‹ Au coin du feu (volume 4)Chapitre 1 sur 17 · AD LECTEUR · texte numérisé non relu

AD LECTEUR

mes et des damoiselles ; on y donnait en action ia solution de tous les problèmes de sentimentalité ou de chevalerie alors soulevés; on habituait les esprits, par des exemples imaginaires, à reconnaître ce qu'ils devaient préférer ; on faisait enfln concourir l'élément romanesque à cette éducation domestique des âmes, la seule qui persiste à travers les entraînements de la vie, et constitue l'esprit d'une nation.

De nos jours, où l'imprimerie s'est substituée à la tradition orale et est devenue la véritable institutrice des générations, la presse continue, sous une autre forme et pour d'autres desseins, le rôle des ménestrels du moyen âge ; c'est à elle que la famille demande les récits romanesques qui raccourcissent les heures de loisir. Ces lectures faites sous les tonnelles aux dernières lueurs du soleil couchant, ou au coin du feu pendant les longues soirées d'hiver, sont devenues, en même temps, une habitude et un lien. Grâce à celle nourriture commune, les intelligences grandissent ensemble et acquièrent, pour ainsi dire, le même tempérament. A force de s'associer dans le rêve, on s'accoutume à s'associer dans la réalité.

Kc vous souvient-il plus, mon fils, de ces soirées

Où, l'œil fixé sur vous el nos cliaises serrées, ■

Page 1