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Donc, tout le long du jour, au château Saint- Louis, sous le toit du colon, dans la maison de communauté du religieux ou la caserne du soldat, c'est grande joie et festivité.. Le soir venu, des feux inaccoutumés illuminent les fenêtres, blanches de givre. C'est la veillée du premier de l'an 1646, où
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l'on se demande, de quoi sera faite l'annez qui commence et où l'on se rappelle le temps envolé.
On parle : des sieurs de Jacques Cartier, de Roberval, de la Roche, de Pontgravé, de Chauvin, de Chastes, de Mont, de Poutrincourt... et aussi beaucoup de Champlain, que plusieurs ont vu, et dont monsieur de Montmagny est le successeur...
Au dehors, d'heure en heure, dans le soir serein et blanc, qu'éclaire la lueur de la neige, on entend chanter la voix monotone du veilleur...
— Le temps est froid !... Il est huit heures !
Il neige !... Neuf heures !... Neuf heures !
Couvrez les feux !... Ilest dix heures!... Il est dix heures !... Couvrez les feux !... Le temps est beau !... Habitants de Québec dormez !... dormez !...
NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES
NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES
1 « Le pain bénit du Dimanche fut tranfporté au lundy, iour de la Circoncifion. Monf. le Gouuerneur le donna...» Journal des Jésuites, décembre, 1645.
? FERLAND. — Cours d'histoire du Canada, première partie, p. 266.
3 re SALONE. — La colonisation de la Nouvelle-France, p. 50.
‘ Relations des Jésuites, année 1634, p. 88.
5 Journal des Jésuites, titre préliminaire, Estat dv Pays.
Voir sur la compagnie des Habitants : Henri de Bernières, par l'abbé Auguste ELIN, note XVIII.
* Emile SALONE. — Ouvrage cité, P. 56.
* Voir: Journal des Jésuites, généralement de 1645 à 1668.
Voir :arrêt du 18 septembre, 1663, rapporté aux /ugements et a agro du Conseil Souverain de la Nouvelle-France, vol. I, p. 1.
* Journal des Jésuites, 3 et 5 janvier 1646.
” « Ce mariage est le premier indiqué sur les re
de l'église paroissiale de Notre-Dame de C. » Abbé Azarie CoUILLARD-DESPRÉS. Louis Hébert et sa famille, Pp. 65.
1° Pour ce qui précède et pour plus amples détails sur Couillard, v. g. son anoblissement, en 1654, sa mort, en 1663, sa ponte etc... voir: Abbé CouiLLARD-DESPRÉS, ouvrage cité.
11 Journal des Jésuites, 14 octobre 1645.
12 Journal des Jésuites, septembre 1646.
13 On sait que madame de la Peltrie, fondatrice des Ursulines de Québec, venue en cette ville avec la Mère Marie de l'Incarnation et les premières religieuses de sa communauté, en 1630, les avait quittées, avec sa demoiselle de compagnie, Charlotte Barré, pour suivre mademoiselle Mance, au printemps de 1642, allant avec M. de Maisonneuve, M. de Montmagny, le Père Vimont et des colons, fonder Ville-Marie.
SE DoLuier DE CASssoN, Histoire du Montréal, année 1641-42.
« Après un séjour d'environ dix-huit mois à Montréal, il lut à la divine Providence, de rendre Mme de la Peltrie à ses ns amis de Québec. Elle revint dans l'automne de 1643 et à cette occasion il v eut de très grandes réjouissances. » Les Ursulines de Québec, tome I, p. 82.
14 Sorel.
15 Cette nomenclature de gibier est extraite des Relations des Jésuites, année 1636, p. 47. A la même page, on y lit : « Pour le poisson, il est icy comme en son empire. »
16 Froment. D'après les Relations des Jésuites, de 1636, . 45, le sieur Giffard, en avait récolté l'année précédente, uit poinçons.
17 « Pour leur boisson, on leur donne vne chopine de sydre par iour, ou vn pot de bière, et par fois vn coup de vin, comme aux bonnes festes. L'hyuer on leur donne vne prise d'eau de vie le matin, si on en a. »
Relations des Jésuites, de 1636, p. 45. (Il s'agit ici de la moyenne du breuvage donné aux défricheurs engagés, en même temps que certaines denrées et provisions.)
18 Benjamin SULTE. — Histoire des Canadiens-Français, tome II, p. 72, à note 2.
19 Journal des Jésuites, octobre, 1646.
On lit encore, au Journal des Jésuites, de la même année, que parmi les À gr opg des métiers qui suivaient la procession de la Fête-Dieu à Québec, (sur la fin de mai), une torche à la main, il y en avait un de la part des « braffeurs ».
