LETTRE D’INVITATION
DE
S. GG Mgr HEYLEN (Traduction)
Namur (Belgique), 1 janvier 1913.
Illustrissime et
Révérendissime Seigneur,
Le Christ est vainqueur ! le Christ règne ! le Christ commande ! Tel est le cri qu’ont fait entendre ceux qui, lors de la célébration du dernier Congrès eucharistique de Vienne, furent témoins de ce triomphe incomparable dont fut l’objet le Christ Jésus au Très Saint-Sacrement,
alors que, non seulement les fidèles individuellement, mais la nation même, ayant à la tête son très Pieux empereur, rendit les honneurs royaux au Christ Roi, dominateur des peuples.
Il semble qu’il soit impossible de répéter un pareil triomphe, et pourtant les Maltais se sont mis avec empressement à Préparer la célébration du Congrès eu- Charistique, comptant sur leur foi et leur piété pour :1°re une égale gloire à la Sainte-Eucharistie. Car ils gardent bien vivantes en eux cette foi et cette piété que leurs pères ont reçues de saint Paul et Pour lesquelles ont vivement combattu dans leur île, les chevaliers de J érusalem.
J’invite, par la présente lettre, Votre Révérendissime Seigneurie à assister à ce Congrès qui sera célébré du 23 au 27 avril, el je vous prie en même temps de le re- Commander aux fidèles confiés à vos soins. De plus, j'ose espérer que vous voudrez bien les inviter à recevoir le 27
LETTRE DE MGR HEYLEN 7 een ares mms ee ea
avril, en union avec les congressistes, la sainte communion à laquelle le Saint- Père a attaché une indulgence plénière applicable aux âmes du purgatoire. Cette Communion si elle s'étend au monde entier, fera vraiment de ce jour, le jour eucharistique.
En attendant, je demeure avec respect, De votre Révérendissime Seigneurie,
Le très humble serviteur en Notre-Seigneur, TH. Lup., év. de Namur, président.
À V’illustrissime et révérendissime Seigneur
Monseigneur Emard.
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A Son Eminence le cardinal Dominique Ferrata, arckiprêtre du Latran, désigné comme légat au Congrès eucharistique de Malte.
Notre cher Fils,
salut et bénédiction apostolique.
Parmi les manifestations de foi publiques les pius illustres que le monde catholique doit donner cette année à l’occasion du centenaire constantinien, le Congrès annoncé pour promouvoir, suivant l’usage, le culte de la Très Sainte- Eucharistie tiendra assurément une des premières places. La commémoration solennelle d’une juste liberté rendue à
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l'Eglise lui donnera de l'éclat, car le divin Fondateur de celte liberté est à présent et vivant dans l’auguste sacrement.
Pour la réunion de ce Congrès, on a admirablement choisi Mailc, cette perle des îles ; placée 8OuS la domination d’un Peuple dont l'empire s’étend très loin, cette île est habituellement fréquentée par des vaisseaux qui parcourent toutes les plages de l’univers, et, comme elle 8e trouve au sein de la Méditerranée, elle tient le milieu de cet ancien monde à qui Constantin le Grand, après sa victoire, a fait connaître la gloire de la croix du Christ.
S'il n'est jamais arrivé qu’on ait eu à regretter, dans les plus célèbres congrès eucharistiques, l'absence de celui qui tenait la place du Souvcrain-Pontife, il le faut encore moins cette année, qui rappelle le souvenir d’une si heureuse date.
C’est Pourquoi, Notre cher Fils, Nous
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avons jugé à propos de vous confier cette charge, vous, que recommandaient si fortement à Notre choix, soit les remarquables ornements de votre âme et de votre intelligence, soit les importantes légations que vous avez accomplies et brillamment, soit encore vos écrits si bien faits pour échauffer la piété. D'autant plus que,il n’y a pas encore bien longtemps,vous êtes déjà allé dans ces lieux mêmes, envoyé par Nous pour imposer une couronne d’or à la statue de la Sainte Vierge, Mère de Dieu, qui est honorée à Cospicua, et Nous Nous rappelons que, dans l’accomplissement de ce mandat, vous Nous avez rempli de satisfaction et que vous vous êtes concilié l’affection des habitants. C’est pour cela que Nous vous envoyons au Congrès eucharistique afin que vous y présidiez en Notre nom, et, par ces lettres, Nous vous désignons comme Notre légat. Déjà l’énergie et l’habileté de ceux qui dirigent les apprêts du Congrès, ainsi que la ferveur et la piété du peuple, ne bermettent plus de douter du succès. Si
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les Maltais le cèdent en quelque chose, ce n’est certes pas dans la profession ni dans le culte de la foi catholique. Cette foi, c’est l’apôtre des nations qui la leur apporta lorsque, échappé au naufrage, il fut reçu si libéralement dans leur île ; dans la suite, l'ayant reçue des anciens, ils l’ont constamment gardée, malgré toutes leurs vicissitudes. Et personne mieux que vous, Notre cher Fils, n’a été Mieux à portée de la connaître, Puisque, non seulement vous avez assisté aux fêtes Mariales, mais vous les avez présidées. Si la piété commune à tous les Maltais a rendu de si grands honneurs à la Mère de Dieu, que seront CEUX qui seront rendus au Christ Dieu lui-même, surtout quand les étrangers Qui, dit-on, afflueront à Malte de toutes Parts, ne le céderont pas
en ardeur aux habitants ? On peut donc :
affirmer déjà sans crainte que ce Congrès sera inoubliable, tant Par le concours des fidèles que Par la splendeur des cérémonies. Qui osera nier que ce même Oongrès APportera, ce qui vaut encore mieux,
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les meilleurs fruits de salut, non seulement aux populations de l'ile, mais encore à toutes les nations catholiques, surtout si, dans les délibérations communes, on a soin d’obtempérer à Nos prescriptions au sujet de la divine Eucharistie ? Il n'y a rien qui profite plus au salut commun que de voir des hommes connaître plus profondément l'immense charité du Seigneur Jésus, lui rendre avec plus de soin amour pour amour et en retirer des fruits plus abondants. En effet, pour le genre humain qui souffre de tant de maux accumulés et qui est privé des véritables biens, Lui seul, qui Par sa nature, est bon et riche, peut les guérir et les enrichir, et nulle part mieux que sous les mystérieuses espèces eucharistiques, Il n’a voulu se montrer si disposé à nous guérir et à nous enrichir.
Recevez, Notre cher Fils, comme gage des grâces divines et témoignage de Notre bienveillance, la Bénédiction apostolique que Nous vous accordons de tout Notre
Coeur à vous et à tous ceux qui prendront Part au Congrès de Maite.
Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 8 avril 1913, de Notre Pontificat, la dixieme année.