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CHAPITRE PREMIER

RIO DE JANEIRO

I. Arrivée et débarquement. — II. Transformation et embellissements. ■ — III. Assainissement de la ville. — IV. Comment on vainquit la fièvre jaune. — V. Rio, b ville de tourisme. — VI. Une nouvelle capitale du Brésil. — VII. Principaux

monuments, églises, places et jardins. — VIII. Les « bonds ». — IX. Voitures et p . automobiles, tarifs. — X. Excursion aux environs, le Jardin botanique. — XI. Le

^ Corcovado. — XII. La Tijuca. — XIII. Théâtres. — XIV. Hôtels et prix de la vie.

A — XV. Prix des loyers, coutumes locatives. — XVI. Service des eaux. — XVII. La

'K police et les pompiers. — XVllI. La « Lihgt and Power ».

Le voyageur qui arrive au Brésil pour la première fois est { toujours agréablement impressionné, et cette impression semble

K ■ toujours nouvelle à celui qui déjà l’a maintes fois éprouvée,

t Trois choses surprennent dès Tabord : ce sont la hauteur, la

forme et la couleur des montagnes. Aux approches de Rio de I Janeiro, la silhouette de celles-ci figure exactement un colosse

I étendu sur les dos selon l’attitude des statues couchées sur les

tombeaux du Moyen Age, c’est « O gigante que dorme », le géant . ; - qui dort.

On s’imagine généralement trouver dans la face de ce géant C: le type bourbonien. Les sommets s’enchevêtrent en effet avec

L ■ assez d’harmonie pour composer un profil d’une parfaite régula-

f- ' rité, mais à mesure qu’on se rapproche de terre, cette masse ly' uniforme se disjoint peu à peu et n’offre bientôt plus au regard

que des montagnes vigoureusement tourmentées dont les persy pectives se perdent à l’horizon.

y .' Puis c’est l’entrée dans cette baie féerique de Rio de Janeiro,

après avoir longé la chaîne de montagnes dont les versants t descendent en pentes rapides sur le rivage, des îlots dénudés et

î. , des îles couvertes de palmiers et de bananiers ; le paquebot se

y - . dirige brusquement vers un chenal étroit, une coupure ouverte

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dans les flancs des monts, sorte de portique précédé de deux énormes rochers appelés « dos Irmaos ». Ce passage franchi, l’immense baie apparaît avec son cadre majestueux de serras.

On passe tout d’abord entre les forteresses de Santa Cruz et de Sâo Joâo; une troisième de construction récente, Imbuhy, se dissimule en avant de la première; au milieu du goulet se trouve l’îlot forteresse de Lage. On passe le Pâo de Assucar, cet immense monolithe, dont le nom. Pain de Sucre, indique la forme. Ce rocher s’avance à la porte même de la baie qu’il resserre considérablement et met à l’abri des coups de pleine mer. En face on aperçoit les hauteurs de Petropolis et la Serra dos Orgaos, crêtes élevées dont les fines aiguilles forment comme les tuyaux d’un orgue colossal. A gauche on revoit les trois pics abrupts de la Tijuca, de la Oavea, du Corcovado dont l’étroite terrasse surplombe les précipices, et qui fait le gros dos, justifiant ainsi son nom de Bossu, puis d’autres montagnes escarpées; ce sont enfin les innombrables morros qui s’élèvent partout à foison, endroits fort impropres, semble-t-il, à la construction d’une ville; cependant, elle est là, étendant comme un poulpe géant ses multiples bras par les vallées et rivalisant en progrès avec les plus importantes villes européennes.

Le Chili, des Messageries Maritimes, abord duquel nous avons fait la traversée, jette l’ancre en face, entre l’île Fiscal et celle das Cobras, car quoique les quais du port soient complètement achevés sur une grande surface, on n’y débarque pas encore. Nous devons attendre une heure la visite, après quoi, ce sont les formalités douanières, extrêmement ennuyeuses, à subir avant de pouvoir débarquer. Il faut donc, encore une fois, avoir recours aux catreiros, mariniers ou canotiers du port, qui exploitent sans vergogne le voyageur inexpérimenté qui passe par leurs barques.

S’il se laisse faire, ce voyageur pourra payer jusqu’à dix milreis (15 francs) pour être conduit à terre, lui et le peu de bagages qui ne passent pas par la douane; en réalité, c’est encore chèrement payé lorsqu’on donne deux ou trois milreis ; d’autant plus qu’arrivés à terre, il faut encore passer par les mains des carregadores, portefaix rapaces qui exigent une somme égale ou à peu près pour le transport des bagages à î’hôtel. Il faut avoir soin de faire son prix à l’avance, et ne pas

donner plus de deux ou trois milreis pour ce service, sauf si l’on possède de nombreux bagages.

n. — Dix minutes après avoir quitté le paquebot, on se trouve sur les quais Pharoux, habituel débarcadère des voyageurs. C’est alors que celui qui, comme nous, n’est pas revenu à Rio depuis quelques années, commence à se trouver désorienté devant la surprenante transformation de la vieille cité coloniale . C’est en effet une vraie métamorphose qui a modifié l’aspect de cette ville, que nous avions déjà visitée à quatre reprises différentes, si bien qu’elle apparaît aujourd’hui absolument méconnaissable.

