FÉTICHE
Hélas ! il est un autre obstacle contre lequel la fermeté ne peut rien ! C’est la terrible et mystérieuse maladie du sommeil.
On en a beaucoup parlé déjà; on en parlera probablement encore beaucoup, car iiersonne, jusqu’à présent, n’a trouvé de remède efficace ])Our la combattre, A chaque page, dans les lettres des missionnaires, ce sont de douloureuses exclamations. La maladie du sommeil, toujours la maladie du sommeil !
Une ferme-chapelle est prospère; la foi se répand dans le pays grâce au zèle intelligent du catéchiste, puis un
La ■naladie du sommeil.
PAVSAGK CONGOLAIS
jour, le pauvre kapita est atteint par le fléau... et tout périclite !
Une semaine, à Kimpako, le Père ïïendrickx dut faire chaque jour un enterrement!
Kimuenza dut être abandonné en partie, à cause de l’effroyable mortalité qui dépeuplait la colonie et les environs. Hélas I ce n’est pas toujours la maladie seule qui emporte les jeunes nègres. Dernièrement, le meilleur catéchiste de la Mission, le brave Patrice, dont nous avons j>arlé plus haut, fut pris par des anthropophages, tué et mangé!...
Mauvais vouloir Pourquoi faut-il ajouter qu’à côté de ces obstacles . • provenant de la nature et des nègres, il en est d’autres
qu’occasionnent certains Blancs?
Nous ne parlerons pas del’immoralitéd’un grand nombre d’agents, commerciaux ou autres, qui, loin de donner le
bon exemple aux Noirs, sont de vrais corrupteurs.
Certains d’entre eux sont positivement hostiles aux prêtres catholiques, et, par mille tracasseries, tâchent d’enrayer les progrès de leur œuvre.
Ils interprètent arbitrairement et faussent le sens des décrets portés, semble-t-il, en faveur des missionnaires.
Pour mettre les Pères à l’abri des vexations, le Gouverneur ou le Vicegouverneur a dû parfois intervenir et même déplacer des agents inférieurs.