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fendu d’omettre dès ces premiers jours, est celle du Séminaire français à Santa Chiara. C’est toujours pour moi un plaisir nouveau de revoir cette maison où j'ai passé trois annéc: de ma première jeunesse sacerdotale. Cette année encore j'y retrouvais, en pleine vigueur et en pleine activité, plusieurs de mes anciens professeurs : le R. P. Eschbach, membre de plusieurs congrégations romaines, auteur de divers ouvrages très appréciés, le R.
P. Daum, l’invincible argumentateur.
Rome, d’ailleurs, offre ceci de particulièrement attrayant qu’on peut y revenir sans cesse pour y revivre, chaque fois, avec le même agrément, dans la renaissance des mêmes souvenirs.
Tout à l’heure nous prendrons le train de Naples, en route pour Syracuse et Malte. N'oublions pas en effet que le Congrès doit s'ouvrir dans le cours de cette semaine,
Malte est fonc bien loin et bien difficile d'accès! Ce n’est qu'avec difficulté et au milieu de renseignements contradictoires que nous finissons par avoir des billets de l'agence Lubin, et encore sans garantie bien sérieuse pour la traversée.
Les dépêches sont restées sans réponse, et puis on a répandu partout le bruit qu’à Malte même, le logement et les vivres seront insuffisants ou à des prix inabordables. Ceci a pour effet de retenir bon nombre de pèlerins. Mon frère et sa famille ont renoncé au voyage et restent en Italie,
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La Valette, Malte, Mardi, 22 avril 1913.
Les wagons-lits européens, quoiqu’on en dise, n’ont pas encore égalé 1: confort de nos pullmans. Je parle d’une manière générale, Je sais qu’il Y a certains <ompartiments de luxe qui sont vraiment très commodes et très beaux, mais ils sont rares et coûtent bien cher. Le coupé-lit n'arrive pas avec le slateroom, pas plus que les voitures ordinaires, surtout en Italie, avec les classes correspondantes en Amérique. Mais ce sont de petits détails
sur lesquels il ne me convient point d’insister.
mes
On voyage tout de mème sans trop de fatigue depuis Rome jusqu’à Syracuse en Passant par Reggio et Messine. Le long de la route nous avons eu le spectacle de la désolation laissée sur une grande partie de la Calabre et de la Sicile par le terrible tremblement de terre. Les ruines sont là, à peine masquées par des maisonnettes toutes de même facture, avec le seul rezde-chaussée, s’alignant avec une régularité parfaite, et abritant des familles qui ont repris leur vie ordinaire, sans paraftre redouter de nouvelles catastrophes.
Le coup d’oeil est curieux : une population grouillante apparemment très pauvre, misérable au point qu’on voit fréquemment des femmes travailler aux terrassements avec les hommes, dans un Pays qui paraît lui-même riche et prospère, tant la culture en est soignée, intensive et de bon rapport.
Nous avions pour Compagnons de route Mgr Heylen, évêque de N amur, Son secré-
38 AU CONGRÈS EUCHARISTIQUE ne
taire le Père Tarcisius, Mgr Clune, évêque de Perth, en Australie, quelques prélats romains, au nombre desquels Mgr Patrizi, avocat du Tribunal de la Rote, plusieurs prêtres d'Amérique, et bon nombre de personnes laïques de divers pays, tous se rendant au Congrès. Le train nous conduit jusque sur les quais de Syracuse. Des barques nous y attendent pour nous transporter à bord du vapeur.
Malte n’est pas bien loin, dans la direction du sud, cent soixante milles à peine, moins que de Montréal à Québec. Ce serait charmant, surtout par un temps serein et une mer calme, si le vaisseau luimême était quelque peu décent et suffi- Samment confortable. C’est tout le contr& ire et je n’ai aucun compliment à faire au Corona. Ce qui nous étonnait tous, nous étions peut-être une centaine de Passagers, C’est qu’on n’ait pas songé à améliorer les moyens de transport à l’oc- Casion du Congrès.
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Enfin nous arrivons quand même, et après de longues heures de jeûne et de fatigue, nous sommes enchantés de pouvoir descendre à une heure du matin.
Nous avons du reste bien vite oublié l’insomnie et la faim pour jouir pleinement de la vue splendide qui nous est offerte à l'entrée de la rade maltaise.
La mer est du plus bel azur. Le ciel, sans une nuée, se mire avec ses millions d'étoiles dans cette glace qui devient,sous la marche lente du vaisseau, comme une vraie rivière de diamants. La ville silencieuse et sombre décrit sur la coupole illuminée la dentelure capricieuse de ses clochers, de ses créneaux et de ses bastions.
