‹ Au Canada et chez les peaux-rougesChapitre 8 sur 28 · D'HALIFAX A QUÉBEC UT · texte numérisé non relu

D'HALIFAX A QUÉBEC UT

dans le Nouveau-Brunswick sur une population de 32 ,233 âmes, et 40,751 dans l'ile du Prinee-Édouard dont le néinbre total d'habitants est de 407,791:

Cest dans le Nouveau- Brunswick que les “Atadiens sont Je mieux .

groupés etle plus fortemerit: organisés. Des trois” provinces : maritimes c'est la seule qui. compte des représentants de race française au Parlement fédéral : un sénateur, M. Roirier,- ctun député, M. Landry: (). Mais les Acadiens possèdent des représentants au Parlement de chacune ‘ des trois provinces -et ‘ont même un ministre dans le cabinet du Nouveau-Brunswick. io

* Cette proviice possède deux j journaux en n'langl ue française : le Moniteur Acadien, organe bi- hebdomadaire. publié à Shediac; qui est contemporain de Ja création de la Confédération, et le Courrier des Provinces .. maritimes, organe hebdomadaire beaucoup plus. fécent, qui se publie” à Bathursi (?). -

A Mernramcéok, dans la mêine provinée, $ se lrouve un collèe gé catholique, fondé en 41865, où. tous les cours sont faits en français.

Enfin dans un comté, celui. de Kent (Nouveau-Brunswick), lés Aca- ‘:diens forment presque les deux tiers de là population.

Bien qu’ils soient moins favorisés que les.Canadiens par leur légis—.

lation provinciale, les, Acadiens ont rhontré une vitalité qui leur assurera, à une époque qui n’esi peul-être pas éloignée, Ja part d'influence ‘ à. laquelle ils ont légitimement droit dans la direction des affaires | publiques. ee “Le soleil se lève sur l'horizon, au. moment où le train arrive sur “les - bords de la baic des Chaleurs. Cette vaste échancrure se présente sous un riant aspect avec ses sinücux contours, ses prairies verdoyantes et ses sombres forêts. C’est là..qu'aborda pour la premièré fois Jacques Cartier au mois de juillet 1534 et qu'il prit possession de: la {erre-du. nouveau monde qu.nom du roi de France. La baie des Chaleurs: “est fort riche en produits maritimes : les huîtres y sont abondantes et très -

‘ renommées, le’ homard: SY troûiÿe en telle quantité qué. souvent, a /

ge. : . ù : | ..

: 4. ‘ /) (UM. Landry a été nommé depuis GT 0, juge au à Notes nent | C'est, où premier Acadien qui soit parvenu aux fonctions judiciaires. /

(2)/Un autre. journal: français, l'Evangeline (hebdomadaire), a été fondé .en 1888 à |

Digty (Nouvelle-Écosse), et «transporté ensuite à Weÿmouth, même province. |

"Ki.

marée basse, on en fait une ample collecte en le pêchant à à la main °

dans les flaques d’eau où il s’est réfugié. Si, dans ces petits réservoirs

. formés par la nature, la profondeur de l'eau semble le protéger, il suffit bien souvent, pour en faire la capturé, de° plonger un bâton que :

le homard saisit avec ses "pinces et’ ne lâche. qu'à g grand'peine quand

on .le retire de l’eau. Telle cst l'abondance de ce crustacé que, dans’ les-marchés publics, on le donne facilement pour 2 ou 3 centins ou cents,

ce qui équivaut à 10 ou 15 centimes de, notre monnaie. La baie des Chaleurs dépend tout à la fois du Nouveau-Brunswick

‘et de là Gaspésie, extrême partie de la province de Québec. À peine

‘a-f-on fragchi la limile de ces provinces que la population ‘change

comme par enchantement. Jusqu'ici nous étions en pays foncièrement LS

anglo- -saxon ct n’entendions guère parler que. l'anglais. Tout d’un coup

une. métamorphose s’opèré et la langue de notre patrie résonne agréa-

-blement à nos orcilles. A Sainte-Flavie, première. station de la province

de Québet, où nous ne faisons que passer, le drapeau tricolore flotte à toutes les fenêtres et nous saluons, aux acclamations de la population rangée Sur le quai de la garé, le premier pavillon français arboré en

“notre-honneur. .

. À partir de ce moment, une transformation va s'opérer dans notre |

façon de vayager. Jusqu'à à ce jour, nous avions été reçus courloisément

pârtout, mais froidement ; les autorités s ‘étaient, en général, terues sur |

* la plus grande réserve; la population, quand elle n’é était pas indiffrente,

ne manifestait que des sentiments de curiosité déplacée. Nous étions en ‘ pays anglais. À peine avons-nous pénétré dans la région française que

l'accueil le plus chalcüreux nous attend, Les autorités viennent nous

recevoir officiellement, les municipalités présentent desadresses de bien

venue, la population des campagnes, comme celle des villes, se pré=

cipite sur notre passage pour voir des « Français de France » pour . écouter leur langage, pour échanger avec eux ne fül-ce que quelques

paroles ou seufément même un serrement de main qui, dans sa muctle éloquence, réveille profondément en eux, Je souvenir de leurs ancètres ët le culte de leur patrie d’origine.

