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28 ‘© -" Au-caNaDa ET cuez LES PEAUX -ROUÉES Fo
large, qui semble enfoui au fond d’unc-. grande coulée. A. la partie oricntale, où noùs arrivons, il n’y à pour “uniques habitants que des maringouins. Ces trop célèbres moustiques touchent, heureusement pour nous, au déclin de leur existence et sont devenus presque inoffensifs. ‘ A une heure d'Indian-Hcad s'élève Regina, chef-lieu du district.’ d’Assiniboia ct capitale du icrriloire du Nord-Ouest. La nouvelle cité, qui ne date que de 1882, est une ville pour ainsi dire artificielle, car rien, ni au point de vuc commercial, ni au point de’ vue politique ou stratégique, ne justifiait unë création aussi peu pratique. Ce coin de térre présente un aspect absoluniènt désolé. Il n’y à pas un seul arbre, ct cqux.qu'on avait transplarñtés pour orner la capitale ont refusé de vivre. L'eau fait généralement défaut;'et l’on en cest réduit à barrer un cours d’eau qui «st à moitié sec ou marccageux, selon la saison. Enfin,. quand le vent y souffle, ct nous ne l’avons que trop bien senti, il le fai de façon à décorner les buffalos les mieux coiffés. C'est, en. uni mot, une triste résidence, qui paraît tout à fait dénuée d’âvenir. Aussi ne peut-on expliquer sa fondation que par des considérations de spéculation de terrains. ‘ La ville est tracée en damier, avec de ‘larges chaussées; tout comme ‘à Winnipcg; mais, sauf dans le voisinage de la gare, la plupart des . rues ne possèdent que quélques maisons dispersées en tous sens. Cela vict de-ce que les détenteurs de icrrains voulant vendre ces derniérs fort cher, .où büil.un peu partout ct à grande distance. L'adminis- . tration donne, du reste, l'exemple de e cette incohérence de consiruc-. + tion, car l'oflice gouvernemental est fort éloigné dé la gare; dans-un “ à endroit lout à fait désert. C’est là qué siège l’Assemblée législative du À. ei Nord-Oucst. Tout est anglais à. Regina, fonctionnaires comme habj | tants, à l'exception ‘du secrétaire du conseil, M. Forget. Nous avons trouvé à Regina le plus aimable accucil chez MC Daviñ, - -- — directeur du journal local, The Leader, et ancien correspondant du Standard à l'armée du maréchal de Mac-Mahon. M. Davin (!) nous fait d’abord voir son imprimérie, une grande baraque'en. bois à un étage. Son journal, qui. paraîl une fois par semaine, cst: établi très modes- + tement, tar la clientèle est peu nombreuse et la main-d'œuvré fort ‘ chère ? un ouvrier ne se paie pas moins de 16 piastres . (80 francs). 10 Depuis, ‘ député’ de Regin au Parlement fédéral. ’
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- eu 7, + er LE MÂNITODA ET LE NORD-OUEST , 7 129
par semaine, Un- break noùs à attend, - ct M. Davin nous promè ne lui- 7 A même à travers les futurs quartiers , de la ville, où nous .ne voyons encore que de l'herbe: A 2 milles de’ la, ville: s'élève un bloc de con ‘© + structions en bois : ce soûé Les Baraques, quartier général de la. S . police montée et. lieu de détention. Éà est enfermé Ricl avec Gros- + Ours ct quelques autres chefs i insurgés. Nous ‘espérions pouvoir visiter la, prison et'le grand chef mélis ;. mais, par une fâcheuse circonstance, . tous les officiers el employés. supéricurs sont allés à fa rencontre du gouverneur général, ct le. sous-officier chef de service n'ose, prendre sur lui de nous-donner. l'autorisation demandé. Nous avons du moins le plaisir de faire corinaissance avec le P. André, aümônicer de la prison, qui, avec une obligeance extrême, répond pendant toute }a
soirée à l’avalanche de questions que rious lui posons sur Riel et, * l'insurrection des Métis.
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*Soulèvement des Métis. de la Riviète Rouge. = Louis Riel. — Griels des Métis du”
Nord-Ouest. — L'insurrection éclate, — Gabriel Dumont. — lPremicr engagement ‘au Lac aux Canard$. — Massacres commis par les Sauvages. — Difliculté des opé- , rations. — Marche de Middleton sur Batoche. — Echec de Ja Rivière aux Poissons.