?° « Il y a en quelques endroits force lambruches chargées de raisins; ges en ont fait du vin par curiosité, j'en ay gousté, il m'a semblé fort bon »..…
Relations des Jésuites, de 1636, p. 45.
Il est plausible et même certain, que les conditions économiques rapportées par le Père LE JEUNE, dans sa Relation de 1636, existaient encore dix ans plus tard, donc le premier de
l'an 1646. De là, l'autorité des quelques notes, s'appuyant sur la dite Relation.
QUÉBEC
| La Fête-Dieu à Québec (1646)
« Sur la fin de May fc rencontra la fefte du St. Sacrement; le St. Sacrement fut expofé le iour de la fefte, &..... Pour la proceffion il fut errefté que M. le Gouuerneur nommeroit qui il luy plairoit pour porter le daiz de fa part, que les deux marguillers le porteroient auffy, & vn fauuage. » | rnoiCo se
Le Père Jérôme LALEMANT. Journa des Jésuites, mai 1646.
Monsieur le seigneur de Beauport! franchit le seuil de son manoir, descend les degrés du perron,
À interroge les confins du ciel, pour s'assurer du temps | qu'il fera. Dans les profondeurs du firmament | tout baigné de lumière, flotte légère et blanche,
l'ouate de quelques petits r ‘ages égarés, qui fuient
dans l'azur.
L'air est embaumé. La saine odeur des parfums agrestes monte de la terre en travail de germination et de toute la campagne ensemencée.
Dans les prés qui verdoient, au bout de chaque brin d'herbe, de chaque tige remplie des promesses
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de la moisson naissante, la rosée brille comme autant de gouttelettes d'argent.
Et toute la nature sourit au jour qui s'éveille, calme et plein d'harmonies aériennes, sur la Nouvelle-France.
— En route, Monsieur le seigneur, le temps est admirable, il fait beau comme il ne se peut davantage !
Au spectacle et au concert de tout ce renouveau,
frais et gaillard, monsieur ie seigneur, d'un pas
alerte, s'éloigne et bientôt disparaît dans l'avenue
ombreuse de son parc, qui conduit à la grande route. Mais, où donc s'en va monsieur Giffard ?
Maintenant, sur le chemin du roy, les colons endimanchés le dépassent et le saluent. Les hommes ont des justaucorps, des casaques et de beaux pourpoints de couleur faune, ventre de biche, vert céladon ou amarante, les femmes, des robes de nuances diverses; quelques-unes à fleurs, et de fraîches coeffes de lin ou de dentelles.
— Belle journée, Monsieur Giffard !
— Tiens, c'est ce bon François ! Oh oui, belle journée !
— Bien des saluts, Monsieur le seigneur !
— À toi de même, jolie Pierrette. Pour à quand les accordailles, ma fille ?
— Hé ! Hé! se dépêche de dire François, son galant, avec les femmes, nul ne fut jamais profite. Puis, regardant l'accorte paysanne : — Si elle veut, ce sera pour la Saint-Jean, et la noce à la Saint- Martin d'automne.
Pierrette, toute rouge, répond par un sourire.
Et le bon seigneur pense en lui-même :
— Voici déjà des fiançailles, où je ne m'y connais guère. Allez, gentils accordés, allez !
— Bonjour, Monsieur Giffard, beau temps ! fait un autre qui survient.
— Dis plutôt magnifique, rétorque le seigneur, température magnifique ! Une prise ?
— Ce n'est pas de refus... Merci !...
— Au revoir !...
— Bonjour !...
Et tous déambulent, allègres, vers la cité.
De Beauport à Québec, il n'y a, il est vrai, que deux milles.
Le soleil qui vient de se lever (il est à peine six heures) n'a pas encore dissipé la fraîcheur vivifiante du matin. D'ordinaire, les colons travaillent dans les prés, à cette heure. Aujourd'hui, les champs sont déserts. On chôme. Cependant, ce n'est pas dimanche, c'est jeudi. Alors? Alors, c'est fête !
Mais, pardié ! monsieur Giffard est chirurgien, peut-être va-t-il visiter un malade, faire une opération qui exige célérité, une saignée, pour réduire quelque maligne fièvre! Oui, peut-être !
L'idée, la raison tout de même, d'avoir mis ses beaux souliers à boucles de métal luisant, passé son magnifique habit, de soie moirée noire, et coiffé son tricorne à plume, des grands jours? Car il a son tricorne à plume. Pourquoi donc ?
