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Malgré toutes ces difficultés les opérations commencèrenls ins trop de relards. Le’ plan du général Middlelon consistait à fgffner trois colonnes expéditionnaires, ayant Loutes pour base d'opérations le che-
min de fer du Pacifique.
La 1" colonne, dont | général se résery ait le commandement, était la plus importante et devait avoir pour objectif Batoche, centre de la rébellion. La 2%, commandée par le colonel Oller, avait'pour but de dégager Battleford.. La æ, dirigée par le général Strange, devait protéger Edmonton cl opérer sur la haute, S Saskatchewan du nord. Les trois colonnes ne se composaient guère que de jeunes miliciens, braves mais inexpérimentés et nullement préparés aux faligues d'une rude campagne. Elles allaient avoir fort à. faire en face des Mütis, lireurs
tigables et connaissant admirablement le terrain où ils opéraient. Ces avantages permirent à ces derniers de lutler, même’. avec succès, contre dés forces supérieures “en nombre el en armement.
De la station de Qu'Appelle à Batoche là colonne du général Mid-dleton avait à parcourir 230 milles. C es{ à Fort Qu’ Appelle que se fait la concentration dans les premiers jours d'avril. Le 6, l'avant-garde se
. met en marche.-Le 13, Humboldt, où se trouvent des/magasins mili-
taires, est occupé sans coùp férir. De ce point, le général Middleton, voulant utiliser, autant que possible, le cours de la Saskatchewan, se dirige sur la Traverse de Clarke (Clarkc’s Crossing), où il -parvient
‘Je AT, sans avoir, à son grand étonnement, rencontré J'ennemi, ‘ni sCs-
scouts (éclaireur s), qui auraient pu facilement.le harccler el lui enlever ses convois, lesquels, imprudence urave, né sont pas escorlés. .
Les Métis occupant les deux rives de la Saskatchewan; le général Middieton, au lieu de se contenter de garder le gué, résolut de.diviser ses forces et de‘s’avancer en même temps sur les deux rives. Cc plan était fort téméraire, ét tant données | l’absencc de pont et la difficulté des
:émérites, quoique médivcrément armés ct sans arlillerie, soldats infa- :
mo ss, . 5 n n h ° communications (un ehaland était le seul-moyen de transport entre les deux colonnes). $i l'ennemi avait él& entreprenant et avait cu les
plus élémentaires, notions de tactique militaire, il aurait pu; par l'agi-"
lité de-ses mouŸ ‘ements, écraser l’une après Tautre les deux troupes
.… alourdies par/la masse de leurs lanports Win en fut-rien. Les Mélis ne botgtrént pas; paralysés qu'ils laiemtpar l'attitude indécise ou sx pas; P q
contradiétoire de Riel, dont la conduite, pendant la durée de l’insurretjoh; fut un mystère. Aussi le général Middleton,: après un premier avérlissement, pull atlcindre son but.
. Le 23 avril, le camp de ] la Traverse de Clarke est levé, et l'on s se ‘-
| remet en: marche: l'aile gauche, forte de près’ de 400 hômmes et
2 canons, sous les ordréé -du ‘lieutenant-coloncl Montizambert avec
* loïd Melgund comme chef d’é tat-major; 1 aile droite, forte de 500 hom-, mes ct 2 canons, sous Îes ordres directs-de Middleton. Le 2%, en appro— L
chant du pavin le la Rivière aux Poissons {Fish Creck), à 10 milles de
“Batoche: l'âvant-garie.csl; assailic: par des coups de feu, dans un :
{errain” fort agidenté, se forcte de Sreculèr. L'aétion s'engage aussitôt. “Les Métis soû ie repoi Esès jusqu ‘au râvin, rnais toutes. Îles tonfalives. faites pour les : en déloger restent infructucuses. 115 avaient ’ creusé ‘des tranchée cs et se tenaient blottis dans des rifle.pits, trous profonds où
ils” se éachaient pour ürer,n ‘offrant. de prise à l'ennemi que sur une
surface lrès réduite. ‘Employant leurs ruses. de gucrré, ils mettaient en .
