‹ Au couchant de la monarchieChapitre 103 sur 148 · Mémoires du comte de Saint-Priest · texte numérisé non relu

Mémoires du comte de Saint-Priest

LOUIS XVI Ut turgot. 29*j

Trianon, Uintôl dans quelque pavillon dépendant du domaine royal, et Ton s'y ébattait, innocemment sans doute, mais dans une liberté qui prêtait à la calomnie. Le Comte d'Artois, comme bien on pense, était Tàme de toutes les parties, l'irispiraleur de toutes les équipées. Les encouragements pernicieux qu*il prodiguait à sa belle-sœur l'emportaient aisément sur les reproches et sur les homélies des conseillers plus sages : « On réussit tellement à tenir la Reine hors d'elle-même et à l'enivrer de dissipations, se lamente Mercy-Argentcau *, qu'il n'y a, dans certains moments, aucun moyen de faire percer la raison. » Toute la jeune Cour, entraînée par l'exemple, se lançait dans le tourbillon, faisait cortège à la souveraine, et c'était une rage d'anmscments dont l'un de ceux qui y participaient parlera plus tard en ces termes : « On eût dit qu'on faisait amas de joie pour tout le temps qu'on allait pleurer, et il y avait quelque chose de prophétique dans cette indigestion de plaisir qu'on se donnait à l'cnvi. INous avions l'air de nous divertir par prudence, comme les gens qui s'approvisionnent contre la disette. »

Louis XVI souffrait de ces allures, mais son mécontentement ne se manifestait que par de passagères boutades, vite regrettées et rachetées aussitôt par une condescendance plus grande. Dans la plu-

Page 1