;,— Prise de Batoche. —4Riel prisonnier. — Opérations du colonel Otier et du gé- Ü néral Strange. — Poursuite et capture de Gros-Ours. — Procès et condamnation” de
Riel. — Riel était-il fou? — L'échafaud de Regina. s
# Le nom de Louis Riel appartient dujourd’hui ar histoire, mais l’ époque de’sa fin tragique est encore tro) approchée pour que les passions - politiques, soulevées autour de sa tombe, aient cu le lempsde s’apaiser. Aussi court-on le risque, sclon L'opinion émise, d'encourir P ap lion des uns ct la désapprobation des autres. Cependant, on reconnaitra, je pense, que l'opinion d’ün’non-Canadien pourrä être, sinon absolu-
ment vraic — chose à. laquelle on prétend ordinairement sans pouvoir y aticindre toujours — du moins enièrement dégagée de l'influence -des partis. C’est avec celte espérance. que ÿ "écris ces lignes-sur. l'insurrection de 1885 au Nord-Oucst. N
Ce soulèvement de la race méüsse à’ est pas le premier” et il a” intéressant de le rapprocher de celui de 1869-1870, car, dans tous deux, È
“on trouve à peu .près les: mêmes gricfs et là participation prédominante
: de Riel. :
Lorsque gouvernement fédéral, issu de l'acte d'union de 1867,
voulut prendre possession des immenses territoires que venait dé Qui | céder la Compagnie de la baic d'Hudson, il ‘eutà à lutter. contre de graves
accessiblé, et non-la moins fertile, $c-trouvait établic depuis-longtemps,
sur.les bords de la Rivière Rouge, une &colonie mélisse bssez inportante. Ces sangs-mélés, où demi-sangs. ( liaif-br ced}, étaient environ
SA difficultés.” Le pays était à boine peuplé, mais dans la “partie la plus .
9,000, pour les trois quarts- d'origine française. Ecur possession {er< .
-ritoriale était indiscutable en fait, mais, en droit, ils n’ ‘étaient point
nantis d'un litre. ne pouvaient transmettre leurs lerres d'une. façon
valable el souvent’ mème ne parvenaient pas à füre respecter leur
bien. Quand on eut reconnu, en effet, qué le territoire nouvellement. créé de Manitoba élait extraordinairement fertile, les s arpenteurs, envoyés
pour l'établissement du cadastre, opérèrent sans façon el prétendirent
disposer à leur gré des terres occupées par les Métis. Ceux-ci réclamèrent des litres \e propriété ou une indemnité équitable én cas d’expropriation. Mais, comme il n ‘était, pas fait droil à
un gouvernement provisoire, qui aïbora le drapeau blanc. fleurdelysé, avec la harpe d'Irlande, et se donna bientôt pour chef un de ses
membres, Louis Riel (1869). Et quand le premier gouverneur fédéral,
W . Mac-Dougall, connu par son hostilité pour l'élément frañçaïs, arriva
‘leurs requêtes répétées, ils prirent les armes, “établirent, à Fort-Garry, :
par la voie de Chicag 50, la seule alors praticable, pour prendre posses-
sion de ses fonctions sur le territoire de la Rivière Rouge, le gouver-
lhiver. “Mac-Doug all prononcça alors, de'sa propre autorité, l'annexion du {erritoire au Dominion, mais le cabinet fédéral le "désavoua.
Louis Riel était né en 4844 à Fort-Garry. Métis, comme ceux-dont :
il prenait la défense, il possédait cependant peu de sang indien dans les veines, Fort intelligent, il fut remarqué par ME Taché; évêque de
. Saint-Boniface, qui V envoya finir ses études au séminaire de Montréal. .
N'ayant point manifesté de dispositions pour la carrière ecclésiastique, il quitta le séminaire et revint. au Manitoba au moment où l’agitation de ses conciloyens prenait une tournure plus inquiétante: Éloquent
et sc trouva lôut désigné, au jour du soulèvement, pour prendre. la direction du mouvement. Il publia alors une ‘Déclarätion de droits dans laquelle il revendiquäit pour les Métis le droit absolu de propriété
. sur leurs terres.
nement provisoire le consigna à la frontière où il dut attendre tout
el énergique, il sut acquérir rapidement unc influence considérable .