‘évidence un chapeau ‘au bout d’un bâton ou une couverture derrièrè*
un buisson, ct, pendant que les soldats, encore novices &ous ce. Tape. port, criblaient de balles ces objets qui figuraient l'ennemi, celui-ci-
profitait de la circonstance pour lirer à coup sûr.
Middleton désespérant, malgré le tir ‘de son artilleric: d'enlever les - positions ennemis, d’où part une violenie fusillade, cesse le feu et établit son camp. à. quelque distance en arrière du champ de bataille,
après avoir perdu 40-lués ct 40-blessés, soit 1/10° de son effectif. Les Métis; que commandait en: personne Gabriel Dumont, n'étaient, da après les papicrs trouvés plus tard à Batoche, que 280. Leurs pertes furent de 11 tués et‘18 ‘blessés: -
°C était un échec pour les troupes, et il en aurait EE sa sans ‘doute: autrement si Middleton n’eût pas divisé ses forces. - Pendant toute la durée
du combat, la’ colonne de la rive gauche dut assister l'arme au bras ‘
pe de
-° Lg et NT
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ne
au. combat, le chaland qui lui. cût permis de passer la rivière élant | resté en arrièré Quand celui-ci arriva enfin, le: transbordement com" mença, mais l'action. touchait à à sa" fin et la colonne arriva trop lard pour, changer la situation.
Le 93, la journée se passe tranquiltement, après une nuit d’angoisses
| pendant laquelle on-avail redoulé une atlaque furivuse et l'enlèvement .: -
“des convois. Le.26, on est tout étonné d'apprendre que G. Dumont a abandonné ses retranchements. Cette. retraile ‘après unc Yicloire cst
:. restéc inexplicable, et on ne saurail l’attribuer qu'à li çgonduite mystique j de Riel, absorhé par les révélations qu'il prétend recevoir. | Middleton, après avoir évacué ses blessés, complété.ses approvision-"
‘ nements, reçu quelques renforts ‘et une mitrailleuse Galling, que le
stéamer Northeote lui amène de Siift-Current, lève le éamp 1e 1 mai,
T Tr —-prend.le 8 le 8 le contact de l'ennemi ct commence, le 9 au malin, l” attaque & :‘de Batoche, où Ricl a établi. son quartier général et son centre de résistance. Les positions avancées des Métis, qui couvrent Batoche sont
/ : 7 enlevées lout abord, et Middieton parvient à s’avancer” jusqu'à
l'église catholique qu'il occupe. Pendant qu'il exécute ée mouv emient, une bande de Peaux-Rouges débouchant subitery ent d'un fourré, se précipite sur l'artillerie qu’elle aurait réussi à njuver si cette dérnière, qui est réstée atteléce, n'avait pu battre ên retraite immédiatement, Le feu de la mitrailleuse Gatling arrête les-assaillariis ctles rejette dans le fourré. À peine remis de cette alerte, Middleton äordé” la‘ccinture ‘de bois” - qui couvre Batoche ct, forme la clef de la position. Mais Lous ses efforts oo ” viennent échouer’ contre la tenace résistance, des Métis qui, protégés par des tranchées et une série de rifle pits, dirigent contre les troupes - cañadiennes.un feu aussi nourri que redoutable.” Aussi les colonnes ” d'attaque hégitent-elles à se lancer à fond. Le Nor Ehcote, armé en guerres seconde depuis la matin l'attaque des troupes; mais, assailli par un’ieu des plus violents des berges élevées qui dominent la Saskatchewan, il. subit des pertes graves, SC trouve presque désemparé ct dépasse’ le. théâtre des opérations. La nuit [approche lorsque le feu mis aux hautes herbes et l’offensive reprise par les Métis forcent Middlclon ? à . abandonner | l'église ct à se replier un peu en arrière. -#. . ‘La situation est grave. Si Middleton recule, il est perdu, car sa retraite se changera ipévitablement en déroute. Redoutant, celte éven- |
RIEL ET L'INSURRECTION DES MÉTIS AA a