On ne voit plus maintenant, dans le quartier des affaires qui s’étend depuis les quais jusqu’à la rue Uruguayana, les magasins de pauvre mine, aux façades souillées de poussière et de boue, les enseignes fantaisistes et mal tracées, et, surtout, les chaussées mal pavées, défoncées, ravinées, creusées de trous boueux après chaque orage. A la place du vieux marché construit auprès du bassin empuanti de la marinha, à droite de la place 15-de- Novembre devenue un beau jardin, on a élevé un édifice tout en fer occupant un espace de 23.000 mètres carrés, ayant quatre faces de 150 mètres chacune, au centre desquelles se dressent quatre portes monumentales, les quatre côtés vers les quatre points cardinaux. Chaque angle est dominé par une tour, dans les sous-sols sont installées des chambres frigorifiques d’une capacité de 800 mètres cubes; l’accès de l’édifice s’opère par quatre larges rues partant des portes et par quatre autres rues diagonales partant des angles et convergeant vers le pavillon central.

Au lieu des rues étroites, sombres et irrégulières, des passages et ruelles cachées, des places mesquines ou sans élégance, on voit une vaste ville moderne, aux avenues larges et longues, qui rappellent les plus belles artères des métropoles européennes; on y trouve maintenant des voies spacieuses et claires, un grand nombre de jardins abondamment fleuris et ombragés, des places vastes et bien alignées, aux environs desquelles disparaissent les vieilles maisons coloniales affaissées et sans goût, enfin, des rues bien pavées ou asphaltées .

S’il reste encore nombre de rues étroites qui conservent à la ville un cachet original, les maisons en sont propres, les magasins et les étalages coquets.

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La surprise devient plus grande lorsqu’on parvient à cette superbe Avenida Central, longue de 2 kilomètres, semée de nombreux refuges et bordée d’édifices d’architecture variée, quelquesuns assez excentriques, il est vrai, mais d’un bel aspect en général. Il faut regretter que les arbres plantés au centre des refuges et destinés à égayer l’avenue et surtout à l’ombrager, s’obstinent à ne pas vouloir croître ’ peut-être est-ce qu ils sont trop étranglés et peu arrosés. Pour construire cette avenue, il fallut abattre plus de cinq cent cinquante immeubles. Il n y a pas assez d’éloges pour vanter la création de l’incomparable (iv6fiU6 Bcivci Mar qui contourne la baie sur 5.200 mètres; elle commence à l’extrémité de l’Avenue Centrale pour finir près de l’École Militaire; elle forme quatre sections ; Praia da Lapa, da Gloria, do Flamengo, de Botofago.

L’avenue Beira Mar donne l’impression d une longue suite de jardins fleuris, ombragée d’une multitude d’arbres qui, là, se sont développés rapidement. A la Praia da GlOria, sur 1 emplacement des immeubles démolis de l’ancien marché du meme nom, on a créé un magnifique jardin où figurent avec le monument du IV® centenaire de la découverte du Brésil par Cabrai, la statue du vicomte de Rio Branco et une élégante fontaine .

Lorsque les travaux du port seront achevés, cette avenue sera prolongée jusqu’à Sâo Christovao, elle aura alors une longueur de 11 kilomètres, ce qui en fera une des promenades les plus belles qui existent.

Des quartiers entiers sont tombés encore sous la pioche des démolisseurs, pour opérer le percement de deux autres avenues, l’avenue Mem de Sà, qui part du Largo da Lapa pour atteindre, au bout de 1.550 mètres, la rue Frei Caneca, puis l’avenue Salvador de Sà, du nom du second gouverneur de Rio de Janeiro; dix-sept rues nouvelles ont été percées, sans compter le nombre de celles qui furent élargies et prolongées. Parmi celles-ci, il faut signaler la rue Maréchal-Floriano, l’avenue Passes, Visconde de Inhauma, üruguayana, rua do Acre, de 7-de-Setembro, da Assemblea, 1®^— de-Março, etc., etc. Dans toutes ces rues, on remarque le pavage parfait, l’emploi de l’asphalte tendant à se généraliser, les files de beaux arbres et les édifices modernes qui les bordent.

Une des curiosités de Rio, F Avenida do Mangue, avec sa qua-

ONION THEOLOGIGAI. RFIVflN/'.nY '! i:'R"RY NFW VORK

r;; druple file de magnifiques palmiers, a été embellie et élargie; le ^ canal de Mangue, jadis creusé sur l’emplacement d’un vaste f: marécage, pour le dessécher, était devenu un véritable foyer

h d’infection plein de détritus et sans communications avec la

^ . mer. Aujourd’hui, ce canal a été élargi et complètement recons-

truit en maçonnerie et prolongé jusqu’à la mer, à l’endroit où commencent les quais du nouveau port. L’ancien canal avait ^ 1.200 mètres en ligne droite, son prolongement est de

1.500 mètres, les parois en sont fréquemment enduites de goudron, les bords sont protégés par une balustrade ornementée, I' ainsi que les ponts qui relient les deux rives.

Il est vraiment déplorable que les quatre rangées de merveilleux palmiers qui suivent les deux avenues de chaque côté du canal soient aussi négligées par les architectes de la Munici- |v palité ; aucun espace n’a été ménagé à la base de ces arbres pour qu’ils puissent jouir de l’air et de la pluie, si bien que quelques-uns sont morts et ont perdu leur magnifique panache : il ne reste que le tronc pour garder l’alignement.

Les environs n’ont pas été oubliés. Des beaux sites abandonnés de la Tijuca, on a fait un parc splendide sur le Alto Boa Vista; on a remplacé l’ancien chemin raviné de Quebra Cangalhas par une excellente route. Dans le quartier Sâo Christovâo, on a créé la place Maréchal-Deodoro, aujourd’hui la plus grande de la ville avec 180.000 mètres carrés, bien tracée, fleurie et plantée d’arbres.

