‹ Au Congo et aux IndesChapitre 56 sur 113 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

CHAMP d’action DES MISSIONNAIRES

Pays. — Habitants. — Type singhalais. — Scène de famille. — Caractère.' — Religions. — Le bouddhisme.

eN 1898, le Souverain Pontife créait à Ceylan les deux nouveaux évêcliés de Galle et de Trineonialie (i) et il appelait à l’évangélisation du diocèse de Galle les ineinlires belges de la Compagnie de Jésus (2).

La terre où allaient travailler les nouveaux inissionnaii'es comprend, sur une étendue de 10,110 kilomètres carrés (environ les deux Flandres et le Hainaut), une l)opulation de 865, 000 habitants. Elle embrasse deux provinces : la province Méridionale, baignée par la mer dans toute sa longueur et composée de trois distiûets ayant respectivement pour chefs-lieux les trois villes maritimes de Galle, de Matara et d’Hambantota; du côté nord s’étcuid vers l’intérieur la jirovinee de Sabaragamuwa avec ses deux districts de Ratnapura et de Kégalle.

La langue de terre, (pie forme à l’('st le district d’IIambantota, n’est (pi’une ])laine basse, sablonneuse, couverte

Pays .

(1) Le diocèse de Triiicomalie est évangélisé jiar les Jésuites français.

(2) En 188G, la hiérarchie catholique était établie dans l’Inde ; à Ceylan avaient été érigés l’arclievèché de Colombo et les deux évêchés suffragants de Kandy et de Jaffna.

CULUJIUO

par la jungle. A l’ouest, au eoutraire, derrière les côtes bordées de rocliers et de brisants, le sol, légèrement ondulé d’abord, devient lilus aeeidcnté à mesure qu’on s’avance dans les terres et, au nord surtout, se couvre i)ar endi’oits d’immenses estâtes, ou plantations, dans lesquelles se cultive principalement le thé; au milieu d’une luxuriante végétation serpentent des ruisseaiix, descendus des massifs montagneux du centre. Le ciel, d’ailleurs, est prodigue d’eau, prodigue de chaleur aussi : la température moyenne varie entre 25" et 29".

Il n’y a pas à Ceylan que des Singhalais; rien n’est même ])lus bizarre que les grands centres comme Colombo, où toutes les couleurs, tous les costumes et toutes les civilisations se coudoient.

A côté de l’Européen de sang non mêlé, du Portugais métis, du IIollandais-Burgher ou descendant d’un Ilollan- <lais et d’une native, trois races se’partagent surtout le sol de l’île ; le « Moerman », le Maure aux traits énergiques dont la tête tondue est coiffée du turban ou du bonnet conique; le Tamoul venu de l’Inde pour travailler dans les plantations; sa couleur varie du brun foncé au noir d’ébène, il porte l’avant du crâne rasé; enfin le natif, le Singhalais. Il est grand, bien fait, d’un teint brun clair; vêtu à l’ancienne mode des ancêtres ou à la façon européenne, il garde une prédilection marquée pour le i)agne traditionnel, les i>ieds nus, la longue chevelure noire relevée en nœud et bien huilée.

Toutefois, au contact d’une civilisation plus raffinée, la simplicité d’antan disparaît; les grandes cités ])ossèdent de ces messieurs élégamment chaussés, habillés en gentlemen et coiffés du haut de forme. « C’est dans les églises des ])etites villes qu’on constate la progi’ession du luxe. On y voit i)arfois trois générations réunies : le grand-])apa au cori)s V(“lu, aux membres bien musclés, porte pour tout vêt(Miient un ])agne; le papa a un veston (ui ])lus et l’air ])lus efféminé; le gamin de i3 ans, (pii se tient prés de la

Habitants

Type singhalais

porte et y fait rimportant, porte culotte, bas, ebemise, veston et chapeau de paille (i). »

Page 1