122 2 AU. CANADA ET CHEZ LES JPEAUX-ROUGES tualité, le général en cher. fai camper ses ‘solgas sur le terrain, décidé à continucr l'attaque le lendemain. \ . Le 40, la matinée cst passée ae fortifier, puis la lutte recommence. - “Le 10° greriadiers 8 (Toronto) ct le 90° carabinicrs (Winnipeg) renouvellent Icurs altaques de Tt.vcille, mais Ja journée s'achève sans qu’ un pouce de terrain ait élé“eonquis. a à Le 11, nouvelle fusilläde. Middleton esquisse | un mouvement tournant, mais les Métis Latlendent ct il se heurte à une séric de retranchements qu’il n’ose aborder. : - Le 42, le .général bn chef, “décidé à en finir à tout prix, tente un Suprême effort, Une attaque licureuse lui livre le cimctière fortifié et ‘un mouvement tournant prononcé fait tomber la résistance des Métis. . * LOCR de ceux-ci sc ralentit, leurs munitions se font rares ct, se voyant + débordés, ils batient en retraite de loutes parts, abandonrant les ôtages retenus depuis près de deux mois; et laissanf aux vüinqueurs leur drapeau blanc orné de F ‘image è la Sainte- Vierge. « Le triomphe des troupes canadiennes cest complet, maïs il n’a pas fallu moins de.quatre jours de combat pour enlever des positions admirablement choisies et défenducs avec un rare courage. Riel n'eut “jamais.sous-la main que 600 hommes environ, pari lesquels 200 Pcaux- Rouges,” el ‘c’est avec ces faibles forces qu'il tint en échec les troupes . fédérales. Quelle eût été sa résistance sk Gras- Ours gt Poundmaker avaient opéré leur jonction avec lui! "Middleton avait eu à Batoche une + soixahtaine d'hommes hors” de combat. Les pertes de Riel, -quoique. ," Mal connues, ‘furent bien .plûs considérables. ‘ Lo ‘La prise de Baloche ne {ermine pasla ŒUCTre, mais le cœur de la, résistance.cst brisé, Riel à disparu; adon le sait caché dans le pays.
Recherché de fous côtés, il est découvert par. trois écléireurs auxquels ‘: *. ilsé livre de lui-xième, (15 mai). Quant. à Gabriel JPumont, qui s’est
battu comine un lion, il gagne la frontière des États-Unis ct se réfugie
au Montana. Riel aurait pu suivre son exemple. Mais il a expliqué lui-
même,qu'il n'avait pas pris la fuite, parce qu sil avait foi dans la justice
+ de sa cause. DT e Suivons maintenant les opéralions des colonnes Oter et Strange,
qui h’eurent pas la même importance que celle de Middleton.
f Le colonel Otter, dont le but est: de. dégager Battleford, quitte
és
ve
Swift-Current, sa base d'opérations, le 13 avril et arrive le leñdemaïn
à Saskatchewan-Landing. Il ne lui faut pas moins de trois j jours pour |
transporter à bac, de l’autre côté de la Saskaichew an, ses 500 homimes,
son artillerie (2 canons el 1 mitrailleuse Gatling) st ses nombreux * :-— ‘convois. Le pays qu'il faut traverser est dénué de toute ressource ct
les soldats sont obligés d'emporter du bois pour se chauffer. La tem-
pérature est glaciale et le terrain défoncé. Le 18, la colonne reprend sa marche etarrive le 25 devant Bartleford, ayant parcouru 202 milles
sans avoir rencontré l'ennemi, Le fort, où 560 personnes se trouvaient
enlassées et à court de vivres, sc trouve débloqué.
Les Sauvages rôdant {oujours aux environs, le ‘colonel Otter se dispose à les altcindre. Le.{® mai, il quitte Battleford avec plus de e? 300 hommes, 2 canons ct unc mitrailleuse, remontant la rivière Bataille. Le 2, un vif combat s engage contre la bande de Poundmaker,
à fa Montagne du Coup de Couicau. Cachés dans les rifle pits, les. Fo cr
bois et les coulées — dar le {crrain est très mouvemeñté — les Sau- |
vages résistent à “plüsieurs attaques el, dans un retour offensif, sont .
sur le point de s'emparer de l'artillerie. Celle-ci est démontée par son
propre tir, el le colonel Olter,:désespérant alors d'enlever les positions - ennemies, bat en relraite.sur Battleford, sans ètre e poursuivi par les | Poaux-Rouges. La petite troupe a eu 8 tués et 16 blessés. Les pertes de} ennemi song presque égales, comme le-nombre deses combattants. - . e Des deux côtés bn se dit victorieux.
