‹ Au congrès eucharistique de Malte [microforme]Chapitre 4 sur 32 · TE · texte numérisé non relu

TE

&rand plaisir en aCCeptant avec l’empressement qu’on met à tout vous offrir. Vous n'êtes pas à Charge, on ne s’est pas dérangé pour VOUS, vous en êtes Presque persuadés. Bref, c’est la véritable hospitalité, forme sensible de la vraie Charité,

( La be

La Valette, Malte, Jeudi, 24 avril 1913.

Hier, dans la vaste enceinte de la Musta, c'était le grand nombre, les grandes personnes, de grands discours, des applaudissements et des acclamations ; c'était aussi l’exécution savante d’un programme élaboré avec soin où toutes les questions de préséance et les exigences sociales étaient fidèlement observées ; c'était le décorum et l’enthousiasme unis dans l’expression ardente mais réfléchie des sentiments de foi et d'amour envers Notre-Seigneur.

Mais chose curieuse et qu’il faut noter:

DE MALTE 63 Von ve nt

afin de chanter Plus librement les louanges du Dieu eucharistique on l'avait fait disparaître de son tabernacle, il était absent. Etait.ce exagération du respect qui lui est dû ou crainte d’un manque de décorum auquel on pouvait s’exposer envers Lui dans son temple? Toujours est-il qu’à la Musta, l'église avait été simplement Convertie en une salle ordinaire, et l’exemple n’était pas nouveau ; les convenances et les règles liturgiques l’exigeaient également. C’est un des inconvénients de la circonstance.

Ce matin le Spectacle était bien différent, c’est le petit monde, le monde des petits enfants,de ceux que Jésus a appelés plus près de lui, qu’il a Chéris, choyés, bénis d’une façon plus spéciale, qu’il a Proposés comme modèles AUX plus grands.

Ce sont les petits communiants que le Congrès eucharistique, pleinement imprégné des enseignements et des désirs de Pie X, amenait Par Centaines à la fois de

chacune des quarante paroisses de l’île de Malte,dans l’église de Saint-Publius, pour y entendre la messe et y receveoir la sainte communion.

Il y a à Malte trois cents églises au moins. Celle-ci, située dans la Floriana, est l'une des plus grandes, elle porte le nom du premier évêque de l’île, celui dont le père avait été guéri par saint Paul et qui fut ensuite converti, baptisé par l’apôtre et consacré évêque de l’île.

L'église est vaste, il n’y a ni bancs, ni chaises, les nefs sont libres de toute part.

A part le maître autel, il y a de chaque côté des chapelles que ne ferme aucune balustrade.

Douze mille enfants, c’est un chiffre approximatif, tous très bien mis, ont pénétré dans l’église, accompagnés d’un petit nombre de maîtres et maîtresses religieux ou laïques. Six évêques vont dire la messe en même temps que le cardinal-légat qui célèbre au maître-autel.

Maite et Gozo

TE

J’occupe moi-même celui qui se trouve au bas de la nef, du côté de l’évangile.

Derrière moi, se confondant avec ceux qui me servent, sont les enfants, serrés les uns contre les autres, leur masse subissant parfois comme un remous tant cette cohue est compacte. Ils prient tout haut, on en voit qui récitent ensemble leurs oraisons.

A entendre ce bruit confus qui règne dans l’assistance tout le temps de la messe on pourrait croire à la dissipation, à des Conversations profanes, il n’en est absolument rien. Ces enfants ge disposent à Communier et ils le font ensemble,

Quand vient le moment de s’approcher des divers autels, alors que chacun des évêques célébrant tenait le ciboire et prenait la sainte hostie, ce fut un spectacle d’abord un peu troublant, puis tout aussitôt attendrissant à l'extrême, et que je n’oublierai de ma vie. Il est d’ailleurs indescriptible.

Qu'il me suffise de dire que ces chers

66 AU CONGRÈS EUCHARISTIQUE net mms

petits demandaient la communion, comme les enfants affamés la nourriture : parvuli petierunt panem... N on, il n’y avait aucun ordre, mais le désordre lui-même était admirable. La précipitation des enfants, l’ardeur de leurs désirs, leur bouche ouverte, leurs paroles mêmes, tout marquait la naïveté et la candeur de leur âme.