Le quadrilatère formé par la Praça da Republica, jardin deux fois plus vaste que la Concorde, où se trouvent réunis une multitude de spécimens de la flore tropicale, a été également planté d’arbres, qui font de ce quartier l’endroit le plus ombragé de Rio.

La transformation de Rio de Janeiro, entreprise pendant la présidence du D'’ Rodrigues Alves, par un préfet énergique et de talent, M.Pereira Passes, qui, à juste titre, est considéré comme le Haussmann du Brésil, a été une transformation surprenante par sa rapidité. En effet, il n’y a pas d’exemple de lira vaux d’une aussi colossale importance exécutés en si peu de temps. Des oeuvres qui partout sont exécutées successivement et par intervalles furent faites d’un seul coup; construction de ports, percée d’avenues, de rues, de places, construction d’écoles et d’édifices^

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repavage des rues défoncées et élargies, service électrique de la lumière et des transports^ tout cela fut achevé en quatre ans, d’un seul et immense effort, à coups de millions il est vrai, mais cet effort a transformé une ville des temps coloniaux en une belle ville moderne.

III . — Ces travaux d’embellissement sont certainement remarquables, mais ce dont le gouvernement brésilien peut se louer le plus, c’est d’avoir opéré en même temps l’assainissement de la capitale, dont l’insalubrité discréditait l’état sanitaire du Brésil dans son ensemble. La fièvre jaune, apportée

Rio de Janeiro. — Les quaïs Pharoux.

en 1849 par les navires Alonso et Navarr a, Yendiiit de l’Amérique Centrale, fit éclater une redoutable épidémie dès les premiers jours de 1850^ depuis, cette redoutable maladie s installa à demeure dans la capitale du Brésil, à Bahia, à Santos, rayonnant parfois dans d’autres centres. La mauvaise renommée de Rio de Janeiro n’était pas occasionnée par le grand nombre de décès, mais surtout sur la proportion considérable d’étrangers atteints. On peut se rendre compte de cette proportion au moyen des chiffres suivants fournis, avec toutes les indications, sur la lutte entreprise contre la fièvre jaune, par l’administration du Service d’hygiène dont le directeur est le célèbre Oswaldo

Cruz, élève de Pasteur, un des savants à qui le Brésil doit le . plus.

De 1850 à 1889, la fièvre jaune occasionna le décès de 15.557 personnes, et la mortalité était plus grande chez les personnes de vingt à quarante ans, c’est-à-dire dans la force de l’âge. L’altitude n’empêcha pas le fléau de gagner l’intérieur, l’épidémie de Campinas, dans l’État de Sâo Paulo, montra que cette maladie n’était pas particulière à la zone maritime. Les épidémies se firent de plus en plus meurtrières et le Brésil fut accusé de contaminer les autres républiques hispano-américaines, le Portugal, l’Espagne et même la France.

Ce n’était pourtant pas, il faut le reconnaître, la faute des autorités brésiliennes; celles-ci mettaient en usage tout ce que la science européenne préconisait, des prix importants furent promis à qui inventerait un remède efficace, tout fut essayé sans succès.

En 1891, il y eut 4.456 décès; 4.312 en 1892; seulement 825 en 1893, mais le chiffre le plus élevé fut atteint en 1894, il fut cette année-là de 4.852 cas. L’implacable ennemie des Brésiliens et des étrangers continua à faire des victimes.

En 1895.

818 décès 2.929 —

En 1900. .

344 décès

A la fin de cette année 1903, Rio de Janeiro avait encore perdu 28.078 habitants, ce qui, depuis 1850, fait un total de 58.635 vies humaines enlevées par la fièvre jaune; cela heureusement n’arrêta pas l’effort progressiste du pays.

Le remède vint enfin, non de la thérapeutique, mais de l’hygiène. Depuis quelques années, plusieurs médecins de Cuba, dont le D^’Elnlay, émettaient l’hypothèse que la fièvre jaune était transmise par les moustiques, mais la science européenne ne prêtait aucune attention à cette opinion. Enfin, après diverses communications aux sociétés scientifiques, ce médecin finit par démontrer que la fièvre jaune avait, pour agents de transmission, les moustiques et que, parmi ceux-ci, le seul propagateur était le Culex fasciatus ou Stegomya fasciata. Après que les Américains,

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convaincus de cette vérité, eurent fait disparaître la fièvre jaune de Cuba, en dépensant des sommes énormes pour anéantir les moustiques, l’opinion publique commença à évoluer à Rio de Janeiro, et, au début de la présidence de M. Rodrigues Alves on nomma, comme Directeur général de la Santé publique, le D^' Oswaldo Cruz, un des apôtres de la nouvelle méthode prophylactique, connaissant à fond la biologie des moustiques brésiliens et la pathologie tropicale; ce jeune savant prit pour collaborateur le D'' Carneiro de Mendonça.