De la rive se détachent un grand nombre de barques qui s’illuminent graduellement de lanternes vénitiennes ; elles s’approchent presque sans bruit et bientôt ont entouré le navire qui lui-même s’est arrêté au milieu de la baie. Celle-ci forme une échancrure, présentant d’un côté la ville, de l’autre la jetée et les forts. Des canots
automobiles, ornés de lumières multicolores Ont frayé leur chemin à travers la flottille. Ils amènent des officiers de santé, des agents de douane, puis enfin, des personnages que nous ne connaissons point, mais qui nous attendaient, qui sont venus au-devant de nous, qui nous appellent par notre nom, qui nous invitent à les suivre. A leur tête est le très distingué et très sympathique secrétaire-général, Mgr Gauci.
Nous étions dès lors en plein pays de Connaissances, et libérés de tout ennui.
Une des barques nous conduit au rivage.
Les formalités de la douane sont bien vite remplies et à deux heures le chanoine très obligeant, Mgr Muscat, qui nous accompagnait, frappait à la porte de la famille S. Cassar, où nous devions loger durant le Congrès.
Nous sommes allés dire notre première messe à Malte dans l’église du Gésu. J y apprends, presque par hasard, qu’Alexandre VII a été sacré évêque dans cette même église, par l’évêque de Malte. Ce fait m'intéresse souverainement, et je vais faire en sorte d’en obtenir les détails. Notre première visite fut naturellement pour le chef du diocèse, Mgr Pace, archevêque de Rhodes et évêque de Malte. C’est un vénérable vieillard, plus qu’octogénaire, mais encore plein de vie et d’éner-
gie. Il a pour auxiliaire Mgr Portelli, dominicain.
Le palais épiscopal n’a de remarquable que la salle de réception assez vaste et contenant quelques beaux tableaux. Mgr Pace nous reçoit avec une joie exhubérante, nous remercie d’avoir accepté l’invitation, et d’être venus de si loin pour le Congrès. Il nous parle avec un enthousiasme très jeune des grandes fêtes qui se préparent au milieu de son peuple, dont il se plaît à louer la piété et la docilité,
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Il avait, dans une deuxième lettre sur le sujet, ordonné une mission préparatoire qui a été effectivement prêchée durant trois semaines dans l’église du Gésu, et un triduum qui devait avoir lieu dans toutes les églises à la veille du Congrès.
Et les fidèles se sont portés avec un empressement et une unanimité admirables à ces divers exercices de piété eucharistique. C’était pour leur évêque le présage assuré du succès.
Durant tout le Congrès, il y aura ado-
ration nocturne dans quatre églises spécialement désignées,
Au sortir de l'évêché nous sommes allés faire acte de loyaux sujets de Sa Majesté britannique en nous inscrivant chez le Souverneur qui occupe l’ancien palais des Grands Maîtres de l'Ordre de Malte. Le &ouverneur actuel est Sir Henry MacLeod Leslie Rundle,
M. Cassar, qui nous conduit dans son
équipage, veut ensuite nous donner une idée générale de la ville, ou plutôt du groupe de petites cités qui forment avec la Valette la principale ville de Malte :
Floriana et Sliema. Cette vue d'ensemble ne nous permet pas encore d’entrer dans des détails pour faire une description quelconque. Le peuple crée de prime abord une impression très sympathique.
Il est facile de voir qu’il est bienveillant, poli et gai. On y est sans vanité et sans gêne, et cependant rien ne choque dans son attitude. Il est vrai que bon nomhre vont pieds-nus, même les femmes, et les enfants en très grande généralité. C’est l'habitude du pays pour les jours ouvriers, mais cela n’offre rien de répugnant parce que la propreté règne partout. Les femmes, pour se protéger contre les ardeurs du soleil ou la réfraction trop vive d’un sol couleur de craie, portent la faldetta, sorte de parasol sans manche toujours bandé, et qu’elles déplacent selon le besoin. C’est plutôt gracieux.
L'arrivée du légat pontifical vient de donner lieu à la première explosion publique du sentiment religieux des Maltais.
Vraiment, ça été très émouvant. La population entière s’était portée sur les quais, ou dans les innombrables embarcations de tout genre et de toute grandeur qui bientôt eurent couvert la baie de leurs fanons multicolores. Toutes les rues sont déjà pavoisées; des drapeaux à toutes les fenêtres, à tous les balcons et sur tous les toits.
Un peuple aussi pieux, qui salue avec respect le plus humble prêtre dans la rue, doit professer une vénération profonde pour le pape et témoigner de son amour par la façon dont il accueillera l’envoyé de Pie X,.
