SÉMINAIRE ET SÉMINARISTES
La propriété du séminaire n'est plus reconnaissable. La* jungle a disparu. Le creux des vallées, le sommet et les flancs des collines sont couverts de plantations: cocotiers, caféiers, canneliers, aréquiers, etc.; eà et là émerge une jolie maison indigène, une étable pour les bœufs, les gentils i)etits bœufs singhalais avec leur bosse placée à la naissance du cou; plus loin s'élèvent les bâtiments d'une école pour filles et garçons. Puis, là-haut, les trois tours du séminaire; plus haut encore, un joj'au de chapelle en pierres taillées, l'église paroissiale de l'endroit.
Le séminaire est une construction massive, de belle apparence; dans l'une des ailes, une vaste bibliothèque; dans l'autre, au rez-de-chaussée, les classes; à l'étage, une infirmerie et un dispensaire. Au second, rien que des dortoirs; les onze Pères belges et les étudiants en théo-
LE SEMINAIRE DE KAXDY
logic de troisième et quatrième année ont chacun leur chambre.
Les ressources sont donc si abondantes là-bas ? Oh ! non ; tout juste de quoi vivre, à la condition encore de se i^asser de plafonds, — ils sout inconnus à Ampitiya — à la condition aussi de laisser inachevés les fondements de la belle église qu'on avait commencé d'édifier près du séminaire.
Pauvreté n'est pas tristesse! La gaîté u'habite-t-elle pas sous le même toit que la jeunesse et la vertu? Ils sont si franchement lieureux, ces bons Indiens, sur leurs collines, au grand air, dans leur soutane de coton blanc : car la belle soutane bleue et la ceinture rouge ne se i)ortent qu'aux offices ou dans les rues de Kandy.
Debout à 5 h. 1/2, ils consacrent leur première heure à
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la prière : méditation et sainte messe; durant la journée, un examen de conscience, le chapelet, une lecture pieuse ; le soir, nouvel examen et préparation à l'oraison du lendemain : voilà pour le spirituel.
Le reste du jour est consacré aux études qui sont coupées par une demi-heure de musique et par quelques récréations : un délassement est bien nécessaire à ces natures exiibérantes après les longues heures de travail. Les dimanches, mardis et jeudis, barres, cricket, tennis et foot-ball en plein soleil. «Pour plus de liberté, tous vont d'abord changer de soutane blanche et remettre celle de la semaine x^récédente, car, c'est convenu, gare la propreté quand tout ce monde trempé de sueur va rouler dans le sable!
» Pour plus de facilité encore et plus d'agilité, on ôte bas et souliers. Il faudrait voir alors et entendre les coups de pied — oui, les coups de jiied, et non de botte ou de soulier, — sur le ballon! Dès la première fois nous aurions tous nos orteils foulés: mais ici rien de pareil à craindre (i). »