CHAPITRE lil
… Le 28 avril, je m’embarquai sur le Stanley, vapeur à roues d'arrière de 30 tonnes, remorquant deux grandes allèges remplies d'hommes. Son équipage se composait de 60 Bangalas et de trois agents blancs.
Les Bangalas, gens très intelligents et rendant de grands services, sont en quelque sorte des kroo-boys de l’intérieur, et sont grandement employés à bord des steamers. Ils disposent leurs cheveux bigarrément, laissant croître à longueur d'un pied une ou plusieurs queues de porc (tresses tirebouchonnantes) et empesant les tresses avec une graisse pour leur donner l'apparence de cornes.
Ils coupent et recoupent aussi la peau depuis la racine du nez vers le haut jusqu’à la chevelure, la cicatrice ainsi formée étant souvent d'un pouce de développement et ressemblant à une crête de coq.
Ils sont à la fois chasseurs, soldats et navigateurs. Lorsque le bateau approche de la rade, dans l'intention d’amarrer, deux ou trois d’entre eux se jettent par-dessus bord, et, cramponnés à la patte de l'ancre, filent le long du fond dans plusieurs brasses d’eau, jusqu’à ce qu'ils
arrivent sur la rive et puissent accrocher l'ancre dans les racines d’un arbre.
Mais ils sont cannibales, et, de ce chef, ils créent constamment des ennuis.
Comme je descendais des Stanley-Falls, reprenant le chemin du retour en Europe, plus de deux ans plus tard, six hommes de l'équipage étaient aux fers à bord du bateau, le capitaine devant les remettre à la justice de Bangala, pour avoir mangé deux des leurs pendant le voyage de montée aux Falls.
Je n’assistai pas aux débats, mais le capitaine me dit que deux des hommes d'équipage étaient tombés malades pendant le voyage vers l'amont et avaient obtenu un ou deux jours de repos. Au jour de ration suivant, ces deux hommes manquaient, et, en faisant des recherches, le capitaine apprit qu'ils étaient morts pendant la nuit et avaient été enterrés au rivage. Ceci, cependant, ne le satisfaisait pas, et, ayant personnellement des soupçons, il visita le bateau et découvrit des quartiers humains fumés dissimulés dans les coffres des six Bangalas qu'il allait en ce moment remettre aux autorités.
Léopoldville, en sa qualité de port principal sur le haut Congo, a constamment un grand nombre de ces Bangalas, allant et venant, et est obligé, en conséquence, de maintenir une garde au cimetière, plusieurs cas d'enlèvement de cadavres ayant été prouvés à leur charge. Cette pratique en arriva, à un moment, à être si invétérée (enracinée, courante), que la peine capitale dut être requise comme seul moyen de la réprimer.
Les Bangalas m'ont eux-mêmes dit, lorsque, au cours de parties de chasse, je leur faisais des remontrances parce qu'ils se bornaient à briser les aïles et les membres du gibier blessé au lieu de le tuer sur-le-champ, qu'il valait mieux laisser l'oiseau languir parce que cela ren-
dait la chair plus tendre. Cela mettait en train la conversation, au cours de laquelle ils expliquaient que, lorsque chez eux ils préparaient une fête, le prisonnier ou l’esclave qui devait être la pièce de résistance avait toujours les bras et les jambes brisés trois jours d'avance, et était placé dans un courant ou une mare d’eau, enfoncé jusqu'au menton, la tête fixée à une perche pour l'empêcher de se suicider, ou peut-être de tomber évanoui et ainsi de se noyer. Le troisième jour, on le retire et on le tue, la chair étant devenue alors tendre. Quoique je ne puisse témoigner de science personnelle de la véracité de ces dires, jé les ai entendus de différents narrateurs à des époques différentes, et il est curieux qu'ils brisaient toujours les pattes et les ailes, ou les bras, selon le cas, des oiseaux et des singes avant de les tuer.
Après quelques considérations étrangères à notre sujet, le docteur Hinde reprend la question du cannibalisme : |
… Ce fut à cette époque que le commissaire du district découvrit qu'un trafic régulier d'hommes se poursuivait; les gens de l’amont, — les Basongos, — qui sont euxmêmes cannibales, ayant accoutumé de vendre des esclaves et des enfants en aval, aux Basongos-Menos, comme provision de bouche.
En conséquence, le commissaire ordonna aux sentinelles surveillant la rivière de capturer, ou de tirer sur tout canot descendant la rivière avec des enfants à bord. En ayant capturé quelques-uns, il réussit à arrêter ce trafic.
Quelques gens appartenant à Pania-Moutombé (le chef desdites tribus d’amont) accompagnaient le commandant dans l'attaque de Gongo-Loutété. L'un d'eux, prenant son poste de factionnaire de nuit et ayant tiré sur un homme, vint rendre compte de ce qu'il avait fait, après avoir envoyé un tiers pour apporter le mort. Lorsque le cadavre
apparut, le factionnaire constata, à son étonnement, qu'il avait tué son propre père.
Il se rendit immédiatement auprès de Dhanis et lui exprima ses regrets d'avoir tué l’auteur de ses jours, et que c'était une dure aventure parce qu'il ne pouvait manger le cadavre. Le commandant lui donna ordre d’enterrer le corps décemment, mais découvrit plus tard que, bien que l'homme ne voulût pas manger lui-même les restes paternels, il les avait remis à ses camarades pour être mangés.
