COUR INTÉRIEURE DU COLLEGE DE DARJEELING
les remous glacés descendus des neiges éternelles de l'Himalaya. La température moyenne de l'année y est de i3 degrés centigrade»; quatre degrés de plus qu'en Belgique. Le missionnaire épuisé par le brûlant soleil des plaines, ou miné par l'excès des fatigues, y retrouve la
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Le collège Saint=Joseph.
Paysage himalayen.
Êboulements.
santé et la vigueur qu'il ne i)Ouvait redemander autrefois qu'à l'air natal.
Darjeeling possède un couvent de Sœurs Lorrettines et une cure occupée par deux Pères, mais l'œuvre principale est le grand collège que les Jésuites ont ouvert en 1888.
Ils s'installèrent d'abord dans les locaux de l'ancien collège Saint- Joseph, fondé par les Pères Capucins d'Italie, puis construisirent un nouvel établissement sur un terrain cédé par le gouvernement à des conditions avantageuses
Dès la première année de sa fondation le collège Saint- Joseph s'affiliait à l'Université de Calcutta, il était dirigé par cinq Pères, trois scolastiques et trois Frères coadjuteurs. Aujourd'hui le iDcrsonnel est de vingt-six hommes et le nombre de pensionnaires s'est élevé de quarante à deux cents. Le programme d'études est calqué sur celui de Calcutta. Un vrai collège catholique en terre païenne sur les hauteurs de l'Himalaya !
« De quel spectacle on jouit ici! écrivait un missionnaire. Le soleil envoie sur toutes les montagnes ses rayons d'or pailletant d'étincelles fulgurantes les neiges éternelles; à l'hoiizon se dressent dans l'azur d'innombrables sommets et des pics de neige qui semblent vouloir se dominer et surgir les uns sur les autres. Et sur ces immenses glaciers, brillant comme de l'argent en fusion, des aigles et des vautours planent majestueusement au milieu des airs. »
Mais le séjour dans ces montagnes si belles et si grandioses n'est pas toujours sans danger : il sy produit parfois de violents tremblements déterre; plus souvent de terribles éboulements surviennent, causés par des pluies torrentielles dont rien ne peut nous donner une idée (i). Aucun missionnaire n'a oublié la grande catastroijhe de 1899, qui arracha des villages entiers aux flancs de la montagne, les précipita le long des pentes escarpées et fit
(t) Aucune conti'ée du globe ne reçoit autant de pluie que les régions himalayennes. Certaine année, fie pluviomètre accusa 12^87 d'eau. La moyenne annuelle en] Belgique n'est que de 75 centimètres.