‹ Au cœur de l'histoire [microforme]Chapitre 11 sur 56 · A A A RS LS · texte numérisé non relu

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qui marche à son côté. Ces deux derniers sont en surplis et en étole.

A l'arrière, arrive le Père Vimont, celui-là même qui il y a quatre ans (1642), accompagna monsieur de Chomedey, sieur de Maisonneuve, à Ville-Marie, et y célébra la messe, sur le rivage, où bientôt s'éleva le fort de la compagnie de Notre-Dame de Montréal. L'autre fils de Loyola, c'est le Père Georges Dendemare, missionnaire de la résidence de Québec.

Puis, c'est maintenant le défilé des anges.

Six petits Français passent incontinent, ainsi habillés.

Les Hospitalières et les Ursulines se chargent du soin d'en costumer, tous les ans.

Ils vont, éloignés de quelques pas les uns des autres, de crainte d'enflammer avec les cierges qu'ils portent, leurs grandes ailes de papier doré et les belles tuniques de mousseline et de gaze, toutes piquées de paillettes qui scintillent.

Sur la pente qui mène du temple au chemin, descendent présentement deux petits sauvages, en

mise de leur nation. Ils tiennent avec les mains croisées sur leur poitrine, des corporaliers. Admirons les panaches, d'où tombent à l'arrière, les hures de plumages, jusqu'aux talons.

Combien leur teint cuivré, leurs yeux sombres et vifs, leurs cheveux noirs et drus, contrastent étrangement, avec la peau blanche, les yeux bleus et lechâtain clair des chevelures soyeuses des anges, qui viennent de disparaître, au tournant du chemin feuillu!

Les encensoirs d'argent émergent tout fumants, de la porte de l'église. Les deux frères qui les balancent, sont sur le parvis. Des bouffées d'encens, à chaque c:cillation s'en dégagent et s'élèvent avec les hymnes et les prières jusqu'à Dieu, à travers la feuillée, qui s'incline au-dessus cie l'huis et sur la route où la procession ondoie.

Le Saint-Sacrement n'est pas loin.

À genoux, voici que le Seigneur-Dieu s'avance, sous le dais !

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Les sieurs Tronquet, Giffard, des Chastelets et le sauvage Noël Négabamat, sont les porteurs des bâtons du dais.

Monsieur Tronquet, c'est le secrétaire de monsieur de Montmagny, et c'est de sa part, qu'il tient le premier bâton, toujours laissé à la disposition du gouverneur, qui désigne qui lui plaît pour le représenter.

Nous connaissons bien monsieur Giffard, qui porte le second.

Quant à monsieur des Chastelets, qui tient le troisième, c'est aussi un personnage clans la colonie, où,il occupe le poste de commis général de la compagnie des Cent-Associés de la Nouvelle-France, ou plus précisément, de la compagnie des Habitants, que les Cent-Associés ont subrogée à la majeure partie de leurs droits, depuis deux ans. Il est marguillier, de là, son rang privilégié dans la procession.

Le quatrième bâton est dévolu à un naturel, c'est la coutume. A Noël Négabamat, cette année, Montagnais chrétien de Sillery, est échue cette place d'honneur. |

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Sous le dais, le Père supérieur Jérôme Lalemant porte l'ostensoir. La tête inclinée, la face cachée par le haut de la chape et le pied du grand soleil, l'officiant passe entre la haie de sauvages et de Français prosternés dans l'herbe, sur le parcours.

A ses côtés, le diacre en dalmatique, c'est le Père Druillettes, le missionnaire des Abénaquis du Kénébec, tandis que celui qui est en belle aube et en étole, et qui fait office de sous-diacre, c'est messire l'abbé Chartier, chapelain des Ursulines. On l'appelle d'habitude : Monsieur le Prieur.!!

Enfin, vient le frère Liégeois, en surplis, qui ferme la marche.

La procession est passée...

Allons à la suite du frère Liégeois, avec les fidèles, aux différents reposoirs.

Drelin... drelin... drelin... drelin... La tête de la procession, la bannière et la croix, arrivent devant l'arbre de mai du fort, où l'on a érigé un autel.

MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART (ANSI and ISO TEST CHART No. 2)

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