JEUNES FILLES PORTANT DO MAÏS
« Parce que, disent-elles, nous ne savons pas si nous vivrons assez pour récolter, et nous ne voulons pas travailler pour les autres ! »
Dans ces conditions, on conçoit que le manioc atteigne des prix élevés.
Les missionnaires ne sont, du reste, pas les seuls à souffrir de cet état de choses.
Au Cougo, c’est la femme qui cultive, c’est vrai, mais le mari, s’il veut manger, doit acheter sa nourriture à sa tendre moitié, et il ne reçoit que donnant donnant!
Eh bieu, les femmes en sont venues à ne plus vouloir vendre à leur maître et seigneur. Dans leur for intérieur, les hommes trouvent qu’après tout elles n’ont pas tout à fait tort!
Que voulez-vous faire avec des gens pareils? Les raisonner?... Mais vous y perdrez votre latin... ou du moins votre kikongo! Ils écouteront... apjjrouveronti... diront que le Blanc est malin, et... continueront à agir comme si vous n’aviez rien dit!... Dans les lettres des missionnaires, on sent percer l’inquiétude de ne pouvoir nourrir le personnel et en même temps le regret d’être paralysé par cette grande difficulté.
« ... Il n’y a pas actuellement dans les villages voisins, moins de cent deux enfants, qui attendent que nous puissions les recevoir. Nous voudrions les admettre toutes.