La joie est universelle, quand circule dans la foule l’annonce de l’arrivée du
croiseur anglais qui porte le cardinal Ferrata, déjà connu et très aimé à Malte.
En effet par une courtoisie dûment appréciée et qui restera comme un exemple et une leçon, avec l'autorisation du gouvernement britannique, l’Amirauté anglaise avait mis le Hussar à la disposition des autorités religieuses pour transporter le légat apostolique et sa suite de Syracuse à Malte.
Il est cinq heures, il fait très beau, la température est délicieuse. Le vapeur entre majestueusement dans la rade, des détonations éclatent de tous côtés, les drapeaux s’agitent,c’est comme un signal, une immense acclamation s'élève, les cloches de toutes les églises de la ville se mettent en branle et sonnent à toute volée, les fanfares échelonnées sur les remparts jouent l’hymne pontifical, les sirènes de tous les vaisseaux qui se trouvent dans les deux ports de Malte joignent la variété de leurs cris perçants et prolon-
gés. C’est un concert frémissant qui, dans un mélange apparemment désordonné des sons les plus divers et les plus étrangers, porte au légat, debout sur le pont supérieur de son navire, l'acte de foi et d'amour de tout un peuple. Les plus hauts dignitaires ecclésiastiques et civils sont bientôt en présence du cardinal, échangeant les premières paroles de bienvenue. Au milieu des applaudissements enthousiastes et des acclamations de la foule, Son Eminence monte dans une voiture traînée par quatre chevaux et une procession informe le précède, l’accompagne ou le suit jusqu’à l’estrade, qui s’élève à la porte de la ville de la Valette, près de l’église de Sarria. Là a lieu une première présentation d’adresses par Mgr Pace et par le juge C. Pullicino. Le légat répond brièvement, puis le cortège, mieux organisé maintenant, avec les ecclésiastiques en surplis, les prélats et les évêques en habits de choeur, le cardinal lui-même en cappa magna, sous un dais porté par les citoyens les plus notables de Malte, se rend à l’é-
ra anna mn, f ganro.
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glise con-cathédrale de Saint-Jean où ont lieu les cérémonies liturgiques ordinaires.
Tout le temps et tout le long du parcours, ce fut le même enthousiasme, et les mêmes démonstrations de joie bruyante et respectueuse,
Chose à noter et qui se continuera d’ailleurs tout le temps du Congrès, pour maintenir l’ordre suffisant dans cette multitude, il n’y a que les hommes de la police maltaise, et les étudiants de l’université, qui font avec eux très bon ménage et travaillent de concert dans l'intérêt public. Il est difficile, je pense, d’imaginer un triomphe plus éclatant, plus consolant et plus complet que celui qui était réservé au cardinal Ferrata par la réception des Maltais...
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La Valette, Malte, Mercredi, 23 avril 1913.
Au moment de quitter Rome, j'avais reçu et accepté avec joie de Mgr Gauci une invitation de donner la messe et de distribuer la sainte communion aux élèves du Lycée Roya' de Malte, dans l’église du Gésu. Je m’y suis donc rendu | ce matin. Je fus reçu par le recteur du lycée et deux chanoines de la cathédrale portant leurs insignes épiscopaux,mosette et croix pectorale: c’est le privilège de tous les membres du chapître. Les élèves eux-mêmes arrivaient bientôt. Le lycée est le collège où les jeunes gens font leur ( Cours classique. Au moment de la com-
munion, Monseigneur le grand-vicaire leur adresse une courte exhortation, selon l’usage du pays. Tous s’approchèrent de la sainte table. Je pus observer à loisir leur tenue parfaite dans le moment et la piété de leur maintien. Mais une fois la messe finie, ce ne fut pas sans étonnement que j’entendis aussitôt le bruit des convergations parvenant à mon oreille pendant que je faisais l’action de grâces ; c’est un trait caractéristique de Malte. Les fidèles, même les plus dévôts, se sentent à l’aise dans la maison du bon Dieu, et ne croient pas manquer de respect en causant à mi-voix aux pieds des autels. Mes prières terminées, je me tourne vers eux, ils m’entourent avec leurs professeurs et marquent déjà par leur attitude, que nulle gêne, nulle crainte surtout ne les écarte du prêtre ou de l’évêque. Nous entrons ensuite prendre le déjeuner au lycée luimême qui est attenant à l’église ; c’est l’ancien collège des Jésuites et c’est une partie des bâtiments de l’Université. Le mobilier de la maison n’offre rien de re-
marquable ; il rappelle un peu nos maisons
d'éducation d'il y a cinquante ans. C’est
du reste ce que j’ai remarqué bien souvent
| en Europe. L'organisation matérielle des
| collèges, des Couvents, des universités
elles-mêmes, offre rarement de quoi nous rendre envieux.
