‹ Au Canada et chez les peaux-rougesChapitre 17 sur 28 · DATE EE · texte numérisé non relu

DATE EE

Un chef sauvage au péuitencier. — Poundmaker.— La famille de Riel à St-Vital. — La Rivière au:Rat. — Une maison d’habitäñt. — La secte des Mennonites. — Les terres à colonisation. — Townships et homesteads. — Les colons étrangers. — Encore a question des races. — Les feux de prairie. — La ferme Bell. — Le Bœuf Assis. — Regina. , ‘

. Aux environs de: Winnipeg s'élève le pénitencier de la province de

Manitoba, auquel un chemin de .fer local conduit en .un quart

d'heure. Le pénitencier est près de la station, en haut d’un petit mamelon rocäilleux —. le seul. du pays — afiquel on donne le nom pompeux de € Montagne de Pierre » { Stony Mountain). La prison, dont le” directétr M. Bedson. fait les honneurs avec beaucoup de complaisance,

- ésf'üne maison centrale recevant les comdamnés à plus d’un an d’em-

prisonement. Ceux-ci étaient, au moment de notre visite, au nombre ‘ de 97, parmi lesquels 13 détenus provenant de la dernière insurrection . du Nord-Ouest. Les condamnés sont sournis au régime-cellulaire. Au centre d’une grande pièce bien aérée se dressent les cellules qui, placées de la sorte, nc touchent nullement aux murailles. Vingt cellules sont ainsi adossécs les unes aux autres et surmontées de deux- étages disposés “de la même façon. La cellule est très étroite et ne reçoit de jour que par h pôrte consistant en une grille en fer qui fait face aux fenêtres. Chaque - rangée est de dix cellules qu’un ressort fait ouvrir ou fermer en même”

. temps. Les gardiens sont. au nombre.de 20 et chacun d’eux réçoit ‘comme salaire 50 ‘piastres par mois, au minimum.

; : 7 27 - Parmi les prisonqiors du Nord-Ouest < se trouvent Maxime Lépine, métis qui fut licutenänt de Ricl, et Poundmaker, chef de la tribu: des Cris. Le nom sauvage de cc dernier.est Pi to ka ha. na pi wi yen,

. c'est-à-dire l'Homme qui garde Penclos (the man keeping the pound) .

Les Indiens, dans leurs grandes chasses, avaient coutume de construire L “un enclos vers lequel ils poussaient les buffies afin de pouvoir les en- ‘tourer et: les tuer plus facilement. Lorsque l’enclos était rompu par les buflles, c'est qu'il. était mal fait. Dans le cas contraire les honricurs

de la chasse revenaient à celui qui. l'avait établi. Poundmaker s'était acquis une réputation dans la construction) ot la garde de ces enclos, d'où son nom de’« Faiscur d’enclos ».” ‘

Le chef sauvage jouit d'une liberté relative, car nous le trouvons :

se promenantdans le jardin. I ne travaille que quand ille veut — c’està-dire point du tout — passe la plus grañde partie de son ‘temps à fumer et reste souvent plongé dans d’intcrminables méditations. Sa s foñse âu procès du Regina a êté aussi noble. qu ‘éloquente, ce qui ne

Fa pas empêché des 'eniendrégondemner, à sa grande surprise, à trois ans de prison. C'est un bel homme, dans foule l'acception du mot, de baute stature au leint basané, ayant le ty pe de ‘la race mongole, d'où descendraient les Indiens d'Amérique. Sa belle. et rêveuse physionomie, qui devient même agréable lorsqu’ il daigne sourire, porte l'empreinte

‘d'une profonde intelligence et. en même temps d'un calme impertur-

bable. Sa démarche est élégante et il a les picds ct les mains d’une duchesse — couleur à part. Il est vêtu. du costume du. pénitencicr,

c'estä-dire d’une veste grisâtre et d’un pantalon dont lés jambes sont

de couleur différente (grise et jaunc)4 par derrière sont marquées les lettres M. P. (Manitobà penitenciary) avec un numéro d'ordre. Il a les

. picds chaussés de mocassins ct porte sur la tête un chapeau mou.

Les prisonniers ont les cheveux rasés ce qui, pour les Sauvages, cst.

un déshonneur, tout, comme au temps de lépoque mérovingicnne. Par unc faveur exceptionnellé, Poundmakér a été autorisé à conserver sa chevelure, qui tombe jusqu’à la ceinture, tressée en plusicurs nattes.

