D'HALIFAX À QUÉBEC
des fruits ou des friandises, On peut manger ces petites choses sur une tablette qu'il est facile de faire dresser entre deux banquettes, Dans quelques trains on trouve des wagons-restaurants (dinèng car et des wagons-salons luxueusement aménagés où des fauteuils tournants remplacent les banquettes traditionnelles, I n'y a que deux classes de wagons, mais les 2% classes correspondent à nos 3%, et les wagons de {re a nos 2%, Les wagons-lits sont les véritables, tantau point de vue du confort que de la société, Un supplément de ou 3 piastres par jour (la piastre où dollar vaut 5 francs et quelques centimes) donne droit à une place de wagondit. Toutes les gares sont ouvertes ; monte en chemin de fer et en descend qui veut el comme il veut, à ses risques et périls. Nulle clôture ne protege la voie que le chasse-pierre, dont est munie chaque locomotive, doit seul déblayer en cas d'enconr brement.
Le contrôle se fait en chemin de fer, et ilen est ainsi, même pour la visite de la douane, quand on franchit la fronticre des Etats-Unis. En nous rendant de Montréal à New-York, on nous invila tout simplement à passer dans le wagon aux bagages, pendant li marche du train, ain de régulariser, SIP avait lieu, notre situation.
Grâce à tous ces avantages, les voyages en chemin de fer sont fort agréables ; sans ee confort, généralement inconnu en Europe, les traversées de plusieurs jours consécutifs seraient peu praticables et se changeraient en horribles corvées. Un jour viendra sans doute où le vieux continent, si routinier de sa nature, Giendra à honneur de se mettre au niveau des progrès réalisés dans le nouveau monde,
Le pays traversé par le chemin de fer Intercolonial est fort pittoresque, La baie d'Idifax et le bassin de Bedford se montrent sous tous leurs contours, aux lueurs vives d'un beau coucher de soleil; puis, après des terrains fraicnement défrichés, apparaissent bientôt d'interminables forêts qui couvrent encore d'immences espaces dans les provinees de la Nouvelle-Ecosse el du Nouveau-Brunswiek. Le pin est Fessence dominante, mais au lieu de contempler ces aiguilles vertes variant selon les espôces, le regard ne étend trop souvent que sur des myriades de grands troncs noireis par le feu. Ce triste spectacle est le produit de Ta main de Fhomme, L'abondanee du bois est telle que sa valeur marchande est nulle, eEeomme le défrichement serait à la fois et
fort dificile et fort coûteux, Fincendie est le moyen te plus usité pour en | Je : ee 10, | frayver la voie à Pexplorateur eau colon. Des forêts brûlent ainsi des | | journées entières, détruisant en un instant Foœuvre de tout un siècle, | [l Ce mode d'exploitation commence déjà à avoir ses inconvénients et s: | | quelques esprits soucieux de l'avenir ont formé tout dernièrement une E” | société de reboisement, En outre, on a inauguré, le 7 mai 1883, ca | | qu'on appelle la « fête des arbres », pendant laquelle chacun est tenu | | de planter en terre un jeune rejeton, sd
| Il Le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Æcosse forment, avee Pile | du Prince-Edouard, ce qu'on appelle les provinees maritimes. Cest dans ces trois provinces que sont dispersés les Xeadiens, ces robustes et fiers descendants des premiers colons francais débarqués en Aimée rique, Conquis bientôt par les Anglais, traqués par eux comme des | bôtes fauves el déportés sans pitié, au mépris des traités el de toutes les lois de humanité, les Acadiens, abandonnés sur les côtes de la Virginie | etde la Caroline, périrent presque tous de faim, de chagrinet de misere, Quelques rares survivants purent rentrer en eadie. mais is durent renoncer à tout espoir de redevenir Français aprés le traité de 1765,