Enfin ! Mettons qu'il va aux malades !
Oui, lui ! Mais à coups rs, les colons avec leurs accoutrements si propres. ‘-urs caudebecs ? neuis, et les femmes avec leurs beaux affutiaux, ne vont pas à leurs tâches journalières; non plus que ces
sauvages qui s'échelonnent sur la route, empanachés, parés de nâcre de coquillages et de peaux de fauves.
Que va-t-il donc se passer à Québec ? Que vont-y faire le noble seigneur de Beauport, ses censitaires et les indigènes qui cheminent ?
— Bonjour, Monsieur Giffard ! vous allez bien ce matin ?
— Ça va, père André, ça va. Vous avez l'air tout guilleret, vous-même.
— Oh ! je ne suis plus jouvenceau, mais avec un temps pareil, la façon, tétigué ! de se sentir vieux ?
— Oui, en effet, la journée s'annonce radieuse, père André: .. une vraie journée de cérémonie !
Et ce serait dommage, qu'il en fût autrement.
Car, sachez que si monsieur le seigneur Giffard a quitté son joli manoir, si les habitants de Beauport ont laissé leurs chaumières, leurs prés et leurs travaux rustiques, de même que les sauvages leurs forêts tutélaires et leurs wigwams, à cette heure matinale, c'est que, c'est aujourd'hui le 31 mai
1646; jour de la Fête-Dieu. Dans quelques heures, aura lieu la procession du Très Saint Sacrement, à Québec. Au surplus, monsieur Giffard qui est marguillier, portera l'un des bâtons du dais.
Tout en marchant, il se dit : qu'il est bien inutile de se presser, car s'il manque la messe basse, il
aura toujours la grande, à sept heures et demie, à l'issue de laquelle le défilé partira de l'église.
— Prenez votre temps, Monsieur le marguillier, prenez votre temps, il n'est pas encore sept heures !...
Sur le chemin du roy, qui traverse son fief et son domaine, continue sans hâte le seigneur-marguillier, au milieu de ses censitaires, de ses fermiers, humant l'air frais du matin, scandant ses pas avec sa longue canne de bois d'ébène, dont le pommeau d'or flamboie au soleil, comme celui d'un sceptre...
— Palsanguienne ! ! ! il va faire chaud tout de même, songe le seigneur de Beauport, en oyant les cigales qui accordent leurs musiques.
Mais, il n'y a pas que sur les grandes routes qui convergent vers la ville, où il y a du monde.
Voyez au bas du Cap de Québec, ces canots et cette gabarre qui viennent du côté de l'île d'Orléans et voguent sur le fleuve lisse et poli comme une glace, où se mirent les voiles.
— Ramez, braves gens, ramez, le vent ne souffle guère, et le premier coup de la grand messe vient de sonner ! pense monsieur Giffard, en allongeant le pas
Sept heures.
Québec présente un aspect de festivité inaccoutumé.
Nous pouvons nous figurer les maisons, (oh pas très nombreuses) toutes décorées de verdures. Aux fenêtres, on a accroché les images pieuses, peut-être aussi quelques petits drapeaux et les plus belles tentures, dor. on dispose.
Là-bas, sur le fort, où est le gouverneur, au bord de la falaise qui surplombe la basse-ville, l'étendard
blanc fleurdelisé frissonne, à la moindre brise de la rivière, qui s'aventure dans ses plis.
Quant à la voie, où l'on promènera Jésus-Hostie, là, où il ne s'élève aucune habitation, on n'a pas eu à l'embellir: le Bon-Dieu y ayant fait croître force grands arbres, de chaque côté. Les rameaux de la haute futaie, en se rejoignant au-dessus,( comme s'ils se donnaient des poignées de branches) couvrent le chemin et forment un arc de feuillage ininterrompu, sous lequel passera le dais.
Ce n'est pas, qu'ils soient très nombreux les citadins de Québec, en l'année 1646. Il faut bien se rappeler, qu'il n'est venu qu'un nombre de colons assez restreint depuis la fondation du bourg, en 1608, jusqu'à l'an dernier, 1645, et cette année, les vaisseaux ne sont pas encore arrivés. D'habitude, les premiers mouillent dans le havre à la fin de juillet et les derniers à la mi-octobre, venant du vieux continent. Non, ils ne sont pas nombreux les citadins de Québec, en 1646! La compagnie des Cent-Associés ne semble point avoir jamais été en état, de faire face aux engagements contractés
par sa charte envers le Roi, relatifs aux colons qu'elle s'était engagée à faire passer en la Nouvelle- France. La compagnie des Habitants qui succède, depuis 1644, aux Cent-Associés, dans leurs droits et leurs obligations, n'a pas fait mieux. Les scigneurs, les communautés, de même aussi certains particuliers, y ont à coup sûr, conduit autant, pour ne pas dire plus de recrues, que les Cent- Associés où les Habitants, dont l'attention se porte plutôt sur les poinçons de castors et d'autres pelleteries, que sur les colons et les prémices de leurs poinçons de blé. Encore, les quel:.es centaines
qui y sont venus, ou y sont nf: ‘tjr * 28, sontils répandus un peu partou: dar: !:5 “ifférents établissements et postes c: ‘: .:::'!-t"rance.