. Deux petites tresses pendent par: devant, le' ‘long. de sa figure, cbsont en partie renfermées dans des étuis ct anneaux en ETS jt, Sur le milieu

“du front une:de ses mèches est retroussée en forme de crête de coq. ü ne parle que le cri, mais l’un des gardiens lui sert d’interprète. 1]

POuNDMARER Au PÉNITENCIER . D'après une photographié de M. Joliot

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se donne ah ans, mais on “ui en ajouterait bien 10 de plus, tant sa fig igurc est hâléc et ridéc. Pendant que nous causons avec lui, mon ami Tirèt- À Bognct lé. couche sur $on album pendant qu'un autre de nos compa- | gnons, M. Joliot, dresse devant lui, mais sansson assenliment, son-appa- reil photographique. Nous lui offrons dés: cigares ct du tabac qu’ ñl accepte

avec plaisir, puis le major Bedson le congédie ct il s'en va du pas” ‘ d un homme qui se dit: Ce ñ sl pas trop tôt. ee

‘ Depuis cctte époque, Poündmakcr, "baptisé par Me Taché avéc Plusieurs de ses compagnons, a été gracié el rendü à sa tr ibu ; mais il

n'a pas joui longtemps de sa liberté el esl mort peu après son Clargissernent (3. “juillet 1886). | :

Le jardin du pénitencier contient un modeste observatoire et des animaux sauvages énformés ou atlachés, els que des aigles, des vautours, des ours bruns, des renards de‘prairie d'une pétulance extraor- . dinairc. On ÿ voit aussi une vingtaine de buffles jouissant d'unc: demiliberté. Ce sont peut-êtré les seuls survivants, au Canada, d’une race qui, il y'a dix ans à peine, couvrail encore d'immenses. territoires.

- Du -côté opposé de Winnipég nous allons rendre visite à la famille dé Riel qui habite Saint-Vital, petit” village de Métis français. C’est là ! que Riel a résidé pendant quelque temps daps une maison fort simple où vit encore toutc’sa famille. Sa mère est: abseñte lors dé. notre visite, -Iaïs NOUS y trouvons sa femme et'ses enfants, ses frère, beau-frère ct le nombreux enfants. Sa jeune femmé, d’origine française, ainsi que , l'indique Son nom, Marguerite Monetté Bellehumeur, est une vraïe-mé- ‘tisse d'unè physionomie régulière, respirant la. douceur et une grande timidité. Ëlle: était avec son mari pendant l'insurrection du Nord-Ouest et a couru de grands ‘dangers avec tous les siens lors du combat de: Batoche. Deux enfants sont issus de son union’avec Riel, un fils et une: fille. Le garçon, qui est l'aîné, poil au nom de Jean et. est venu au

Fr

sans dite de quelques-unes’ des brillantes qui ‘de son père. Au physique les deux enfants ne ressemblent point à Téur père; ils viennent : “plutôt de la mère.- , der en

+ Dans ha pièce’ principale se trouvént Lois grands lits; près de l'un

. d'eux un. perl berceau est a au plafond par deux tourroies

‘que troisième rattache au lit de sa mère. Celle<i peut, de cette façon : bercer son enfant sans être obligée de se lever el apaiser ainsi ses pleurs. “et, ses cris, Un peu plus loin se trouve une balançoire- d'enfant fort ’ primitive, car le siège en est formé avec un rondin. La pièce est très simplement meublée; aux murs sont accrochées des images de piété. - Dans un cadre enlourant- ucoussin de velours rouge cst déposé un'clou qui au dire de Ricl, lui aurait ëté envoyé € de Rome par le. Pape comme provenant de Ja vraie Croix. Celle version, qui -est accréditée à Saint- Vital, ne repose, à vrai dire, sûr ricn d’authentique. Un beau portrait de Riel complète l’ornementation. Ce portrait est, dit-on, lc plus ressem- - blant de {ous ceux qui aient. élé faits el remonte à plusieurs années, car: Ricl n’a jamais voulu; dans ces dernicrs temps, laisser prendre sa pho- -tographie, ne voulant pas que son image Servil d’ objet de spéculation. __ A côlé de la demeuré de Riel se trouve un petit bois aux sentiers sans . nombre dans lequel le prophète métis aimait à se relirer, Là il Ctait: À fntrouvable même pour les siens.

E’infortünée femme de Riel n'était pas encore veuve à l’époque de notre visite à Saint-Vital,. mais elle nè semblait que trop prévoir. lé malheur qui allait l” atteindre, et un indéfinissable sentiment de tristesse emplissait tout son être. Le coup ful trop ‘rude pour cette femme dévouée cl, quelques mois plus lard, ses deux. enfants étaient . complètement , orphdlins. , cho 3 Saint-Vital n’est qu’ un hameau où l'on voit encore’les cabancs primitives des Métis, grossièrement construiles avec des troncs de sapin et de la terre. Quelques rares ouverturés éclairent seules ces sombres demeures! Les ‘Métis autrefois presque seuls habitants des bords delà rivièreRouge, | ont quelque peu déserté ces parages, es l'immigration | anglaise, ‘ pour aller s'établir au Nord-Ouest ur lè ives plus solitaires, | de la Saskatchewan. Leur place a él aussitôt prise, notamment par-les … Meunonites, dont Jés nolnbreuses colonies peuplent la frontière des . © États-Unis.