Is étaient alors environ 4,000, dispersés sur une telle étendue de terri
toire qu'aucune communication m'existitentre plusieurs deleurs groupes
ut — amer -
et que quelques-uns de ceux-ci ignoraient mème Fexistence de teurs
l'O le 4 proches voisins. Comme les Canadiens-Francais, et même plus que di Il à ceux-01, Is eurent besoin d'une dose ineroyable d'énergie 0 de volonté pu | | pour rester eux-mêmes, c'estic-dire pour conserver a langue, a religion | | et les traditions de leurs péres, eCeela, malgré Pinsafisanee notoire du bot | nombre des prêtres francais et Phostiité non dissimulée du elergé Gé || | irlandais contre la langue française. Lors du recensement de L8N His ses F | étaient TO8,601. contre N70,696 Anglo-Saxons, donnant ainsi un Ca exemple vraiment surprenant de la prodigieuse fécondité de leur race, 7. C'est un Américain, le poite Longfelow, qui à immortalisé les ét Acadiens, dont ila chanté les malheurs, tout en Métrissant leurs bour- ve
reaux, Ces infortunés n'auraient pas eu d'historien dans leur mère patrie, si, de nos jours, M. E, Rameau de Saint-Pere n'avait reconstitué pièce à pièce Lous les chaîinons de leur histoire. Ce Les Acadiens sont inégalement répartis dans les trois provinces 5 11s Dis
sont #1,2114 dans la Nouvelle-Écosse sur 387,800 habitants: 56,631
lus usité pour lent ainsi dos out un sivelo, ‘onvénionts ot dièrement une mai 1883, ca lacun est tenu
ut, avec File rilimes, C'est , ces robustes jués en Amé- X comme des de toutes les de la Virginie Let demisère, us ils durent lé de 1763, due de terrileurs groupes nce de Tours ne plus que 4 de volonté ee, la religion enoloire du ‘du clergé de [SSI ils il ainsi un le leur race, iortalisé Les leurs bour-
leur mère reconstitué
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ls: 56,631
D'HALIFAN À QUÉBEC 29
dans 2 Nouveau-Brunswick sur une population de 321,245 âmes, et 10,754 dans File du Prinee-lidouard dont le nombre total d'habitants est de 107,79,
C'est dans le Nouveau Brunswick que les Acadiens sont Je mieux croupés et le plus fortement organisés, Des trois provinces maritimes c'est la seule qui compte des représentants dé race française au Parlement fédéral: un sénateur, M, Poirier, elun député. M, Landry (0, Mais les Acadiens possèdent des représentants au Parlement de chacune des trois provinces 6f ont même un ministre dans le cabinet du Nouveau-Branswick.
Cette province possède deux journaux en langue française île Moniteur Acadiens organe bihebdomadaire publié à Shediac. qui est contemporan de la création de la Confédération, et le Courrier des Prorinces maritimes, organe hebdomadaire beaucoup plus récent quise publie à Bathurst 0,
A Memrancook, dans la mème province, se trouve un collège catholique, fondé en 865, où tous les cours sont futs en français,
Entin dans un comté, celui de Kent (Nouveau-Brunswick), les Acadiens forment presque les deux tiers de la population.
Bien qu'ils soient moins favorisés que les Canadiens par leur législation provinciale, les Acadiens ont montré une vitalité qui leur assurera, à une époque qui est peutètre pas éloignée, la part d'influence à laquelle ie ont légitimement droit dans lt direction des affaires
“publiques.
