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fait placer sur la porte ce bas-relief avec cette inscription pour exciter . son fils à la vengeance. Le fils aurait assouvi cette vengeance en tuant en duel M. Repentigny. Mais cette légende est. devenue fort énigmatique à la suite de recherches faites par M. Viger. Il résulte de ces recherches que Philibert fut bien tué en duel. par M. de Repentigny, mais en 4748 seulement et, qu'avant de mourir, il aurait pardonné à son meurtrier. Quant à celui-ci, il servait ä Sainte- -Foye, sous le . chevalier-de Lévis, en 1760, et n’aurait jamais été tué en duel. Que ‘signifie donc l'inscription? - ‘
Lors de la démolition de la maison, sur l'emplacement de jaquelle s'élève aujourd’hui le bureau de la. poste, la plaque de marbre seule a: été conservée et replacée -sur'le nouveau bâtiment.
Cette inscription a donné naissance à une charmante légende qui est ‘un hommage rendu aux ancêtres des Canadiens-Français, hommage ‘ d’autant plus sincère que son auteur, M. Kirby, était un ennemi de leur
race et-ne partageait nullement leurs croyances.
Tout près de la poste se dresse l’église cathédrale dont la plus grande.
” curiosité est le. trésor, qui est fort riche et qui, au temps de la domi- . nation française, a reçu à plusieurs reprises des. dons royaux. : L'énorme bâtiment qui touche à la cathédrale est l’univrsité Laval, qui tire son nom de M de Montmorency-Laval, premier vicaire apostolique et évêque au Canada, fondateur du: séminaire de Québec, un‘des
* prélats les plus émirients de l’Église canadienne. L'université, qui -
. occupe: une étendue de: terrain de 45 .arpents, à un aspect tout à fait monacal, par. l'ensenibie de sa constructioh, par ses cloîtres, ses salles vastes et profondes, et ses immenses couloirs qui semblent ne pas avoir de fin. et dans lesquels il est loisible de s’égarer. Sa fondation | remonte à 1852 ét, depuis 1876, elle a une succursale à Montréal. Elle possède quatre facultés qui sont : les facultés de théologie, de droit, de
-- médecine et des arts; cette dernière se subdivise en deux sections : lettres
et sciences. Les études sont très fortes et l’université jouit dans tout le Ca- . nada d'une grande réputation. Elle compte, dans ses deux établissements, ‘ 78 professeurs, et la moyenne annuelle des étudiants suivant les cours , est de 600. Parmi les collections se trouvent une galerie de peinture, | encore modeste, des musées fort nombreux se rapportant à la minéré- © logie, la botanique, la zoologie, etc. Dans la section ethnologique, on
En
*60,000 volumes, soil un volume par habitant.
3b : . AU CANADA ET CHEZ LES HEAUX-NOUGES
remarque suïlout, une foule d objets à l’usdoc des tribus sauvages, soil comme ustensiles d'intéricur, soil comine. instruments de chasse et de guerre. Un grand nombre de ces souvenirs d’un autre âge ont été exlrailsdes tombceaux des Hurons.-:La bibliothèque renferme 77,000 volumes et contient une collection considérable ct fort appréciée d'ouvrages relatifs à l’histoire de l'Amérique et particulièremént du Canada. ‘L'instruction publique est fort répandue dans la ‘province de Québec.
- On y.compte on effet plus de 8,000 institutions d’enscignement, parmi
lesquelles on remarque 4. universités, 3 écoles normales, 18-écoles spéciales et, 4,400 écoles clémentaires. Le nombre des élèves était, en 1883, . de 245 000, soil un élève par cinq habitants et demi. Dans les derniers temps de la domination françaïc les-bibliothèques complaicnt. environ A l'autre extr émité de la ville, en dehors de l’ancienne enceinte foitifiée et dans un quarticr neuf orné d’élégantes habitations, s'élève le vaste édifice quadrangulaire du Parlement nouvellement ‘reconstruit. Ce grand bâtiment, qui dé loin ressemble : à uuc forteresse, fut incendié en 1883. Les ministères de la proyince elles services publics sont grou-
. pés sous Ie même toit, à la portée du lieutenant gouverneur et des mem-
bres du Parlement provincial, lorsqu'ils sont en session. La biblio. thèque du Parlement, qui était autrefois fort belle, à beaucoup souffert lors dé l'incendie, et son distingué conservateur; M. P. Lemay, aura fort à faire pour la remettre sur son ancien pied. : no
Tout respire, dans ce paläis, la nationalité française; tout te mord,
, depuis le premier magistrat de la province jusqu’au dernier homme de:
peine, fait usage, d'une façon constante de la langue française, et si les publications oficielles sont faites dans les deux langues; les”
débats du Parlement ont presque loujours lieu en français. Dans la ‘grande salle des séances de l’Assemblée législative, sur les murs encore
à peine séchés, on-voit l’écusson aux fleurs de ‘lys faire pendant au hon. britannique. Montjoye Saint- Denis se ‘trouve sur. le mème pied que Dieu et moh droit, rémarquable exemple du loyalisme pratiqué vis-à-vis de l'Angleterre, en même lemps que du profond: attachement
| porté aux institutions de la vicille France !