La nouvelle de la défaile de Ricl change bientôt la face des choses. | Poundmaker, constillé par le P. Cochin, : missionnaire qu’il TE tient prisonnier, fait sa soumission pour éviter de grands malheurs à ‘ sa tribu ct se livre, le :26 mai, au’ général "Middlcton arrivé depuis deux jours ‘à Battlcford, après avoir visité Prince-Albert.
La 3 colonne, commandée par le général Strange, avait pour objectif de dégager Edmonten et Fort Pitt, dont la chute fut longtemps ignorée, el de réduire Gros-Ours. Laissant à C algary et Mac-Leod, le 9 voltigeurs (Québec), pour surveiller les Picds-Noirs et les Sarcis, le ° général Strange prend avec lui le 65° bataillon de carabinicrs (Montréal) et Ià 92e (Winnipeg), plus un détachement de police montée et de cow-. | boys (bouviers à à cheval) formés en éclaireurs, Le 19 avril, l'avant ‘ -+ garde quitte Calgary et arrive, 6 jours après, à la traverse dela rivière
de lOrignal-liouge (Red-Decr). Le 2 mai, elle fait son entrée, sans coup férir, à Edmonton, où 730 hommes se trouvent réunis quelques jours äprès.. Le général Strange fait alors construire des radeaux pour descéudre la Saskatchewan du nord, s’embarque le [4 et arrive à. Vicloria le 18.°11 en repart le 20, le 65° descendant en hatcau et le 92% suivant li route de terre pour gagner Fort Pit, où la jonction. s'optre le. 25. C'est alors, & sculement, que Îe général Strange apprend | de quel. côté se trouve la bande de Gros-Ours, évaluée à 600 guërricrs.
Marchant aussitôt à sa rencontre, avec 450 hommes, il la trouve rc-
tranchée ? à Ja Butte-aux-Français, à 15 milles de Fort- Pit el à 3 milles de la rive nord de la Saskatchewan. Le-combat s s'engage le 28. Les ürailleurs et l'artillerie (1 canon) font tire Je feu de l ennemi, mais le général Strange,‘ n'ayant pas loules ses troupes sous la main, hésité à se lancer à l'assaut des retranchement. Un mouvement de flanc des Sauvages le dévide, au contraire, à Ja retraite. Gros-Ours ne l'inquiète pas du reste, ut, s'aflendant à üne nouvelle attaque, %e relire vers le nord.
L'engagement de la Buttc:aux-Français avait &t& peu sanglant : du côté
-du général Strange, 4 blessés ; chez les Sauvages, 5 tués el 5 blessés.
A la nouvelle de ect insuccès, Middleton accourt à Baltlcford avec 500 hommes, opère sa jonction, le 2 juin, ave le général Strange et se met à la poursuite de Gros-Ours, le seul chef qui tienne encore la campagne. Mais celui-ci à une forte avance. Arrivé jusqu'à Ja rivière
-. Caëlor;. par dés sentiers impraticables, Middleton renonce à Juller de
vitesse et revient” à Fort Pitt le 11 juin, Une nouvelle poursuite me
. donné pas de meilleurs résultats. Mais la bande du chef sauv age, consi:
dérablement réduite, n'est plus à-craindre, et-les aptifs du Lac-aux Grenouilles ont été délivrés. Aussi le général Middleton, considérant
"la campagne comme lerminée, ordonne-t-il le rapatriement des troupes,
laissant le pays sous. la garde de la police montée qui s'empare, Je 3 juillet, de Gros-Ours ct .de ses, derniers compagnons.
L° insurrection .esl vaincue. Ses chefs et les auteurs du massacre du Läc aux Grenouilles :vônt avoir à- répondre de leurs actes devant la justice, pendant que la connnission, chargée si tardivement de recucillir les plaintes<les Mütis, procéderà nfin à unt "enquête et à la délivrance de tre propriété. Que de malheurs on eût évité .en agissant cn' Lemps” vpportun ! Des centaines d’existences. eussent été
… | . ne ‘ ° *.