C’est alors que furent appliqués avec vigueur les préceptes de la plus rigoureuse hygiène. Les innovateurs eurent à vaincre tout d’abord la routine et la mauvaise volonté de ceux qui refusaient à laisser pénétrer chez eux les défenseurs de l’hygiène publique. M.. Oswaldo Cruz redoubla d’efforts; une brigade de 1.500 hommes, qu’on appela les momtiquicides, se répandit dans la ville, dirigée par le D*’ Carneiro Mendonça. Ces hommes, la croix rouge au bras, procédèrent à l’assèchement ou à la pétrolisation des marais; aucun récipient ou vase pouvant servir d’abri aux larves du terrible stegomya ne fut épargné; les lits des petites rivières furent nettoyés hebdomadairement, les malades atteints de la fièvre jaune furent isolés et on désinfecta leurs habitations. Tous les habitants firent des provisions de soufre et de créoline. Pendant cette chasse aux moustiques, les égouts étaient visités chaque jour, dans les rues on n’apercevait que des tuyaux de désinfection, appareils Ceneste, Clayton, etc.

IV. — Les résultats ne se firent pas attendre et la mortalité occasionnée par la fièvre jaune tomba à 584 décès en 1903.

Pourtant, en aucun moment les conditions pour le développement de la fièvre jaune ne furent plus favorables que pendant la période de 1903-1906, époque où le gouvernement mettait à exécution son programme de la transformation de la ville de Rio. Cela, en dépit des anciennes prescriptions hygiéniques, qui interdisent de tels travaux pendant l’été. Le sol était partout bouleversé, dans les rues transformées les égouts et leurs immondices se trouvaient à découvert ; il y avait en plus les boues fétides retirées du canal do Mangue et la vase du port qui était remuée et transportée au loin. En 1904, année de chaleur favorable à l’explosion d’une grande épidémie, il n’y eut que 48 décès de fièvre jaune, et cependant, en raison des trans-

formations qui s’opéraient, il y eut à Rio grande affluence d’étrangers et de Brésiliens de l’intérieur.

Le budget de l’hygiène, qui était d’un million de francs, passa à dix-sept millions. On entreprit de faire l’éducation du peuple en lui faisant connaître, au moyen de tableaux affichés dans les écoles ou distribués, les fameux stegomyas dont il fallait se défendre, ainsi que les moyens de les détruire, et aujourd’hui toutes les maisons de Rio possèdent une sorte de cadastre sanitaire.

Pendant l’année 1906 on détruisit 153.670 foyers de larves de moustiques; on nettoya 6.382 gouttières et toits de maisons, on a examiné et désinfecté 850.575 récipients divers, 44.343 réservoirs et 604.283 bassins ou dépôts d’eau. On passa au pétrole 814.650 éviers, 718.854 W. C. et 25.707 dépôts divers. On emporta 21.204 seaux de détritus retirés des gouttières des toits*, 2.546 tombereaux de vieilles boîtes de fer-blanc et autres récipients malpropres.

En somme on employa, dans cette campagne contre la stagnation des eaux, 97.461 litres de pétrole et 26.858 litres de créoline. On fit 22.045 désinfections; tous ces travaux étaient gratuits, exécutés avec une rigueur scientifique et une rapidité remarquables.

En 1908, on constatait seulement 4 décès, malgré le nombre élevé des émigrants débarqués, cela faisait espérer la défaite complète et prochaine de la fièvre jaune. En effet, en 1909, aucun cas ne fut signalé, malgré l’arrivée de 46.216 émigrants et les grandes chaleurs de l’année. La guerre aux moustiques avait porté ses fruits et la fièvre jaune est définitivement chassée de Rio de Janeiro comme elle le fut de l’État de Sâo Paulo, où, depuis plus de six ans, elle ne fait plus de victimes. C’est en sorte la réhabilitation sanitaire de Rio de Janeiro, de Santos et d’autres centres encore, dont la réputation douteuse rejaillissait sur le Brésil entier. -,

Les services sanitaires continuent à s’améliorer, et leur organisation donne dans tout le Brésil de bons résultats. D’après les mêmes documents officiels, la mortalité a diminué en quinze ans de 50 p. 100 dans l’État de Sâo Paulo; à Bahia elle est tombée à 18 p. 1.000, et dans les États de Parana et Rio Grande do Sul à 10 p. 1.000, mortalité inférieure à celle de la plupart des

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grandes villes européennes où la fièvre typhoïde, la rougeole, la dysenterie, la scarlatine et la variole, sans compter nombre d’autres maladies, causent de plus grands ravages.

Fait tout à fait typique, les gouvernements européens euxmêmes ont reconnu l’excellence de la méthode employée au Brésil, puisque le gouvernement français a invité le D'’ Emilie B.ibas, directeur des services sanitaires de Sao Paulo, à diriger le service d’extinction de la fièvre jaune à la Martinique, et que lors de l’Exposition d’hygiène de Berlin en 1907, le Brésil, en la personne de M. Oswaldo Cruz, s’est vu décerner à la fois la médaille d’honneur et le grand prix offert par l’Impératrice. D’autre part, les savants du vieux monde reconnaissent les efforts du Brésil, « Si nous pouvions autrefois considérer les pays de l’Amérique centrale ou méridionale comme des foyers dangereux, écrivent le professeur Chantemesse et le D"" Borel, il n’en est plus de même aujourd’hui. Leurs services sanitaires sont aujourd’hui fort bien organisés, ils ont su faire des sacrifices pécuniaires considérables pour chasser de leur sol, non seulement la fièvre jaune, mais aussi les maladies infectieuses, en général. »

