PLAN TYPE DES CHAPELLES DES POSTES SECONDAIRES
Le Père Hanquet avait fondé le petit poste de Ndolo. Ce fut seulement après deux mois qu'il put y retourner.
<c Je vous avoue, écrivait-il, que je m'attendais à retrouver le poste dans l'état où je l'avais quitté. Le Noir, abandonné à lui-même, ne sait que paresser. Aussi, jugez de ma surprise lorsque, débouchant du bois qui précède le village, je me vis en face de vastes cultures, coupées par deux belles allées de bananiers, aboutissant à la fermechapelle. Celle-ci est située dans un grand bosquet de palmiers ; au milieu est une vaste cour, au centre de laquelle s'élève la croix; tout autour les habitations et les étables.
» Je n'en revenais pas en voyant le travail exécuté en si peu de temps par une poignée d'enfants.
)) Près de 3 hectares défrichés et plantés de patates, d'arachides, de maïs et de haricots, et une grande bananeraie de plus de 2,000 pieds de bananiers.
» Vraiment, le petit catéchiste est un maître homme;
Ndolo.
plein d'activité et d'initiative, il fera de son village un des plus beaux de la région de Ndembo.
)) Les indigènes lui ont déjà donné leur confiance et l'ont nommé, peu après son arrivée, chef de leur marché. Il
vient de bien mériter de l'Etat en découvrant, dans les bois de Ndolo, des charges de caoutchouc dérobées au gouvernement par un mnuvais drôle, qu'il s'est empressé de livrer au bras séculier. L'influence dontil jouit dans la région lui sert admirablement pour faire pénétrer dans les villages notre sainte religion. En l'esi^ace de deux mois, cet enfant de i5 ans est parvenu à apprendre à ses petits moricauds le catéchisme abrégé, dont la connaissance est exigée pour le baptême et la première communion.
Ceci est surprenant, lorsqu'on songe que la plupart des catéchumènes mettent près d'un an pour arriver à ce résultat. »
ALLÉE d'une FERME-CHAPELl.E
Verviers=Saint- Prançois.
Un dernier exemple tiré d'une lettre du Père Prévers :
« J'accompagnais dernièrement, dans une petite expédition, un représentant de l'Etat.
» Nous passâmes par Verviers- Saint- François. Notre escorte comprenait plus de soixante bouches à nourrir.
» Thomas Maluti, le brave catéchiste du poste, ne fut guère embarrassé. Au bout d'un quart d'heure, nous avions, pour nous réconforter, de beaux régimes de
bananes, des paniers de grosses patates, plus un petit bouc comme assaisonnement. Les soldats n'en pouvaient croire leurs 3'eux!...
)) Et les enfants?... me direz-vous.
» Bien nourri, tout notre petit monde se porte à merveille !
» Il faudrait les voir, la tôte proprement rasée, l'œil vif, les membres frottés d'huile de palme, leur cor]ps de bronze luisant au soleil.
» La gloire d'un si beau succès revient sans nul doute à Dieu et à la sainte Vierge, mais une part est due aussi au brave Maluti.
)) La modération et le bon sens qui le caractérisent sont reconnus j)ar tout le monde, à commencer par les indigènes.
» Bien qu'il n'eût pas mandat officiel pour faire la police.