De
Le cabinct fédéral entra alors en négociations avec Riel, reconnaissant ainsi. implicitement l'existence de ‘son gouvernement, ct une ‘députation fut envoyée à Ottawa pour. fiseuter les termes de larran- . gement à intervenir. À ce moment, le parti anglais tenta de renverser Riel. Ambroise Lépine, liculenant de ce dernicr, dispersa Îcs opposants après avoir fait quelques prisonniers. L'un d'eux, Thomas Scott, : orangiste d’ Ontario, ayant tenté à deux reprises de s'évader avec violence, fut traduit devant unc cour martiale, condamné à mort le 3 mars 41870 et exécuté le lendemain, sans qu'on ait .eu le temps d'intervenir eficacement pour empêcher cet acté d'excessive rie gueur. - |
Cette exécution souleva de vives animosités. Les Anglais l'appelèrent un assassinat ct vouèrent à Ricl, qui avait osé toucher à un des leurs, une de ces haïines implacables dont les effets sc- firent encore sentir quinze ans après. 8
Le gouvernement fédéral, pour apaiser les Môtis, avait eu l’habileté
de rappeler en toute hâte dans son diocèse, Me° Taché, qui se trou- ” vail à Rome, En même temps, l’hiver était mis à profit pour organiser une colonne expéditionnaire qui, sous les ordres du colonel, depuis général Woiseley, devait rétablir. l'ordre matériel. Mais M#° Taché,
dont l'influence était considérable, parvint à tout concilier ct, lorsque la colonne Wolscley entra à Fort-Garry, après une marche aussi longue que difficile depuis Port-Arthur, l'ordre était rétabli. Les M£tis avaient obtenu d'importantes satisfactions. ct étaient en droit de-réclamer une concession de 240 acres par tête. La province de Manitoba était créée avec un parlement responsable et l’usage du français se trouvail lèga lement consacré. Mais Riel était exilé pour cinq ans — en février 1875 — . et l’amnistic octroyée, le 95 avril de la même année, ne s'appliquait . ‘ pas aux chefs du mouvement: ‘
La tentative, bien qu'avortée, de Riel n'avait pas affaibli le: prestige de celhi-ci. Élu député du Manitoba, il avait eu la hardiesse de se -rendre à Ottawa, en 1874, pour prendre possession de son siège; mais, averti par ses amis qu'il ne s’y trouvait pas en sûreté, car le‘gouvernement d'Ontàrio avait promis 5, 000 piastres pour sa capture, il consentit à s'éloigner en. toute hâte et sé retira momentanément aux " États-Unis, Il se e trouv ait au Montana, en : 1884, mäître d'école dans une
mission tenue par les jésuites, Jorsque: les Mé is du Nord- Quest vinrent le chercher pour soutenir leurs griefs.
Les causes de mécontentement des Métis du Nord- Quest étaient presque identiques à celles de leurs concitoyens du Manitoba, en 1869. © Dans'une assemblée tenue par eux à Saint-Laurent (septembre 1884), ils formulèrent une Déclaration de droits qui fut volée à Punanimité el transniise au souvernement fédéral (1).
Pendant tout l'hiver lagilalion se poursuivit sans sortir de la forme constilutionnelle et légale, Elle s'étendait non seulement chez les Métis de race française placés au nombre de 2,000 environ sur les deux rives dela Saskatchewan, entre Batlleford et Batoche, mais aussi chez les . Métis de race anglaise el écossaise groupés aux environs de Prince- Albert. Ces derniers ne furent pas les moins ardents à encourager Riel, à le lancer en avant, pour l’abandonner avec empressement au jour | du danger. Sans ec concours, sur lequel Riel croyait pouvoir compler, ccluici n'eût peut-être pas ‘poussé les choses à bout, D’un autre côté; le gouvernement aurait pu se débarrasser de l'agilateur à prix d’arsent, car Riel se scrait éloigné.moyennant le versement d’une somme ‘de 35,000 piastres. Mais Le cabinet fédéral, après avoir hésité, refusa : de suivre cette négociation.
