FERME-CHAPELLE (MBOKO-SAINT-DÉSIRÉ
il intervint dernièrement auprès d'un chef des environs qui se proposait de vendre un enfant.
» Maluti ayant appris son projet de contravention à la loi, se rendit chez le mfumu en question et lui infligea une bonne amende, qu'il vint fidèlement remettre au représentant de l'Etat lors de son passage à Mbengo.
)> Depuis ce jour, il a été chargé par l'Etat lui-môme de régler diflerentes affaires (i). »
On le voit, la prospérité d'une fermechapelle dépend principalement de l'intelligence, de l'initiative, de l'activité du kapita qui la préside.
Tous les Noirs n'ont pas autant de qualités que les catéchistes des postes dont nous venons de parler. On conçoit cependant que le sj'Stème tende à développer chez les enfants ces vertus :
initiative, savoir-faire, prudence. C'est ce qui frappe surtout ceux qui étudient le genre de colonisation adopté par les Jésuites au
Cono'O VILLAGE INDIGÈNE
Il y a quelques années, M. Buis, l'ancien bourgmestre de un témoignage Bruxelles, fit un voyage au Congo. Il y visita diverses Missions, notamment celle des Pères de Sclieut et celle des Jésuites.
Rentré en Belgique, il écrivit ses impressions et les publia dans un ouvrage intitulé : Croquis congolais. Aj)rès avoir en quelques mots exposé le système des fermes-chapelles, des « Missions-fermes », comme il les appelle, il continue :
« Livrés un certain temps à eux-mêmes, obligés d'attendre de leurs propres cultures et de leurs troupeaux leurs seuls moyens d'existence, les élèves des Jésuites déploient une activité et une initiative qui ne se rencon-
(i) Lettre du i5septembi*e iî
trcntpas chez les catéclmmènes des autres Missions (i); souvent même ils deviennent les chefs et les juges des villages où ils sont établis. »
Apologue Persan Cct élogc pcu suspcct, déccrné à des missionnaires catholiques, nous rappelle un vieil apologue persan. Un roi fit un jour venir son ministre.
« Je veux, lui dit-il, récompenser l'homme le plus vertueux de mon roj-aume. Présente-moi une liste sur laquelle tu placeras les dix noms de ceux qui te paraissent les meilleurs. »
Or, parmi les noms présentés se trouvait celui d'un des ennemis personnels du ministre.
Le roi loua fort la loyauté de son serviteur, et ce fut cet ennemi qu'il récompensa parce que, disait-il, quand un homme rend témoignage à la vertu de quelqu'un qu'il n'aime pas, ce témoignage vaut double.
(r) Par des procédés différents, les Pères de Scheut et d'autres ont obtenu de magnifiques résultats. Pour s'en convaincre, 11 suffit de lire la lettre du comte H. d'Ursel au directeur du Mouvement des Missions catholiques au Congo (sept, igoô, p. 244)- Nous n'en citons qu'un court passage qui se rapporte aux Pères de Scheut :
«A Kangu (Moll-Sainte-Mai'ie), il faut presque un effort de la volonté pour admettre qu'on se trouve devant l'ouvrage de six années seulement ; car on traverse plusieurs centaines d'hectares de plantations admirablement entretenues avant de s'arrêter, sur le plateau d'où elle les domine, devant la magnifique église récemment terminée, dans laquelle plus de mille chrétiens viennent chaque dimanche assister à la sainte messe, écouter l'instruction et s'approcher des sacrements. »