V. — Malgré ses rues étroites, ses impasses et ses ruelles encombrées, Rio de Janeiro a toujours produit une impression favorable sur tous les voyageurs; eiï ce qui nous concerne, même pendant de simples escales, nous étions heureux d’y faire un court séjour en faisant admirer à ceux qui y venaient pour la première fois, ses places, ses édifices et ses environs si curieux. Aujourd’hui que Rio, après sa reconstruction partielle, ses travaux d’embellissement et d’assainissement, est devenue aussi salubre, aussi agréable, aussi moderne que n’importe quelle ville de l’Europe méridionale, elle deviendra plus attrayante encore pour les Européens , comme pour les Argentins. Cela, malgré ceux qui veulent voir en Rio de Janeiro, la rivale de Buenos-Ayres. Il n’y a pas, il ne .peut y avoir de rivalité entre ces deux capitales, l’accroissement et la fortune de l’une ne peut en aucune façon nuire à ; l’agrandissement et au jarestige de l’autre. Il faut ne pas connaître ces deux villes au développement merveilleux pour craindre que les progrès de l’une se fassent au détriment de l’autre. Chacune de ces capitales a des beautés et des attractions différentes, chacune possède un cachet caracté-

AUBRÉSIL

risti(^uG. BugîIos— Ayr6s, construitG gr tGrrain pls-t, 9 j pris Igs apparGncGS d’unG vüIg GuropéGniiG. Rio dG JanGiro, liGurGusGmGnt, malgré sgs transformations modornos ot surtout malgré Igs tGutativGS dGS arcliitGctGS, a consGrvé son cachot propro ot sgs morros à la végétation toujours vorto; c’ost uno villo modorniséo Gt un port dGS plus pittorosquGS au miÜGu d’un cadro grandiosG.

yj, — A CG sujot, sait-on quo 1g Parlomont brésilion projotto dopuis uiiG quinzaino d’annéos la construction d’une nouvelle capitale qui serait édifiée dans l’intérieur du pays, dans 1 État

de Goyaz?

Une commission fut constituée pour dresser les plans de la future capitale et envoyée cà la recherche d’un endroit propice. Celui-ci fut découvert; il se trouve sur ce qu’on nomme le plateau de Goyaz, non loin de Formosa. Nous avons eu l’occasion de passer sur l’emplacement ou devra s elever la futuie capitale du Brésil; il faut reconnaître que l’endroit est admirablement choisi, on y jouit d’une admirable vue, la région est riche et d’une salubrité remarquable, mais... nous avouons ne pas saisir le motif qui a poussé le Parlement à projeter une semblable entieprise, nous n’en connaissons pas d’assez puissant pour justifier une oeuvre aussi gigantesque et aussi déraisonnable.

Que l’Etat de Goyaz change sa capitale pour la transporter sur l’emplacement choisi, fort bien ! rien de plus légitime et naturel. Mais il est impossible que le Brésil trouve un autre point plus commode pour son commerce, pour son trafic et ses relations avec l’extérieur et l’intérieur que l’actuelle capitale, Rio de Janeiro. Maintenant que les plans destinés k embellir et à assainir cette dernière sont exécutés ou en voie d achèvement, ce serait folie que d© la dépouiller de son titre de capitale. On peut, il est vrai, citer l’exemple de New-York, capitale commerciale' et Washington, capitale administrative, mais ce n’est pas là un exemple suffisamment convaincant. Lors même que le grand réseau de voies ferrées, en projet et en construction,^ qui s’élance vers l’intérieur serait totalement achevé, sa raison d’être sera la mise en valeur de territoires très riches et pour l’instant inexploités. Ces lignes nouvelles n’empêcheront pas que le principal trafic et les communications avec les États du littoral ne se fassent par la voie maritime, qui, pour ces États, resteia le chemin le plus direct et le plus convenable.

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Nous concevons que le gouvernement tienne avec trop de raison à s’éloigner des importuns et surtout des solliciteurs, la nouvelle capitale se trouvant au moins à 1.200 kilomètres de la côte. Mais, les ministres ne sauraient échapper aux députés et sénateurs qui, pendant la session, mandataires de leurs électeurs, ne sont pas les solliciteurs les moins importuns et les moins tenaces. D’autre part, les représentants étrangers auprès du Gouvernement brésilien suivront naturellement celui-ci; alors, c|uelle perte de temps et quelle dépense pour ceux de leurs nationaux que leurs affaires ou des motifs divers obligent à faire le

Rio de Janeiro. — Avenue Beii'a Mar.

trajet de Rio à la nouvelle capitale, trajet qui ne se fera pas certainement en moins de deux, jours. Espérons, car la raison d’insalubrité qui, il y a quelques années, aurait pu être justement invoquée, n’existe plus, que cette expérience coûteuse sera évitée au Brésil.

VII. — Maintenant, quelques mots sur les principaux monuments publics; les plus beaux édifices du Rio actuel sont : le Palais Monroë, dû au général Souza Aguiar, ancien préfet de la ville ; il est situé à l’extrémité de F Avenida Central et à l’entrée de F Avenida BeiraMar. Ce palais édifié en six mois, primitivement

destiné à une exposition permanente des produits brésiliens, n’a servi qu’à de grandes réceptions et à des conférences.

Le Théâtre Municipal est le plus beau de la capitale; on lui reproche bien d’être un peu chargé comme dorure, surtout à l’intérieur, mais en réalité l’ensemble en est fort réussi; il est situé à l’angle de l’Avenida Central et de la rue 13 de Maio.

La Caisse de Conversion est un superbe édifice orné de magnifiques colonnes de marbre, sa destination primitive fut celle de « Caixa de Amortisaçao » (Caisse d’amortissement), dont le nom figure encore sur la façade. Il, est situé sur 1 x4.venida Central, à l’angle de la rue Maréchal Floriano Peixoto.

