‹ Au Canada et chez les peaux-rougesChapitre 11 sur 28 · SP Ë · texte numérisé non relu

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Le QUÉBEC. - 71. 43 “’ardeur incroyable dans la méléc où les journalisfes-les suivent sans hésitation. On est surpris au premier abord des torrents d’injures que les divers organes se déversent les uns. sur” les autres, mais l’on s’y: : fait bien vite;.les gros mots se perdent dans la fumée de la bataille. et jarnais il n’y a de rencontre sur le. terrain pour. une polémique de ce genre. C'est tout au plus &i, par‘hasard, les tribunaux ont à relever quelque diffamation d'un caractère excessif, | . Les journaux canadiens-françdis sont d'un extrême bon marché. Pour un-cnt où un sou (car on dit.encore sou au Canada) on à, dans . les grandes villes du Bas-Canada, un numéro d’un. foémat aussi étendu que lo” Temps, de- Paris, et d’un caractère typographique fin et serré. Parfois ce numéro est doublé d'un : supplément littéraire du même format mis à la disposition de l'acheteur sans aucune augmentation de: ,7 prix. Grâce à.ce bon marché extraordinaire cl au degré très avancé "de culture intellectuelle. chez habitant, la presse est fort répandue. - Mais ce n’est pas sans dé gros sacrifices qu’un journal peut vivre, ct la : .# fondation d’une feuille publique n'a jamais passé jusqu'ici, sur les rives du Saint- Jaurent, pour être une source de revenus, — au contraire. Mais chaque journal a-sa clientèle, clientèle électorale qu'il faut à tout prix ménager, dût l'abonnement en soûffrir considérablement. . Comme disposition d'articles et comme rédaction, un journal. cana--. dien ne ressemble en rien à un journal français. Ce qui frappéà pre- ” mière vue, ce sont les annonces. On en trouve partout, et à toutes les pages. Souvent les réclames #0ni habilement intercaléés entre des faits * divers. Après les annonces, on remarque surtout le roman inséré, non en feuilleton, mais dans le corps du journal, la ligne d'impression : ayant parfois la longueur de deux colonnes de journal. Cette disposi- . tion typographique est faite en vue de conserver la composition, qui. de cetle façon sert pour la réimpression du roman en volume. Beau- 7 — coup de. journaux, en effet, procèdent -de cette façon et mettent, le volume à la disposition de ‘leurs lecteurs. Généralement l'auteur ne réclame point contre ce ‘mode de procéder. Il'ne touche de cette façon . aucun droit de propriété littéraire, mais la publicité est faite autour de son nom, il a l'espérance, de gagnér en renommée ce qu'il perd : momentanément en numéraire, et d’attiker l'attention du publie sur Jes ouvrages qu il a de publiés € ou: qu'il publiera un jour. . Grâce à ka

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«. part iporlante faite au roman ct aux nouv elles liltéraires dans ‘chaque ou. journal, Je Canadien préfère presque Loujours, come lecture, sa feuille ‘ quotidienne. qui le renscigne.en' même temps sur les événements du jour,.ct ne fail que bien peu de visites chez les libraires, assez rares. d'ailleurs, qui pourraient. motlre à à sa disposition les publications, à la

mode. :. : - | Par. suite dela bonne organisation ‘de leur service télégrapti ique ct ° -" ‘de la. facilité avec laquelic ils peuvent transmettre leurs dépêches ‘dans ‘toute | "élendué du Canada en ne payant que le quart du tarif ordinaire, ô | ‘les journaux sont fort bien et ‘fort rapidement renseignés sur tous.les événements du‘globe. La différènce de méridien, qui établit un retard - de ÿ-heures sur les horloges de Paris et de-Londres, permet de donner

le soir même les nouvelles de.la journée de tes.capitales..

— Le style des journaux canadiens-français se ressent du contact, cons-

| {ant.de l'élément anglo-saxon. Des. tournures de phrases sentent leur D. J | ae Brique et des anglicismes sy rencontrent de temps- à autre à côté de -vieilles expressions françaises. -religieusement conservécs dcpuis deux siècles. C’est aiñsi qu’on, trouvé des” expressions ‘de

ce goñré : il ‘est rumeur que; faire (pratiquer) sa rcligion;.donncer Re. résignation (démission); céder le pas à la politique dué; le temps marchande un peu, il se éhagrine (devient mauvais); vaccination compulsoire (obligatoire) ; assault criminel. C’est:surtout dans les. polites * feuilles de provincé que dominent. ces’ expressions qui, si ellés ne sont

guère fränçaises, n’en on! pas moins leur cachet ôr iginal:

Au temps de it domination française, il n'y avait pas une séule ‘imprimerie: C’ekt à ka fin de 1768 qu'un Écossais de Philadelphie, nommé William\Bréwn, arriva au Canada avec Tintention d'établir ‘« une belle imprimerie dans une place convenable à Québeck », suivant le baragouinage dont il se servait dans ses prospectus, et d’y fon-"

der un journal. Soutenu par les autorités anglaises, Brown amèna un .

« assortiment de nouvelles charactères », parvint, à réunir «.lrois cents . souscrivants » et, le 21. juin 1 164, fit paraître le premier numéro de. la Gazeite de Québec, le plus ancien journal du’ ‘Cafada ef, .de l'Amé- - rique, rédigé, moilié en français, moitié en, anglais. Leéfrançais ‘du ” journal de Brown. était, ‘un Yérilable français, de pigeon. Durant és

Lu premières “années cette feuille, fort inoftensive) ne partait point de poli- . h

os

organe-exclusivement anglais. La Gazette de Québec, après une longue e pxilenico” est morte d'anémie en 4813, à l’âge de 109 ans.

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