C'est ans le but def parcourir cellerrégion que nous ‘prenons, en’ È : éompag niv de l'élite de la société canadienne-française de Winnipeg, un: “train spécial, gracieusement offert par. Ja Compagnie du Pacifique, pour descendre à Olterburn, près de la. rivière au Rat, ainsi nommée sans doüte en raison de la couleur et du parfum peu agréable de $es eaux.

LE-MANITORA ET LE NORD-OÙES °° 411

Là nous trouvôns M. le curé Joly, dont le nom a été donné. à sa paroisse, qui est venu à notre rencontre aveè un assortirnent varié de carrioles

qué les habitants oël tenu à honneur d'amener et de conduire. eux- :

mêmes. Ces voilures ont une supériorité éñorme sur les famçpses : planches du Saguenay : elles ont des ressorts, ce qui n est pas à dédaigner dans la course à toute vitesse que nous faisons dans la: poussière, à travers une plaine onduléce ct presque sans arbres, course qui rappelle à s’y méprendre la vitesse des attclages madgyars ct les grandes plaines

de Slavonic. Le conducteur de ma voiture, un cultivateur de la pa

roisée de Joly, s'appelle Turenne ct, sans prétendre à une parenté quelconque avec le grand capitaine, descend’ d’un des soldats du régiment de Turenne qui avait pris le nom de son COTPS, ainsi. que celà se faisait souvent - autrefois. ——

En route nous nous arrètons pour visiter une maison d'habitänt (paysan). à Nous: nous tfouvons ‘être chez Mw° Ladouceur, dont la fille, ‘par une singulière coïncidence est devenue Me Labonté. La seule pièce de l'habitation est planchéiée el très proprement meublée. Elle est

assez élevée, pourvue de six fenêtres et d’une porte vitrée qui y ré pändent une grande clarté. Dans un berceau un*enfant dort du somrneil ‘

du juste; à côté se’ -trouve: un grand fauteuil mobile, en canne. Au:

-* miliéu de la pièce, est placé un beau fourneau êconomique, de la valeur

de 30 piastres, servant tout à la fois à chauffer la maison, à faire le pain

‘et à cuire tous les aliments. Au. premier se frouve le grenier qui sert

de pièce de débarras ct de réserve. Tout. celi est plus propre, plus confortable, plus luxueux surtout que chez n'importe quel paysan de. France ct de Navarre. Il en est de même dans la plupart des habitations, l'habitant dépensant largement pour s’ assurer toutes les commodités de l'existence.” ‘ ’

Arrivés à Joly, nous faisons une ‘courte halle au presbytère. La

paroisse compte environ 850 habitants, blancs ou métis, tous catho-. iques. Il y a quelques frlandais; tout le reste est de- race ‘française. . Le nombre des familles est de 99; ct, en un an, dl ya.cu 4% nais-,

sances, c'est-à-dire une par deux familles. [ci encore, Ja race canadiennc-

‘française donne un merveilleux exemple de sa proverbiale fécondité

.qui, tôt ou tard, lui assurera la suprématie. - - Après une nouvelle course à-travers champs, dans une région cul-

| tivée el parsemée d'habitations, nous arrivons à Landerfeld, un des nombrèux villages des Mennonites. Nous entrons dans une des mai-

sons, qui toutes sont. bâties sur un modèle analogue. D'un côté se.

trouve la demeuré des colons, comprenant une grande pièce, plan-

chéiée ct proprement tenue, qui sert de salle commune, la chambre’

à coucher ct une petite pièce sombre où se fait la cuisine ct où se”

trouve le poële qui chauffe Phabitation. De l’autre’ côté est l’étable

renfermant tous les‘animaux et, le bâtiment contenant les provisions, -

grains, fourrages, etc. Il n’y à partout qu'un rez-de-chaussée assez bas de plafond. L'installation est médiocrement confortable et manque un ‘pen d'air, de lumière ct d’ espace. Ces choses-là ne font cependant pas défaut aû Canada, mais, ici, 6n se trouve en présence de colons depuis peu de temps dans le pays, et qui n’ont de canadien que le nom. Les Mennonites forment une scéte d’anabaptistes ct sont originaires ‘de Prusse. Ce fut à l époqué de- Frédéric Il qu'ils quittèrent leur pays,

pour se soustraire aux charges militaires‘ qui pesaient sur’ Cux, ct se.

* réfugièrent en Russie. Il y a une dizaine d'années, ils étaient encore établis sur les bords de ‘la mer Noire, dans le voisinage d’Odessa: Mais

apprenant que le gouvernement du tsar se proposait de les soumettre :

à la loi du recrutement, ils vinrent en grand nombre se rélugier aux

États-Unis ct au Canada, dans la province de Manitoba principalement.