Le soleil se lève sur horizon, at momentoù le train arrive sur les bords de la baie des Chaleurs. Cette vaste échancrure se présente sous un riant aspect avec ses Sinueux contours, ses prairies verdoyantes el ses sombres forûts. C'est qu'aborda pour la première fois Jacques Cartier au mois de juillet 153% et qu'il prit possession de la terre du nouveau monde au nom du roi de France. La baie des Chaleurs est fort riche en produits maritimes: les huîtres + sont abondantes et très renominées, le homard <Sv trouve en telle quantité que souvent, à
OM Bandes à été nomme depuis (avi IN90), juge an Nouveau-Brunswiek., Cest le premier Acadien qui soit parvenu aux fonctions judiciaires,
2) Un autre journal francais, Fracgeline (hebdomadaire), à été fondé en 1888 à Digby (Nouvelle-Lcosse), et transporté ensaite à Wevmouth, même province,
marée basse, on en fait une ample collecte en le péehant à la main dans les flaques d'eau où il s'est réfugié. Si, dans ces petits réservoirs formés par a nature, la profondeur de Peau semble Le protéger, il Suit bien souvent, pour en faire la capture, de plonger un bâton que le homard saisit avec ses pinces et ne Rehe qu'a grand'peine quand on le retire de Peau, Telle est l'abondance de ee crustacé que, dans les marchés publics, on le donne facilement pour 2 ou centins où cents, ce qui équivaut à 10 où 15 centimes de notre monnaie,
La baie des Chaleurs dépend tout à la fois du Nouveau-Brunswiek et de li Gaspésie, extreme partie de la province de Québec. A peine at-on franchi la limite de ces provinees que li population change comme par enchantement, Jusqu'ier nous étions en pays fonciérement anglo-saxon et n'entendions guère parler que Fanglais, Tout d'un coup une métamorphose S'opére et la langue de notre patrie résonne agréa blemuent à nos oreilles, A Sainte-Flavie, première stition de la provinec de Québec, où nous ne faisons que passer, le drapeau tricolore flotte à toutes les fenêtres el nous saluons, aux acelamations de lt population rangée sur le quai de la gare, le premier pavillon français arboré en notre honneur, ‘
A partir de ee moment, une transformation va S'opérer dans notre façon de voyager, Jusqu'à ec jour, nous avions été reçus courtoisement partout, mais froidements les autorités S'étaient, en général, tenues sur la plus grande réserve: a population, quand elle n'était pas indifférente, ne manifestait que des sentiments de curiosité déplacée, Nous étions en pays anglais, A peine avons-nous pénétré dans la régi o française que l'aceucil le plus chaleureux nous attend. Les autorités viennent nous recevoir officiellement, les municipalités présentent des adresses de bien venue, la population des campagnes, comme celle des villes, se précipite sur notre passage pour voir des «© Français de France » pour écouter leur langage, pour échanger avee eux ne fûtce que quelques paroles où seulement même un serrement de main qui, dans sa muette éloquence, réveille profondément en eux le souvenir de leurs ancêtres et le culte de leur patrie d'origine.
Peut-être voudra-ton voir dans le récit rapide des ovations faités à la délégation française une tendance à l'exagération et mème à l'invention? C'est le contraire qui serait plutôt à supposer: l'auteur:
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D'IHALIFAX À QUÉDE
qui n'est point né sur les bords de la Garonne, one fait que raconter SOS DHPTESSIONRS CL TOUS COUX qui ont été acteurs ou témoins dans ves réceptions enthousiastes et patrionques pourront attester la véracité de ce récit, Tous ont été vivement émus des témoignages de sympatl et d'affection qui. passant par-dessus leur personnalité, Sadressaient à la France,
Depuis que le chemin de fer a quitté les bords de li baie des Chaleurs, les grandes forêts ont cessé de former Ha haie sur le passage du train, Le pays est assez cultivé et, de temps à antre on découvre une ferme où un groupe d'habitations, Aux abords des tranchées se dresse souvent un rempart de planches ayant pour but de protéger Ke voie contre les rafales de neige, Dans les endroits les plus exposés, on a construit une galerie en bois qui recouvre entiérement a voie, Bien- LE apparait à l'horizon une tnnmense nappe d'eau cest le Sainte Laurent, Le plus beau feuve de Amérique du Nord, dont la largeur est telle, à son embouchure, qu'il esCimpossible d'apereevoir He rive oppose,
Mais la contemplation de cette belle nature cesse presque ausstôt: nous arrivons à Rimouski, premier centre hmportant de x province de Québec, etune foule énorme se presse aux abords de la gare pour nous saluer au passage, Lemaire, le conseil de ville, Les députés de la région, les représentants du clergé, de la magistrature, les notables de tout ordre, un groupe nombreux de dames sont 1 pour nous souhaiter la bienvenue, Ce n'est pas sans émotion que je reçois des mains de M, Asselin. maire et membre du Parlement de Québec, la première adresse, simple eUtouchante de cordialité et de patriotisme, A peine ai-je fini d'adresser, au nom de la délégation, quelques paroles de vive sympathie, qu'une salve d'applaudissements nourris part des rangs des Canadiens à Padresse de « leurs compatriotes»,
C'est en vain qu'un essaim de jeunes eCecharmantes Canadiennes cherche à découvrir lee daines françaises, Toutes, hélas Mont pris Ta voie de mer pour se rendre à Québec, et, en leur absence, ee sont les jeunes de Ha délégation qui reçoivent avec accompagnement des plus gracieux sourires, les bouquets de fleurs que les Canadiennes destis aient aux dames françaises, Lorsque le train se remet en marche, tous ls chapeaux se lèvent, es mouchoirs S'agitent, et au milieu de Fémo:
Al CHEZ LES PEAUX-ROUGES
lion générale et mème des larmes de joie de qu.'ues-uns. une voix
' sS'écrie : « Trois hourrahs pour nos anis les Français D C'est au reten- | tissement de ces clameurs SYmpathiques que le train s'éloigne à toute ll vitesse, pour suivre, à quelque distance, les bords du Saint-Laurent | | qui apparaissent à intervalles assez éloignés.