A forec d'attendre le redressement de leurs gricfs, les esprits” aigris- “saient, 1 + à loin, il est vrai, des bords de la Saskatchow an à la capite dû Dominion, mais la construction du chemin de fer ‘du Pacifique, achevée depuis quelque temps jusqu'aux Montagnes Rocheuscs, rendait les communications incontestablement plus rapides, el, malgré les lentours ithéreñtes à l'administration ‘dans tous les pays du lobe, . les
| Mis av aienEpoine à comprendre comment IemS TE éciamations-som=—— ;
moillaient toijours à Oltawa (quelques-unes remontaient, on effet, à plusieurs années }, el se considéraient, non sans quelque raison, comme
{l) Cette réclaution, qui récapitulait tous les anciens gricfs, portait sur les sept points suivants : 1SSubdivision en provinces des térritoires du Nord-Ouest. — 2° Octroi aux Métis de la Saskatchewan des mêmes avantages territoriaux concédés aux Métis du
Manitoba, — 3 Délivrance de utres de propriété aux colons en état de possession, —
© 4 Vente de 500,000 ares de terre du gouvernement pour en appliquer le produit à. lélablisäement d écoles, hôpilaux et autres institutions de méme xenre pour les Métis, el” à l'octroi de semences et machines agricoles aux Métis pauvres. — 3° Réserve de 100 cantons de terres à distribuer dans l'ävenir aux enfants des Métis. — G° Subvention d'au moins 1,000 piastres pour l'entretien d'une école dirigée par des religieuses dans chaque établissement métis, — 1° * Amélioration du sort des Sauvages
Gasniz DuxoxT
abandonnés à eux-mêmès, victimes de dénis dc justice répétés. ‘el ne :
comptant plus aux yeux. du ‘gouvernement. De là à un soulèvement ! il n’y avait qu'un pas, et ce pas fut vite franchi. La patience des Mé-
‘ tis était à bout, leur confiance en Ricl était immense, ct cclui-ci, qui
passait presque pour prophète, résolut d’user de son ascendant pour
tout le Canada, mais avec l’espoir d'obtenir par la crainte qu'il soit
fait droit à toutes ses démandes. ‘ Cette détermination élaif certes condamnable au premier chef, mais
Îe gouvernement fédéral; de son côté, n'avait rien fait pour la. pré-
venir. Et quand il sc décida, à accorder les premières satisfactions, il
Glait déjà trop tard. Le 30 mars, unc commission de trois membrés était nommée pour .s’enquérir, à bref délai, des réclamations des Mélis. Mais déjà la poudre ävail parlé, et la commission ne parvint sur
les licux-qu’après la pacification . —
La nouvelle de l'arrivée de la police montée, ‘seule force publique chargée du maintien de l’ordre au Nord-Ouest, dans les paroisses habitées par les Métis, précipita le mouvement. Averti du’fait et .Craignant pour sa sécurité, Riel convoqua en toute hâte ses partisans à Batoche, petit village situé sur la rive droite de la Saskatchewan du sud, ct les.détermina à la résistance. Pour les armer ct les nourrir, il
‘réquisitionna ‘tes ‘armes, munitions et vivres qui se trouvaient dans
les magasins ‘des négociants, tout en demandant un état des Jivraisons qu ‘il entendait payer. En, même temps, il laissait profaner l'église et persécuter Îes missionnaires, tout en affectant les dehors d’une . grande piété. Faisant ensuite cmprisonner quelques ôtages anglais, 11. constitua un gouvernement provisoire, SOUS la forme d’un conseil de
‘douze membres, dont il fut le chef incontesté et absolu (18 mars 1885).
Il prit le titre d'exovide et donna à son conseil celui d’exovidat. Parmi ces membres . on remarquait notamment Gabriel. Dumont, Maxime Lépine, Philippe Garnot, Jackson. Ces deux derniers furent les seuls blancs'associés par : Riel'à ses entreprises. Jackson, ex-apothicaire à Wingham, converti de ‘la veille au catholicisme, devint secrétaire
. ‘de Riel. Traduit en jugement, par la suite, il fut acquitté comme fou
et énfermé comme tel dans une maison ‘d’aliénés d’où il parvint à s'échapper. Max. Lépine, ancien député provincial au u Manitoba, était
. lever l’étendard deJa révolte, non .avce la folle pensée de lutter conire .
