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Et sur tout cela, domine le fort Saint-Louis, où il y a un corps de logis ou chäteau, lequel se dresse au bord de la falaise escarpée. C'est là, qu'habite le gouverneur et que je hante, moi-même. Le bâtiment n'est pas nouveau, ayant été commencé par le Sieur de Montmagny, vers l'an 1647... Cependant, avec les travaux que Monsieur Île comte y fera entreprendre, tout se trouvera à souhait, espérons-le.
La partie qui constitue le fort proprement dit, est encore de date plus reculée.
Quant à l'établissement des Trois-Rivières, que nous visitâmes en passant, en route pour Ville- Marie, c'est un poste avancé, comprenant un fortin et autour, quantité de maisons, abritant une population déjà appréciable.
Monsieur de Boyvinet qui vient d'y être nommé, cet automne, lieutenant-général, nous en a fait
les honneurs.
Enfin, Ville-Marie porte assez F :n son nom C'est déjà plus qu'ur bourg et presqu'une petite
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ville; avec une population d'à peu près quatorze cents citadins. !!
On y remarque en sus, proéminents: un Hôtel- Dieu, un séminaire de Saint-Sulpice, un couvent de sœurs, dites: de la Congrégation: fondé par une pieuse demoiselle, du nom de Marguerite Bourgeoys, pour l'éducation et l'instruction des jeunes filles. !?
Toutes les censtructions ici, sont fortifiées, pour parer aux surprises des indigènes, et notamment, des Iroquois.
A l'extrémité est de la ville, sur un mamelon de cinquante pieds de hauteur. domine un beau moulin à vent, qui est en mê: * temps une façon de redoute, étant garni de retranchements et de chevaux-de-frises. ! 3
Un peu en de çà, près de la rivière, sous la garde des grandes ailes blanches du moulin, nrie une petite chapelle dédiée à Notre-Dame de Bon-Secours. C'est encore Mademoiselle Bourgeoys qui l'a fait construire. ! 4
Au surplus, on vient de jeter les bases d'une église paroissiale. Les cinq premières pierres crt été posées, l'ultième jour du mois de juin der-
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nier (167:), par : d'abord le gouverneur, Monsieur de Courcelles, auquel Monsieur de Frontenac succède, puis le Sieur de Carion, représentant Monsieur l'intendant empêché, ensuite par Mademoiselle Mance, pour l'Hôpital, et aussi Messire Dollier de Casson, pour le séminaire. ! 5
Les exercices religieux avaient été célébrés aux commencements, dans les chapelles du fort de Notre- Dame, puis, se sont faits et se feront en ces derniers temps, dans l'oratoire de l'Hôtel-Dieu, en attendant que s'élève la nouvelle église.
Au bord du Saint-Laurent, du côté ouest de la ville, est planté le vieux fort, dont on est à demanteler bastions et courtines. Dans cette enceinte, bâtie par Monsieur de Chomedey sieur de Maisonneuve, à son arrivée en 1642, et restaurée ensuite par Monsieur d'Ailleboust, vécurent jusqu'en 1654, les premiers colons envoyés par Messire Olier le fondateur de Saint-Sulpice, le Sieur Jérôme de la Dauversière, le baron de Fancamp et autres personnes de qualité; constituant la comnagnie de Notre-Dame de Montréal.
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Car, à la vérité, les premières habitations extra muros, sauf l'hôpital, ne furent bâties ou habitées, qu'après l'année 1654.!% Ilest vrai d'écrire cependant, que les colons avaient bien auparavant tenté de sortir du fort, où ils étaient enfermés, mais avaient du le réintégrer bien vite, à cause des Iroquois. Et Mademoiselle Mance qui avait essayé d'aller prendre logis dans son Hôtel-Dieu, avait dû faire de même.
Comme à venir à la présente année 1672, il n'y avait point de rues à Ville-Marie, mais que des se *tiers, on a tracé, puis ouvert sur sa terrasse supérie’ «e, une première grande voie qui traverse une partie du bourg, de l'est à l'ouest. On la nomme, rue Notre-Dame. Cette manière de la désigner dira aux âges à venir, l'œuvre et le nom de la compagnie de Notre-Dame de Montréal, qui présida à la fondation et aux jeunes destinées de ce poste. !?
Ici, j'ai eu la bonne fortune de revoir Messire l'abbé de Fénélon, sulpicien, le frère même de mon studieux ami, François de Salignac .!5 Mandez
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à François de ma part, si vous le voyez, qu'il ne se rencontre point en cette contr” de beaux châteaux comme celui de sa noble fi: 11: au Quercv, sur le cours de la Dordogne, mu:s apprenez-lui, qu'en revanche, il faudrait maintes rivièrescomme celle-là, pour remplir le fond de la vallée, où roulent les flots majestueux du plus magnifique fleuve, en cet univers, celui de Saint-Laurent.
Ici, de même, j'ai rencontré pour la première fois, Messire de Casson, le représentant des seigneurs de l'Isle de Montréal, Messieurs de Saint-Sulpice. C'est un ancien capitaine de l'armée du maréchal de Turenne e u demeurant un bon autant que joyeux vivant Il est à écrire une relation des commencements ardus de cette place, qui s'intitulera, je crois: Histoire du Mon-Réal.
Au séminaire réside Messire Pérot, curé de la paroisse. Mais, je ne puis vous nommer tous ceux que j'ai rencontrés en ce séjour. Depuis le Sieur Perrot, neveu de Monsieur l'intendant et gouverneur de l'Isle, (lequel il ne faut pas confondre avec le curé qui porte presque le même nom)) depuis tous les notables, jusqu'aux colons, je vous
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