‹ Au congrès eucharistique de Malte [microforme]Chapitre 26 sur 32 · rer · texte numérisé non relu

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Notre-Dame de l’Assomption instituée pour le retour de l'Orient, l’Union psalmodique et l’Association de Prières, et la Congrégation de Notre-Dame de Sion, fon- Jée par le juif converti le Père Ratisbonne, et qui a pour but la conversion des enfants d'Israël. C’est à ces croisades de prières que Mgr de Bulach veut associer le sacerdoce, la vie religieuse et la piété laïque en leur donnant tout l’appoint de la ferveur eucharistique.

Au Congrès de Montréal en 1910, Mgr de Bulach avait fait lire son rapport par le Père Wucher, curé à N, ew York ; à Malte, il était représenté par le Père Léanza, jésuite.

Namur, 8 juillet 1913.

Un arrêt de quelques heures à Namur Nous à permis d’aller présenter nos hommages à l’évique de cette ville, Mgr Heylen. Vous savez qu’il est président à vie, nommé par le pape, des Congrès eucharisques internationaux. J'avais eu l’avantage de le rencontrer aux Congrès de Londres et de Montréal, mais je l'ai vu de plus près encore et dans ure plus grande intimité durant le voyage et le séjour que NOUS avons faits ensemble à Ma ce. Les fidèles du diocèse de Namur sont très enthousiastes de leur évêque, et le poste éminent qu’il occupe de par la volonté du Saint-Père, et avec tant de dignité, est

270 AU CONGRÈS EUCHARISTIQUE om naturellement bien loin d’avoir diminué leur admiration et leur attachement. Mgr Heylen, qui a fait autrefois de notre temps de très brillantes études à Rome, a de plus l’avantage de parler aisément toutes les principales langues européennes, I] lui faut une santé exceptionnelle, et une énergie peu commune, pour mener de front l’administration d’un vaste diocèse avec la charge très onéreuse de l’organisation des congrès.

Au retour de Malte, à peine avait-il présenté son rapport au Saint-Père qu’il se rendait à Lourdes, pour s'entendre avec Mgr Schoepfer, au sujet du vingt-cinquième congrès qui doit se tenir au mois de septembre de l’année prochaine. Mgr Heylen appartient à l'Ordre des Prémontrés, de même que son dévoué et très aimable secrétaire, le Père Tarcisius.

Nous avons eu aussi le plaisir de voir chez lui M. Mathieu Liesens, ingénieur, administrateur directeur, et gérant de la .

Société des Charbonnages de Tamines. 11 est membre très actif du Comité permanent des Congrès eucharistiques internationaux. Il était à Malte avec sa femme.

Nous les avons vus tous deux entourés de leurs enfants. L’aînée doit se marier dans quelques jours. Les autres reçoivent leur éducation dans des institutions religieuses et se retrouvent fréquemment au foyer autour de leurs parents, C’est le type de la famille belge catholique de la classe aisée, Ce qui m’intéressait surtout, c'était de voir l'attention intelligente apportée par le père et par la mère aux études de leurs enfants dans les moindres détails. Ils font évidemment de grandes dépenses pour les faire instruire, et ils voient par eux-mêmes à ce que leurs sacrifices soient compensés par le progrès et les succès de chacun. C’est 1à le concours le plus efficace que des parents soigneux puissent donner, Pour leur propre satisfaction, aux éducateurs qu’ils ont choisis.

C’est l'impression très agréable qui m'est restée de ma visite chez M. Liesens, J’a-

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joute que ce citoyen riche, instruit et profondément religieux, s’occupe activement de ce qu’on appelle les questions sociales, et surtout de l'amélioration du sort des ouvriers; la position qu’il occ :pe lui permettant v’exercer dans cette sphère une réelle et bienfaisante influence.

Londres, 11 juillet 1913.

L'étude du mouvement religieux en Angleterre compte certainement parmi les plus intéressantes, mais son objet est tel.

lement complexe, et peut être considéré de tant de points de vue différents, qu’elle

bord. Il est impossi.

ble de la faire avec fruit à moins d’être sur place et de s’y appliquer exclusivement. Il vaudrait la peine que quelqu’un —un étranger exempt de tout préjugé enthousiaste ou pessimiste, de toute façon libre et avec les aptitudes voulues — pût se documenter ici même largement, et préciser le fruit de ses observations. Quel a été depuis cinquante ans, depuis le mou-

274 AU CONGRÈS EUCHARISTIQUE Re TE SN et

vement d'Oxford et la double conversion de Manning et de Newman entraînant avec eux quelques amis, le progrès réel de la religion catholique en Angleterre ?

quelle est la proportion des convertis dans les différentes classes de la société, quelle action a été surt.." exercée sur eux? dans quelle mesure cette influence d’ordre intellectuel ou moral va-t-elle s’accentuant?