Il yen a ainsi 8 à 40,000, dispersés en de nombreux villages situés

dans le voisinage de la frontière des États-Unis. Vivant entre eux seuls, ils ont conservé, avec leurs mœurs et leurs coutumes anciennes, leur langue d'ori igine : les vicillards parlent assez correctement l'allemand, mais les jeunes gens ont un langage plus altéré. Malgré un siècle de “Séjour en Russie, les Mennonites n’ont point appris le russe, et c’est à

peine si, aujourd’hui, ‘ils savent quelques mots d'anglais. Par leur genre ‘:

de vie, ils sont aussi étrangers que possible à ce qui se passe autour d'eux.

Leur organisation administrative cest restée celle d'autrefois, et ils désignent un des leurs comme leur chef. Lorsque des terres leur ont ‘été concédées au Maniloba, ils-les ont réparties par- lots égaux entre

chacun d’éux, sans distinction hiérarchique aucune. Les plus travail-

leurs peuvènt, bien entendu, augmenter leur patrimoine, mais le fonds:

commun ne doit rien à leurs enfanis. C’est au chef ‘de famille qu'il appartient d'acheter t un lot de terre par tête d'enfant.

LE MamToa ET LE NORD-OUEST, ) 119

- Les Mennonites se disent fort contents de ‘leur sort. Us sont. du reste,

installés sur des terres d’une grande fertilité, comme on .en trouve tant, et à si bon prix encore, au Manitoba et au 1 Nord-Ouest. | ‘ 4 Cette région du Canada, qui forme l'immense « Prairie » du Nord-

. Ouest, est recouverte en. maint-endroit d’une terre noire très favorable -

à la culture des céréales. La .-couche d’humus, qui repose sur un fônd de glaise, atteint facilement deux mètres de profondeur. Aucun

engrais n’est nécessaire sur un tel terrain, ct l’on espère pouvoir s’en. passer perdant une période de 25 à 30 années au moins. La partie :

orientale du Manitoba, la’ vallée dela Qu’'Appelle et celle de ta Sas-

Kalchewañ du Nord sont les parties les plus propres à la culture des céréales,. de tout le territoire. compris, entre .la rivière Rouge et les

Montagnes Rocheuses.

4 Dané le but de faciliter la colonisation‘ de cette région qui peut |

recevoir facilement 40 à 50 millions d’habitants, le gouvernement “canadien à fait procéder à l’arpentage des terres dans presque toute la partie colonisable. 70 millions d’acres ont été ainsi mesurées sous

‘la direction de M. Deville, à qui cette mission avait été. confiée. L’ar-.

pentage cest aujourd’ hui suspendu, car la superficie concédée ou venduë n'excède pas le quart de celle qui est mesurée. Voici comment s’est opérée là division des terres.

‘Dans chaque province les terres sont divistis en blocs de 12 milles ‘ carrés. Chaque bloc renferme quatre townships ou cantons, dont

* chaque côté a 6 milles de long, formant ainsi ‘une sgperfci de 36 milles carrés. Chaque mille carré (640 acres) représente une section

“et porte un'numéro-d’ordre. De ces 36 sections © sont destinéès aux : élablissements scolaires; 2 autres appartiennent à la Compagnie de la -baic d'Hudson, qui se les est réservées lors de la cession, au gouver-

ement fédéral, de. ses- possessions. territoriales ; les 32 autres atiendent des colohs. me .. . Chaque section est divisée en £ carrès de 160 acres, où 64 hectares,

et renferme 2 homesléads ct 2 précmptions. Le ‘homestead est le lot”

que reçoit le colon qui.a formé une demande de concession. Cette concession est gratuite et'iln’y.a à payer qu'un droit .de 40 piastres

(50 fr.) pour entrer en possession. Le colon, qui a obtenu un ho- |

mestead, aen outre un droit de préemption, de préférence à tout

se

autre, sur les 160 acres qui touchent à son homestead, moyennant un prix de 10 à 15 fr. l’acre. Le concessionnaire d’un homestcad est obligé d'en mettre en culture une partie déterminée; il est tenu en outre d’y résider six mois de l’année et d’ y construire dans le délai de trois ans une maison habitable. Ces conditions remplies, l‘devient pro-

priétaire incontesté et incontestable .du sol, sans avoir eu.à payer:

autre chose à l’origine qu’un droit de 50 francs. ;

Ces dispositions ne sont applicables qu'aux terres appartenant au : . Dominion, car la Compagnie du chemin de fer du Pacifiquea obtenu la

concession, de chaque‘ éôté de la voie, d’une zône de {errain ayant une

profondeur de % milles, ctelle : ne délivre pas de concession à litre

gratuit. 7. .