L’Hôtel des Monnaies est un monument d’aspect imposant avec son vaste perron et sa colonnade. Cet établissement possède tous les appareils nécessaires à la frappe des monnaies, ainsi que ceux destinés à l’impression des timbres et d’un grand nombre de billets de banque, mais une grande quantité de ceuxci viennent encore d’Amérique. Sur la Praça da Republica, où il est situé, se trouvent encore le Sénat, la Prefectura Municipal, la caserne des pompiers et le Ministère de la Guerre, qui sont de fort beaux édifices. Tout à côté, rue Maréchal Floriano Peixoto, se trouve le Ministère des .âfïaires Étrangères, c est le palais Itamaraty, ancienne résidence du Président de la République.

Sur l’Avenida Central, on remarque la Bibliothèque Nationale, le Palais des Beaux-Arts, les clubs Naval et Militaire, etc.

La Chambre des Députés, située rue da Misericordia, est une ancienne prison d’aspect assez laid, malgré les transformations subies. On a d’ailleurs décidé la construction d’une autre Chambre. Le Gabinete Portuguez de Leitura est un édifice du plus pur style Manoelino, il est dû exclusivement à la colonie portugaise. Les belles salles richement décorées et meublées de cet établissement méritent d’être visitées. Il faut encore signaler 1 Imprimerie Nationale, édifice d’un st 3 de gothique anglais très ornementé; la Bourse et l’Hôtel des Postes c]ui se trouvent dans la rue 1° de Março; ce clernier édifice semble bien insuffisant pour l’énorme développement pris par le service postal du Brésil.

Cattete est la résidence du Président de la République, c’est un grand édifice carré de deux étages. L’extérieur n en est pas très imposant; en revanche l’intérieur, d’un goût sévère, impressionne favorablement.

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Le petit palais édifié sur l’île Fiscale est un vrai bijou de granit sculpté; le Musée National, situé Quinta da Boa Vista, mérite d’être visité; il se trouve sur une éminence, au milieu d’un grand parc. Parc et Musée semblent un peu abandonnés; les jours de visite sont le jeudi et le dimanche, et encore de 11 heures à 2 heures seulement, c’est tout à fait dérisoire. On y remarc[ue surtout la magnifique collection se rapportant à l’ethnographie du Brésil et à son histoire naturelle. A l’entrée, on aperçoit un énorme monolithe, le Bendego, trouvé dans l’État de Bahia, d’où il fut transporté à Rio en 1888; cjuelques fragments en furent détachés avant son entrée au Musée, il pesait 5.360 kilos.

Il y a à Rio, où la bienfaisance et la philanthropie sont largement 23ratiquées, une quarantaine d’hôpitaux et établissements de bienfaisance'. L’hôpital le plus remarquable est sans contredit celui de la Santa Casa de Misericordia, il a à sa chargé l’Assistance Publique ; ce sont les professeurs de l’Académie de Médecine, contiguë à l’hôpital, qui ont la charge du service. Cet établissement jouit d’un énorme revenu, il possède plus de trois cents immeubles dans la capitale; il soutient aussi quantité d’établissements dé bienfaisance.

Il va sans dire que Rio de Janeiro possède un grand nombre d’églises, mais la grande majorité ne mérite que peu d’attention, elles appartiennent toutes à un style jésuite, lourd et sans goût, et ne sont d’ailleurs que des copies de copies. Toutefois, quelques-unes méritent une mention spéciale, ce sont : l’église da Candelaria, la plus belle et la plus vaste de toutes, elle a été décorée par le peintre Jotio Zepherino da Costa; on y remarque surtout le portail extérieur tout en bronze admirablement travaillé. Cette église, qui renferme de grandes richesses, des marbres précieux, des pièces d’orfèvrerie, mérite d’être visitée. L’église S. Francisco de Paula, située sur la place du même nom, est assez sobre d’ornement ; elle est cependant fort belle et très fréquentée. L’église du Carino est aussi intéressante, ainsi que la Cathédrale, l’ancienne chapelle impériale qui lui est contiguë rua 7 de Setembro et rua 1° de Marco. Il faut noter aussi les anciennes églises de S. Bento et de S. Francisco da Penitencia, faisant partie des couvents de ce nom.

Parmi les places et jardins qui égaient Rio par leur verdure.

incomparable, il faut signaler la praça da Republica, praça ïiradentes ou du Rocio, le Largo Machado et la Paseio Publico, etc.

VIII. — Rio est, de toute l’Amérique du Sud, la ville la mieux pourvue de communications; les tramways sont très nombreux, on les rencontre partout, ils marchent avec régularité et, quoi qu’on en dise, la façon dont est comprise l’administration est excellente. Rio d’abord, puis Buenos-Ayres et New-York sont les trois villes du monde où on en voit le plus; les voitures, ouvertes et coquettement construites en général, se suivent sans intervalle appréciable, dans tous les sens, desservant les faubourgs les plus éloignés. Les bonds (i), c’est le nom qu’on donne à Rio aux tramways, sont vraiment le moyen de communication démocratique par excellence; ils sont employés par toutes les classes sociales, il n’y a, en général, qu’une seule catégorie, mais quelques lignes remorquent des voitures pour le menu peuple. Les bonds, presque tous à traction électrique, servent donc à tous, et ce n’est pas peu que de desservir une ville de plus d’un million d’habitants qui s’étend sur un énorme espace.

