LES DÉSIRS
ron trois mille cinq cents francs de désirs satisfaits en moins d'un mois ! A ce calcul, il faudrait, pour contenter « un pauvre homme » comme vous, maître Antoine, quarante mille livres de rente, c'est-à-dire moitié plus que je ne possède. Encore ne seriez-vous point heureux; car, depuis k promesse faite pour la toiture de votre ferme, vous avez passé d'un souhait l un autre, toujours aussi inquiet et aussi plaintif. Vous le voyez donc, la richesse ne peut rien pour celui qui ne sait pas hurner sa joie à ce qu'il a. Les anciens parlaient, dans leur fahle, des filles d'un roi qui étaient condamnées, aux enfers, à remplir un tonneau sans fond; voilà précisément ce que vous voulez faire, vieil Antoine. Le bonheur après lequel vous courez vainement depuis votre jeunesse ne se rencontre point où vous croyez; il n'est ni dans la richesse, ni dans la puissance, ni dans rien de ce qui se meut autour de notre vie; Dieu l'a mis plus à notre portée; il Va mis en nous-mêmes !