‹ Au couchant de la monarchieChapitre 52 sur 148 · I. Vie de Turgot^ par Condorcet · texte numérisé non relu

I. Vie de Turgot^ par Condorcet

LOUIS XVI BT TURCOT. 143

Tel était i'iiomme, dont ravènement était salué par Tune des plus touchantes explosions d'espérance qui ait jamais soulevé l'âme d'un peuple en détresse. Aux bravos fi^nétiques des spectateurs de l'Opéra, aux acclamations de la foule, faisaient écho les congratulations de toute une classe de gens dont le pouvoir récolte rarement les suffrages. Écrivains, philosophes, habitués des cénacles et des bureaux d'esprit, tous se louaient à l'envie de l'élévation d'un des leurs, a Si j'avais quelques jours do vie à espérer, s'écriait Voltaire, j'attendrais beaucoup de M. Turgot... Il est né sage et juste, il est laborieux et appliqué. Si quelqu'un peut rétablir les finances, c'est lui*. » — « Il y a tant de nouvelles, tant de mouvements, tant de joie, qu'on ne sait auquel entendre... L'ivresse est générale »; ainsi s'exprime Julie de Lespinasse*. Et madame du Deffand est pour une bonne fois d'accord avec sa jeune rivale; elle espère tout de ce « nouveau Sully », qui a professe la vertu, qui veut faire régner la liberté, établir l'égalité et pratiquer l'humanité ». L'opposant à l'abbé Terray, elle ajoute, de sa plume caustique : « C'est un sage, qui certainement voudra le bien, non pas à la manière de son prédécesseur, le bien d'autrui ' ! » Pour jeter une note discordante dans cet

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