‹ Au Congo et aux IndesChapitre 85 sur 113 · I-E 1>ÉRE LAI'ONT · texte numérisé non relu

I-E 1>ÉRE LAI'ONT

l“ro(esseur de Sciences au Collège de Calcuila

Là-bas les jours sont torrides, et les nuits, en dehors des murs surchauffés des villes, sont souvent très froides. Quand le soleil est à l'horizon, le missionnaire i^orte nne légère soutane blanche; la nuit, s’il voyage, . surtout s’il marche daus les défilés des collines, il s’enveloijpe chaudement dans un épais manteau.

Ils sont étranges ces climats du grand soleil. L’air y est à la fois meurtrier et bienfaisant. Sa tiédeur verse dans les veines de l’Européen toute la chaleur vitale qu’on demande chez nous aux viandes fortes et aux liqueurs alcoolisées. Du riz, des viandes blanches, des fruits juteux, de l’eau filtrée, parfois un peu de vin léger, voilà aux Indes l’alimentation dn missionnaire.

L’existence est rude, assurément; mais pour un homme qui a mis toute sa vie au service de Jésus-Christ, elle a bien ses heures ineffablement douces. Quand les travaux du jour l’ont fatigué sans le consoler par aucune espérance humaine, cet homme s’agenouille sur le sol de son exil volontaire et bien-aimé. Sa pensée lui rend un instant les visions lointaines de la patrie, et une prière jaillit de son cœur. Et le regard de la foi lui montre dans le ciel le Père céleste qui suit de là-haut sur la terre les travaux de ses ouvriers.

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