La même semaine, un jeune chef basongo se présentait au commandant pendant qu'il dînait dans sa tente, et lui demanda de lui prêter son couteau, ce que, sans plus réfléchir, le commandant lui accorda. Il disparut immédiatement derrière la tente et coupa la gorge à une concubine esclave lui appartenant; il s’occupait à la cuire, lorsqu'un de nos soldats le vit et signala ce qui se passait. Ce cannibale fut mis aux fers; mais, quelque deux mois plus tard, je le trouvai dans un état si misérable que, craignant de le voir mourir, je le fis mettre en liberté en le mettant sur ses gardes. À peine une quinzaine s'était-elle écoulée, qu'il était ramené par quelques-uns de nos Haoussas, qui rapportèrent qu'il mangeait les enfants dans nos cantonnements et aux environs. L'homme avait un sac suspendu autour du cou, on le visita et on y trouva un bras et une jambe de jeune enfant. Comme trois ou quatre enfants avaient disparu cette quinzaine-là sans qu'il y eût eu de décès parmi eux au camp, ce fut un témoignage considéré comme d'évidence suffisante contre lui, et il fut ligotté et tué, seul remède pour un pareil incorrigible.
Peu de temps après, un groupe de prisonniers de guerre déserta, et, comme nous avions trouvé dans quelle direction ils s'étaient enfuis, nous demandâmes au grand chef
de la région qu'ils nous fussent remis. Il répondit que, à l'exception d'un prisonnier, tous avaient été mangés, et envoya à leur place trente-trois esclaves. Celui qui revint fut reconnu comme étant un petit domestique de mon service qui s'était laissé inciter à fuir par quelques-uns des déserteurs. Par une heureuse chance, cependant, il avait trouvé un ami dans le village, et avait été le seul du groupe qui ne fût pas mangé. Les récits de ce qu'il avait vu en cette occasion étaient vraiment écœurants.
Des prisonniers et des serviteurs m'ont souvent parlé
ainsi : « Nous voudrions de la viande; nous savons que vous n'avez pas assez de chèvres et de poules pour pouvoir nous en céder quelques-unes; mais donnez-nous cet homme (ils désignaïent quelqu'un de leur groupe) : c'est un gaillard paresseux, et vous ne tirerez rien de bon de lui ; ainsi vous pouvez bien nous le donner à manger. » - La question du cannibalisme en Afrique a été très peu discutée; les grands voyageurs, tels que Livingstone, Cameron, Stanley et Wissmann, ont souvent, dans leurs ouvrages, rapporté simplement le fait que les peuples qu'ils avaient rencontrés étaient anthropophages; mais tout détail ou toute constatation des causes afférentes à ces faits ont ordinairement été omis.
Comme ils voyageaient à travers un continent inconnu, accompagnés par une ou des races étrangères, ils n'étaient naturellement pas en contact avec les peuples dont ils traversaient les pays, peuples qui, lorsqu'ils ne sont pas précisément hostiles, se tiennent en un état de neutralité armée. Aussi loin que j'ai pu le découvrir, presque toutes les tribus, dans le bassin du Congo, sont ou ont été cannibales ; et, parmi certaines d’entre elles, la coutume est en voie de s'établir.
Des races qui, jusqu’en ces derniers temps, ne paraissaient pas avoir été cannibales, bien qu'habitant une
région entourée de races anthropophages, ont, par l’accroissement de leurs relations avec leurs voisins, appris à manger de la chair humaine; car depuis l'entrée des Européens dans ce pays, de plus grandes facilités de voyage et une plus grande sécurité pour les voyageurs se sont établies. Autrefois les gens qui s’écartaient de leur propre entourage, jusque dans les tribus environnantes, étaient tués et mangés....
Notice sur les sociétés belges établies au Congo,
Par MM. Fucbs, De Decker et C»°, agents de change à Anvers. (Novembre 1897.)
Au 30 novembre 1897, les sociétés belges congolaises étaient les suivantes :
A. Les Bruxelloises, c'est-à-dire celles dont le siège est à Bruxelles :
4. La Compagnie du Congo pour le commerce et l'industrie, fondée le 27 décembre 1886, capital 1 227 000 francs.
2. La Compagnie des Magasins généraux du Congo, fondée le 20 octobre 1888, capital : 1 200 000 francs.
3. La Société anonyme belge pour le commerce du Haut-Congo, fondée le 18 décembre 1888, capital 5 050 000 francs.
4. La Compagnie du Chemin de fer du Congo, fondée le 31 juillet 1889, capital : 30 000 000 de francs.
5. La Compagnie des Produits du Congo, fondée le 29 novembre 1889, capital : 1 200 000.
6. La Compagnie du Katanga, fondée le 15 avril 1891, capital : 3 000 000 de francs, dont 810 350 francs à verser.
7. La Société des Produits du Haut-Kassaï, fondée le 26 mai 1894, dissoute et reconstituée le 28 octobre 1895, capital : 1 000 000 de francs.
De plus existe le Syndicat commercial du Katanga, au capital de 1 000 000 de francs, dont 800 000 francs ont été fournis par la Compagnie du Haut-Congo et 600 000 francs par la Compagnie du Katanga.
Toutes ces sociétés ont entre elles des rapports d’affaires suivis, le major Thys est administrateur de toutes ces sociétés, M. J. Urban est administrateur dans quatre et M. Brugmann dans trois.
B. Les Anversoises, c'est-à-dire les sociétés dont le siège social est à Anvers sont :
L'Anglo-Belgian-India Rubber Company.
Le Comptoir commercial congolais.
. La Société anversoise du commerce au Congo.
Nous commencerons donc notre étude par la doyenne, la .
Compagnie du Congo pour le commerce et l’industrie.
Celle-ci a pour objet : 4° L'étude, la construction et l'exploitation de tous chemins de fer ou autres voies de communication terrestre dans l’État indépendant du Congo et dans les territoires avoisinants; la société poursuivra spécialement l'étude, la construction et l'exploitation d'un chemin de fer reliant le bas Congo à Stanley- Pool.
20 L'étude et l'amélioration de la navigation du Congo et de ses affluents, la création et exploitation de services de navigation maritime ou fluviale, ports, entrepôts, etc.
