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Au Caméroun

Au cours d'un voyage au Caméroun, dans l’intérieur du pays, j'arrivai un soir chez le grand chef de Bangulap pendant la célébration des danses royales. C'était dans la montagne, le sentier suivait une crête et tout d’abord j'aperçus en contre-bas une grande cour d'où s’élevaient une poussière dorée par le soleil, un bruit de tamtams et des cris de guerre. Débouchant à cheval sur la place entourée d'une foule d'hommes et de femmes en grande partie nus, je vis alors cent cinquante à deux cents danseurs masqués et afjublés de costumes extraordinaires et fastueux, tous ayant une peau de léopard suspendue dans le dos.

Une dizaine s’élancèrent au-devant de mon cheval pour lui faire peur par leur danse frénétique, maïs Je passat outre ; au milieu de la cour était une hutte construite en nattes et en palmes contenant les tambours royaux invisibles. à tous et roulant sans arrêt

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teurs notes saccadées, les serviteurs. du chef veillaient tout autour en cagoules rouges d’étoffes grossières, poussant des rugissements de bêtes dès qu'on s'approchait d'eux. On me désigra bientôt, assis sur un tabouret de bois sculpté en forme de léopard, le roi, c'est-àdire le grand chef de la tribu, potentat aux pouvoirs illimités. Des bourrelets de graisse alourdissaient son torse nu, une ample étoffe rose passait entre.ses Jambes charnues, retenue par une ceinture de cuir à la taille et sa tête déjà grisonnante était auréolée d’une immense Ccotfjure faite de plumes noires et rouges, il avait entre les mains un cor d'ivoire. Il me fit apporter un siège, el, pendant une demi-heure, j'assistai à des danses frénétiques, toutes faites pour inspirer la Lerreur de la puissance du chef et de ses guerriers : c'était une exaltation de la force physique dans ce qu'elle a de plus brutal, un simulacre du meurtre et de la haine, et en même temps la perpétuation d'un rile sacré et sauvage. Aussi lorsqu'un des groupes dans sa danse furieuse s’approchait de la-foule, il s’y produisait un remous tumultueux et les femmes s’enfuyaient poussant des cris terrifiés ; cela avait quelque chose de fantastique et de satanique.

Lorsque le soleil disparut, le roi sonra du cor, ses grands applaudissant à chaque note, puis il se leva

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