frère d'Ambroise Lépine, lieutenant de Riel en 1870. Garnot, esprit aventureux, remplit les fonelions de secrétaire du conscil.:
Quant à Gabriel Dumont, le chef militaire de l'insurrection, il mérite une mention spéciale, Chasseur de buflles à l'époque où ces animaux existaient encore, il passait dans toute la Prairie pour un.intré- -pide trappeur doublé d'un tireur hors ligne. I n’avait pas son pareil pour choisir son lerrain de combat et dresser une embuscade; joignant ‘la supériorité des blanes à l'instinct de la race indienne. Un jour il se rendit avec: quelques chasseurs blancs et ‘métis dans un camp de Picds-Noirs. Les Sauvages exécutaiont Ja” Danse du-Poteau, cérémonie dans laquelle les plus bravés guerriers racontaïent leurs exploits. Du-, mont entre hardiment dans la danse, sapproche “du poteau jet #
. plantant son couleau, S'écrie avec une téméraire audace : € ai tuë dis Pieds-Noirs.» Ses compagnons, ‘slupéfaits de cette bravade, se, TÉ, gardent déjà comme des hommes morts. Mais les grands sachems se lèvent el expriment à Gabriel Dumont leur admiration. « Tu es un brave, lui disent-ils. Nous avons entendu parler de ta valeur ; elle n'est pas surfaite, Tu resleras avéc nous ; nous ferons festin avec loi ct tes compagnons ». Avec un chef.de cette trempe ct’des-tireurs habiles comme les Mélis, R lutte deväil être chaude.
Tant que le sang n'avait pas coulé on pouvait espérer une transaction, conune èn 1870. Mais cel espoir fut vite déçu. Le major Crozicr,
de la ‘police montée, ayant appris la présence d’une bande de Métis
“près du Laë aux Canards, sy rendit avec 406 de ses hommes ct
‘40 volontures (26 mars. 1 y rencontra 26 Métis à cheval commandés’ par Gabriel Dumont et les somma de: mettre bas les armes. Ceux-ci refusèrent. Un-Sauvage ayant voulu saisir l'arme d’un homme de la police fut jeté à terre et atteint d'un eoup de feu. Presque en: même temps un Métis était tué. Les compagnons de Dumont. firent alors une décharge sur la froupe du major Crozier, lui tuèrent 14 hommes ct en blessérent 9. La fusillade continua quelque temps; mais le major, craignant de ne pouvoir délogcr, sans de grandes pertes, les Mélis
postés au haut d'une colline, -baltit en retraite en abandonnant 8CS morts, après n'avoir infligé que des pertes légères à ses adversaires (E tués. et quelques blessés)! 1 fut rejoint par le colonel Irvine à Fort Carlton ; mais les deux- officiers, craignant de ne pouvoir résister
Î : Fo 7 EL ET L'INSURRECTION DES-MÉTIS eo 437
« nr ee een Tee en
‘dans-cette posilion mal fortifiée, l'évacuèrent: else retirèrent à Prince Albert, d'où ils ne bougèrent plus-de toute la campagne.
La, nouvelle -du soulèvement des Métis fut annoncée au Parlement -d'Ottawa le 23 mars et.fit l'effet d’un violent coup de tonnerre dans un ciel’ sans nüages. Les esprits troublés voyaient déjà une révolle généralé dés Peaux-Rouges. Rien n était préparé pour la répression d’ une ‘insurrection que Ricl, avec un coup d'œil remarquable, faisait
4: éclater à cette époque de l'année où la fonte des niciges, qui dure généfalemént deux à trois’semaines, rend les mouvements de troupes, presque impossibles. - . |
| Le Canada ayant pas d'armée permañente, ‘mais seulement des
#2 , milices, il fallut mobiliser en toute hâte quelques bataillons. En y
DORE ‘comprenant les armes spéciales, 5,000 hommes furent convoqués et
. transportés’ en moins d’un mois sur le théâtre des opérations.