| | La mème réception attend la délégation dans tous les centres prin-
( cipaux, et M. Mac Donald, surintendant du ehemin de fer Intereolonial
qui dirige notre train. met lt meilleure grâce du monde à prolonger
ll Il les arrêts aux Stations, Aux Trois-Pistoles, à la Rivière-du-Loup, même | accueil enthousiaste qu'à Rimouski: les députés et autres notabilités
In 1 en villégiature dans les stations balnéaires du Saint-Laurent viennent
Jl saluer a délégation au passage. A Lévis. en face de Québec, où le
train n'arrive qu'à dix heures du soir, là réception esUplus chaleureuse Qué
encore, La gare. les édifices publies, un grand nombre de maisons
parüculières sont pavoisées et aminés, dans a ville haute comme {
{ À dans la ville basse, Sur la falaise, les feux de joie qui ont été allumés i] produisent un très curieux effet. Au moment où le train entre en gare, Î A , ‘ A ss l'US fl un magnifique feu d'artifice est Uré et une salve de coups de canon
sud
se fait entendre, Une affluence considérable assiste à la réception faite
sl À par li municipalité ae Lévis. La foule est telle que les délégués ont
{ RP Et à : : à ai { une peine infinie à se frayer un passage jusqu'au bateau traversier pes IL $ | ‘ ee . Que | | qui doit les transporter sur la rive gauche du Saint-Laurent. En LA Il à abordant à Québec. un grand nombre d'habitants se pressent sur le IL 1 à RS ÿ se É que { quai pour acclamer les délégués qui ont hâte d'aller prendre quelque rl Î : : , de pas . ; d'hi l repos à la suite d'une ausst belle mas fatigante journée, | Re A ea , plu:
ï Ce n'est qu'après l'arrivée au Damara, que le maire de Québee, | : : , : , , it : leri {| M. EF. Langelier, entouré du conseil des échevins. de délégués des o | L | villes environnantes 6£ d'un grand nombre de personnalités, remet au à , 1: : . : , : l'O!
président de la délégation, M. de Molinari, l'adresse de bienvenue ‘ | : à . ; s JO dans laquelle il rappelle les Tiens qui unissent la Canada à li France Ë . à : À CCTE elexprime le vœu de voir les relations commerciales entre les deux \ pays prendre un essor plus considérable, 4 À ce Keb a —— Juste hau
pari
=UNs, une VOIX C'est au retenéloigne à toute
Saint-Laurent
CONIres Prin er Intercolonial de à prolonger lu-Loup, mème tres notabilités durent viennent Québec, où le lus chaleureuse re de maisons e haute comme ont été allumés nentre en gare, ‘oups de canon u réception faite s délégués ont {eau traversier t-Laurent, En pressent sur Île rendre quelque
re de Québee, ‘ délégués des iités, remet au de bienvenue la à la France
ntre les deux
QUÉBEC Québec, — Légende du Chien d'Or, — L'université Laval — Le Parlement pre- \ineial — La brigade du feu. — Les travaux du ports — Origine de la presse canadienne française, — Tant pis, tant mieux. — Les journaux français de Québee
et leur histoire.