Peut-être voudra-t-on voir dans lé récit rapide dés ovations faites à la délégation française une tendance à l'exagération et même à l'invention ? C’est. lé contraire qui serait plutôt à supposer; l'auteur:

» ce

Cu

- + D'HALIFAX À QUÉBEC | : 51 qui n’est point né sur les bords de la Garonne, ne fait que raconter - -ses im ressions et ous ceux qui ont été acteurs ou témoins. dans ces réceptiqns . enthousiastes (ur patriotiques pourront attester la véracité de ce récit. Tous ont élé vivement émus des témoignages de sympathie -et d'affection qui, passant par-dessus Icurgpersonnalité, s s’adressajent à la France. | ‘Depuis que le. chemin de fer a quitté es bords de la baie des Cha- | leurs, les. grandes forêts ont cessé de former la haie. sur’le passage du : train. Le; pays est assez cultivé ct, de temps à aufre on découvre une ferme ou un groupe d'habitations. Aux abords des tranchées se dresse souvent un rempart de planches ayant pour but de protégér la ‘voie contre .les rafales de ncige. Dans les endroits les plus exposés, on a construit une galerie en bois qui recouvre ‘entièrement Ja voie. Bien- .

© tôt apparaît à l'horizon une irnmense nappe d'eau: c’est le Saint- “Laurent, le plus beau fleuve de l'Amérique du Nord, dont la largeur . est telle, à son embouchure, qu'il est impossible d’apercevoir la rive "opposée. No ee Ti

Mais la contemplation de cette belle nature. cesse presque aussitôt :

nous arrivons à Rimouski, premier ‘centre important de la province

de Québec, ct.une foùle énorme sc presse aux abords de la gare pour

nous saluér au passage. Le maire, le coûseil de: ville, les députés de:

Ja région, les représentants du clergé, dela magistrature, les notables de tout ordre, un groupe nombreux de dames sont là pour nous

souhaiter la bienvenue. Ce-n’est pas sans-émotion que je reçois des

mains de M. Asselin, maire ct membre du Parlement de Québec, la première & adresse, ‘simple et touchante de cordialité et. de ‘patriotisme. À peinc ai-je fini d'adresser, au nom de la délégation, quelques paroles de vive sympathie, qu'une salve d’applaudissements nourris part des rangs des Canadiens à l'adresse de « leurs compatriotes '». DE C'esten”vain qu’un essaim de jeunes et charmantes Canadiennes

cherche à découvrir les dames françaises. Toutes, bélas ! ont pris la

voie de mer pour se rendre à Québec, ct, en leur absence, ce sont Ice jeunes de la délégation qui reçoivent, avec accompagnement dés plus:

gracieux sourires, les bouquets de fleurs que les Canadiennes desti

naient aux dames françaises: Lorsque le train se remet en marche, lous: les chapeaux se lèvent, les mouchoirs.s’ agitent, et; au milieu de l’émo=

: LL Lo SN Lee 3 . AU CANADA ET CHEZ LES PEAUX-ROUGES,

tion générale ct même des lerines de joie de quelques-uns, : une voix ,. * s'écrie: « Trois hourrahs- pour nos.amisles Français ! » C’est au retentissement de ces clameurs sympathiques que le train s'éloigne à toute - vilesse, pour suivre, à à quelque distance, les bords du. Saint-Laurent . qui apparaissent à intervalles assez éloignés. | ‘La méme réception attend la délégation dans tous les centres prin- -cipaux, et M. Mac Donald, surintendant du chemin de fer Intercolonial qui-dirigè notre train, met la meilleure grâce du monde à prolonger : les arrèts aux'stalions. Aux Trois-Pistolès, à la Rivière-du-Loup, même: -- «accueil enthousiaste qu'à Rimouski: les députés et autres notabilités en villégiature dans les stations balnéaires du Saint-Laurent viennént saluer ‘la délégation au passage. A Lévis, en face de Québec, où le train n'arrive’ qu'à à dix fieures du soir, la réception esl plus chaleureuse. encore. La gare, les édifices publics, un grand- nombre-de maisons particulièfes sont .pavoisées et illuminés, dans la ville haute comme. “ dans la ville basse. Sur la falaise, les feux de joie qui ont été allumés ‘produisent un très curieux cffet. Au moment où le train entre en gare, ‘un magnifique feu d'artifice est-tiré el une salve de coups de canon se. fait entendre. Une affluence considérable assiste à la réception faite: par la municipalité de Lévis. La foule est telle que les délégués ont. une peine infinie à se frayer un passage jusqu’au bateau traversier qui doit Jos’ transporter sur la rivé gauche du Saint-Laurent. En abordant à Québec, un gränd nombre d'habitants se pressent sur le | "quai pour acclamer les délégués qui ont hâte d’aller prendre quelque à repos à la. suite d’une aussi.bélle mais fatigante journée. | | Ce n'est qu'après l'arrivée du Damara, que .le inaire de Québec, M. F. Langclicr, entouré du conseil des échevins; de délégués des villes environnantes ei d’un grand nombre de personnalités, : rernet au président de la délégation,“ M. de Molinari, l'adresse de bienvenue dans laquelle il rappelle les liens qui unissent la Canada à Ja France et exprime le vœu de voir {es relations commerciales entre les deux pays prendre un essor plus considérable,