J’ai voulu, dans la matinée, me renseigner d’une manière plus précise sur la consécration épiscopale d'Alexandre VI.
De la bibliothèque publique, mon compagnon de voyage m’a rapporté les renseignements qui suivent : vers 1635, un noble prélat siennois, Fabio Chigi, est envoyé à Malte en qualité d’inquisiteur. Durant son séjour il est nommé évêque et est sacré dans l’église des Pères Jésuites par l’évêque de Malte. Rappelé à Rome, il est fait cardinal, puis devient pape sous le nom d'Alexandre VII. Durant son pon-
gui
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tificat, il crée la hiérarchie catholique de l’Amérique du Nord par l'érection du siège de Québec, et la nomination du premier évêque du Canada, Mgr de Montmorency Laval. Comme on vient de me demander de porter la parole ce soir, au nom des congressistes étrangers, en ré- Ponse au discours de bienvenue de Mgr Portelli, ce fait me tire quelque peu d’embarras. En effet le rapprochement et l'application en deviennent faciles.
Le pape Innocent XII — Antonio Pignatelli — dont le règne intéresse aussi l’histoire religieuse du Canada, avait été de même grand inquisiteur à Malte.
Vous avez bien remarqué dans notre Cathédrale les grands médaillons faits sur le modèle de Saint-Paul-hors-les-Murs et représentant tous les papes qui ont régné depuis l'établissement du siège épiscopal de Québec. (C’est Alexandre VII qui ouvre la série. Innocent XII est le septième.
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Cet après-midi a eu lieu l’ouverture officielle et solennelle du Congrès. Elle s’est faite dans l’église de l’Assomption, à la Musta. C'est un petit village situé à environ sept milles de la Valette. La distance est longue ; on se demande pourquoi on nous oblige à aller si loin, alors surtout qu’il n’y a pas de tramways pour s’y rendre, et pas assez de voitures pour accommoder les milliers de personnes qui veulent prendre part aux réunions. Il est vrai que les Maltais ne reculent point devant la fatigue, que le temps est très beau et que le défilé des équipages offre une sorte de distraction, et soutient le courage le long de la route. Celle-ci est décorée par-ci par-là d’arcs de triomphe, de tentures, d'inscriptions et d’emblêmes, Les petits villages de Hamrum et Birchircara sont largement pavoisés.
L'église de la Musta est une rotonde
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ressemblant assez au Panthéon romain.
La coupole qui la couvre à peu près tout entière, vient en troisième lieu dans le monde par ses dimensions. La Construction en fut commencée en 1833, et la consécration en fut faite en 1871.
Elle s'élève sur le site même de l’église qu’elle devait remplacer, et qui subsista quand même à l’intérieur jusqa’à la complétion des travaux en 1859. On :ous a fait observer que cette oeuvre avait été celle du peuple, non seulement par l’argent qu’il avait fourni, mais aussi par le travail gratuit d’un grand nombre d’hommes, de femmes et même d’enfants ; en outre, qu’on avait évité tout échafaudage en faisant la coupole, pour ne nuire en rien à l’église primitive qui ne cessait pas d’être fréquentée. Autour de l’église, à part l’autel majeur, il y a six chapelles,
Le cardinal-légat fait son entrée accompagné des autres cardinaux, des évêques et des dignitaires ecclésiastiques et laïques, la foule se presse sur son passage,
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une fanfare joue sur le perron de l’église.
Déjà l’intérieur de la rotonde est rempli de congressistes. On estime leur nombre à douze mille. Ils ont pour insigne une médaille d'argent formée de la croix de Malte aux huit pointes, sur laquelle est plaquée une hostie ayant elle-même en relief les symboles eucharistiques : blés et raisins. Les membres du comité permanent sont placés dans le sanctuaire, avec les évêques, aux côtés du cardinal qui occupe le centre de l’autel.
Leur décoration est une croix grecque portant d’un côté Notre-Seigneur consacrant le pain et le vin, de l’autre saint Parcal Baylon, patron des congrès eucharistiques. Le ruban de couleur papale est orné de la croix rouge de Jérusalem.
La séance est ouverte par Mgr Heylen qui propose l’envoi au pape d’une dépêche exprimant les sentiments des congressistes :
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A Sa Rainteté Pie X, glorieusement régnant.