3° Toutes opérations d'industrie et de travaux publics, de commerce et de finance dans l'État indépendant du Congo et dans les territoires avoisinants. La société pourra accessoirement faire toutes opérations utiles ou nécessaires à son projet.
Gette société ayant constaté la difficulté, dès le début, de réaliser elle-même son programme, a cédé certains de
ses droits et aidé à constituer des sociétés filiales dans lesquelles elle reste intéressée : la Compagnie du Congo pour le commerce el l’industrie est donc devenue un trust plutôt qu'une compagnie commerciale proprement dite.
Les résultats ont été les suivants :
1888. — 5 0/0 de dividende sur le capital versé de 612700 francs.
1889. — 15 0/0 de dividende, plus 25 0/0 en libération des actions, soit en tout 40 0/0; cet exercice laisse cet énorme bénéfice par suite de la cession des études pour la construction à la Compagnie du chemin de fer du Congo.
1890. — 15 0/0, soit 5 0/0 en dividende et 10 0/0 en libération d'actions.
1891. — 12 1/2 0/0, soit 5 0/0 en dividende et 7 0/0 en libération d'actions. (Cours à la bourse le 31 décembre 1891 : 1 400 francs.)
1892. — Bénéfice : 42 854 fr. 214, dont 40000 furent portés au compte « prévisions » et 2 834 fr. 31 reportés à nouveau. (Cours le 31 décembre 1892 : 675 francs.)
1893. — Le bénéfice fut de : 386 624 fr. 85, on distribua 5 0/0 de dividende : 92025 francs — furent affectés à libérer les titres des 37 fr. 50 restant à verser et 210 000 francs furent portés à la réserve. (Cours le 31 décembre 1893 : 855 francs.)
1894. — Le bénéfice a été de 11 330 fr. 31 ; rien ne fut, évidemment, distribué (le cours au 31 décembre 1894 était, à la bourse, 625 francs). |
1895. — Perte : 21 818 fr. 79 (cours fin 1895 : 400 francs).
1896. — Perte : 40 486 20 francs (cours fin 1896 : 525).
En 189,6, le Conseil de la société, comme celui de toutes les sociétés congolaises du reste, faisait prévoir la fin de la période fâcheuse et 1897 aura probablement réouvert l’ère des dividendes; le bilan n'étant commu-
niqué aux actionnaires. que fin décembre, nous ne pouvons naturellement parler de l'exercice clos le 30 juin dernier.
- Le cours de ce titre était 850 francs (au 30 novembre 1897).
Le dernier exercice a permis la distribution d'un dividende de 5 0/0 et le cours actuel est 2 450 francs.
Compagnie des Magasins généraux du Congo.
OBJET : 1° La constitution d'hôtels avec dépendances à Boma ou autres localités de l’État. — 2 L'établissement de magasins
généraux. — 3° L'exploitation de tramways, enfin toutes opérations similaires.
Cette compagnie a été créée au capital de 600 000 francs, porté en 1889 à 1 200 000 francs.
La société est aussi « commissionnaire expéditeur » pour les différentes entreprises congolaises.
Un hôtel fut construit à Boma par la compagnie, cette dernière en céda momentanément l'exploitation à un gérant, depuis elle a de nouveau exploité elle-même.
Les immeubles de la société, ne couvrant pas les frais d'exploitation, furent vendus : l’hôtel de Matadi à la compagnie du chemin de fer, les immeubles de Boma à l'État; avec le produit de ces ventes la société compte réorganiser ses services. Depuis la fondation aucun dividende n'a été distribué, la perte au dernier bilan s'élevait À 254 984 fr. 95. En 1897. Cours au 2 avril 1899 : 4 775 fr.
Cette société fait aussi le service de banque qui n’est pas très important pour le moment.
Société anonyme belge pour le commerce du Haut-Congo.
Cette société, constituée le 10 décembre 1888, a augmenté son capital primitif de 4 200 000 francs à 3 000 000, le 30 janvier 1890, et à 5 050 000 le 16 avril 1892.
Cette société a eu énormément à souffrir de la guerre anti-esclavagiste, durant laquelle l'État Indépendant a réquisitionné toute sa flottille, d'où arrêt quasi complet durant deux années dans l'envoi des produits du Haut- Congo. Pendant cette époque les agents ont ralenti led transactions faute de pouvoir expédier la marchandise et les frais généraux ont continué à courir. Plus tard, durant la construction du chemin de fer du Congo, les expéditions de marchandises de la société furent de nouveau arrêtées, parce que l'État Indépendant monopolisa pour ses propres transports et pour ceux de certaines sociétés favorisées par ses fonctionnaires tous les porteurs disponibles dans la région des rapides. Ces inconvénients tombent d'eux-mêmes avec l'achèvement du chemin de fer et nous ne doutons pas que les expéditions de la société n'augmentent de plus en plus et ne dépassent même, à Ce point de vue, ses concurrents; l'avancement du chemin de fer amène déjà en partie ce résultat. Avec l'achèvement du chemin de fer, cette société entrera dans une ère nouvelle.
Notons en passant que la dernière augmentation de capital de la société était justifiée par l'acquisition du matériel naval et des établissements que la maison française Daumas et Cie avait dans le Haut-Congo et dans la région des cataractes (Congo français).
Cette société a donc eu sa période de tâtonnements, durant laquelle elle se vit forcée de supprimer nombre de factoreries établies à la légère dans des centres peu producteurs.
Les résultats depuis sa constitution furent les suivants :
1889. — La société distribua 30 francs aux actions privilégiées et 30 francs aux actions ordinaires,
4890. — Le bénéfice commercial fut de 326 372 fr. 53, püis un bénéfice de 360000 francs sur l’émission des
titres nouveaux. Dividendes distribués : 30 francs aux actions privilégiées et 10 francs aux actions ordinaires.