J’en ai entendu plusieurs qui, ne pouvant se frayer assez tôt un passage me suppliaient : & me, a me. D’autres trop petits pour se défendre seuls, m’étaient présentés dans les bras de leur père ou de leur tuteur du moment. Et ceci se passait tout autour de l’église en même temps que le cardinal, les six évêques et dix ou douze prêtres venus à leur secours distribuaient la sainte communion. Tout en remplissant ce ministère, j'observais les enfants et je vis très bien qu'après avoir reçu la sainte hostie, fermant les yeux et joignant les mains avec une attitude très recueillie, ils se retiraient jouant douce-

ment des coudes, laissant la place aux autres pour aller encore par petits groupes réciter leurs actions de grâces. Certes, je ne veux pas du tout chercher ici un modèle pour la direction habituelle de nos enfants aux jours de communion générale, mais nous sommes à Malte, en plein Congrès eucharistique. Tout le monde a voulu communier, les enfants ont réclamé leur part de bonheur, on ne pouvait point les grouper ainsi sans s’exposer aux inconvénients du désordre apparent.

N’empêche que c’étaït beau et touchant.

J'ajoute ici une réflexion : Si Notre- Seigneur a témoigné un amour si spécial et si sensible aux petits juifs de son temps, point baptisés, mal débarbouillés, mal vêtus et qui bien sûr ne gardaient point un silence de commande sous sa main bénissante, que penser de sa tendresse et de son indulgence pour les petits enfants de Malte, au jour de leur communion générale, dans l’église de Saint-Publius. Et puis, dans le ciel, est-ce qu’on gerdera le silence ?

ue. NS SÉRRS

ites provisions que en réserve, ge

Rous donnent une Parade tout point à celle que nou vue à Londres et à Montréal. Au fur et

à à mesure qu’ils passent devant lui, ils | acclament le légat, ils crient ]

8 avions déjà

res que dure le Passage

tin, c’est une même acclamation qui

mm

retentit, qui ne cesse par intervalle que Pour reprendre aussitôt avec plus de vigueur.

Melita, l’île des fleurs, des abeilles, et du bon miel, est aussi l’île des charmants petits enfants. Dire qu’ils nous saluent avec timidité et respect ne serait point exact; ils le font d’une manière aimable, en souriant comme s'ils nous reconnaissaient, et en nous disant tout haut :

bonjour. Vous croyez peut-être ces éloges exagérés; nullement. Ils expriment simplement un fait observé par tous les congressistes étrangers et consigné même dans plus d’un de leurs discours.

Le Casino est le lieu de réunion de la société maltaise, c’est le Cercle. Il occupe de beaux appartements à quelques pas de la bibliothèque publique et du palais du Souverneur. On nous a fait la gracieuseté de nous adresser des cartes, nov:

octroyant les droits et privilèges de membres du Casino pendant tout notre séjour à Malte.

NN

Les diverses sections ont commencé ce Matin leur travail. II 7 en a plusieurs.

Celle de langue française tient ses séances dans l’église Saint-François, sur la strada Reale, près de la Cathédrale, I1 y a là Mgr Dubois, archevêque de Bourges, Mgr Odelin, l'abbé Bouquerel, M. le chanoine Desgranges, qui tour à tour prennent la parole. Mgr Odelin rappelle que le premier grand-maître des chevaliers de Malte fut un français, Villiers de lIsle- Adam, et que la ville de Valetta porte le nom de Jean Parisot de la Valette, encore

un compatriote, le héros illustre du siège de Malte en 1565.

La discussion se fit surtout sur les moyens à prendre Pour travailler efficacement à rétablir dans tous les milieux le règne social de Jésus eucharistique. Je

dus moi-même clore cette séance par une briève allocution.

La Valette, Malte, Jeudi, 24 avril 1913.