L'ancienne capitale du Canada est batie dans un site des plus pittoresques, Lorsque, remontant ie Saint-Laurent on dépasse Fextrémité sud de File d'Orléans, on voit se dresser tout à coupun rocher à pie qui avance dans le fleuve en forme de becs donnant au loin la plaine et Fonde. Cest sur ce rocher que SéBvent Re vile haute de Québec el sa citadelle, Longtemps considérée comme a plas forte de Amérique du Nord, Aujourd'hui ses remparts ne sont plus guère ornés que de pièces de canon destinées aux salut Lespril guerrier a cessé d'habiter dans ees parages témoins de ant d'actes héroïques. nv a plus à Québec, pour garnison. qu'un détachementelune ceole d'arts lerie, la milice n'étantappelée sous les drapeaux qu'è de rares intervalles,
Quelques auteurs ont prétendu que origine du nom de Québec provenauit de Pexelamation poussée par un matelot qui. découvrant le promontoire où s'éléve aujourd'hui kr cagitale du Bas-Canada, se serait écrié : Quel bec! (dans le sens de queleapn,
Mais La plupart des historiens. et notamment Ferlénd, donnent à ee Mot une origine sauvage, En eftet, dans tes dialectes alsonquins, Kebee initie rétréeissement d'une rivière. passage éroit. Or telle est justement la situation du Saint-Laurent qui se trouve resserre, à a hauteur de Quebec. entre deux côtes élevées, Cette dernière ctVmologie parait étre plus vrauisemblite,
Du haut de la citadelle et de la belle terrasse de Frontenae, laquelle s'élve à 190 pieds au-dessus du fleuve, se déroule nn magnitique panorama sur la cité même, 16 port avec sa forêt de mâts, les hauteurs de Lévis, le Saint-Laurent, en amont et en aval de la ville, la chaîne des Laurentides, l'ile d'Orléans etses verdovants ombrages si recherchés des Québecquois pendant li belle saison, C'est le rendez-vous général des promeneurs, le vrai boulevard de Québec, qui, pour n'avoir qu'un vaste plancher en bois, n'en est pas moins très fréquenté, C'est Tr que se dresse le monument élevé le 8 septembre 1828 à la double mémoire de Montcalm et de Wolfe, les deux héroïques adversaires que la mort a recouverts du même lineeul dans les plaines d'Abraham. Les restes de Montcalm sont déposés dans l'église des Ursulines, à Québec, Quant à Wolfe, il est inhumé dans l'église paroissiale de Greenwich, en Angleterre, et non, comme on le croit généralement, dans l'abbaye de Westminster.
De la viile basse on accède à la partie haute de la cité au moyen d'un élévateur où par des rampes (très accente es que de vigoureux petits chevaux montent et descendent d'une allure aussi rapide qu'assurée, La ville haule remonte à la fondation de Québec. C'est là sure tout que se rencontrent, avec leurs trottoirs en bois, les rues tortucuses où l'on enfonce dans la boue à lt mauvaise saison el où un étranger, et mème un ciladin, à peine à se reconnaitre le soir, à la faible lueur des rares becs de gaz. C'est aussi le centre des vieux souvenirs, des monuments et des institutions publiques et politiques.
Au nombre de ces vieux souvenirs se trouve la légende du Chien d'Or. A deux pas de la terrasse de Frontenac, se dressait naguère une vieille maison dont le fronton portait une énorme plaque de marbre entourée d'un encadrement et d'une tablette. Sur la plaque, un chien assis, rongcant un 08, avec celte inscription :
Je suis un chien qui ronge l'os;
En le rongeant je prends mon repos;
Un temps viendra qui n'est pas venu
Que je mordrai qui m'aura mordu.
D'après une tradition populaire, M. Philibert, propriétaire de cette maison, aurait été assassiné par M. de Repentigny, et sa veuve aurait
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QUÉBEC 30 fait placer sur la porte ce bas-relief avec cette inscription pour exciter son fils à la vengeance, Le fils aurait assouvi celte vengeance en tuant en duel M. Repentigny. Mais cette légende est devenue fort énigmalique à la suite de recherches faites par M. Viger, I résulte de ces recherches que Philibert fut bien tué en duel par M, de Repentigny, mais en 1748 seulement et, qu'avant de mourir, il aurait pardonné à son meurtrier, Quant à celui-ci, il servait à Nainte-Foye, sous le chevalier de Lévis, en 1760, et n'aurait jamais été tué en duel, Que signifie donc l'inscription?
