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reconnurent que le ciel lui-même s'était chargé de la dédicace.
Outre ce récit contenu dans le document pontifical, il existe une légende merveilleuse donnant les détails de la dédicace
faite par Notre-Seigneur accompagné de ses anges,
et de privilèges. 11 eut à traverser des époques difficiles.
Quatre fois il devint la proie des flammes, mais la sainte chapelle fut toujours préservée d’une ruine complète,
La révolution française, et les perturbations sociales en Suisse, firent sentir leurs tristes effets au monastère d’Einsiedeln.
Cependant après une dispersion douloureuse plus ou moins longue, les religieux Purent rentrer dans leur Couvent, et le Pèlerinage reprendre son Caractère accou-
tumé. L'abbé actuel, le Père Bossart, Dom Thomas II, assistait au Congrès eucharistique de Malte.
L'Eglise d’Einsiedeln vient d’être complètement restaurée. Elle renferme des richesses monumentales et artistiques considérables. Pour la décrire il faudrait un volume, et, du reste, on s’y perdrait bien vite. Trois nefs, quatorze autels, deux choeurs, treize cloches, deux orgues, dont l’un unique en son genre et d’une puissance extraordinaire ; ajoutez à cela les piliers de marbre, les peintures, les bas-reliefs, les statues, les stalles en bois sculpté, les grilles de fer forgé, les fresques de la voûte et des coupoles, les vitraux peints, et beaucoup d’autres ornements remarquables par la richesse matérielle ou par le goût artistique. Mais je dois faire une mention particulière du lustre colossal en cuivre doré, et qui est un don de l’empereur Napoléon III. Sur un des cercles sont tracés ces mots: “ Je désire mettre moi et mes enfants sous la
DE MALTE et De:
protection de la Sainte-Vierge. ” Or ces paroles sont extraites d’une lettre de la reine Hortense au Père abbé du couvent d’Einsiedeln, à l’occasion de la première Communion de son fils faite en ce même sanctuaire.
Mais le principal trésor de l’église est la sainte chapelle qui renferme comme je lai dit les reliques de saint Meinrad, mises SOUS la protection de la Sainte-Vierge, vénérée sous le titre de Notre-Dame-des- Ermites. C’est 1à que nous avons dit la messe ce matin, entourés d’un grand nombre de pèlerins. C’est là qu’hier soir nous fûmes témoins d’une cérémonie bien tou- Chante. A l'issue des vêpres, toujours chantées solennellement selon les exigences de la règle bénédictine, les religieux précédés de leurs nombreux élèves sont venus au pied de l’image vénérée de la Vierge, chanter le Salve Regina, cependant que la foule, qui s'était écartée pour laisser passer 1a Procession, entourait ensuite le sanctuaire Pour écouter le chant
et se joindre aux prières de la communauté. C’est ainsi que les choses se passent chaque jour.
Dans le monastère je dois mentionner la salle des princes où se voient les portraits, de grandeur naturelle, des empereurs et autres têtes couronnées qui sont venus à l’abbaye, ou ont eu avec elle des relations particulières ; la bibliothèque riche de plus de cinquante mille volumes; le collège, et la cure, car le monastère dessert six villages formant une même paroisse.
Les fils de saint Benoît exercent ici leur activité dans toutes les sphères: le culte public, le ministère paroissial, l’éducation de la jeunesse, les oeuvres sociales, les recherches scientifiques, la haute littérature, rien ne leur est étranger. Aussi ont-ils fourni des théologiens, des philosophes, des éducateurs, des missionnaires, en un mot des savants et aussi des saints en grand nombre, durant les dix siècles
le registre des visiteurs les noms de tant de cardinaux, d’évêques, de supérieurs généraux d’Ordres religieux, d'écrivains catholiques : Rampolla, Gaspari, Ferrari, Gibbons, Bisleti, après Ledochowski, Du-
panloup, Veuillot et des centaines d’autres.
C’est la première fois que j’y venais. Si
Dieu le permet j'espère que ce ne sera pas la dernière.
Le village d’Einsiedeln doit son existence au monastère et s'étend nonchalamment à ses pieds. La fontaine de Notre- Dame sur la place de l’église, la statue de saint Benoit, dans une directior -posée, sont tout ce qu’il y a d’intéressu it, La population ne tire Pas seulement, du couvent bénédictin et des nombreux voya- &eurs qu’il accueille chaque jour, sa vie matérielle, elle reçoit encore un immense avantage pour sa culture intellectuelle du fait que les religieux bénédictins main-
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d'existence de ce monastère d’Einsiedeln.
Il ne faut donc Pas s'étonner de voir sur
tiennent sur un pied supérieur leur collège et leurs écoles. C’est un centre d’études qui naturellement profite d’abord aux familles de l’endroit. Aussi, grâce à ces facilités exceptionnelles dont il a su tirer parti, le village d’Einsiedeln a-t-il fourni bon nombre d’hommes distingués et même de savants. Sans compter que la physionomie elle-même de l’endroit, ses établissements typographiques et artistiques, ses grandes librairies et ses principaux magasins portent un cachet de vie intellectuelle qu’on ne trouve guère dans les lieux moins favorisés.