Il y avait, primitivement, cinq compagnies desservant les différents quartiers et faubourgs de Rio : Jardin Botanico, Carioca, S. Christovâo, villa Izabel et Carris Urbanos. Ces trois dernières ayant été achetées par la puissante Compagnie américaine : «The Rio de Janeiro Tramway Light and Power», ces Compagnies sont actuellement au nombre de trois.

La Compagnie du Jardin Botanique, dont toutes les voitures sont à traction électrique, possède onze lignes desservant les quartiers les plus aristocratiques de Rio de Janeiro ; le service est excellent et le personnel poli, on considère les services de cette grande Compagnie, qui est brésilienne, comme meilleurs que ceux de la Light and Power; les deux nous ont parus également bons. Parmi le très grand nombre de lignes desservies par la «Light », il en est quelques-unes encore mues par traction animale, mais les cariocas 0 font une guerre acharnée à ces tramways, vestiges archaïques d’une autre civilisation, disent-ils;

(1) Bonds, en raison des titres qui furent émis (bonds en anglais) au moment de la fondation de la compagnie des transports urbains.

(2) Flumineuse et cariocas, noms donnés le premier, aux habitants de Rio de Janeiro Etat, et le second à ceux de la capitale.

RIO DE JANEIRO

ces lignes, d’ailleurs, sont peu à peu supprimées et, dans quelques mois, elles auront complètement disparu.

Que ce soit entre les mains de la Compagnie du Jardin Botanique ou de la « Light and Power w, les bonds font des affaires splendides; les habitants de Rio ne sont guère bons marcheurs et les distances sont considérables ; les voitures, c[ui roulent aussi bien la nuit que le jour, ne manquent jamais de voyageurs, et, à certaines heures, il y a même une trop grande affluence. Les prix sont relativement bon marché, surtout si on considère la distance parcourue; ils sont de 100 à 200 reis (0,15 ou 0,30) sur les lignes de la Light; de 200, 300 et 400 reis pour la Compagnie du Jardin Botanique ; le prix le plus élevé comprend tout le parcours des lignes Gavea, Leme, Ipanema, Copacabana, sur les rives de l’Atlantique ; la distance parcourue est considérable .

Les véhicules de cette dernière Compagnie partent de l’Avenida Central, sous l’hôtel de ce nom. La Light a trois points de départ : 1° le Carceller, en face la rue 1° de Marco, pour les Carris Urbanos à traction animale; 2° la place 15 Novembre pour la section «Villa Izabel »; 3° la place S. Francisco, pour la section S. Christovâo.

• La Compagnie Ferro-Cmril Carioca est, comme le Jardin Botanicjue, une Compagnie brésilienne à traction électrique, dont le service est excellent. La station initiale est située près de la place Carioca, derrière l’hôtel Avenida. Cette ligne dessert les parties du mont Santa Thereza, jusqu’au Sylvestre, point d’intersection avec le chemin de fer à crémaillère qui monte au Corcovado. Il y a trois sections entre la Carioca et le Sylvestre, Curvello, França et Lagoinha; le prix du voyage est respectivement de 300, 400, 600 et 800 reis jusqu’au point terminus . Le dimanche, le prix aller et retour du parcours total est de 1.000 reis. Ce voyage est réellement fort beau; les bonds passent tout d’abord sur l’ancien aqueduc dos Arcos, gravissent les pentes de Santa Thereza, laissant apercevoir partout des points de vue admirables sur la ville et la baie, puis on atteint le Sylvestre en traversant une végétation touffue et parfumée.

IX. — Outre les bonds qui sont le plus usités et qui circulent avec une activité inconnue en Europe, Rio dispose encore de voitures de places, d’automobiles et de bateaux comme moyens de transport.

Il J a aujourd’hui, à Rio, un nombre important d’automobiles; le tarif en est relativement élevé, mais ce moyen de locomotion convient admirablement aux personnes pressées et aux voyageurs qui, au cours d’une escale, n’ont que quelques heures à passer dans la capitale. On trouve aussi, dans les points de débarquement aux gares, sur les places publiques, des calèches ou victorias, connues sous le nom général de « carro », eUsurtout des tilburys, petits cabs à deux roues pour une seule personne.

Il y a un tarif édicté par la municipalité réglementant le prix de transport par automobiles, tarif auquel les conducteurs ne se soumettent guère.

Chaque course en automobile (parcours par section) coûte

2.000 reis et 500 reis par personne en plus; à l’heure, les prix seront les. suivants : 1'’® heure, 8.000 reis pour une ou deux personnes; chacune des heures suivantes 4.000 reis et, pour chaque personne en plus, un milreis(R.

En voiture (victoria), la première heure, 6.000 reis pour une ou deux personnes, chacune des heures suivantes 3.000 reis et un milreis pour chaque personne en plus . La course, 2.000 reis par section, pour une ou deux personnes, et 500 reis pour chaque personne en plus.

En tilbury, la course est de 1.000 reis, la preinière heure

4.000 reis et les suivantes 2.000 reis. Malgré ces tarifs, il est prudent, nous le répétons, de s’entendre à l’avance avec les conducteurs et de faire son prix. En général, on fait payer la première heure d’automobile 12 et 15.000 reis, les heures suivantes 8 et 10-000. Les cochers de victorias demanderont 5 à 6 milreis pour déposer à domicile de deux à trois voyageurs, on fait généralement prix à 4 milreis. Quant aux tilburys, ils se conforment assez généralement au tarif, mais il est bon de faire prix au préalalple. 11 existe bien un tarif pour les voitures de place avec taximètre, il est de 1.400 reis pour un parcours de 1.600 mètres et 200 reis par fraction de 400 mètres pour une ou deux personnes, mais nous avouons n’avoir jamais découvert aucun véhicule muni de cet appareil. Son emploi serait certainement aussi avantageux pour les voyageurs que pour les loueurs de voitures .

