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CHAPITRE IV

RANCIII. — LE BARWAY, TERRE DES CONVERTIS

Ranchi est la capitale du Chota Nagpore. C’est la résidence du Supérieur de la mission. Cette ville est située au croisement des cinq grandes routes principales qui sillonnent la contrée. De récentes dispositions administratives vont accT OÎtre encore son importance.

En 1886, Ranchi avait 200 ou 3oo catholiques et pour école un misérable réduit. Aujourd’hui 2,3oo fidèles sont là attestant les piogrès réalisés; c’est toute une agglomération catholique : maison des Pères où les jeunes prêtres viennent achever leur formation religieuse et se iiréiiarent à l’apostolat par l’étude des langues ; couvent des Sœurs Ursuliues et des Sœurs de Sainte-Anne; école centrale de garçons avec section industrielle, écoles paroissiales des garçons et des filles.

C’est à Ranchi aussi qu’est établie l’école où l’on donne aux catéchistes la formation nécessaire pour leur importante fonction. Ils y apprennent bien la religion, ont des exercices de pédagogie, et surtout des cours que l’on nomme «classes de documents» : c’est l’étude des droits et des devoii s respectifs des serfs et des zémindars, de divœrs points pratiques relatifs à la rente, aux arrérages, aux conti-ats, aux baux à ferme. Ils s’y familiarisent aussi avec la langue urdu et l’éci iture kaïlhi, écritui e et langue spéciales employées dans la rédaction des pièces officielles. C îtte connaissance est devenue indispensable aux missionnaires et à leurs aides qui, chaque jour, sont appelés à exa-

miner les affaires de leurs ouailles, à lire et à rédiger pour eux des actes et des contrats.

Ce n’est pas tout : les missionnaires ont ouvert une éeole apostolicpie. Pourquoi dans cette race si généreuse de Kôles qui a fourni déjà de bons niaîti es d’école et de zélés catéchistes, Dieu ne trouverait-il pas aussi des hommes digues d’être ses prêtres? L’arbre vient d’être planté ; attendons qu’il porte ses fruits (i).

Le couronnement de l’œuvre s’imposait, c’était en prévision de l’avenir qui s’annonce si prospère, la construction d’une vaste église, où, grâce à la présence d’une coininunauté de prêtres assez nombreux, la splendeur du culte rehaus- ^

serait l’éclat des grands jours de fête. Il y a beau temps d’ailleurs que la chapelle de l’école ne suffit plus aux fidèles de llan- .

chi. Les missionnaires, confiants en la divine Providcnce, ont déjà .«jigM dressé les plans d’une grande église romane, qui sera dédiée à l’immaculée Conception lk père schaerlaeken et l’école apostolique

« Les murs soi-teut de terre,

— écrit le Père Joseph Fallon, le i6 avril 1906 — mais les rcssoui ces font défaut. » Cette église doit pouvoir soutenir la comparaison avec les temples protestants, hindous et musulmans qui existent à Lanchi.

Le cadr e de cette modeste étude ne nous permet pas de parler en détail de chaque station du Chota Nagpore, où

(i) Pour jM’oiivcr l’excellenco de cette école, ajoutons que Mgr Meulcm.an vient d y envoyer, do Calcutta inêiiie, quelques Eurasiens. Ces jeunes gens sont l’espoir du clergé indigène du reste de la mission.

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