Le généräl Middleton, désigné par le ministre de la milice, sir Adolphe Caron, pour dirigér..les gpérations aclives, Se met en route dès le 24 pour Winnipeg, où ‘il arrive le 27. Prenant avec lui le 90® bataillon (carabiniers de Winnipeg s), qui avait été appelé sous les ‘armes depuis quelques jours seulement, il se‘transporte aussitôt à Fort Qu’Appelle oùil établit son quartier géntral, en attendant la concentration des troupes mobilisées. De cc point, il surveillait l'insurrection el, par sa présence, maintenait dans l’ordre les Sauvages, assez nombreux, qui avaient leurs réserves dans ces parages. ‘ - : à
Le succès des Métis au Lac aux. Canards avait été le signal d’un. soulèvement des tribus indiennes de la Saskatchewan, ‘travaillées depuis longtemps par Riel et ses émissaires. Ricl n’ignorait pas qu’en appelant les Sauvages ? à la révolte, il donnait libre cours à tous leurs instincts féroces et sanguinaires ; mais il comptait sur son ascendant
pour les maîtriser. 11 n’en fut malheureusement rien, ct, dès lé début, se produisirent d’affreux massacres, qui cplevèrent à la cause des . Métis les sympathios qu'elle pouvait àvoir dans l'opinion. Apprenant la nouvelle du premier engagement, le délachement de police à cheval qui se trouvait à la colonie du.Lac aux Grenouiltes . se retira au fort Pitt, à 30 milles au sud, sur la demande même des blancs. Ceux-ci se croyaient plus en sûreté de celte façon, ‘mais la ‘tribu de Gros-Ours, dont la réserve élait voisine, se chargea de les:
CE
désabuser cructlement. Le 31 mars, les Sauvages pillaient.les magasins, massacraient de säng-froid plusieurs colons, ainsi que deux missionnaires, les PP.'oblats Fafard et Marchand, et emmenaien prisonniers Ceux qui survivaidné au massacre. ot
Gros-Ours marcha ensuite sur : le fort Pit, dont, la garnison” (22 hommes de ‘la police montéc), commandéc par le capitaine
A. -J, Dickens, fils du célèbre romancier, rcpoussa tout d’abord unc: premières <ataque. Mais le fort, hos d'état de résister’ à de’ nouveaux
assauts, fut évacué à Ja nuit et la garnison descendil ka Saskatchewan, alors en pleine débâcle, dans ün bac qui faisait cau/ue toutes parts, el, après cinq jours d'une navi igation ‘des plus pénibles, : arrivait à Battleford (22 avril). 2 ,
De ce côté, les tribus des Cris et des Stonis qui avaient reçu de Riel du tabac — invitation. et signal de se soulev er, — venaient d'entrer dans
- le sentier dela guerre. use commandement-de Poundmaker sccondé,
par 1 Mosquilo ct Faisan Rouge: Le 30 mars, Battleford était envahi et
pillé. Les colons et. A! garnison étaient mis à l'abri dans l'enceinte. | ” du fort siLué au couluent dé la Saskatchew an ct. de la rivière Bataille.
La position élail presque inexpügnable, aussi les Cris se contentèrentils d'établir un blocus:qui dura jusqu'à l’arrivée des secours.
. En quelques jours le soulèvement dcè Métis et des Sauvages s’étendait des environs d'Edmonton à Prince-Albert; sur les deux rives de
la Saskatchewan. Peu s'en fallut que le théâtre des opérations ne
prît des proportions beaucoup plus vastes. É’influence toute-puissante du P. Lacombe, les distributions, de cadeaux el. enfin l’arrivée -destroupes main{inrent dans la soumission les Peanx-Rouges des enffrous de Qu’Appclle et de Calgary, el notamment la turbulente tribu des Picds-Noirs, la plus puissante’ de-toutes; au Canada. k. . Le terrain sur, lequêl allaient opérer les troupes fédérales était des | plus défavorables. La neige ne fondait que lentement. La pluie, qui allait tomber fréquemment, formait une -séric- de marécages. Le
soir, la température descchdait parfois ‘au- -dessous de glace et contribuait encore à aggraver les difficultés de la situation. Le pays qu'il
fallait traverser étant à peine peuplé, les troupes en marche. devaient traîner à leur’ suite tout ce qui tait nécessaire à-leur subsistance. Sans Les centaines de charriots et d'attclages fournis | principalement
Le & . OT
n'étant pas encore achevé au nord du lac Supérieur, Îles troupes v pu de l'est étaient obligées de foürnir plusieurs -étapes dans des to détrempés, avant de retrouver la voie ferrée à Port-Arthur.”
’ - u eu
. par la Compagnie ‘de la baie d’Ifudson ct la ferme du major Bell, des
opérations eussent été. considérablement retardées. La concentration des troupes était aussi fort difficile, c car le chemin de fer du Pacifique