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CHAPITRE Vil l’ouissa

Quittons maintenant les régions himalayeimes et redescendons à Balasore, non loin des côtes de la baie du Bengale : nous sommes dans l’Orzssa, immense contrée dominée par des montagnes escarpées et descendant doucement vers la mer.

L’Orissa est la terre sacrée des Hindous; la ville sainte de Puri avec son fameux temple de Jaggernath, l’a rendue célèbre dans le monde entier.

Malheureux pays, en vérité, presque constamment en piH)ie à la famine et où les rizières sont tour à tour desséchées faute de pluie, ou inondées par les crues des fleuves et des rivières.

Balasore est une des toutes premières stations établies par les Jésuites belges.

Les Ourlas qui peuplent la contrée ont beaucoup de ressemblance avec les Bengalis : similitude de langue, de mœurs, de défauts surtout; mais ils sont plus indolents encore, plus vaniteux et plus menteurs. Hunter, qui fait autorité, les place au dernier rang entre tous les peui^les de l’Inde.

Rien de bien surprenant donc si la religion chrétienne ne s’implante qu’avec peine dans ce sol désbéiâté. Leur premier apôtre fut le Père Sapart, ce vénérable vieillard mort à Rauchi en mars 1906 à l’àge de 90 ans, après <pmrante-cinq années d’apostolat aux Indes.

Le Père Sapart, arrivé dans l’Orissa en i8G5, y trouva, dispersées dans le district, quelques familles d’Eurasiens

catholicxues (i). L’année suivante, se présenta une occasion favorable à l’établissement d’une belle mission. La famine et le choléra ravageaient la contrée faisant des milliers de victimes, tant parmi les habitants que parmi les pèlerins venus àPuri. Le Père Sapart entrepi'it aussitôt l’œuvre que la Providence semblait lui offrir.

Il baptisa les mourants qu’il trouva bien disposés et recueillit les orphelins. Sa pauvre cabane en abrita quelquefois jusqu’à cent. Mais comme on devait s’y attendre, ce chiffre ne se maintint pas. Beaucoup d’enfants épuisés par la famine ne tardèrent pas à s’en aller au Ciel après avoir reçu le baptême ; beaucoup aussi firent défection plus ou moins vite loour retourner à leur ancienne vie de vagabondage. Il resta cei)endant un petit nojmu fidèle; ce fut le commencement de la mission. L’orphelinat établi à cette époque poulies garçons est encore l’une des œuvres actuelles ; les orphelines sont confiées à ces vaillantes

religieuses belges, qui se montrent, dejmis quarante-cinq

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