XX PREFACE
fonctionnaires et magistrats révoqués par la République, survivants des belles traditions du luxe, de la politesse et de l'élégance, — il nous les montre relégués dans un Cercle, réduits à traduire en français ïotium ciim àignitatey tandis que le rebut, l'odieux et inepte rebut, gouverne la politique, dirige nos affaires, dispose de nos fonds, exerce dans les Chambres une autorité souveraine, usurpe le privilège — dont il use et abuse — de nous précipiter aux dernières limites de l'opprobre et de la ruine. On ne saurait mettre assez souvent ce contraste sous les yeux du parti conservateur, afin qu'il se réconcilie s'il est divisé, et qu'il se réveille s'il est assoupi.
Ce que j'aime et admire dans ce livre, ce qui lui donne une saveur particulière, c'est qu'il dit du bien à peu près de tout le monde sans être jamais ni fade ni ennuyeux. Il nous semble, à nous autres vieux critiques, que l'on ne peut avoir un peu d'esprit qu'à la condition d'éreinter, de fustiger ou d'égratigner sa clientèle. M. de La Brière nous prouve le contraire. C'est
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que, avec un ait d'autant plus réel qu'il est moins cherché, il prend toujours soin d'accompagner ses éloges ingénieusement variés, d'idées fines, de mots piquants, de ces traits qui gravent une figure ou dessinent une silhouette. Il a d'ailleurs, pour le diriger dans cette immense galerie qui commence au numéro 11 du boulevard de la Madeleine pour aboutir au délicieux Cercle nautique de Cannes, en passant par Londres, Madrid, Rome, Berlin, Bruxelles, Saint-Pétersbourg, Vienne, Pesth et Nice, — un fil conducteur qui ne saurait l'égarer: le sentiment monarchique et catholique. Il trouve, dans ses convictions généreuses, ces oppositions de lumière et d'ombre que les bons peintres ne négligent jamais. Quand il a dit, par exemple, tout le bien que nous pensons de l'indomptable bravoure, de la mâle franchise, de la verve irrésistible de notre cher et admirable Charette, tournez la page; l'astucieux génie du comte de Cavour, si funeste à la France, y est souffleté d'une main ferme que n'arrêtent pas les séductions du succès. « Vous êtes un second Riche-