Lors de la démolition de la maison, sur emplacement de laquelle s'élève aujourd'hui le bureau de ia poste, la plaque de marbre seule à été conservée et replacée sur le nouveau bâtiment.
Cette inscription a donné naissance à une charmante légende qui est un hommage rendu aux ancôtres des Canadiens-Français, hommage d'autant plus sincère que son auteur, M, Kirby, était un ennemi de leur race et ne partageait nullement leurs croyances,
Tout près de la poste se dresse l'église cathédrale dont la plus grande curiosité est Le trésor, qui est fort riche et qui, au temps de la domination française, à reçu à plusieurs reprises des dons royaux.
L'énorme bâtiment qui touche à la cathédrale est l'université Laval, qui tire son nom de M# de Montmorency-Laval, premier vicaire apostolique et évêque au Canada, fondateur du séminaire de Québec, un des prélats les plus éminents de l'Église canadienne. L'université, qui occupe une étendue de terrain de 45 arpents, à un aspect tout à fait monacal, par l'enscmbie de sa construction, par ses eloitres, ses salles vastes el profondes, et ses immenses couloirs qui semblent ne pas avoir de fin et dans lesquels il est loisible de S'égarer, Sa fondation remonte à 1852 ct, depuis 1876, elle à une succursale à Montréal, Elle possède quaire facultés qui sont: les facultés de théologie, de droit, de médecine et des arts; cette dernière se subdivise en deux sections : lettres et sciences, Les études sont très fortes et l’université jouit dans tout le Canada d'une grande réputation. Elle compte, dans ses deux établissements, 78 professeurs, et la movenne annuelle dés étudiants suivant les cours est de 600, Parmi les collections se trouvent une galerie de peinture, encore modeste, des musées fort nombreux se rapportant à la minéralogie, la botanique, la zoologie, ete. Dans la section ethnologique, on
verra -mnnemt
\l CHEZ
CANADA
remarque surtout une foule d'objets à l'usage des tribus sauvages, soil comme ustensiles d'intérieur, soit comme instruments de chasse et de cuerre, Un grand nombre de ces souvenirs d'un autre âge ontété extraits des tombeaux des Hurons. La bibliothèque renferme 77,000 volumes et contient une collection considérable et fort appréciée d'ouvrages relatifs à Fhistoire de FAmérique et particulièrement du Canada.
L'instruction publique est fort répandue dans lt province de Québec, On y comple en effet plus de 5.000 institutions d'enseignement, parmi lesquelles on remarque universités, 3 écoles normales, 18 écoles spéciales et 4,400 écoles élémentrires, Le nombre des élèves était, en 1883, de 245,000, soit un élève par ciig habitants eU demi. Dans les derniers temps de la domination française les bibliothèques comptaient environ 60,000 volumes, soit un volume par habitant.
A l'autre extrémité de la ville, en dehors de l'ancienne enceinte forüfiée et dans un quartier neuforné d'élégantes habitations, s'élève le vaste édifice quadrangulaire du Parlement nouvellement reconstruit, Ce grand bâtiment, qui de loin ressemble à une forteresse, fut incendié en ISS3. Les ministères de la province elles services publies sont groupés sous le même toit, à la portée du Heutenant gouverneur et des membres du Parlement provincial, lorsqu'ils sont en session, La bibliothèque du Parlement, qui était autrefois fort belle. à beaucoup souffert lors de Fincendie, e© son distingué conservateur, M. P, Lemay, aura fort à faire pour la remettre sur son ancien pied,
Tout respire, dans ce palais, la nationalité française: tout le monde, depuis le premier magistral de la provinee jusqu'au dernier honmme de peine, fait usage, dune facon constante de Ta langue française, el si les publications oflicielles sont faites dans les deux langues, les débats du Parlement ont presque toujours lieu en français, Dans la crande salle des séances de PAssemblée législative, sur les murs encore à peine séchés, on voit Fécusson aux fleurs de Tys faire pendant au lion britannique. Montjoye Saint-Denis se trouve sur le mème pied que Dieu et mon droit, remarquable exemple du lovalisme pratiqué vis-d-vis de PAngleterre, en mème temps que du profond attachement porté aux institutions de la vieille France !
