CHAPITRE I
.JADIS ET aujourd’hui
La brousse. — Premières installations. — Coup d’œil d’ensemble. — La Commu= nauté de Kisantu.
D’immenses herbes qui atteignent jusqu’à 3 et 4 mètres de hauteur, si serrées qu’il estjji-esque impossible de les traverser... Dans cette foret, quehiues discrets sentiers que le sommet des herbes recouvre j>ar endroits... Çà et là un buisson, un iietit arbre.
C’est la brousse africaine; c’est Kisantu avant l’arrivée des Pères Jésuites.
Ils y vinrent en 1894, et au mois de novembre de cette année le Père Liagre écrivait :
« Les installations do Kisantu sont des jilns modestes. Notre maison qui, plus tard, doit servir de magasin, est
très basse. Les murs, à l’intérieur, ont la couleur de l’argile. A l’extérieur ils sont badigeonnés en blanc. Les portes et les fenêtres ne sont que des nattes clouées sur des cadres en bois. Le mobilier répond à la demeure : pour lit, quatre pieux fichés en terre, reliés par deux traverses dans le sens de la longueur, sur lesquelles est tendu un mor ceau de toile grise. Pour table, quatre ,• pieux reliés '' de la même manière, sur lesquels on a cloué quelques planches de caisses.
Quelques rayons pour les livres, quelques crampons en guise de portemanteaux décorent les murs.
» Le plancher est simplement de l’argile battue, car l’argile abonde ici.
» La chapelle est de même style que notre maison : elle est en pisé. Le mobilier de l’autel est des plus pauvres : comme chandeliers, des bâtons effilés par le bout et cloués sur des planchettes. Le tabernacle seul tranche un peu sur le reste; il est en cuivre poli, mais sans aucun ornement.
» Je vous avoue que j’ai plus de dévotion dans cette chapelle que dans les plus riches basiliques. Elle a lo mètres de long sur 5 mètres de large. Devant, il y a une véranda de 7™5o ; derrière, une sacristie de 2™5o. Tout le bâtiment a donc 20 mètres de long sur 5 mètres de large.
» La véranda sert de classe; c’est là aussi que se fait le catéchisme aux indigènes tous les quatre jours... Dans un coin de la chapelle se trouvent les fonts baptismaux : c’est un pot indigène, badigeonné en blanc et posé sur un tronc d’arbre (i). »