(1) Le milreis que l’on peut considérer comme l’unité monétaire du Brésil, vaut au change actuel 1 fr. 55. ,

RIO DE JANEIRO

En outre de ces automobiles et voitures de place, on trouve de nombreux loueurs de voitures de remise, de toutes formes, attelées de bons chevaux; tous ces équipages sont loués à des prix raisonnables.

X. — Il est trois excursions que les voyageurs séjournant à Rio ne manquent jamais de faire, celles du Jardin Botanique, du Corcovado et de la Tijuca. Le Jardin Botanique, célèbre dans le monde entier pour ses magnifiques allées de palmiers, se trouve situé à 10 kilomètres environ du centre de la ville, au pied des monts de la Gavea et du Corcovado. La fameuse allée se trouve à l’entrée du jardin, elle a près de 800 mètres de longueur et compte 134 palmiers de 25 mètres de hauteur et d’un mètre de circonférence. Cette allée, dite Centrale,' est coupée par une autre comptant 140 palmiers de 22 mètres de haut en moyenne. Il y a en outre de splendides allées de bambous, de manguiers, de jaquiers; il renferme un grand nombre d’arbres fruitiers, autrefois inconnus au Brésil et qui en sont sortis pour se répandre dans tout le pays, par exemple l’arbre à pain, l’avocotier, le jaquier; on y voit un flamboyant colossal dont les racines jaillissent hors du sol, des piassaba, palmiers des États du Nord qui possèdent autour du tronc une quantité de fibres enroulées servant à fabriquer de bonnes cordes.

Le Jardin Botanique a pour directeur un botaniste érudit, auteur d’oeuvres importantes, M, le I)'' Barbosa Rodrigues, .qui a classé méticuleusement les GO. 000 variétés de plantes que renferme le jardin. Celui-ci, qui a 640.000 mètres carrés, a d’ailleurs été complètement réorganisé par son directeur actuel.

On se rend très facilement au Jardin Botanique, en voiture, automobile ou tramway; ces deux derniers moyens sont les plus rapides. Le mieux est de prendre à l’Averiida Central les tramways portant l’indication «Jardin Botanico» ou « Gavea» qui pour 400 reis arrêtent le visiteur à la porte même du jardin.

XL — L’excursion du Corcovado est tout aussi obligatoire, on s’y rend au moyen des mêmes bonds de la Compagnie Jardin Botanique portant l’indication Larangeiras ou Aguas Ferreas qui aboutissent tout près de la station Cosme Velho, point de départ du chemin de fer à crémaillère qui fait l’ascension de la montagne. Cette voie ferrée, longue de 3 km. 500, grimpe le long de la montagne, traverse le vallon du rio Sylvestre sur un magni-

fique viaduc perdu au milieu de la végétation; jusqu’à la station de Pailleras, la locomotive gravit péniblement des pentes de seulement 25p. 100, puis elle aborde la dernière partie; là, la voie qui serpente sur la croupe du Corcovado atteint, sur plus de 200 mètres, 39 p. 100 de rampe; le point terminus est à l’altitude de 670 mètres, et le pavillon qui a été construit au sommet, le Cbapeo do Sol, n’est qu’à 710 mètres.

Dans ce parcours, on jouit du plus merveilleux spectacle qui se puisse rêver. Nous comprenons que tous ceux qui ont fait cette excursion en aient été enthousiasmés; toutefois, une description ne peut donner une idée complète de la beauté du spectacle qu’on a sous les yeux. Le voyageur n’a pas besoin de parcourir tout le Brésil pour connaître son admirable flore tropicale ou admirer la splendeur de ses forêts vierges; il verra tout cela en gravissant le Corcovado. Le chemin de fer, composé d’un seul ’wagon, passe à travers la végétation la plus touffue, la flore la plus luxuriante; partout on voit sourdre l’eau des flancs de la montagne. Sur les bords du chemin de l’ancien aciueduc de Carioca, se dressent des fougères aux troncs trapus, des bananiers, des arbres immenses, des plantes de nos serres d’Europe, mais combien changées en dimensions.

A l’extrémité de la voie, un petit chemin en labyrinthe creusé dans le roc conduit au sommet où existe le pavillon en fer dont nous avons parlé; il sert au voyageur à se mettre à l’abri de la pluie ou du soleil. Un peu plus loin, une petite plate-forme permet d’embrasser, d’un coup d’œil, un des plus beaux spectacles qu’on puisse voir au monde. Le visiteur reste muet de surprise, là le Corcovado descend à pic vers le Jardin Botanique et domine la capitale et les merveilleux sites d’alentour; la baie tout entière, large de 28 kilomètres, longue de 80, avec la centaine d’iles qui apparaissent comme rapetissées par la distance ; les quartiers se reconnaissent au réseau plus ou moins régulier de leurs voies, les toits de toutes formes s’étagent, se succèdent, jalonnés de clochers et de dômes. Les maisons de la ville se groupent en masse compacte, la baie est semée d’embarcations et de navires; des montagnes aux formes bizarres se découpent dans le ciel tout à l’entour, partout des forêts s’étendent. L’impression est pleine de grandeur et inoubliable.

Le petit chemin de fer du Corcovado est à l’heure actuelle

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6, R,Tie d.© Mézières — PARAIS

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