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LES POSTES PRINCIPAUX

Les postes abandonnés. — NIemfu et son accès. — Paysage de Kimpako. — Le pays des palmiers. — Un boy prudent. — Aspect de Wombali. — Patrice. — Chasseurs.

La Mission du Kwango compte actuellement six postes pi'incipaux, occupés chacun par deux prêtres (i). Ce sont :

Kisantu (Bergeyck-Saint-Ignace);

NIemfu (Brugelette Saint-Charles) ;

Kimpako (Turnhout-Saint-Pierre) ;

Sanda-Saint- Antoine ;

Mpese Sainte-Gertrude;

Wombali (Casier- Saint- Jean).

Plusieurs résidences, sur lesquelles on avait fondé de grandes espérances, ont du être abandonnées et les sacrifices qu’on avait faits pour les établir ont été en majeure partie perdus.

A peine les Pères sont-ils arrivés dans leur nouvelle Mission, que l’insalubrité du climat les force à quitter Kibangu, leur premier établissement.

Ils s’installent à Kimuenza, à quatre lieues au sud de Léopoldville, et y fondent la Mission de Sainte-Marie. Un travail opiniâtre change bientôt l’aspect du plateau. Des bâtiments en briques sortent de terre et viennent donner aux indigènes stupéfaits la plus haute idée de l’intelligence des Blancs.

(i) Kisantu fait exception. Il y a ordinairement plusieurs prêtres en résidence à ce poste. Voir chap. suivant.

Postes abandonnés .

UXK l'ERMK-ClIAPKI.I.K — AN VEK.S-SAINT-KÎNACK

Ilclas ! il fallut quitter Kimuenza, et la Mission Sainte- Marie, centre princiijal au début, tomba finalement au rang de simple ferme-chapelle. La crise alimentaire que traversait cette partie du pays, à cause du voisinage de Léopoldville et aussi la terrible maladie du sommeil déterminèrent, entre autres causes, ce triste abandon.

Pour comble de malheur, quand les Pères furent partis, et que les herbes victorieuses eurent reconquis leurs anciennes possessions et poussé leur masse envahissante jusqu’au pied des murailles, les indigènes eurent la fantaisie de mettre le feu à la brousse. La menuiserie avec tous les outils, l’école, les maisons des enfants devinrent la proie des flammes. Aujourd’hui l’ancienne habitation

TOMBE DU P. LIAGRE A KIMUENZA

des Pères est devenue la demeure du catéchiste. Avec quelques autres bâtiments en briques, c’est tout ce qui reste du jiassé.

Nous nous trompons; tout près de ces murailles calcinées, il y a un souvenir bien cher à tous ceux qui s’intéressent à la Mission du Kwango : c’est la tombe du Père Edouard Liagre.

Il était râme du poste de Kimuenza : Blancs et Noirs l’aimaient, et tous ceux qui ont passé par la Colonie de Sainte-Marie ont gardé un agréable souvenir de leur séjour ou de leur visite.

Dans les difficultés des débuts, le Père Liagre ranimait les courages par cet entrain et cette belle humeur dont ses

anciens élèves de rhétorique, à Liège et à Nainur, ont gardé un impérissable souvenir.

Après quatre ans et demi de séjour au Congo, il dut rentrer en Belgique pour refaire ses forces épuisées.

Quelques mois de repos l’ayant un peu remis, il crut ses forces aussi grandes que son courage et rei^artit.

Hélas ! c’était pour le plus revenir! Dans nuit du jeudi saint, le 3o mars 1899, rendit à Dieu son âme vaillante.

Ouvrier de la première heure, il a connu les temps les plus durs, et il a été à la hauteur de sa tâche.

Qu’on nous permette de rappeler ici un trait digne d’nn saint.

Un nègre, mort de la petite vérole, avait été abandonné dans la brousse. Le Père Liagre pria deux Noiis de l’enterrer. Mais l’odeur du cadavre les fit reculer. Alois le prêtre alla lui-même. Il enveloj)pale coi’2:)S déjà en corruption dans une pièce d’étoffe; il le prit dans ses bras et le 2>orta à la fosse qu’il avait fait creuser.

XJN RAPIDE (INKISSI)

Déjà avant l’abandon de Kimuenza, Kisantu, situé sur rinkissi, à 20 lieues au sud de Léojmldville, était devenu

CIlArKl.I.E DK M)EMliO

le centre principal de la Mission et la résidence du Père Supérieur.

La description de ce poste, qui fut nommé Bcrgeyck- Saint-Ignace,fera l’objet de toute la seconde partie de cette étude. Un autre poste, Ndembo (Moretus-Saint-Louis), fut d’abord un grand centre et eut même un petit couvent de Sœurs de Notre-Dame. Puis il perdit de son importance et tomba au rang de grande ferme-chapelle. Actuellement pourtant un Père y demeure constamment et dirige la colonie.

C’est Nlemfu qui possède maintenant un couvent de Sœurs. Vaste plateau très fertile entouré de bois où abondent caoutchouc et ananas, cette Mission est en pleine prospérité et, dès maintenant, son importance la jîlace au second rang. La chapelle et les maisons des enfants sont encore en pisé, mais déjà la maison des Pères et celle des Sœurs de Notre-Dame sont en briques.

Memfu et son accès.

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