaisants. r
VI. — La fazenda Dumont, qui est exploitée d’une façon fort rationnelle, appartient à une société anglaise qui en tire de gros Ç' bénéfices, 80.000 livres en 1908. La propriété est de 15.000 bectares environ, avec 12.500 hectares plantés de 4 millions de pieds de café. Toute la plantation, d’un seul tenant, est desservie ■
par une voie ferrée, propriété de l’entreprise. Dans cette fazenda, le café est préparé par la méthode du lavage ou dépulpage à l’eau. Dans la grande majorité des autres engenhos, c’est le lavage et le décor ticage à sec qui sont employés. Par la méthode du lavage, les grains de café apparaissent plus foncés dans toutes les catégories. Les cafés de la fazenda Dumont atteignent un prix plus élevé que ceux qui sont préparés à sec. Le café n’est pas meilleur comme qualité, mais il présente tout simplement une différence de couleur et un aspect plus séduisant.
Les grands fazendaires obtiennent d’ailleurs pour leurs cafés un prix plus élevé que ceux des colons et petits cultivateurs, car
il n’y a pas que de grands propriétaires qui cultivent le café. Sur les 16.200 plantations de cet arbuste, 16.000 environ appartiennent à de petits ou moyens cultivateurs, anciens colons. Le café des premiers est mieux préparé; quant aux seconds, ils se contentent en général de faire sécher les cerises, puis de les battre. Dans certains centres caféiers, on trouve toutefois des établissements, dit engenhos centraes (usines centrales), qui font subir au café des petits cultivateurs la préparation nécessaire contre une certaine redevance et qui, le plus généralement, achètent leur récolte.
Vu les résultats obtenus par l’Institut Agronomique de Campinas dans les essais de culture du caoutchouc maniçoba et l’extraction et la préparation commerciale du latex, de nombreuses fazendas ont entrepris de planter des maniçobas de Jequié. La fazenda Dumont possède une plantation de 40.000 pieds de maniçobas dont plus de la moitié étaient d’une belle venue lors de notre visite. 10.000 pieds de Jequié n’ont pas donné de bons résultats. Cette culture doit être abandonnée (i) .
Les capitaux engagés dans une grande fazenda sont extrêmement importants ; il faut une forte exportation pour obtenir une bonne rémunération du capital employé, car, au Brésil, le café est vendu très bon marché. Voici quelques chiffres à titre d’indication.
VIL — Le cours moyen'du café à Santos est de 50 francs le sac de 60 kilos. Les frais d’embarquement se montent à 5 fr. 70, le prix du sac à Santos est donc de 55 fr. 70. Mais le producteur ne vend pas effectivement son sac de café 55 fr. 70. Sur cette somme le fisc brésilien prélève 9 p. 100, plus un droit fixe de 5 francs par sac de 60 kilos, soit 9 fr. 50; les transports coûtent 9 fr. 25 ; les intermédiaires absorbent 1 fr. 60, si bien qu’en réalité il revient au producteur une somme nette de 35 fr. par sac, soit 0 fr. 58 par kilo de café vert, moins de 0 fr. 30 la livre.
On se demandera pourquoi un produit vendu 0 fr. 30 au Brésil coûte en France 2 francs et 2 fr. 50 la livre. La raison en est dans les droits élevés qui frappent le café en douane. Ces droits s’élèvent à 136 francs par 100 kilos, c’est-à-dire 81.60 par sac de 60 kilos; à ce droit, il faut encore ajouter 2 fr. 60, prix du
(1) L’industrie du caoutchouc a été étudiée en détail dans notre volume ; Au pays de l’Or noir.
ÉTAT, DE SAO PAULO
transport du Brésil en France. Le prix de revient est donc de 139 fr. 90. D’autre part, il importe de ne pas oublier que la torréfaction fait perdre au café 20 p. 100 de son poids; les 139 fr. 90 représentent la valeur en douane nOn de 60 kilos de café, mais de 48 kilos seulement. Il ne faut donc pas s’étonner si la fraude s’est introduite dans les ventes de café, si bien qu’il y a en Europe 1.500 usines où l’on fabrique du café avec, des pois chiches, des figues, du malt, du gland doux, de la chicorée moka, etc. Nous avons pu observer depuis notre retour que le café bu, aussi bien dans les établissements publics qu’en famille.
Sao Paulo. — Terreiros ou séchoirs de café.
avait rarement la saveur du café que nous buvions.au Brésil; c’est qu’en général, on le prépare mal et qu’il y est adjoint. quelque mélange, chicorée ou autre.
La. chicorée ne contient ni caféine . ni acide caféotannique, elle n’a de commun avec le café que la couleur. C’est peut-être parce qu’on ne sait pas préparer le café en Europe qu’on a recours à la poudre de chicorée, qui donne une certaine consistance à. la boisson. .Pour boire de bon café, il faut d’abord que le grain soit moulu de façon â le . réduire en poudre très légèrement granuleuse où il n’existe pas de fragments de grain; il est évident que l’eau bouillante devant extraire de cette poudre tous , ses principes nutritifs, aromatiques et agréables, au goût, la poudre doit
être complètement pénétrée pour- pouvoir abandonner ce qu’elle contient. Si la poudre de café n’est pas assez fine pour se laisser pénétrer par l’eau, celle-ci fera l’effet d’un lavage et non d’une décoction. Elle entraînera bien quelques principes de la surface de la poudre, mais aucun de sa profondeur. L’eau doit toujours être versée lorsqu’elle commence à bouillir, car en bouillant trop, elle perd l’air qu’elle contient et le café s’affadit.
