QUÉBEC
tique, empruntait toutes ses nouvelles aux journ aux d'Angleterre el de
Philadélphie ct ne soufllait pas un mot de ce qui se passait au Canada. !
Jusqu'en 1718 la Gazette de Québec n'eut pas de concurrent, À celte époque parut, rédigée dans les deux langues, la Gasette de Montréal, fondée par Fleurÿ Mesplet. Elle existe. encore, mais. est devenue un
: La’ première feuille, entièrement française parut, èn 1719, sous le titre de: Tant pis, tand/mieucc. Mesplet ct.un avocat de Montréal, Jo-
tard, en furent les fondateurs. Mais son esprit anti-anglais la fit promp-
lement, quoique malgré elle, passer de vie à trépas (1780), et le gou-
-vernour britannique envoya Mesplet el Jotard peupler les cachots de
Québec, qui, à celte époque, se garniséaient rapidement de suspecls
français. On comprend sans peine qu'un pareil traitement appliqué à . ‘;
la presse ne ful'pas sans refroidir sensiblement l'ardeur des Canadiens- Français. Aussi vingt-six années s'écoulèrent avant qu'ils fi ssen{ une nouvelle toutative sérieuse. Mais l’accroissement continu de leur race,
‘ là mise en pratique assez régulière. du régime parlementaire, deman-
daient autre chose que l'existence des « quêteux », colporteurs de nouvelles el de cancans, espèces de gazetles vivantes, de troubadours de. la presse. L'élément français avait besoin d'un organe qui prit la défense de ses intérèts menacés et compromis ; le Canadien fut mis au *+ * ; monde le 2% novembre 1806. Sa, devise : « Nos institutions, . notre larigue et nos lots 5, résume. son programme. ‘
Les fondateurs ct les premicrs s du Canadien firent : Bédard, Blanchet, Planté, Bourdages, Taschereau € $ chefs du parti français, dont le Canadien. était l’organc attitré. Peu api création du journal, Papineau en devint le collabürateur, puis Étienne : Parent qui passa ensuite directeur el. y èxcrça longieinps son influence. * . &
La « souscription » AU nouveau journal eut beaucoup de succés, à à l’inverse de ce qui eut lieu pour la Gäselle de Québec, qui passait pour vendue aux Anglais et qui, même ‘après quarante ans d’existencé,
était ‘toujours ce qu'elle s'était vantée d'être autrefois « la plus i inno-
cente gazette de la domination britannique », Le style du Canadien fut d’abord léger, plaisant, mas extrémement mordant. Les nouvelles,
les chansons, les épigrammes formaient, à côté d’études historiques .
sérieuses, le fonds du journal. Ses rédacteurs et ceux -du Mercury, organe anglais créé en 4805, se déchiraient 4 belles dents. Bientôt
commenñcètent les polémiques que "vint alimenter le Courrier de Qué- :
bec, organe français chouayen, fondé par le-juge de Bonne. L'origine du nom de Chouayen remonte au combat de ce nom livré le 14 août 1756. Ce jour-là, plusieurs. Canadiens, désespérant du sälut de leur cause, inclinèrent du côté de l’armée anglaise, ce qui n'empêcha point la défaite de celle-ci. ‘A partir de ce moment, l'épithète de Chouayens
s’appliqua aux transfuges de la race française, à ceux qui, dans les’ sélections, prenaient le parti du gouvernement anglais. Le Courrier de . Québec n'eut point de succès ; on lui rendit la vie si dure qu au: -bout .
de six mois il en mourut (2 juin 4807). -
Retracer l’histoire du Canadien serait faire celle du Canada lui-même :
. pendant toüle la période d’oppression. Saisi à plusieurs reprises par
ordre des autorités anglaises, le vaillant journal vit ses presses détruites, ses rédacteurs emprisonnés, mais il ressuscita’ toujours, reprenant des ‘forces à chaque acte de violence el de persécution. Îl put résister à la tourmente de 1837, sous la direction d'Étienne Parent, dont l'in-
fluence s’y fit sentir pendant de longues années après cette époque. ‘
Vinrent ensuite, comme. directeur du journal, M. Hector Fabre;
M. Éventuren, qui était libéral ct qui, à ce moment, donna au Cana-’
dien une couleur politique de cette nuance ; M. Mac Donald; M. L. H. Huot, depuis greffier de la cour en chancellerie, et enfin‘ M. Israël
| rire qui, depuis 1874, n’a pas cessé d’être rédacteur en chef du jour-
. Six mois après avoir pris la direction du Canadien, M. Tarte en
Rchait la propriété qu'il revendif, en 1816, à M. Desjardins, Jequel B :
transmit à son tour, en 4879, à à M: Demers.
M. Tarte, qui a été, de 1876 à 1882, député provincial pour lé
comté de Bonaventure, a ‘su donner ui. grand développement et une
grande influence au Canadien et au groupe de journaux qui gravitent”
dans sà sphère. Il a eu la-bonne fortune de s'attacher comme ‘collaborateurs les hommes politiques les plus en yue du parti conservateur de la province de Québec. Sir Adolphe Caron, ministre de la milice, et sir Hector Langevin, ministre des travaux. publics, ont eu une part active dans la rédaction du Canadien. de 1875-x 1881, M. Desjardins,