Lorsqu'il a été procédé à éet immense arpentagc, on a a pris pour base

“le 49° parallèle qui sert de frontière entre les États-Unis et le Canada,

et le méridien le plus rapproché à l’ouest d’Emerson. Et si on jette les yeux sur une carte un peu détaillée du, Manitoba et du Nord- Ouest, toute la région cultivable-se trouve être découpée en une infi-

nité de petits carrés reproduits sur la carte ct transforment. celle-ci en

un véritable damicr, -

Dans chaque towhship, les limites. des s,Section$ ct de leurs & subdivisions sont marquéés par des potcaux; mais F émigrant à parfois quelque peine à trouver sur le sol l’étendue de ‘son homestead, ou de son carré de préemplion. En effet, le premier concessionhaire dans un township recule parfois le poteau de délimitation un peu plus qu’il nc le devrait. en procédant au contre-arpentage de son terrain. Son

. Voisin, qui ne veul-pas avoir ünc étendue moindre de celle à laquelie

il a droit, recule à son {our les poteaux .en question, quand il ne les

supprime pas. 1! en résulte que, par suite des empiètements sUCCES-.

sifs qui se sont produits, ou ‘des erreurs commises par les arpenteurs ou les intermédiaires vendeurs, les derniers - ‘acquéreurs ne se trou-

‘vent plus en présence que d’unc-bande de terrain d’une étendue dé-

risoire, cl parfois, même, ne parviennent pas à découvrir sur le terrain Je lot qui figure d'une façon trés distincte sui le papier. Alors, ce ne sont que réclamations et procès sans fin: Dans certaines régions, les

arpentages ont ét fails si rapidement, que le contrôle n’a guère été

possible. C'est ainsi, parait-il, que, les petits lacs entrant en compte

res,

‘ de ones À ils se rapprochent parfois de l dément ‘fran&

LE MANITOBA BT.LE NORD-OUEST vw 12

spécial pour l'arpentage, quelques arpenicurs, fort peu- scrupuleux, en ont parsemé ‘un peu partout dans l’étenduc dé leurs townships, à la grande surprise des émigrants, qui ne parvenaient pas à les découvrir. ” Mais ce sont là des déboires dont on ne se plaint pas trop en Amérique, car chacun prend vite l’habitude de se faire sa place, .

Grâce aux encouragements prodigués aux colons par le gouyerncment canadien, des millicrs d’émigrants viennent chaque année s’êta-

. blir au Manitoba et au-Nord-Ouest. L'appoint principal est incontes-”

tablement fourni par la racc anglo-saxonne, soit.d'Europe, soit de la province d’Ontario. ‘Vicnnent ensuite, mais à grande distance, les

-Canadiens-Français de la province de Québec ct ceux qui, des États- Unis, rentrent dans leur pairic pour y raprendre la charrue, qu'ils . avaient délaissée à tort. Quant aux Français de France, leur nombre

‘est infime. : Fo os

Mais, à côté des représentants des deux races rivales, on rencontré,

-depuis l’extension de fa. colonisation au Far-West, des colons de toutes

nationalités : des Allemands (sans parler des Mennoniles), des. Islandais, des Hollandais, dont le groupe. le plus important. est près- de. Portage-la-Prairie, des Scandinaves, des Hongrois, dont la principale. colonie a été établie par le comte Esterhazy, sur les bords de la : rivière Qu’ Appelle ; des Italiens, près de Broadwicw, ctc. -

‘Que deviennent ces diverses populations, destinées fatalement à être absorbées, et dexquel côté cherchent-elles un appui?

Lorsque la question de’ langue n'est pas en jeu, c’est la question, de culte qui opère les rapprochements entre races. Ainsi les Hongrois et les lialiens, essentiellement catholiques font marcher leurs intérêts sous la bannière des Canadiens-Français vers lesquels ils se sentent attirés également par une. sympathie irislinctive. Mais les autres immigrants, presque exclusivement de religion protestante, font, généralement du moins, cause commune avec les Anglo-SaxonLes Belges se rangent tout naturellement du côté français. “Quar ÿ aux

lequel-ils marchent en bien des comtés. C'est une question d’é et de milieu: Mettez un 1 Irlandais dans un milieu français où il pisse

DS

apprendre r notre langue et constater par lui-même que nous lui sommes

sympathiques, ils ’identifierà avec nous. Mettez-le au contraire dans un milieu anglais, vous le trouverez souvent coftre nous, subissant, et très facilement, une influence hostile à à notre race. .

A l’époque où la Compagnie dé la baie d'Hudson fit l'abandon au

gouvernement canadien de ses droits suzcrains, l'élément français, Y compris les Métis, formait plus d’un ticrs de la population totale du -

Manitoba. Douze ans après, en 4881, cette proportion: n’aticignait pas un sixième, car on ne comptait que 9,949 Français sur un. total de 65,954 habitants. Depuis le dernier recensement ce dernier chiffre a plus que doublé, mais l'élément français a plutôt perdu que gagné. : À quoi cela tient-il? Est-ce à l’affaiblissement de la natalité? "Non .cerles, car la fécondité de la race canadicnne ne s’est pas démentie un. seul instant; mais tandis que les émigrants anglais arrivaient par milliers,’ les émigrants fr ançais n'arrivaient que par centaines. Aussi l'élément français se trouve-t-il dans une situation délicate et a-til besoin de toute soi énergie pour maintenir ses droits. Lors de la formation. de La province, le parti français lit entrer deux de ses membres dans le ministère provincial. Aujourd’ hui il n’en possède plus qu'un.(!), mais il à conservé ün juge à la cour du Banc de la Reine à Winnipeg, ‘ un sénateur ct un. député fédéral. |

Ï est à craindre que cet état de choses ne dure tant que lémi-

ration sera aussi forte. Mais lorsque les meilleures terres seront

“occupées, que les colons devront faire plus de sacrifices pour fonder

des établissements, il y aura un temps d'arrêt, puis l'accroissement de

Ja. population se fera surtout par la natalité ct cest.alors que l'élé- |

ment français regagnera peu à peu le terrain perdu. Et le jour où il "aura pu conquérir la majorité au Manitoba, la situation $ géographique

de cette province lui assurera une influence immense sur tout le.