1891. — Le bénéfice fut de 326 344 fr. 50, dividendes distribués : 30 francs aux actions privilégiées et 10 francs aux actions ordinaires.
1892. — Le bénéfice fut de 703 830 fr. 68, comprenant 280 000 francs, bénéfice sur émission des actions nouvelles. |
1893. — Le bénéfice fut de 310502 fr. 50, qu'on affecta à une réserve spéciale.
1894. — Cetexercice accuse une perte de 140 000 francs. Cette perte est due en grande partie au fait que l’exploitation du domaine par les agents de l'État continue au détriment des sociétés particulières.
1895. — Le 31 décembre de cette année, le bilan soldait en bénéfice par 204 000 francs environ, 50 000 francs furent portés en amortissement sur le compte mulériel fluvial et le solde a été affecté à divers amortissements. Ce changement de situation était dû à ce fait que faute d'appui de l'État pour ses porteurs et à cause de la campagne contre les Arabes, la société d'un côté ne pouvait transporter à la côte ses produits se trouvant au Pool, d'un autre côté, la compagnie n'était même pas en état de se servir de ses bateaux, pour transporter ses marchandises. Cette situation extraordinaire aurait pu amener la chute de la société, ce qui aurait fait un tort immense à l'esprit d'entreprise des commerçants et rentiers belges concernant les affaires à constituer dans l'État Indépendant. L'État prit alors en location six des steamers de la société pour un loyer annuel de 350 000 francs, avec cette restriction que, si les bénéfices de la société atteignaient ce montant, aucun loyer ne serait dû; l’État par contre se chargea du transport du personnel et des marchandises de la société au prix du tarif en vigueur avec garantie
d'un minimum :de 12 000 charges par an à la montée, et de 400 tonnes de produits à la descente. L'État, de plus, s'engageait à faciliter les affaires de la société et lui donna des concessions élablissant un véritable monopole commercial dans la plus grande partie du bassin du Kassai, sur la rive de l’'Ubangi, la presque totalité. des rives du Congo moyen, en aval des. Falls, dans les bassins de 1a Lulonga, de la Bussira, du Momboyo et du bas Lomami.
L'État avisa la société que les transports à la.montée se fissent d’une façon régulière et qu'à la descente, on lui donnerait les hommes nécessaires pour transporter 30 ou 50 tonnes par mois. Ce dernier chiffre était toujours dépassé par les sociétés rivales, ayant des protections toutes spéciales; actuellement, plus le chemin de fer se rapproche du Pool et plus la quantité des marchandises de la société du Haut-Congo s'approche et même dépasse celle des concurrents.
Depuis lors la situation s’est améliorée dans des proportions colossales, la société qui devait emprunter chez ses banquicrs pour faire son mouvement d’affaires ordinaires (le 31 décembre1896, elle leur devait plus d'un million et le 42 octobre de cette année elle avait en banque 310 000 francs), a des capitaux en abondance grâce à la rentrée abondante de ses produits africains, la faveur dont les autres sociétés jouissent devenant moins utile au fur et à mesure de l'avancement du chemin de fer. Cette augmentation de capital roulant permettra à la société de mettre en valeur, sans les céder à des tiers, ses immenses concessions et l'avenir s'annonce sous un aspect des plus riants pour l'actionnaire. Actuellement la société importe mensuellement 50 tonnes environ de caoutchouc.
Au 31 décembre de.ces dernières années on cotait :
48sol4801 4802/1898 | 1804/1805 |1806|4807| 41808
Actions privilégiées. | 450 | 462 | 425 | 404 |:300 | 220 | 400 | 500 | 500
— ordinaires, , | 450 | 422 | 247 | 480 | 220 | 99 | 180 | 650 | 1200 a plus haut
C'est le caoutchouc qui est appelé incontestablement à produire la grande part des bénéfices. L'augmentation du commerce du caoutchouc est surtout intéressante. Ce n'est pas, comme l'ivoire, un produit appelé à disparaître. On n'a pas à craindre davantage qu'une augmentation dans les importations en Europe amène, comme cela à été le cas pour l'ivoire, une flexion sensible des prix de vente. Le caoutchouc constitue un des grands besoins de l'industrie du monde. Le tableau ci-après montre l’augmentation constante des importations. D'autre part les usages de ce produit se multiplient, on le sait, dans des proportions toujours plus grandes que l'augmentation dela production : les applications de plus en plus nombreuses de l'électricité les développent sans cesse davantage.
Le caoutchouc est une des principales richesses naturelles du bassin du Congo. Presque partout les rives du fleuve et de ses principaux tributaires sont couvertes de forêts, où se trouvent en abondance les végétaux, dont la sève fournit le caoutchouc.
Jusqu'à la fin de 4893, la Société du Haut-Congo s'était bornée à se procurer le caoutchouc par voie d'achat aux indigènes, mais depuis le milieu de la même année, elle a organisé en plus des centres d'exploitation en régie, qui ont donné des résultats bien plus importants et fructueux.
Une fois le chemin de fer terminé, la société importera la gomme copale et le cubèbe; ce qu’elle ne peut faire dans les conditions actuelles de transport dans la région des cataractes.
Quant au café, des instructions précises ont été données, en 1893, à la direction en Afrique pour développer les cultures autour du plus grand nombre d’établissements possible, de façon à être prêt pour l'exploitation sur une vaste échelle, dès l'achèvement du chemin de fér. On a procédé de même pour le cacao, le tabac et les bois.
Bénéfices bruts de 1897 : 1 797 438 fr. 15, soit comme bénéfices nets : 316 000 francs, permettant la distribution de 30 francs aux actions privilégiées. Cours au 2 avril 1899 pour les actions ordinaires : 4 950 fr.