© La province de Québec cest à la- fois le berceau et la forteresse de la race française, car sur unC population de 1,359,027.hâbitants, que . , + Am
. ar n 7 ° donne le, recensement de 1881 in n'y a pas moins de: 1,073 ,820 Fran- | çais, et le nombre total des Canadiens-Français ne s'élève däns toute la Puissance qu'à 1,298. 929, chiffre aujourd’hui bien-dépassé. \ Le-Parlement de la province de Québec comprend un conseil égis-\ latif de 24 membres nommés à vie par le gouverneur général en conseil ct une assemblée législative de:65 membres élus-tous -les- cinq, ans (1). Dans tous les Parlements canadiens, les mémbres se divisent on ‘Anglais et Français, si on considère seulement la quéstion de race, et en conservateurs ct libéraux-si.on se place au point-de vue politique pur,’ le plus important de tous. et présque toujours le seul à considérer | depuis que les deux races exercent une espèce de condominium, Le Conseil législatif renferme uné inajorité française très considérable. Il en est dé même de l’Assemblée législative. Au point de vue de la représentation des. races, un accord tacite est. intervenu entre F rançais . ct Anglais, lors de la formation de la. Confédération de 1861, pour “répartir les sièges selon la prédominance’ de l’un où de l’autre élément daris chaque comté. Bien que l'élément français ait sensiblement. gagné en. nombre depuis cette époque, tel accord taie subsiste tuujours et il s'ensuit que des députés de race anglaise représentent encore des * comtés où la majorité de la population est devenue française. L'élément | français pourrait facilement revendiquer ce qui lui revient en droit. et, s’il ne le fait pas, c’est sans doute pour qu’on use de réciprocité à son’ égard dans les provincés de l’oucst où la nalionalité anglaise a pris le . dessus à la’ suile d’une émigration aussi ‘considérable que rapide. | Le palais du. Parlement touche presque aux extrémités de la bässe “ville; mais pour se rendre dans ectte dernière. il faut descendre: un grand escalier en fer de plus de 420 marches, ou suivre les rampes qui passent au pied des anciens remparts conservés entre la vieille ville- et la cité agrandie. Si celle-là est aujourd’ hui le quartier général des. Anglais de Québec, qui sont du reste peu nombreux, car sur 62,446 habitants on ne compte que 14,344 Anglo-Saxons, dont 10,224 sont Irlandais celle-ci, au: contraire, est le quartier français par excellence. Ce fut . Chose facile à constater lorsque les délégués français,‘ conduits: par le maire, les représentants du conseil de ville et les membres du comité
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(1) Le nombré des membres de TAssemblée a été élevé à 73 (1890).
“de réception vinrent en corps visiter les principaux établissements
industriels. Le faubourg Saint-Roch, la belle rue Saint-Joseph, les plus
importantes artères commerciales étaient magnifiquement pavoisées de drapeaux, presque uniquement tricolores et une foule sympathique
. saluait les délégués à leur entrée’ el ‘à leur sortie des magasins. Le
grand: établissement ‘ile fourrures de M: J.-R. Laliberté, le plus consi-
dérable de toute l'Amérique, attira tout particulièrement l'attention . par la richesse de ses pelleterics dont il est fait un trafic considérable.
