I. Journal de Hardy
u. Lettre du 5 juin 177G. Ed. Lcscurc.
mais on ne peut avoir pis qu'un homme qui n'a pas le sens commun... De plus, il est d'un orgueil et d'un dédain à faire rire. En voilà assez sur ce sot animal! »
On n'en juge pas partout ainsi. Une étrangère, la princesse de Kaunitz, dans une lettre adressée de Vienne à l'abbé de Véri, résume ainsi qu'il suit Tétat de l'opinion publique : « Je conviens que M. Turgot allait un peu vite et que ses opérations portaient préjudice à la fortune de bien des particuliers haut placés, mais quelle multitude innombrable n*a-t-il pas soulagée ! Versailles se réjouira, et les provinces seront désolées*. »
Cette formule est exacte. Si Ton excepte ceux < dont l'existence tient aux abus », l'impression qui domine, dans tout l'ensemble du royaume, c'est un étonnement douloureux et une déception vive, c Tous les honnêtes gens de ce pays-ci gémissent sur le renvoi de M. Turgot », reconnaît un témoin sincère. Dans la bourgeoisie éclairée, ceux-là mêmes qui le critiquaient, qui redoutaient les entreprises trop promptes « d'un génie un peu chimérique », envisagent à présent comme une calamité la chute d'un homme dont les vertus, les talents, le zèle généreux, honoraient le pays qui possédait un tel ministre et le prince qui l'avait choisi. Louis XVI portait le poids du mécompte