Mouvement du marché de l’article « caoutchouc » à Anvers.
. Kilos. | Kilos. | Kilos. | Kilos. | Kilos.
Kilos. ! Kilos. Kilos.
Importations.
environ 62.9651167.1961274.5801531.074| 1.115.875 1-800-000
Tentes.
Stocks au 31 décembre.
Chemin de fer du Congo.
La région des cataractes a été, jusqu'ici, un obstacle considérable à l'expansion économique des territoires du Haut-Congo et, partant, au développement moral de leurs populations.
Les pays qu'arrose le grand fleuve africain dans son cours supérieur, sont riches et fertiles, habités par des races confiantes, industrieuses, intelligentes et portées naturellement à se livrer au commerce. Les deux rives du Congo sont, semble-t-il, également favorisées à ce double point de vue.
La colonie du Congo français, de même que les territoires de l'État Indépendant, n'attend pour se développer au point de vue commercial qu’à être mise en relation avec l'océan et, par conséquent, avec l’Europe, par un chemin de fer.
D'ici à quelques mois et sans préjuger en rien des autres voies de communication qui pourraient être créées dans l'avenir, le chemin de fer de Matadi au Stanley-Pool remplira ce rôle utile.
Cette question des transports est très importante, attendu que jusqu'ici grand nombre de produits, ne pouvant supporter les frais de portage à dos d'homme, pourront être transportés dans les mêmes conditions que les articles de grande valeur. De plus les marchandises trop lourdes ou trop volumineuses pour user du mode de portage à dos d'homme, pourront passer la région des rapides grâce au chemin de fer.
La société du chemin de fer du Congo (constituée le 21 juillet 4889) était originairement au capital de 25 millions, en 20 000 actions de capital et 30 000 actions ordinaires de 500 francs chacune. Il existe de plus 4 800 parts de fondateur.
Une convention provisoire, conclue le 28 mai 1894 et modifiée par acte du 27 mai 1896, stipule ce qui suit :
L'État belge souscrit 4 000 actions de capital et 6000 actions ordinaires nouvelles à 500 francs; il garantit, en outre, l'intérêt et l'amortissement de 10 millions de francs d'obligations 3 0/0 à émettre, remboursables en soixante-six ans. Le produit des 5 millions en actions servira à rembourser les avances faites à la compagnie, en vertu de la loi du 29 juin 1895. Le produit des obligations servira, à concurrence de 5 millions, à rembourser le solde de l'emprunt hypothécaire de 10 millions, contracté par la compagnie et à concurrence de 5 millions à la continuation des travaux.
De plus un emprunt hypothécaire de 20 millions a été contracté en novembre 1896. La situation du capital est donc la suivante :
1° — 12 000 000 (soit 24 000 actions de capital souscrites par le gouvernement belge et touchant un dividende non privilégié et fixe de 3 1/2 0/0).
2° — 418000 000 (soit 36000 actions ordinaires de 500 francs). — En outre :
3° — 10000 000 (Emprunt à 3 0/0 contracté avec la caisse d'épargne). |
&° — 20 000 000 (Obligations 4 1/2 0/0).
La société a de plus le droit d'émettre au même rang hypothécaire 5 000 000 (droit dont elle a usé).
D'après la convention avec l’État Indépendant, la société possède :
ART. 2. — 1° L'usage de tous les terrains nécessaires pour l'établissement de la voie et de ses dépendances, y compris les quais d'embarquement et de débarquement aux deux points terminus du chemin de fer; ces terrains seront au besoin expropriés par l'État et à son compte, pour être remis sans frais à la compagnie.
2° L'entière propriété, sauf les réserves indiquées à l’article 3, de toutes les terres, dont la compagnie voudra prendre possession au fur et à mesure de la construction de la ligne, dans une zone de 200 mètres de profondeur de chaque côté de la voie ferrée.
3° L’entière propriété de 1 500 hectares de terre pour chaque kilomètre de voie ferrée construit et livré à l'exploitation. Ces terres pourront être choisies par la compagnie, en un ou plusieurs blocs, dans n'importe quelle partie du territoire de l’État, sous les réserves indiquées à l’article 3. (La compagnie a fait choix de ces terres, qu’elle a données à bail à la société du Haut- Congo.)
Au cours de la construction, la compagnie pourra faire ce choix, entrer en possession provisoire des terres choisies et les exploiter au mieux de ses intérêts; elle entrera en possession définitive à mesure de la mise en exploitation des diverses sections de la ligne. Elle devra avoir choisi toutes les terres qui lui sont concédées, dans les cinq ans qui suivront l'achèvement total du chemin de fer. |
Les terres qui seront affectées à l'installation de la ligne ferrée et de ses dépendances seront exemptes, pendant toute la durée de la concession, de toute taxe ou impôt foncier. Les autres terres cédées à la compagnie seront à tous égards placées sous le même régime et soumises aux mêmes dispositions légales que les terres appartenant à des particuliers et à des compagnies.
ART. 3. — 1l est entendu que les terres, mentionnées aux litt. B et C de l’article 2, devront être prises parmi les terres vacantes, appartenant à l'État et non occupées par les indigènes, et que les droits de location ou autres qui existeront au moment où la compagnie fera son choix devront être respectés. .
‘ Le gouvernement pourra exiger que le long du Congo
et de ses affluents navigables, chaque bloc de terrain choisi par la compagnie n’ait pas plus de 2 000 mètres de rive et reste séparé d’un autre bloc concédé à la compagnie par une longueur de rive de 2000 mètres.
Le gouvernement se réserve d'ailleurs les emplacements qu'il jugera nécessaires pour les besoins de l'administration, de même que ceux qu'il jugerait devoir être affectés immédiatement ou par la suite à des travaux d'utilité publique autres que ceux du chemin de fer et de ses dépendances. Il indiquera ces terres au moment où la compagnie fera son choix.
