‹ Au cœur de l'AuvergneChapitre 3 sur 61 · I. Ol pèd d'un putchotel · texte numérisé non relu

I. Ol pèd d'un putchotel

(J.-B. Veyre, Piaoulats d'un reipetit).

AU CŒUR DE l' AUVERGNE l5

CHANSON DES PÈLERINS DE SAINT-JACQUES (i)

« Nous sommes des pèlerins de la ville — qu'on nomme Aurillac près Jordanne ; — nous avons laissé nos parents, nos épouses et tous nos gens,

Pour aller en plus grande troupe — voir Saint Jacques de Compostelle. — Le Christ qui de droit fait envers — veuille enrichir beaucoup mes vers I

De notre ruelle et maison — près du moûtier de Saint Géraud — nous fûmes tous à la paroisse — afin d'y prendre nos coquilles.

Nous y priâmes dame la Vierge — de nous mettre en son paradis — et nous exempter du péage — pour bien faire le saint voyage.

Quand nous fûmes là-bas, à Bayonne, . — tout près des pays espagnols — il fallut changer bel argent — pour écus et monnaie grossière.

Quand nous fûmes à Yittoria, — nous vîmes la verdure en fleurs : — joyeux, nous cueillîmes lavande, — thym en un pré, et romarin.

Quand nous fûmes sur les ponceaux, — comme ils tremblèrent, au passage qu'on fit l — Nous croyions mourir : « Paix ! Ah ! paix ! — Sauve les pèlerins, saint Jacques ! »

A Burgos, une confrérie — merveille étrange nous montra : — dans son église, à grands frissons, — un crucifix suait sa sueur.

En pleine ville de Léon, — nous chantâmes une chan-

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