Beaucoup ont dû repu:s.: 1 ‘:'. avec Champlain, en 1629, lors de la gi" 2% elcc par
les frères Kertk. Si l'on ajoute cepuncant, à ceux des pionniers restés, les autres venus après la remise de la colonie à la France, en 1632, les femmes, les enfants nés au pays et aussi quelques sauvages vivant avec les colons, si l'on compte de plus le monde officiel, à savoir : le gouverneur et son
entourage, quelques gentilshommes, aussi le clergé et les religieuses, et en outre, les commis et agents de la compagnie des Habitants, tous ceuxlà constitueront, en 1646, un bon noyau de colonie. *
Le centre de population le plus habité, c'est Québec.
Imaginons (la chose est légitime et probable) qu'il est venu aujourd'hui de ia banlieue, pour la fête, un grand concours, notamment : de Sillery, de Notre-Dame-des-Anges, de Beaupré, de l'Espinay, de Beauport,... et peut-être de plus loin, de Tadoussac, des Trois-Rivières et de Ville-Marie.
Il y a aussi, sans doute, des sauvages nomades, sortis nombreux des bois, attirés par le spectacle nouveau d'une procession de Français et par le festin qui suivra.
Toute cette population parcourt les rues et les sentiers.
Toute la petite ville est sur pied et en liesse.
Mais, qu'elle est donc cette maison située à quelque distance du fort, un peu à l'arrière du Cap, où il y a grand émoi et plus nombreuse assemblée ?
Ah ! cet endroit est célèbre et très connu, aussi bien par les habitants de la vieille France, que par ceux de la Nouvelle. C'est la maison de la compagnie des Cent-Associés, formée en 1627, en vue de la colonisation de la contrée, par Armand Jean du Plessis, cardinal-duc de Richelieu, alors ministre de Louis XIII.
La compagnie, jusqu'à l'an 1644, avait le monopole de la traite des fourrures ici; quand elle le céda à la compagnie des Habitants, moyennant
certains droits d'impôts et de réserves, sur le pro-
duit des chasses.
En 1646, il y a six ans, que cette construction sert au culte de la paroisse. Depuis l'incendie de 1640, qui dévors l'église de Notre-Dame de Recouvrance, la chapelle du gouverneur et la résidence des Jésuites, ‘ les offices divins se font dans la maison des Cent-Associés. ©
Les Pères y ont aussi leur logement.
C'est d'ici, que partira la procession.
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Il est huit heures.
La grand'messe commencée à sept heures et demie, sera bientôt chantée.
L'église tendue de ses plus magnifiques parures est remplie de fidèles, sans doute. Entrons.
Le clergé est dans le chœur, avec l'officiant. Monsieur le gouverneur est à son banc, les deux marguilliers: messieurs des Chastelets et Giffard, à le leur, de même que les officiers de la maison de monsieur de Montmagny. Dans la nef, les notables et le peuple.
Et là, tout à l'avant, agenouillées: madame Giffard et ses deux filles nouvellement mariées, accompagriées de leurs jeunes époux, les sieurs de Maure et de ia Ferté. |
Là aussi: monsieur et madame Couillart et les sieurs Abraham Martin et François Marguerie, avec leurs épouses, puis, mademoiselle de Repentigny, puis, Jacques Caulmont, Guillaume Bance, avec Jacques Vianeu.
Au milieu des fidèles, cette dame qui suit l'office, à travers les lentilles carrées de ses bésicles d'argent, dans un livre recouvert de velour grenat et à fermoir de cuivre, c'est dame Bourdon. Le sieur Jean Bourdon, son mari, est en voyage, depuis le 16 du présent mois, avec le Père Jogues; en route tous deux pour le pays des Iroquois, où ils sont allés, en ambassade. Ils ne reviendront à Québec, que le 3 juillet prochain.