Quelle est d’une façon plus générale la mentalité britannique actuelle vis-à-vis le catholicisme, ou vis-à-vis l’église anglicane et les autres sectes ? Comment se traduit l’activité religieuse dans les divers cultes? Enfin quelles sont les perspectives que l’on peut raisonnablement admettre comme fondées sur l’avenir de l'Eglise catholique en Angleterre ? Il me semble que l’ensemble des réponses à toutes ces questions, si elles étaient suffisamment appuyées, donnerait une idée assez complète de la situation religieuse en Angleterre. Pour le moment il faut laisser le point d’interrogation.

Ce qui est certain c’est que, dans des

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Proportions impossibles à définir, mais très réellement, l'Eglise catholique jouit d’une vie intense dont ses enfants tiennent en toute circonstance à fournir l’irrécusable témoignage. Ce qui n’est pas moins vrai c’est que les Conversions se font de plus en plus nombreuses, qu’elles se comptent par milliers chaque mois, et que les

convertis se recrutent à tous les degrés de l’échelle sociale.

Enfin ce qu'il faut encore reconnaître c’est que l'emprise catholique se fait, sous l’action de la grâce, par les voies de l’étude, du raisonnement et de la conviction finale, ce qui fait que chaque conversion un peu publique devient un événement

qui intéresse les sommités intellectuelles de la nation.

Mais avec tout cela il serait impossible de conclure avec quelque sagesse à Ll’espoir d’un retour en masse de l’Angleterre à l'Eglise catholique. Seul un miracle Pourrait produire un événement devant

lequel se dressent trop d’obstacles qui semblent en réalité humainement insurmontables.

Le rétablissement de la hiérarchie en Angleterre et en Ecosse, l’érection d’un grand nombre d’églises et de paroisses, la fondation de multiples instituts religieux pour l’éducation et la charité, l’établissement de confréries de toutes sortes, des congrès fréquents venus sur divers points du royaume, la reprise discrète mais courageuse des anciennes libertés, la formation solidement doctrinale des enfants et une prédication bien nourrie, voilà autant de choses qui constituent en l’accentuant la vie religieuse chez les catholiques. Tout ceci a reçu une impulsion nouvelle et très forte par le fait et : la suite du grand Congrès eucharistique de Londres. ;

L'action réflexe s’en est fait sentir dans le monde protestant. A l’époque même du Congrès, et dans la première année qui a suivi, un bon nombre et parmi les mieux

DE MALTE 277 TN Connus ont manifesté des inquiétudes, des angoisses mêmes qui laissaient assez prévoir un dénouement qui n’a pas fait défaut. Les Conversions ont été nombreuses et éclatantes, elles se sont produites

surtout, mais non exclusivement, dans le monde clérical.

Tout récemment encore on apprenait celle des bénédictins anglicans de Caldey, et des religienses d’un monastère voisin.

Elle prouverait, semble-t-il, que l'idéal Contemplatif tourmente certains esprits, qui doivent bientôt se reconnaître incapables de l’atteindre à moins de revenir au catholicisme, qui seul peut donner son plein essor à la vie religieuse Proprement

Pour moi, dans le moment, deux âmes me servent d'image pour représenter à Mon esprit la mentalité protestante chez ceux que rien n'arrête, ou même ne retarde, dans la recherche de la vérité et qui

sont décidés coûte que coûte à l’embrasser.

Le Rév. H. Benson, fils de l’archevêque anglican de Cantorbery, élevé par un père rigide dans la plus stricte orthodoxie anglicane, esprit très ouvert, infatigable à l'étude, d’une vie austère, ayant pour le ministère des aptitudes spéciales; devenu ministre il poursuit ses recherches, scrute l’histoire et la tradition, de très bonne foi veut s’affermir dans sa croyance qu’il sent s’ébranler à mesure qu’il avance. Er‘in un jour la question se pose: que signifient trois petits siècles d’atavisme qui le relient à une Elizabeth et à un Henri VIII, quand il devrait par quinze siècles de tradition se rattacher aux Augustin, aux Grégoire et aux Chrysostôme, et remonter plus haut encore par la même voie jusqu’au berceau même de l'Eglise. M. Benson, est aujourd’hui prêtre catholique. Il n’est pas en /.ngleterre de missionnaire plus zélé, ni u’écrivain plus fécond. Sa conversion pourrait s'appeler humainement une évolution logique de l’intelligence arrivant par degrés à la pleine possession de la vérité M. Benson repré-

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