Dominion.

-Au Nord-Ouest: Ts mêmes phémomènes se sont produits d’une façon plus accentuée encore, à cause de la dissémination de la population française, de l'affluence, des émigrants et de l'étendue du territoire colo-

nisable. En 4880, sur une population de 56,446 habitants (dont 49, 000 . Sauvages) on comptait 2 ,896 Français, en majeure. partie métis, 2,862 .

(1) D n'en possède plus actuellement.

* Anëlo-Saxons et 1,206 häbitants d'origines diverses. La race française, si elle ne formait pas ‘la majorité absolue, tenait 'au moins la tête, si on laisse de’côté Ic$ Sauvages. Depuis celte époque la population est descenduc à 48,362 habitants, par ce fait que-le recensement de 1885 ne mentionne plus que 20,170 Sauvagos. Par -contre, la “population blanche ou mélisse a plus que quadruplé, car elles’ est élevée, en cinq années, de 6,974 à 28,192 habitants. Mais c’est ici que se ‘font sentir Jes effets de l'immigration anglaise : l'élément fränçais ne compte que 4,907 représentants, %andis que-l’élément. anglais, qui ne venait qu'au : second rang ; passe © un bond au premier avec.21,874 membres.

, Ce qui se passe: du Nord-Ouest est donc une répétition de ce.qui'a lieu au Manitoba; mais ici la lutte sera plus difficile encore, et la race

. française aura. besoin de toute son énergie. péur-ne pas se laisser ‘absorber. Son salut viendra de sa situition géographique. En effet, tandis que le gros de la colonisation anglaise se porte le long de la voie ferrée du Pacifique el au picd des Montagnes Rocheuses, l'élément français cantonrié dans la. par tic septentrionale des Territoires, encore peu facilement accessible, se trouve momentanément à l'abri de Vin. -vasion. Installé sur les meilleures terres eL occupant les points stralégiques les plus importants de la vallée de la .Saskatchewan-Nord, il a pour lui‘tous.les avantages de’ la position. .Il domine haut:la main dans le soûs-district d'Edmonton, possède la majorité dans celui de

* Batileford et lutte avec chances de succès dans ceux de Prince-Albert “et de la rivière Carrotte. Que pendant quelques années encore les,

“rives de la Saskatchewan soient ‘délaissées par le flot des nouveaux arrivants-et la race française aura transformé cctte vallée en une for- ‘tercsse nationale dont Edmonton sera J'imprenable- donjon.

Nous. partons de Winnipeg, par le train de l'Ouest, du matin. Parfout, aux environs, le sol est cultivé et les propriétés entourées de clôtures. Ces clôtures, qui, dans d’autres provinces, étaient simplement formées avec des tronès d'arbres entre-croisés, sont formées ici avec des

"poteaux et des fils de fer. Cela tient à ce que le bois est rare et par conséquent assez cher et que ce genre de clôture résiste mieux aux feux de prairie; la flamme glisse si rapidement. que les poteaux ne sont : qu ‘un peu noircis.

à - . A ‘Noùs passons successivement à Portage-la-Prairie, qui est une petite ville, à Brandôn, Virden, gros bourgs nés d’hier qui froissent rapide- , ment.ct possèdent des succursales de banque ct un-journal. Au Lac-aux- ‘Chênes (Oak Lake) nous prenons au passage un habitant de cotte localité qui nous apprend que là sc trouve un centre canadien-français comprenant 70 familles. Depuis peu de temps 10 familles sont venues ” dé France s’adjoindre à ce groupe. Ces familles sont toutes originaires . de Ja Haute-Loire et elles attendent un nouveau convoi de compatriotes. L'élément français est’ peu répandu de ce côté ct, une fois . sorti du Manitoba, nous ne rencontrerons plus sur notre routdirecte- F que des Canadiens-F rançais isolés. F Aux limites du Manitoba, ies habitalions'se font rares c£ ès stations -sont de plus en plus éloigrtées. L'horizon s'étend à perte de..vue-et-.pas un arbre ne le coupe. Là où il n’y a point de culture, une herhé côurté ct sèche recouvre le sol. Dé temps à autre on traverse une coulée. C'est . une dépression, à qui les Espagnols donnent le nom dë barranco,: et. les Hispano-Américains celui de quebr ada, qui cache ordinairement . bn cours d’eau abrité sous le feuillage. La: végétation, qui y est assez abondante, cesse brusquemment au sortir de la coulée, et l'on attribue | cette nudité de la plaine à l'action dévasiatrice- des feux de prairie, qui ne s'arrêtent qu'au bord des ravins ou des, rivières. C’est À l'automne que les feux de prairie courent comme le. vent à travers les herbes sèches. Qui ii tombe une étincelle. le long la voie ou que Je feu soit mis exprès ou par mégarde dans la prairie, l'incenc iese