On peut bien dire sans exagération que tous les animaux’ à fourrure y ont quelques-unes de leurs toisons à l’étalage, depuis le chat
- sauvage, dont on emploie 20,000 peaux par an, jusqu’à la marte d'A: ‘ laska, aubuffle, au renard blanc, noir ou argenté qui sont si rares
et si recherchés des amateurs. M. Laliberté emploie près de 300 personnes dans son établissement même, sans compter les ouvriers du
- dehors, qui, comme les Hurons, de Lorette, ont la spécialité de fabri-
quer les curiosités d’origine indienne : raquettes, traînes ou toboggans, pour les glissades'sur la neige, bibelots de tout.genre en écorce de bou-
. leau cousus avec des: poils d’orignal teints de diverses "couleurs. Du
belvédère de la.maison, la plus haüte dé tout le quartier, on: jouit d'un magnifique panorama sur la ville basse et le port.
Un autre établissement, ‘dont la visite ‘ne passa point inaperçue; fut -
la manufacture de châussures de M. .G. Bresse. Tous les: employés, groupés pour la circonstance, portaient à la boutonnière une cocarde tricoloré, et les grands atelicrs étaient si bien décorés, qu'une bonne
‘ partie de l'édifice, , aù dedans’ comme au dehors, disparaissait
* pour ainsi dire sous Îles plis des couleurs de France. Québec est le “centre. d’une grande fabrication: de chaussures ct plusieurs milliers
d'ouvriers de cette ville y sont constamment employés, Le Canada,: sous: CC. rapport, à beaucoup à lutter contre la concurrence des États- . Unis; mais son industrie se développe sans cesse. La moitié des expor-
. tations de chaussures du Dominion est à destination de Terre- Neuve, qui ne fait. point partie de la Confédération. . Entre deux visites d'ateliers avait eu lieu une sonnerie: de la brigade
du: feu exécutée. ‘spécialement | pour les délégués. Dans toutes les
villes d'Amérique le service des pompiers est organisé d’une façon
admirable; . les postes sont multipliés et, quelquéé instants après le
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signal donné, personnel et matériel sont rendus sur de” théâtre du. danger. Lorsque. le signal avertisseur est mis en mouvement, un carillon rctentit dans le poste de pompiers. Les hommes. de service, étendus: tout habillés sut leurs lits, sont réveillés par une bruyante sonnerie. Par un jeu automatique de ressorts, les portes des stalles, où sont enfermés les chevaux, s'ouvrent aussitôt et les chevaux, qui ont êté dressés à cet exercice, viennent se placer d’eux- -mêmes sous les harnais suspendus au plafond. En un tour de main les attclages sont | ” prêts et dirigés vers le lieu du | sinistre. - . Sur li nvitation. du maire de Québoc, l'avertissour est mis en mouvement. Au bout d'une minute: accourt, au triple galop et en sonnant .de la cloche, un char portant'une échelle de secours qui se dresse automatiquement. En une minute et demie, la première pompe est rendue - sur les lieux du sinistre pèsumé, et, une démi-minutc après, le tuyau, . le boyau, pour employer l'expression locale, est déroulé ct vissé à la bouche d’eau la: plus voisine. Quelques secondes après, un puissant jet d’eau en sort ets’élève à unc hauteur de 90 pieds. Une deuxième pompe arrive deux minutes après le signal donné et se place aussi rapide- | ment. Enfin, au bout de quatre minutes, une puissante pompe: à vapeur vient prendre place à son tour, et une demi-minute après, sa colonne . d'eau, qui ne s'élève pas * moins de 120 pieds, presque la hauteur de la terrasse de Frontenac, inonde complètement le clocher de. l'église Saint-Roch qui sert. d'objectif. Pendant que les machines se mettent er position, un pompier gravit l'échelle roulante, qui atteint la hautéur d’un quatrième étage, et, muni d’un réservoir portatif, arrose avec sa lance tout ce qui se trouve à sa portée.
Dans un pays où “beaucoup - de maisons sont en bois, ainsi que la plupart des trottoirs, on comprend sans peine lmporiance que Îles Américains attachent au service du feu. |
. : Après les’ exercices de la brigade du feu, Jes délégués se ; rerident au nouveau port. La commission du havre a mis à leur disposition son vapeur de service afin de visiter) tous les grands travaux destinés à transformer Québec en un port de premier ordre pourvu de tous les amépagements réclamés ‘depuis longtemps par le commerce de cette ville. Lä vieille cité de Champlain assise, comme Anvers, sur les bords d’un fleuve magnifique accessible pour les : navires du plus fort tonnage, :