ART. 31. — A toute époque, l'État aura le droit de racheter la concession.
Pour régler le prix d'achat, on fera le relevé des produits nets et annuels obtenus par la société concessionnaire pendant les sept dernières années qui auront précédé celle où le rachat sera effectué; on en déduira les produits nets des deux plus faibles années; le produit moyen des cinq années restantes ou le produit net de la dernière des sept années pris pour base, s’il est supérieur à ce produit moyen, sera le montant des annuités dues à la compagnie pendant le nombre d'années restant à courir jusqu'à l'expiration de la concession ; les annuités seront capitalisées au taux de 3 1/2 0/0 et le capital sera payé à la compagnie avant la prise de possession du chemin de fer.
ART. 32. — Si le rachat a lieu avant les vingt-cinq ans d'exploitation, la somme à payer à la compagnie sera au minimum le capital dépensé pour la construction et l'outillage de la ligne, augmenté de 30 0/0 de prime; toutefois cette prime portera uniquement sur le montant de 30 millions du capital-actions, les autres capitaux étant, le cas échéant, acquittés au pair de remboursement.
‘ ART. 33. — Le gouvernement donnera éventuellement, un an d'avance, connaissance à la compagnie de son intention de racheter la ligne.
Dans les cas de rachat prévus aux articles 30 et 31 ci-dessus, le matériel d'exploitation sera repris à dire d'experts. Le paiement des capitaux sera fait en Belgique en monnaie ayant cours légal. Les concessions de terre restent acquises à la compagnie. | © En dehors des conditions des rachats primitifs, l'État belge aura le droit de racheter la concession pendant la construction ou pendant les cinq premières années d'exploitation, à condition de reprendre les charges de la compagnie et de rembourser toutes lesactionsà500 francs. — Ce prix de 500 francs, pour les actions ordinaires, sera réduit de 2 fr. 50 par chaque mois de retard, si la ligne n'est pas achevée au 1°" février 1900 (ce qui ne sera pas le cas suivant toutes les prévisions); et il sera augmenté de 2 fr. 50 par chaque mois d’avance sur cette date. Si le rachat a lieu avant le 4er février 1900, l'avance ou le retard seront établis sur la base d'une progression normale de 5 kilomètres par mois. |
Si, à la déclaration du rachat, la recette brute moyenne dépasse 12 000 francs, par an kilomètre, on capitalisera cet excédent à 3 1/2 0/0, sur la base du nombre de kilomètres exploités et du nombre d'années de concession restant à courir, et la compagnie recevra, en outre, 25 0/0 de cette capitalisation.
Tableau des recettes des parties exploitées de la ligne :
Septembre . 205.741,60 Octobre..... eos . . 210.529 Novembre.....,......... 184.982 Décembre...............| 50.042,30 | 161.177
On voit que la progression des recettes est considérable, et que les revenus sont suffisants pour faire face au service des obligations et même rémunérer le capital-actions.
Bientôt donc l'exploitation complète de la ligne justifiera le ferme espoir, que nous avons toujours eu, que les capitaux engagés dans cette superbe entreprise seront largement rémunérés. Honneur à ceux qui ont fourni les capitaux nécessaires à sa mise en œuvre et dont l’achèvement doit définitivement ouvrir un continent à la civilisation et au commerce belge. Cours au 2 avril 1899. Act. ord. : 4 685 fr.
Compagnie des Produits du Congo.
Cette société, constituée le 29 novembre 1889, au capital de 300 000 francs, porté ensuite à 1 200 000 francs en février 1890, a pour objet de faire le commerce de tous les produits industriels, agricoles et miniers du Congo.
En mars 1890, la société reprit à M. Ad. De Roubaix et à un groupe de ses amis, les immeubles, machines, bes-
tiaux, plantations et approvisionnements que. le société de Matéba avait dans l'île de Matéba. .
. Actuellement, les opérations de la compagnie se bornent à l'élevage du bétail, à la fabrication de l'huile de palme et au commerce de noix palmistes et du piassäva.
En 1893, les bénéfices ne sont que de 6 512 francs, une épidémie ayant sévi parmi le bétail.
En 1894, le bénéfice de 19 448 francs est à la réserve.
: En 1895, le bénéfice a été de 47 926 fr. 84.
En 1896, l’huilerie a laissé de la perte par défaut de travailleurs, les résultats de l'élevage du cheval restaient problématiques; seul l'élevage du bétail est appelé à donner des résultats dans l'avenir.
: Au 31 décembre 1896, le bénéfice total s'élevait à 91 000 francs, dont 67000 francs furent appliqués au compte amortissement et 24 000 francs reportés à nouveau. Derniers cours d'avril 1899 : 540 fr.
Compagnie du Katanga.
C'est la seule société congolaise qui a donné jusqu'ici
un résultat quasi négatif.
Elle fut constituée en avril 1894, et avait pour objet toutes opérations d'industrie, de travaux publics et particuliers, de commerce, d'agriculture, de mines et de finance dans la région formant le bassin du Haut-Congo, en amont de Riba-Riba et dans les territoires avoisinants.
Lors de la constitution de cette société, ces contrées n'avaient été visitées que par quelques voyageurs : Cameron, Richard, Capello, Ivens et Artot.
La société dépensa beaucoup à organiser diverses expéditions d'exploration, celles dirigées par Bia, Stairs, Delcommune et finalement l'expédition Hodister, qui coûta 450 000 francs à la société du Haut Congo et 250 000 francs à la compagnie du Katanga. Il faut remarquer qu'à l'effet
d'organiser cette dernière expédition et d'en tirer profit en cas de réussite, ces deux sociétés avaient formé un syndicat commercial au capital d’un million (600 000 francs fournis par la compagnie du Katanga et 400000 francs par la société du Haut-Congo).