La province de Québec est à la fois le berceau et la forteresse de la
race française, car sur une population de 4,359,027 habitants, que
Co!
le de, Il © l'CP el rép da
IS SAUVALCS, SOI de chasse et de re ontété extraits 71.000 volumes . d'ouvrages relacanada.
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ernier homme de “ue francaise, el leux langues, les francais, Dans la u les murs encore faire pendant au ur le mûme pied valise pratiqué fond attachement
à forteresse de la
27 habitants, que
donne le recensement de IST n'y à pas moins de 1,073,820 Fran çais, et le nombre total des Canadiens-Francais ne <élève dans toute la Puissance qu'à L,298.929, chiffre aujourd'hui bien dépassé,
Le Parlement de la province de Québec comprend un conseil Tégislatif de 2% membres nommés à vie par le gouverneur général en conseil et une assemblée législative de 65 membres élus tous tes cinq ans (D). Dans tous les Parlements canadiens, les membres se divisent en Anglais et Francais, si on considère seulement la question de race, eCen conservateurs et libéraux si on <e place au point de vue politique pur, le plus important de tous et presque toujours le seul à considérer depuis que les deux races exercent une espèce de condominimn.
Le Conseil législatif renferme une majorité française très considérable, Ien est de méme de FAssemblée législative, Au point de vue de Ta représentation des races, un accord tacite est intervenu entre Français et Anglais, lors de la formation de la Confédération de 148067, pour répartir les sièges selon lt prédominance de Fun ou de Fautre élément dans chaque comté. Bien que Félément français ait sensiblement gagné en nombre depuis celle époque, cet accord tacite subsiste toujours et il s'ensuit que des députés de race anglaise représentent encore des comtés où Ja majorité de Ja population est devenue française, L'élément français pourrait facilement revendiquer ee qui lui revient en droit. et. S'il ne le fait pas, c'est sans doute pour qu'on use de réciprocité à son égard dans les provinces de Fouest où la nationalité anglaise a pris le dessus à la suite d'une émigralion aussi considérable que rapide,
Le palais du Parlement touche presque aux extrémités de la basse ville; mais pour se rendre dans cette dernière il faut descendre un erand escalier en fer de plus de 120 marches, ou suivre les rampes qui passent au pied des anciens remparts conservés entre la vicille ville et la cité agrandie, Si celle-là est aujourd'hui le quartier général des Anglais de Québec, qui sont du reste peu nombreux, car sur 62,446 habitants on ne compte que 44,344 Anglo-Saxons, dont 10,22% sont Frlandais celle-ci. au contraire, est le quartier français par excellence, Ce fut chose facile à constater lorsque les délégués français, conduits par le maire, les représentants du conseil de ville et les membres du comité
(D Le nombre des membres de l'Assemblée a été élevé à 73 (1800).