LS

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communique de proche en proche et atteint des étendues ses |

Lei jour, les, feux sont déjà fort curieux à observer, - mais ja nuit le ‘spectacle est grandiose, surtoët quand le train marche entre deux. rangécs dè flammes. Rien ‘ne résisie à ces incendies ct lorsqu’ un obstacle näture] ne les arrête’pas, le colon qui a des récoltes à préserver, doit prendre soin de retourner le icrre tout, autour sur une assez large . étendue, afin d'enlever au feu son alimènt et de briser son action. Lorsque le-vent est violent et l'herbe haute, le feu gagne avec une rapidité incroyable. “Les buflles,.au temps où il y en avait encore ‘au Canada, étaient souvent enveloppés par. les flammes et la vitesse de : “leur course ne lès préscrvail point loujours du trépas. Le chasseur qui se trouve alors; dans Ja‘prairie, n’a qu un moyen d'échapper à la tour-

on

LE MANITOBA Et 1, NORD-OUEST 495

mente : c'est de mettre lui-même le feu aux herbes, afin de faire le vide autour de lui. Dot °

C’est au moment où nous allions tirer le rideau sleeping que le premier feu de prairie cest signalé. Nous nous précipitons sur la passerelle du wagon. pour admirer ce spectacle‘qui à pour nous tout

© l'attrait de la nouveauté. L'absence de vent ne propage que lentement

lincendié, mais la flamme dessine sur le sol de.curicuses arabesques de feu et éclaire le ciel noir de lueurs fantastiques ct sinistres toùt à la fois. * Cest au beau. milieu de Ja nuit que nous arrivons à Indian-Head

-. (Tête d’Indien},.station qui -dessert a belle ferme modèle du major Bell. Bien que des éhambres nous aient été réservées dans le modeste .

hôtel de ce petit lrou, nous ne trouvons pas ‘notre compte. L’hôtelier, assez embarrassé, nous explique, que, par suite de la venue du gouverneur -général, en {tournée sur. la ligne nouvelle du Pacifique, il a

Cu quelques rares «visiteurs, et cela a suffi pour emplir ses appartc-

. ments. On se case” comme on peut; le-garçon, pour nous fournir. les

- éléments. d’une literie, pénètre dans les chambres déjà occupées et

en rapporte, tantôt une couverture prise sur le lit d’un client, tantôt

un orciller que nous lui voyons enlever sans plus de façon de des- sous lorcille d’un dérmeur qui n'a pas le temps d'ouvrir l'œil et de.

. S'ébahir d’un tel procédé. Grâce à ce sans-gêne bien américain, qui

semble tout naturel parce qu'il est essentiellement - pratique, les”

moins bien partagés d’entre nous peuvent s'organiser un campement. dans le salon. Nous ‘ne quiltcrons pas cèl ‘hôtel sans ‘une mention particulière sur la: couleur de son cau de toilette. Cetic eau, qui est

d’un noirâtre effrayant, nettoie. peut-être ceux qui sont. sales, mais *

elle salit sûrement ceux qui sont propres. :

Le Jendemain matin, le major Bell vient nous prendre en voiture” pour nous conduire à son habitation située à un mille de distance. Sa jeune femme nous fait un accueil empressé et'nous. invite à nous asseoir, à -une table fort bien garnie. D’excellénts vins de France, :comme nous n’en avions pas bu depuis’ longtemps, coulent à flots

pressés dans nos verres, el le major nous raconte comment, par suite

de la cherté-des transports el des tarifs élevis de Ia douane, chaque bouteille de Sauterne lui revient à À piastres (20 fréncs)

Après déjeuner, nous visilons la ferme, dont ja superficie n'est pas

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k : 1. : ST FR, ES

, éanadienne ; presque t

, moindre de 60, 000 acres (24, ‘000 hectares). Ses limites, le long du | -chemin de. fer. du Pacifique, commencent à 6 milles à l’oucst d'In-, dian-Head, ct, du côté opposé, vont jusqu'à 2 milles-de la station”

de Qu' Appelle. L'acre a élé Payé 4 piastre et 1/2, sauf sur la ‘bordure du chemin. de fer, où-la Compagnie en a réclamé 7 piastres. Cette étenduc considérable de terres n’est pas entièrement exploitée. Chaque arinée, . 7,000 acres environ sont mises en:valeur. La culture domi- .

nan(c, pour ne, pas dire unique, ést celle du-blé, qui don nne, par acre, un rendement moyen-de 25 à 80 minots (1), ce qui fait 29 à

23 hectolitres par hectare. L'abondance du rendement ct le peu de. frais de la. culture expliquent facilement comment le Far-West a pu, malgré le prix des transports, inonder l'Europe de. ses produits, et

comment le -Nord-Ouest canadièi, avec son immense étendue de

terres vierges, deviendra sous peu le grenier à blé de l ancien monde.