La basilique Saint-Jean-Baptiste, quia été élevée à la dignité de con-Cathédrale, est une des plus belles du monde. Elle est de l’époque des chevaliers, ayant été commencée en 1573 et terminée en 1578.

L'architecte était Jérome Cassar. Elle avait été enrichie de toutes sortes d’oeuvres d’art et de vases sacrés en or et en argent par les divers grands-maîtres.

Malheureusement Napoléon Ier s'étant emparé de l’île et ayant chassé l'Ordre,

72 AU CONGRÈS EUCHARISTIQUE SR ne trouva rien de mieux à faire que de

piller le trésor de son église conventuelle.

Il enleva tout ce qu’il put.

Cependant, malgré ces vols sacrilèges, elle offre toujours à l’admiration des visiteurs, outre les beautés de sa structure incomparable, outre spécialement le pavé fait de quatre cents blocs de marbre qui sont autant Ge pierres sépulcrales avec inscriptions et blasons, et dont l’ensemble forme une immense mosaïque, de superbes tapisseries, des fresques, des toiles qui sont autant d’oeuvres d’art des artistes les plus célèbres.

Dans le Choeur, en face du trône épis- Copal, se trouve celui du roi que le gou- Verneur de Malte occupe dans les grandes solennités, Dans Ja crypte on voit les tombeaux de plusieurs grands-maîtres,

Cette église remplace pratiquement la cathédrale de Notabile que la tradition

place à l'endroit où s'élevait le palais de Publius.

La Valette, Malte, Vendredi, 25 avril 1913.

Il y a beaucoup de monde dans les rues, parce que durant le Congrès le peuple chôme, on ne travaille pas, sauf pour les fins mêmes du Congrès. L’après-midi surtout, la rue Royale et la place sont encombrées. La circulation y est lente et difficile, mais il y a peu d’étrangers.

L’auditoire, aux sections française, espagnole, anglaise, n’est pas nombreux.

Pourquoi? On assigne plusieurs causes.

Mais c’est le désappointement de la popu-

al

Mate dt 1 HER it ANT. 2e ” Lt ee Pt " SLR dite anse: cc tds Pros cts PT NN ” nement Hd sa caisse EE 4 RE ES M PIE de EMRERES à FRONT ue at ; : om —— mn = ASE dE 7 pote PE drone ; - Naÿie 4 ALES

vésttftgnscgpses«détighih

+ create loi

d | 74 AU CONGRÈS EUCHARISTIQUE ER RE {| | lation maltaise, qui comptait sur une plus

grande affluence.

Les hésitations, ou même les opposisitions préalables dans les milieux ecclésiastiques, les difficultés du voyage et surtout de la traversée, la question du logement et des vivres, d’ailleurs grossièrement faussée ou exagérée — nous le constatons par les annonces officielles qu’on veut bien nous communiquer — tout cela avait contribué à écarter les pèlerins.

Y eut-il au fond de toutes les rumeurs lancées, des incertitudes créées partout, intention perverse, machinations ourdies pour faire avorter le Congrès, dont on annonçait longtemps à l’avance que ce serait un fiasco international ? Qui pourrait le dire ? Le fait brutal est là.

Peu d’écrangers sont venus, alors que Malte pouvait en recevoir des milliers, et que les conditions arrêtées par le comité local n'étaient pas plus exigentes que dans les congrès précédents.

D’autre part, ceux qui sont venus ou qui doivent nous arriver encore de France ou d’Espagne, sont de vrais congressistes ; la qualité supplée au nombre; le Congrès sera vraiment catholique tout en ayant un cachet strictement local.

Ce sera le Congrès eucharistique international de Malte dans toute la force du terme. On le voit déjà. Rien ne sera manqué ; tout sera grandiose et tout sera strictement religieux.

Et pour ce qui concerne les Maltais eux-mêmes il n’y aura point d’exception, pas même chez les jeunes gens de l’Université, qui ont voulu former une section à part, laquelle tient ses réunions dans une des chapelles de la basilique Saint- Jean.