Le soldat, un peu à l'arrière, se nomme Antoine Martin dit Montpellier, il est avec sa promise, la fille du sieur Charles Sevestre. Ils doivent se marier bientôt dit-on, à savoir : le 18 du mois de juin qui vient.
Regardez. Celui qui en descendant l'allée de l'église, vient de ramasser un livre, (et ma foi, un beau livre, à couverture de bois de santal ouvré) c'est monsieur Robineau, de la maison du gouverneur. Celle à qui il le tend, c'est madame Marsolet.
… Mille excuses, Madame, est-ce là votre Gerson , ° que vous venez de laisser choir ?
— Oh !... Merci, Monsieur Robineau... merci.
À D og ma PR Rp ae PIS
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Voilà Siméon et La Neigerie, tous deux de Sillery. Si le Père de Quen n'était pas parti pour Tadoussac, il y a une dizaine de jours, il serait avec eux bien sûr. C'est lui qui est le desservant de Sillery. 7
Le sauvage debout près de la porte, et qui récite son chapelet, avec tant de ferveur, c'est plausiblement Arenhouton, Huron baptisé le 23 mai courant, dans la chapelle des Ursulines. Messire l'abbé Chartier, qui est son parrain, lui a donné son nom: René.
— Îte missa est ! fait l'officiant.
La procession va sortir bientôt de l'église.
Devant, sur la place, le frère Liégeois est très occupé, car, il fait fonction de maître des cérémonies. Il va d'un groupe à l'autre, donne des ordres, prépare les rangs.
— Monsieur Guion, vous marcherez à la tête des maçons, et vous Maître Zacharie, en avant des charpentiers... Pardon, Monsieur des Chastelets, avez-vous vu Monsieur le Prieur ?
— Oui Frère, il est dans la sacristie.
— Je vous remercierais de lui mander, que nous comptons beaucoup sur lui et sur Monsieur de Saint-Sauveur, pour le chant aux reposoirs.
A ce moment, un enfant de chœur apparaît sur le seuil élevé de la porte de l'église, d'où il descend par une espèce de passerelle inclinée, qui la relie à la terre, car, il n'y a pas d'escalier. L'enfant vient annoncer au frère Liégeois, que l'officiant est prêt et que l'avant de la procession peut se mettre en marche.
La cloche de la paroisse sonne à toute volée... Dong dong... dong dong... dong dong...
Plaçons-nous à l'angle de la maison des Cent- Associés (l'église) et regardons.
Drelin... drelin... drelin... drelin... drelin...
Ce sont les clochettes, à l'avant du cortège, qui annoncent le départ, et que l'on agitera ainsi en touchant et au moment de quitter chaque reposoir. ?
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Drelin... drelin... font les clochettes,.…. dongdong... dong-dong... chante la cloche de la paroisse. ..
Voici la belle bannière qui flotte au vent et au soleil. Celui qui la tient, a la tête couverte d'une couronne de fleurs. |
Ensuite, c'est la croix, portée par un jeune homme d'une vingtaine d'années, en aube, que retient à la taille, un beau liset.1° Le voyez-vous qui passe, le front appuyé sur le bâton du grand crucifix d'argent? Deux acolytes, enfants, l'escortent, en soutanes, surplis et lisets aussi.
Après eux, voici venir les représentants des métiers du pays, ayant chacun une torche à la main. Ces flambeaux de cire, les frères jésuites les ont fabriqués eux-mêmes de leur industrie et fait tenir la veille, aux porteurs. Ces derniers les ont enjolivés de festons.
Pour la préséance des métiers, quelqu'un ayant demandé lequel irait le premier, on a pensé et dit,
qu'il serait bon que les pères allassent devant les fils, et qu'alors, il revenait aux plus âgés de marcher à la tête. Et tous se sont ralliés à cet avis judicieux. Salomon n'aurait pas mieux statué d'ailleurs.
Mais, celui qui possède la plus belle torche, c'est incontestablement, maître Jean Guion, le maçon, qui est un des aînés et va à l'avant des métiers. Outre les festons, dont il a accommodé son luminaire, il y a apposé un écusson, avec dessus, les armes de son état ; à savoir : un marteau, un compas et une règle. Maître Zacharie Cloutier va de pair avec lui, de la part des charpentiers.. Après, vont les porteurs de torches: des taillandiers, des matelots, des brasseurs et des boulangers...
Adoro te devote, latens Deitas, Quae sub his figuris, vere latitas...
Quatre chantres s'avancent... Monsieur de Saint-Sauveur, chapelain des Hospitalières, vient après les suivant et chante de sa belle voix grave, de même que messire l'abbé Nicolet, prêtre séculier,
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