| de réception vinrent en corps visiter les principaux établissements si industriels. Le faubourg Saint-Roch, la belle rue Saint-Joseph, les plus d: importantes artères commerciales étaient magnifiquement pavoisées de lo | | | drapeaux. presque uniquement tricolores et une foule sympathique di (UE Al saluait les délégués à leur entrée et à leur sortie des magasins. Le rit (| | erand établissement de fourrures de M. J.-B, Laliberté, le plus consi- el WE LE dérable de toute PAmérique, attira tout particulièrement l'attention dr If fl par la richesse de ses pelleteries dont il est fait un trafic considérable. n; | | | On peut bien dire sans exagtration que tous les animaux à four- pr il | | rure y ont quelques-unes de leurs loisons à l'étalage, depuis le chat If sauvage, donton emploie 20,000 peaux par an, jusqu'à la marte d’A- ve } laska, au buffle, au renard blanc, noir ou argenté qui sont si rares de ll fl et si recherchés des amateurs, M, Laliberté emploie près de 300 per- me | | sonnes dans son établissement même, sans compter les ouvriers du sui {| dehors, qui, comme les Hurons, de Lorette, ont la spécialité de fabri- le fl quer les curiosités d'origine indienne : raquettes, traînes ou toboggans, bo | pour les glissades sur la neige, bibelots de tout genre en écorce de bou- jet ll leau cousus avec des poils d'orignal teints de diverses couleurs. Du po || belvédère de la maison, la plus haute de tout le quartier, on jouit nt | |! | d'un magnifique panorama sur la ville basse et le port. vie Il 4 Un autre établissement, dont la visite ne passa point inaperçue, fut d’'e fl 4 la manufacture de chaussures de M. G. Bresse. Tous les employés, la | Î groupés pour la circonstance, portaient à la boutonnière une cocarde Sail il À tricolore, et les grands ateliers étaient si bien décorés, qu'une bonne pos il | partie de lédifice, au dedans comme au dehors, disparaissait d'u ll ; pour ainsi dire sous les plis des couleurs de France. Québec est le lan | centre d’une grande fabrication de chaussures et plusieurs milliers I \ d'ouvriers de cette ville y sont constamment employés. Le Canada, plu |! sous ce rapport, a beaucoup à lutter contre la concurrence des États- An Unis; mais son industrie se développe sans cesse. La moitié des expor- l lations de chaussures du Dominion est à destination de Terre-Neuve, not h fl qui ne fait point partie de la Confédération. va] | Entre deux visites d'ateliers avait eu lieu une sonnerie de la brigade tra | du feu exécutée spécialement pour les délégués. Dans toutes les nag | al villes d'Amérique le service des pompiers est organisé d'une façon La
admirable; les postes sont multipliés et, quelques instants après le
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signal donné, personnel et matériel sont rendus sur le théâtre du danger, Lorsque le signal avertisseur est mis en mouvement, un carillon retentit dans le poste de pompiers, Les hommes de service, étendus tout habillés sur leurs lits, sont réveillés par une bruyante sonnerie. Par un jeu automatique de ressorts, les portes des salles, où sont enfermés les chevaux, s'ouvrent aussitôt et les chevaux, qui ont été dressés à cet exercice, viennent se placer d'eux-mêmes sous les harnais suspendus au plafond. En un tour de main les attelages sont prêts et dirigés vers le lieu du sinistre.
Sur l'invitation du maire de Québec, lavertisseur est mis en mouvement, Au bout d'une minute, accourt, au triple galop et en sonnant de la cloche, un char portant une échelle de secours qui se dresse automaliquement. En une minute et demie, la première pompe est rendue sur les lieux du sinistre présumé, et, une demi-minute après, le tuyau, le boyau, pour employer l'expression locale, est déroulé et vissé à la bouche d'eau la plus voisine. Quelques secondes après, un puissant jet d'eau en sort et s'élève à une hauteur de 90 pieds, Une deuxième pompe arrive deux minutes après le Signal donné et se place aussi rapidement, Enfin, au bout de quatre minutes, une puissante pompe à vapeur vient prendre place à son tour, et une demi-minute après, sa colonne d’eau, qui ne s'élève pas à moins de 420 pieds, presque la hauteur de la terrasse de Frontenac, inonde complètement le clocher de l'église Saint-Roch qui sert d'objectif. Pendant que les machines se mettent en position, un pompier gravit l'échelle roulante, qui atteint la hauteur d'un quatrième étage, et, muni d'un réservoir portatif, arrose avec sa lance tout ce qui se trouve à sa portée.
Dans un pays où beaucoup de maisons sont en bois, ainsi que la plupart des trottoirs, on comprend sans peine l'importance que les Américains attachent au service du feu.
Après les exercices de la brigade du feu, les délégués se rendent au nouveau port. La commission du havre à mis à leur disposition son vapeur de service afin de visiter (ous les grands travaux destinés à transformer Québee en un port de premier ordre pourvu de tous les aménagements réclamés depuis longtemps par le commerce de cette ville, La vieille cité de Champlain assise, comme Anvers, sur les bords d’un fleuve magnifique accessible pour les navires du plus fort tonnage,
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