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‘ ° QUÉBEC Québee, — Légende du Chien d'Or. — L'université Laval. — Le Prlement provincial. — "La brigide du feu. — Les travaux du port. — Origine dé la presse

canadienne française. — Tant pis, lant mieux. — Les journaux français de Québec et leur: histoire. -

L'ancienne capitale du Canada est bâtie dans un sile des. plus pitlo-

” resques. Lorsque, remontant le Saint-Laurent, on dépasse l'extrémité sud de l'ile d'Orléas, on voit se dresser ‘tout à coup un rocher à pic qui s’avance dans Ie fleuve en forme de bcec, dominant äu. Join la plaine et l'onde. C'est sur ce rocher que s'élèvent la. ville haute de Québec et sa citadelle, longtemps considérée comme la plus forte de P Amérique du Nord. Aujourd’hui ses rem parts ne sont plus g guère ornés

- que de pièces de canon destinées aux saluls. L'esprit gucrrier à cessé

- d’habiter dans ces parages témoins de tant d’ acles héroïques. nya. plus à Québec, pour garnison, qu'un détachenfent et une école d’artilrie, Ja milice n'étant appelée sous les drapeaux qu'à de rares intervalles. | Quelques auteurs ont prétendu que l'origine du nom de, Québec - | proveñait de l'exclamation poussée par un matelot, qui, ‘découvrant le promontoire.où s'élève aujourd'hui la capitale du Bas-Canada, se serait écrié : Quel bec! (dans le-sens de quel cäp!). : a

Mais la plupart des historiens, et notamment Ferland, donnent à

,, Ce. mot une origine, sauvage. En eff, dans les ‘dialectes algonquins,

° % Kebec signifie rétrécissement d'unc rivière, passage étroit. Or ‘telle est justement la situation du Saint-Laurent qui se trouve resserré, à Ja . hauteur de Québec, entre deux côtes “élevées. Cette dernière éty mologie

L parait être là plus vraisemblab'e.

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34 + AU CANADA ET CHEZ LES PEAUX-ROUGES | à

Du haut de la citadelle et de la belle terrasse de Frontcnac, ‘laquelle s'élève à 150. picds au-dessus du fleuve, sc'déronle un magnifique

panorama sur la cité même, le port avec sa forêt de mâts, leS hauteurs . |

de Lévis, -le Saint-Laurent, en amont. èt en aval de la ville, la chaîne des Laurentides, l'île d'Orléans et ses verdoyants ombrages si recherchés des Québecquois pendant la’ belle saison: © est le rendez-vous général des promeneurs, le vrai boulevard de Québec, qui, pour n'avoir qu’un vaste plancher en bois, n’en.est pas moins très fréquenté. C’est là que se dresse le monument élevé le 8 septembre 1828 à la double mémoire : de. Montcalm. et de Wolfe, les deux héroïques adversaires que la mort a recouverts du même linceul dans les plaines. d'Abraham. Les restes de Montcalm sont déposés dans l’église dés Ursulines, à Québec. Quant

à Wolfe, il est inhumé dans l’église paroissiale. de Greenwich, en°

Anglelerre, et non, comme on le croit généralement, ‘dans l’abbaÿe de Westminster. ‘

- De la ville basse on accède à la partie haute de la ‘cité au moyen d’un élévateur où par des rampes très accentuëécs que de vigoureux petits chevaux montent ct descendent d’une allure aussi rapide qu'assurée. La ville hauté remonte à la fondation de Québec. C'est là surtout-que sg rencontrent, avec leurs trottoirs en bois, les rues tortueuses où l’on ‘enfonce dans la boue à la mauvaise saison et où un étranger, et même ‘un citadin, a peine à sc reconnaître le soir, à la faible lueur des rares becs de gaz. C'est aussi le centre des vieux souvenirs, des monuments et des institutions publiques et politiques."

Au nombre de ces vieux souvenirs se {rouve. la légende du Chien d'Or. A deux pas de lixierrasse de Frontenac, se dressait naguèrc-une vicille maison dont le fronton portait: une énorme plaque de marbre entourée d’un encadrement et d’une-tablette. Sur la plaqué, | un chien assis, rongéant un os, avec celte inscription : :

Je suis un chien qui ronge l'os; ‘ . :

En le rongeant je prends mon repos; Un temps viendra qui n'est-pas venu

Que je mordrai qui m'aura mordu.

| D'après une tradition populaire, M.: Philibert, propriétaire de cette . maison, aurait été assassiné par M. de Repentigny, et sa veuve aurait

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