Les opérations commerciales de la société furent donc paralysées jusqu'à la pacification complète des territoires concédés.
En 1896, et suivant convention avec l’État Indépendant, la société échangea une partie de ses concessions contre des terrains de superficie égale sur les rives du Lomami, entre son confluent et Bena-Kamba ; ce n’est que depuis lors que la société a pu reprendre ses opérations.
Au bilan de 1895, le poste : « Apports et expéditions » s'élève à la somme importante de 1 537 230 fr. 35, sans y comprendre la participation du syndicat, qui représente 600 000 francs. — Au bilan de l’année suivante, ce poste est confondu avec Îles frais de premier établissement et se monte à 1 540 376 fr. 78, ce qui permet à la société de ne déclarer qu'une perte apparente de 26 840 francs.
Évidemment les résultats sont loin d’être brillants pour un capital versé de 2 189 650 francs. |
Cette société vient de denner à bail la meilleure partie de sa concession sur le Lomami, à une nouvelle société pour une durée de trente ans t,
Produits végétaux du Haut-Kassal.
Cette société, constituée originairement le 26 maï 1894, a été dissoute le 28 octobre 1895.
OBJET : culture et exploitation des produits végétaux
1. Les actions ordinaires de la compagnie du Katanga atteignaient, fin février, 532 fr. Les privilégiées étaient cotées 950.
du Congo, tels que café, cacao et autres, toutes les opérations commerciales et industrielles, transformations des produits agricoles en produits manufacturés.
Le capital est de 1 000 000 de francs.
Dans la société primitive, M. Ern. Martin faisait apport de ses connaissances spéciales et de son industrie de planteur, qu'il avait exercée trois ans au Congo. A la reconstitution, le liquidateur faisait apport de toutes les propriétés, plantations, options d'achat et concessions, de tous les établissements fondés, de toutes les marchandises et du matériel et ce, contre 17 967 actions de capital et 17 967 actions de dividende. Le solde des actions (2 033) fut souscrit par trois personnes.
Cette société possède :
4° Trois comptoirs : Matadi, Tumba, Leopoldville.
29 Des domaines ou plantations à N’Galli-Koko (100 009 plants de caféiers), à Bena-Makima et à Luebo.
Elle établit de plus de nouveaux postes pour l’achat et la récolte du caoutchouc.
Le premier exercice 1895-96 a donné 123 007 fr. 45 de bénéfices nets. |
Le second exercice 1896-97 a donné un bénéfice brut de 629 462 fr. 53 et net de 263 120 francs.
Sociétés congolaises (dites anversoises),
Ces sociétés sont toutes administrés par des négociants et, par le fait, d'une façon plus commerciale et plus économique. De plus, pour la vente de leurs produits, elles n'ont pas à s'adresser à des agents, et traitent directement pour leur vente, ce qui est un grand avantage.
Depuis le 1°" janvier 1898, on a introduit ces titres sur le marché d'Anvers et l’importance des importations de
ces sociétés leur a valu des cours très élevés.
Anglo-Belgian-India Rubber and Exploration Company.
Cette société, constituée sur l'initiative de feu le colonel North (qui d'ailleurs souscrivit 1 840-actions sur 2 000), a pour objet l'exploitation et la vente des produits naturels du Congo et toutes les opérations tendant à la réalisation la plus avantageuse. des marchandises soit à l’état brut, soit après préparation.
Elle pourra à cet éffet établir des usines et des établissements comme aussi des sièges d'opérations et des comptoirs, tant au Congo qu’en Europe.
Le capital est d’un million, dont 200 000 francs versés, qui est déjà remboursé à l'heure actuelle.
Nous croyons savoir que la société possède des concessions sur les rives du Lopori et du Maringa, affluents du Congo.
Ces concessions situées dans les régions au nord de l'Équateur sont considérées comme très bonnes, en effet une des meilleures qualités du caoutchouc est précisément le « Lopori ».
Bénéfices au 31 juillet 1895 : 158331 fr.
— audi — 1896: 737994 — 65 — au 31 — 1897 : 1500000 —
Les importations mensuelles sont de 50 à 60 tonnes cette année (soit environ 60 000 kilos par an, sur lesquels il y a un bénéfice de 6 francs au kilo (cours actuel : 13 200 francs).
Comptoir commercial congolais.
Cette société, dans laquelle sont intéressés assez bien d'actionnaires de l’Anglo-Belgian-India Rubber Exploration Cv, a le même objet que cette société.
Le capital est de 500 000 francs, dont 50 000 francs versés.
La société possède des concessions sur les rives du Wanba, affluent du Congo. Ces concessions ont le grand avantage d’être assez rapprochées du terminus du chemin de fer, ce qui fait que c'est la société qui, croyons-nous, aura le moins de frais de transports pour ses marchandises. Mais son caoutchouc (d'herbes) est de médiocre qualité.
Cette société possédait, en principe, des concessions sur le lac Léopold II, qu'elle a échangées contre celles des rives du Wanba. Elle traverse encore la période d’installation, et promet de donner d'aussi brillants résultats que l’Anglo-Belgian-India Rubber Exploration Company.
Bénéfices au 31 juillet 1896 : 237 058 fr. 72.
Cours actuel des actions de jouissance : 2 950 francs.
Société anversoise du commerce au Congo.
Cette société, constituée au mois d'août 1892, a pour but de faire dans les limites les plus étendues toutes opérations commerciales d'importation et d'exportation, d'exploitations industrielles, minières, forestières, agricoles et autres dans le territoire de l'État.
Le capital primitif de 400 000 francs doit avoir été porté à 4 700 000 francs, mais non entièrement versés.
