‹ Au Congo et aux IndesChapitre 89 sur 113 · COUR INTÉRIEURE DU COI.LÉÜE DE DARJEELINÜ · texte numérisé non relu

COUR INTÉRIEURE DU COI.LÉÜE DE DARJEELINÜ

les remous glacés descendus des neiges éternelles de l’Himalaya. La température moyenne de l’année y est de i3 degrés centigrades; quatre degrés de plus qu’en Belgique. Le missionnaire épuisé par le brCilaut soleil des plaines, ou miné par l’excès des fatigues, y retrouve la

r.E THÉOLOGAT DE KURSEONG EN igo5

Le collège Saint=Joseph.

Paysage

himalayen.

Éboulements.

santé et la vigueur qu’il ne pouvait redemander autrefois qu’à l’air natal.

Darjeeling possède un couvent de Soeurs Lorrettines et une cure occupée par deux Pères, mais l’œuvre i^rincipale est le grand collège que les Jésuites ont ouvert en 1888.

Ils s’installèrent d’abord dans les locaux de l’ancien collège Saint-Joseph, fondé par les Pères Capucins d’Italie, puis construisirent un nouvel établissement sur un terrain cédé par le gouvernement à des conditions avantageuses

Dès la première année de sa fondation le collège Saint- Josei^li s’affiliait à l’IIniversité de Calcutta, il était dirigé par cinq Pères, trois scolastiques et trois Frères coadjuteurs. Aujourd’hui le personnel est de vingt-six hommes et le nombre de pensionnaires s’est élevé de quarante à deux cents. Le programme d’études est calqué sur celui de Calcutta. Un vrai collège catholique en terre païenne sur les hauteurs de l’Himalaya!

« De quel spectacle on jouit ici! écrivait un missionnaire. Le soleil envoie sur toutes les montagnes ses rayons d’or pailletant d’étincelles fulgurantes les neiges éternelles; à l’horizon se dressent dans l’azur d’innombrables sommets et des pics de neige qui semblent vouloir se dominer et surgir les uns sur les autres. Et sur ces immenses glaciers, brillant comme de l’argent en fusion, des aigles et des vautours planent majestueusement au milieu des airs. «

Mais le séjour dans ces montagnes si belles et si grandioses n’est pas toujours sans danger : il s’y produit parfois de violents tremblements de terre; plus souvent de terribles éboulements surviennent, causés par des pluies torrentielles dont rien ne peut nous donner une idée (i). Aucun missionnaire n’a oublié la grande catastrophe de 1899, qui arracha des villages entiers aux flancs de la montagne, les précipita le long des pentes escarpées et fit

(i) Aucune contrée du globe ne reçoit autant de pluie que les régions himalayennes. Certaine année, |le iiluvioniètre accusa i2“87 d’eau. La moyenne annuelle en Belgique n’est que de 75 centimètres.

LA I.UiXK DU CIIICMIN DE EEK AI'KÉS LES LHÜULLMENTS

plus de seize cents victimes aux environs de Darjeeling. « On entend des appels au secours, écrivait un Père, et les indigènes refusent d’aider ces malheureux, sous prétexte qu’ils sont de caste différente. Vite, je demande au Père Pi éfet de pouvoir me rendre avec quelques-uns de nos plus grands élèves à l’endroit où sont ces infortunés. La chose fut aussitôt accordée. Un Frère et une douzaine de jeunes gens m’accompagnent. A notre arrivée, les parents des victimes avaient déterré trois cadavres, mais un peu plus loin gisaient, sous des débris de toutes sortes, deux pauvres femmes dont les appels déchirants n’étaient écoutés lîar personne. Quelques élèves m’avaient devancé; ils s’étaient déjà mis à l’œuvre, mais il nous fallut i travail pour les retirer de leur terrible siti Comment ces infortunées n’avaient pas j ne pourrais le dire, car elles avaient été littéralement enterrées vivantes. En s’abattant sur elles, le toit sans les écraser heureusement, leur avait laissé un peu d’air resi^irable. Nous enlevons donc une partie des débris et une première victime sort de son tombeau.

Pour dégager la seconde, nous devons d’abord retirer quatre cadavres, les trois enfants de la malheureuse et sa vieille mère.

MÜNTAGNAKD

Lesikkim. Laissaut là Darjeeliug, ses horreurs et ses beautés grandioses, nous i^énétrous plus au nord dans le Sikkim. Ce district est habité par la forte tribu des Lepehas, aux corps vigoureux, taillés tout cxxu’ès, semblc-t-il, pour le dur métier de porteur.

L’évangélisation de ces rudes montagnards entreprise par quelques-uns de nos Pères, trouve un gi'and obstacle dans l’extrême difficulté des communications.

Parfois, se dérobant pour quelques heures à ses travaux

UN l’ONT DANS I.E SIKKIM

quotidiens, le missionnaire de ees régions deseend des montagnes et s’en va visiter et consoler les Ouraons catlioliqucs emplo^'és dans les i)lantations de thé. Ces braves gens, que la misère a exilés du Chota Nagpore, vivent là en petits groupes, échelonnés aux lîieds des Ilimalayas, aussi attachés à leur foi que dans leurs camj)agnes natales.

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