De cette île classique, évangélisée par saint Paul, l'assemblée eucharistique internationale, honorée de la présence de cinq cardinaux, de quarante évêques, accueillie par la population maltaise avec un enthousiasme et une foi indescriptibles, a sa première pensée pour vous, Ô bienheureux Père, grand Pontife de l’'Eucharistie, professant, pour Votre Sainteté, amour, vénération, filiale obéissance, Elle fait des voeux ardents pour une longue et heureuse conser: D, VOUS remerciant de l’envoi du cardinal-légat pour présider en votre auguste nom, la solennelle réunion du Congrès,
Les congressistes de toutes les nations, étroitement unis dans la foi et dans l’amour à Jésus sacramentel, implorent, comme comble de leur joie et gage certain d’heureuse réussite, Votre paternelle et
apostolique bénédiction pour eux et pour leurs travaux.
D. card. FERRATA.
Le secrétaire du Congrès, Mgr Gauci, lit ensuite le bref du pape au cardinal Ferrata, le désignant comme légat. Son Eminence prend alors la parole et prononce un long discours tout à la gloire de l’Eucharistie et à la louange des Maltais. Viennent ensuite l’archevêque de Malte, Mgr Pace, et son auxiliaire, Mgr Portelli. C’est alors mon tour, je dois répondre à leurs paroles de bienvenue à l’adresse des congressistes étrangers. M.
le marquis Mattei me succède avec un discours en anglais et le Père Sammut, jésuite, vient clore cette première séance en faisant l’histoire sommaire des congrès eucharistiques.
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date.
On vient de nous Communiquer le texte du télégramme adressé hier, dès son arrivée, par le Cardinal-légat au roi d’Angleterre :
À Sa Majesté le roi Georges V, Londres,
En abordant à Malte, sur le vaisseau qui a été par ordre de Votre Majesté mis gracieusement à ma disposition, je remplis le devoir très doux d'offrir à Votre Majesté la respectueuse expression de ma vive reconnaissance; je me permets d’y joindre mes voeux ardents pour le complet bonheur de Votre Majesté et de toute la famille royale, ainsi que pour la prospérité toujours croissante de la grande et illustre nation anglaise,
Cardinal FERRATA,
Légat de $. $. Pie X à Malte.
La Valette, Malte, Jeudi, 24 avril 1913. :
Hier soir, grande réception à l’évêché en l’honneur du cardinal-légat. Les autres cardinaux et les évêques s’y sont rendus avec toute la société maltaise. Le duc et la duchesse de Norfolk étaient aussi présents. C'était simple, cordial et de bon aloi.
L'hôtel privé de la famille Cassar est un palais. Sans recherche et avec un bon goût parfait, ses appartements spacieux et richement meublés offrent le double cachet de la famille qui l’habite,
tout y est de Caractère religieux et intellectuel. Le Dr Cassar est chirurgien en titre de l’hôpital et Professeur à l’Université. Il est tout entier à sa profession et à sa chaire. Son nom est vraiment Maltais, et figare dans les annales et sur les monumerts de la ville, Parmi les illustrations du moyen-âge, Sa conversation est très intéressante. Nous ne pouvions mieux tomber, avoir un meilleur guide Pour nous initier Sans fatigue et plutôt avec beaucoup d'agrément, à l’histoire de Malte et à sa Condition actuelle,
Madame Cassar est la nièce de Mgr Agius, évêque bénédictin, ancien délégué apostolique aux Philippines, décédé récemment. Son père, M. Agius, est camé.
rier d’honneur de Sa Sainteté.
Cinq enfants encore très jeunes, l’aîné n'ayant que Quatorze ans, et recevant tous leur éducation à Ja maison, y main.
tiennent une atmosphère de vie et de gaieté qui contribue encore à rendre son
séjour très agréable. Il est reposant d'entendre le soir, monter jusqu’à sa chambre, l’écho à peine affaibli de la prière faite en commun.
Au reste je crois que nous avons l’avantage providentiel de nous trouver ici au sein d’une famille type de la meilleure société maltaise. On y est instruit, on y a cette distinction de manières qui captive toujours, parce qu’elle est faite de dignité et d’affabilité. La conversation ne languit jamais, elle est toujours enjouée, bien que le sujet en soit habituellement sérieux. On sait y vivre dans la bonne humeur communicative. Tout le monde est gai et je crois bien que c’est surtout parce que tout le monde est bon.
L’hospitalité que nous recevons est très simple, on fait tout pour vous, rien ne manque et cependant vous êtes à l’aise.
Vous croyez sincèrement que vous ne gênez personne, et même que vous rendez service, ou tout au moins que vous faites