Bénéfices au 31 décembre 1895 : 120 401 fr. 40 — au 31 — 1896 : 120677 —- 92
Depuis le 4 janvier cette société a passé en partie en d’autres mains, quoique les gros intéressés soient restés les mêmes; elle a développé considérablement ses affaires et c'est réellement le premier exercice sérieux qui s'écoule. De 24 agents qu'elle avait en Afrique, elle en a porté le
nombre à 50. Elle importe déjà mensuellement de 40 à 50 tonnes et compte arriver à 80 tonnes non compressées ou 55 pressées, dont la qualité est supérieure.
Cours actuel, fin février, 11 710 fr.
Outre les sociétés qui précèdent et qui ont déjà donné des résultats, nous avons encore 14 fermes et compagnies, qui sont déjà occupées à la mise en valeur de la colonie, mais qui n'ont encore pu donner de résultats, ayant été seulement fondées depuis le 1er janvier 1898.
Voici les noms de ces sociétés :
Mess. L. et W. Van de Velde;
La Société équatoriale congolaise ;
L'Équatoriale ;
Société d'Agriculture et Plantations au Congo;
La Compagnie du Lomami ;
La Belgika ;
M. Lacouwrt et Cie;
La Kasaïenne;
La Congolia ;
La Société générale Sud-Africaine ;
La Compagnie générale coloniale (trust);
La Cécaï;
La Compagnie de la Djuma;
La Centrale africaine.
Caoutchouc.
Revue annuelle par le courtier Émile Grisar, d'Anvers. Les importations se sont élevées pendant l’année sous revue (1898) à env. :
4.734.305" de l'État Indép. du Congo contre 1.557.861" en 1897
280.286* d’autres provenances — 121.293 — 2.014.591" 1.679.154"
L'article caoutchouc continue à prendre sur notre marché un développement régulier.
Bien que les quantités importées du Congo en 1898 soient déjà importantes, il est permis d'escompter pour l'avenir des arrivages bien supérieurs.
L'ouverture de la ligne du chemin de fer a certes facilité les moyens de communication entre la côte et Léopoldville, maïs à partir de ce point, le transport sur le haut fleuve rencontre encore certaines difficultés, à cause du manque de vapeurs. Grâce à l'initiative de l’État Indépendant du Congo, la flottille se trouvera, dans un avenir très prochain, en mesure de satisfaire à toutes les exigences; avant six mois, elle sera susceptible de transporter 14 000 tonnes de marchandises lourdes tant à la montée qu’à la descente.
Quant à la qualité des caoutchoucs de l’État Indépendant du Congo nous constatons un progrès sérieux dans l'importante question de la coagulation, dont dépend presque exclusivement la qualité du produit obtenu; nous
avons en eftet reçu un grand nombre de lots parfaitement coagulés et très bien conditionnés. Avant d'empaqueter le caoutchouc, il serait désirable de le sécher à fond, afin de ne pas grever la marchandise d'une perte de poids souvent considérable à son arrivée en Europe et de payer inutilement des frais de transport et autres portant sur des matières volatiles.
En effet, l'expérience a démontré qu’au point de vue de la qualité les meilleurs lots sont ceux qui arrivent en boules, lanières ou morceaux de petit volume; aussi recommandons-nous aux producteurs de sectionner le plus possible les parties qui ne se trouveraient pas dans ces conditions afin d’atténuer par la dessiccation l’action nuisible des ferments.
Dans cet ordre d'idées, il importe également de coaguler le latex au moment même de sa récolte, car son exposition même temporaire à l'air provoque une fermentation qu'il n’est plus possible d'enrayer et qui diminue notablement la valeur de la gomme.
Les meilleurs résultats, au point de vue de la coagulation, sont toujours obtenus au moyen du jus de la « Bosanga »; par ce procédé, on obtient un produit absolument sain et très homogène, fort apprécié des acheteurs.
En fait de nouvelles espèces importées du Congo, nous remarquons le produit obtenu par la coagulation du latex de l’arbre à caoutchouc « Ireh », riche en latex et qui est très répandu dans les forêts du Haut-Congo. C’est dans la « Mongala » qu’on a réussi d'abord à en coaguler le latex au moyen de l’ébullition; convenablement séché, ce produit est de belle qualité.
En dehors des espèces congolaises, notre marché a reçu un grand nombre d'autres sortes, qui toutes ont trouvé constamment un débouché aussi facile que rémunérateur.
Parmi ces espèces, nous remarquons :
AFRIQUE : Côte d'Or, Accra, Lagos, Soudan, Gambie, Cameron, Gabon, Loanda, Benguela, Madagascar et Mozambique.
BRÉSIL et AMÉRIQUE CENTRALE : Para, Rio, Bahia, Santos, Mollendo, Pérou, Bolivie et Venezuela.
INDES HOLLANDAISES : Java, Bornéo et Sumatra.
Grâce aux besoins toujours croissants de la consommation, les renforts ont régulièrement été absorbés au fur et à mesure de leur mise au marché. Malgré la hausse notable constatée en 1897, et qui s'élevait à environ 48 0/0, les prix n'ont cessé de progresser dès le début de l'année sous revue. Le point culminant a été atteint au mois d'août. Depuis lors, les prix ont légèrement fléchi, mais dans l'ensemble nos cours dépassent encore ceux de fin 1897, de 18 3/10 0/0 en moyenne, ainsi qu’il ressort du tableau ci-après :
ex is ex | mavsse sspèces vécewnne| 1983 [oécemnnx| 1x 1897 1898 |1897/1808
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Pour nous résumer, nous constatons, comme l'année dernière, que les produits de l'État Indépendant du Congo sont de plus en plus appréciés, et c'est à cette cause qu'il faut attribuer la hausse relativement bien supérieure de ces espèces, comparativement aux autres sortes.
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