La ferme nourrit 70 lêtes de gros bétail, 450 chevaux et 300 porcs... -H n'y a pas de moutons. Les ouvricrs. agricoles, au nombre de ,:

150 environ, avaient éié réduits de : “moitié, ainsi que les cultures, au

. moment de l'insurrection des Métis. Chaque travailleur.g gagne 35 piastres :

par mois, logé, mais non nourri. Quand la nourriture Jui est octroyée, son salaire descend à 25 piastres. Mais les prix changent selon les cir-

consftances ct l'année précédente le taux des salaires était plus élevé de

10 piastres. Chaque ouvrier a droit à une cabane et à une acre de terre. Tout travail est fait à l’ aide de machines à à vapeur, à Pexception du labourage. Nous voyons fonctionner sous nos yeux 6 -charrues à 3 chevaux; la veille, en l honneur du gouverneur, il n’y en avait pas moins de 35. Le inatériel est considérable el compte notammén( 48 moisson- [ neuses-licuscs et159 semeuses à-un-cheval.- Chacune de ces dernières ensemence 25 acres par joûr. Très peu le machines sont de fabrique " tes -viënnent des États-Unis’ dont lè Canada :

est encorc tributaire À ce point de vué. Une installation aussi complèle-que éelle de pe Bell n'est pas sans être coûteuse; aussi le major ‘nous dit-il | que depuis trois ans, dalc. de son installation, les dépenses faites sur &a propriété n ont pas été moindrés .d’ un. 1/2 million. de piastres. La maison d'habitation, d’un extérieur fort ‘simple, est installée sans luxe, mais avec Je confort nécessaire dans un a pays anof-

{1) Le minot (bushe anglais) équivaut à 36 Litres environ.

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frant point de ressources pour les facilités de la vie. Le téléphone relie

la demeure du major Bell à. la Station cl aux principaux points de son immense domaine. - | AUX époques de grands travaux, comme au ‘temps de Ja moisson, :

on engagè à titre d’auxiliaires des Indiens du voisiriage. C€ sont des Assiniboines (hornmes de pierre) et. parfois des Sioux. Ces dernicrs —appartiennent à la grande tribu émigréc. au Canada avec le Bœuf- - Assis (Sitting-Pull), le Napoléon des Sioux, si souvent en lutic avec les . * Visages-Pâles. Après avoir. détruit complètement x colonne du général américain Custer, envoyée pour le faire rentrer dans l’ordre; le grand . chef sauvage comprenant qu'il ne pourrait résister aux forecs nom- : “brouses. dirigées contre lui, prit le parti de quitter les Etats-Unis ct. vint avec sa tribu camper dans la vallée’ de la Qu'Appelle. Plus tard, il fitla paix avec le gouvernement de la Maison-Blanche el rentra sur les tcrres de la République à la bannière étoilée. Mais une fraction de latribu st restée au Canada, vivant avec'les Assiniboines, es moins sauvages de tous les Indiens. :

Les Sauvages recrutés comme ouvriers travaillent assez bien, mais pas d'uné manière suivie, 8 où 10 jours ordinairement.” Ils rentrent

. Sous leur tenté, puis reviennent un peu plus tard. On ne les emploie jamais qu’à des travaux peu compliqués, tels que le chargement des

” gerbes Comme salaire -on leur: donne. la somme, relativement élevée

. pour un Sauvage, d’une 1/2 piastre, plus Ka nourriture. Leurs femmes travaillent beaucoup micux; “mas ’.cela tient-à. ce que la squaio es considérée par l Indien comme une bête, de somme el Chargée, à l'instar de la femme arabe, des travaux les plus péniblés. L'homme se.con-

‘sidère comme: trop gentleman pour metirè souvent la.main à Ja

. besogne. Ün des- Sioux, qui avait promis de venir travailler à la ferme, arriva un jour avec sès quatre femmes et s’assit tranquillement sur l'herbe péndant que.ses compagnes ne se ménageaient point. Comme on lui rappelait sa promesse, il parut tout étonné et, montrant ses | quatre femmes, dit qu'il voulait bien consentir à les laisser travailler, mais que lui avait bien compris qu'iln'aurait qu'à les. regarder faire. Avant de quitter le major Bell et JIndian-Head, ‘nous allons en voiture jusqu’au lac Qu’ Appelle, situé à 40 milles enviroh au nord. de | la ferme. Le Pays cs -plat jusqu ‘au lac, beaucoup plus’ long que

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