L'Université de Malte, érigée sous le régime des chevaliers, en 1769, par Clément XIV, a remplacé en l’absorbant le collège des Jésuites qui enseignaient de-

DR mem pl: perds

pan ti à 1 A nca Er ot me Te

ee p L NT M RICTTS

MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART (ANS! and ISO TEST CHART No. 2)

EER

FFEEFE

APPLIED IMAGE Inc 1653 East Main Street

Rochester, New York 14609 USA (716) 482 - 0300 - Phone

(716) 288 - 5989 - Fax

puis cent soixante sept ans. Elle comprend quatre facultés : littérature et sciences, médecine, droit et théologie. Elle a une charte royale. Il est stipulé dans ses statuts que tout enseignement contraire à la doctrine catholique est strictement prohibé. Le nombre des élèves est d'environ deux cent quarante, Ce qui est une proportion suffisante pour la population totale de Malte qui n’atteint pas trois cent mille.

J’ai assisté ce matin à leur réunion, C'était intéressant de voir à tour de rôle entrer dans le Choeur, pour porter la parole, des professeurs comme Mgr Formosa, un religieux, le Père Gemelli, des séminaristes et des étudiants laïques, tous sur le même sujet, l’Eucharistie, envisagé différemment, mais traité avec la même foi, la même piété, la même ardeur, et provoquant dans toute l’assistance les mêmes applaudissements.

Le discours de M. Giulio Cortis, gradué

a, OS E eee mm ———

HR Rs | pa = à

f DE MALTE 77 EH

i Î mr en droit, mérite une mention particulière, A

il a traité l'Eucharistie et les bonnes moeurs. À la demande générale, ce travail sera mis en brochure, et largement distribué. Signé par un étudiant, par un ; jeune homme du monde intelligent et l

instruit, il est apte à faire un très grand } bien parmi la jeunesse studieuse de tous {

pays. .”

C’est le souhait que j'ai exprimé publi- G quement à cette même séance, après avoir | félicité les orateurs et l’auditoire. l

Pour vous faire voir que la piété des étudiants n’est pas une chose passagère, | à l’occasion du Congrès, mais qu’elle est ‘ bien dans leur formation et leurs habitu- | il des, je vous dirai qu’ils entretiennent eux- | | mêmes et avec beaucoup de zèle la déco- :

ration florale d’un gentil oratoire de la Sainte Vierge qu’ils ont aménagé dans A une de leurs salles,

nel rm nné ea omse0f

| | —— ji

IE

Rd.

La Valette, Malte, Vendredi, 25 avril 1918.

Et sonmtrenets

Tous les jours, durant le Congrès, il y a des cérémonies spéciales dans les principales églises de l’un ou l'autre des quartiers de La Valette, Nous ne pouvions aller partout. Des invitations plus personnelles, si on pouvait les accepter toutes, nous permettraient de faire connaissance avec quelques-unes des nombreuses communautés de Malte. Ce matin nous disions la messe dans la chapelle des chevalières de Malte, dites de Sainte- Ursule,

sr stenerierrstemmreenn

dl : 2 | A I: |

Cet après-midi, nous sommes retournés

à la Musta pour la troisième réunion gébéralc. La deuxième a eu lieu hier, on y parlait surtout du culte eucharistique à Malte et en Afrique. Aujourd’hui les sujets traités avaient un caractère plus général et très pratique. Le cardinal Bourne a parlé de l’Eucharistie et de la famille, M. Arthur Mercieca, avocat : de l'Eucharistie et des enfants. Le Père Gemelli, franciscain, que nous avions déjà entendu ce matin chez les étudiants :

de l’Eucharistie et de Lourdes; et le docteur G.-F. Inglott: de l’Eucharistie comme Saint-Viatique en rapport avec l’exercice de la profession médicale. Tous ces discours étaient au point.

Au reste je note ceci que, depuis le commencement du Congrès et dans toutes les réunions auquel il donne lieu, dans les sessions générales ou particulières, on ne s’est pas écarté un instant de l’objet en vue qui était et qui devait être l'étude eucharistique sous ses divers aspects,

Au cours de la séance Mgr Heylen a

Page 1