Vin. — D’autres cultures occupent encore une grande place dans la production agricole de Sâo Paulo. Nous ne pouvons les signaler que sommairement. La culture du riz a pris surtout dans ces dernières années une très grande extension dans l’État où elle trouve des terrains très propices, particulièrement dans les vallées des rios Parahyba, rio Pardo, Sapucahy, Rio Grande, et dans les régions basses du littoral. La production s’élève déjà à plus de 250.000 litres et augmente chaque année ; malgré cela l’Etat est encore obligé d’importer de grandes quantités de riz. Dans le but de stimuler cette culture et d’utiliser les terrains qui lui sont favorables, le gouvernement a créé des champs d’expérience pratique, notamment à Moreira César, où, en plus de onze variétés déjà cultivées, on en a introduit d’autres reçues de France et de la Société Nationale d’agriculture de Rio de Janeiro.
Après avoir exporté jusqu’à 8.000 tonnes de coton par an, Sâo Paulo ne produit pas aujourd’hui le quart du coton utilisé pàr les vingt-trois filatures et fabriques d’huile de graines qu’il possède. Cette culture recommence aujourd’hui à progresser surtout dans la région desservie par le chemin de fer Sorocabana et Ituana. Le principal, et pour ainsi dire le seul coton cultivé dans l’État, est le Gossypium herbaceum, d’origine nord-américaine. Cette espèce a dégénéré faute de bonne méthode, et le coton laisse à désirer au point de vue de la préparation; il est toutefois supérieur à celui de l’Inde et ne le cède qu’aux autres cotons brésiliens du nord provenant de l’espèce Gossypium Peruvianum. Un alqueire de terrain produit en moyenne 250 arrobas (de 15 kil.) de coton brut, qui se réduisent à 75 de coton égrené et préparé. Les frais sont environ de 480 milreis par alqueire, ce qui laisse aux prix actuels un bénéfice de 395 milreis pour le coton brut et 570 milreis pour le coton égrené ; à ces frais il faut ajouter la dépense du transport. Cette culture ■ convient aux petits planteurs parce qu’elle n’exige pas de forts
ÉTAT DE SAO PAULO
capitaux pour l’acquisition de machines, la récolte pouvant être vendue telle sur place. Un seul homme peut s’occuper de deux à trois hectares plantés de coton et en même temps des céréales cultivées dans les intervalles.
Le tabac, dont la production a atteint dernièrement près de 2.750.000 kilos, est une culture fort productive.
Elle fait la richesse de plusieurs municipes, entre autres ceux de Tiété, de Descalvado et de Sâo Luiz do Parahytinga, qui ont
Sao Paulo. — Plantation de caoutchouc maniçoba.
la réputation de produire les meilleurs tabacs du Brésil, en dépit des mauvaises méthodes employées et des grossières manipulations auxquelles sont soumises les feuilles. Les tabacs des municipes de Tiété et Descalvado obtiennent des prix trois et quatre fois plus élevés que ceux de toute autre province. Les principales qualités de tabac cultivées sont : le Havane, le Virginie, le Belem et le Jorge Grande. Les frais de culture varient considérablement suivant les endroits.
IX. — On cultive naturellement dans l’État de Sào Paulo de grandes quantités de manioc, surtout dans la région du littoral et
au nord de l’État où le manioc remplace encore le pain. On compte environ 3.000 alqueires de terrain plantés en diverses variétés de manioc, produisant environ 100 millions de litres de farine ou d’amidon. Un alqueire de terrain comporte 50.000 fosses donnant chacune de 2 à 15 kilos de tubercule. Les frais de culture de récolte, etc., varient entre 530 et 600 milreis par alqueire, le bénéfice est par conséquent énorme, car le prix du manioc n’est jamais inférieur à 20 reis le kilo.
Le maïs et les haricots constituent les grandes cultures des petits et moyens agriculteurs ‘ il y a dans l’État 150.000 alqueires cultivés en maïs et 68.000, alqueires en haricots, avec une production de 900.000.000 de litres de maïs et 150.000.000 de litres de haricots. La production de ces deux derniers est fort supérieure â celle du riz j si nous avons fait passer celui-ci avant, c’est que les plantations proprement dites de maïs et de haricots sont moins importantes que les rizières, car ces produits se cultivent le plus souvent entre d’autres plantes, dans les plantations de caféiers surtout à qui, jusqu’à trois ans, ils fournissent de l’ombrage. Cela constitue la petite culture exercée par les colons. On cultive en outre beaucoup d autres légumineuses.
Les fruits, les fleurs, les légumes tant indigènes qu’européens constitueront de belles et lucratives cultures dans tout l’État, mais principalement dans les municipes voisins de Sâo Paulo. La culture de l’abaxi, qui est une variété supérieure d’ananas, et celle du bananier sont déjà entreprises dans certains centres, la première aux environs de Boituva et Villeta sur la ligne Sorocabana et la deuxième sur le littoral, à Santos par exemple. Cette culture permet le développement de petites industries, par exemple la préparation de bananes seches et celle de la farine
de bananes.