Strasbourg, 7 juillet 1918.
L’impression produite sur l'étranger qui arrive à Strasbourg est assez curieuse,
Est-ce une ville française ou allemande?
Est-elle catholique ou protestante? Et quel est le sentiment qui domine, surtout en ce qui concerne l’annexion ou les possibilités du retour? II n’est pas nécessaire d’avoir causé longuement avec un grand nombre pour s’apercevoir que, tant chez les laïques que chez les prêtres, les divergences sont profondes et qu’il vaut mieux ne pas s’aventurer sur le terrain politique.
Heureusement que la religion domine toutes ces divisions, et que les catholiques des deux langues, ralliés ou nOn, se retrou-
vent ensemble dans leurs églises pour y accomplir leurs devoirs religieux. Et ils semblent y mettre leur honneur.
Hier, dimanche, sur l’invitation du curé, nous sommes allés dire la messe à la cathédrale, que nous avons vue bien rem-
lie pour tous les offices successifs de l’avant-midi. Il y a eu plusieurs sermons en français et en allemand, pour le public en général, pour les enfants des écoles, et pour les étudiants de l’Université. L’horaire est disposé de telle sorte que tous les dimanches chaque catégorie de fidèles à son office spécial. Il en est ainsi dans les autres églises de la ville. C’est le règne de l'entente cordiale sur le terrain catholique.
Le curé, M. le chanoine Kieffer, qui a plusieurs de ses proches parents à Montréal, nous a retenus à déjeûner. A midi nous sortons de la cathédrale pour nous rendre chez lui,à l’adresse qu’il nous avait indiquée. Pour plus de sûreté, je m’adres-
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se au premier homme de police que je trouve stationnant au coin de la place: un homme superbe, grand, fort, bien planté, un Casque à pointe avec gorgette, un vrai ublan. Je lui demande, —oh,très poliment, en français — le renseignement désiré.
Cet allemand n’a pas bronché; un petit sourire ironique; a-t-il compris ou non, je n’en sais rien, il n’a pas répondu, voilà tout. Un monsieur qui passe nous tire d’embarras et nous conduit chez le curé, dont le presbytère connu de tous est là tout auprès. Chez Monsieur le curé nous trouvons ses quatre vicaires, tous alsaciens, parlant couramment le français et l'allemand.
Le ministère paroissial à Strasbourg et dans toute la province est très vivant, et les prêtres ayant peu de souci du côté matériel, travaillent avec beaucoup de dé:
vouement et d’entrain. Ils sont d’autant plus zélés, qu’ils ont à protéger contre linfiltration protestante un peuple sincèrement religieux, qui donne à l’activité
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sacerdotale l’aliment et la consolation dont elle a toujours besoin.
Le soir nous fûmes invités à dîner chez Mgr François Zorn de Bulach, évêque d’Erythrée, auxiliaire de Strasbourg. Il occupe une maison d’apparence modeste, mais suffisamment spacieuse et confortablé. Il y vit seul, avec son petit oratoire où il garde le Très Saint-Sacrement, et sa riche bibliothèque. Quand il doit aller faire quelques fonctions, l’évêque de Strasbourg députe vers lui les prêtres qui doivent l’accompagner. C’est ainsi qu’il arrivait justement d’une visite pastorale dans une paroisse de la Campagne. Ce qu’il nous en a raconté nous a fait voir que, dans ces pays-là, les choses se passent encore comme au bon vieux temps en France, et comme elles se font encore chez nous, dans nos paroisses rurales.
Mgr de Bulach est français et allemand tout ensemble, Son frère est gouverneur de la ville de Strasbourg. Mgr de Bulach
est un fervent des congrès eucharistiques.
À celui de Malte il a fait présenter un rapport, substantiellement le même dont il avait proposé déjà les conclusions pratiques, à savoir “ que tous les prêtres, religieux et fidèles, ensemble réunis, adressent d’instantes supplicatic s au Dieu de miséricorde,;afin d'obtenir de Lui que tous ceux qui ne partagent pas la foi de l’Eglise catholique, soient ramenés à l’unité de la foi, grâce au divin Sacrement et Sacrifice de l’Eucharistie, lequel est le signe d: l’union, le lien de la charité, le symbole de la concorde et le source où l'Eglise ne cesse de puiser sa force et sa gloire, sa splendeur, tons ses dons divins et la plénitude de tous les biens désirables. ”,
A l’appui de sa thèse, Mgr de Bulach, fort de l’approbation de Pie X, aime à rappeler les oeuvres diverses établies déjà dans ce but de réunion, notamment l’archiconfrérie de Notre-Dame de Compassion, créée par Léon XIII en 1897, pour la conversion de l’Angleterre, celle de
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