‹ Au couchant de la monarchieChapitre 71 sur 148 · I. BiUet du 33 mai 1775. Arch. nat. K. 1C · texte numérisé non relu

I. BiUet du 33 mai 1775. Arch. nat. K. 1C

cour du ChÂtelet, après une séance qui dura jusqu'à minuit passé. Par sept voix contre six, les accusalions portées contre Guines étaient déclarées « calomnieuses »; Tort était condamné à « faire réparation en face de douze témoins désignés par le comte de Guines » et à payer « trois cents livres d'amende », peine assez bénigne, à tout prendre, pour une attaque si audacieuse et lorsqu'il s'agissait d'un homme que son adversaire se flattait de « faire ramer sur les galères du Roi ». Guines repartit pour Londres le lendemain, mal satisfait de ce triomphe médiocre, et bien résolu, disait-il, à faire appel de cette « sentence baroque ». Mais, si sa victoire était mince, ses puissants protecteurs allaient manœuvrer de manière à y ajouter de l'éclat.

Le baron de Besenval, qui d'ailleurs grossit volontiers l'importance de son rôle, affirme avoir, dans l'occurrence, stimulé, dirigé l'action de Marie-Antoinette. « Je lui représentai avec feu, écrit-il, le danger qu'il y avait pour elle de laisser une cabale aussi inquiétante, ayant à sa tête le duc d'Aiguillon, dont le caractère méchant, vindicatif et profond devait lui faire tout craindre... Je lui fis comprendre la nécessité d'éloigner un tel homme... Je lui conseillai de mettre en avant, vis-à-vis du Roi, l'audace avec laquelle il avait poussé * le comte de Guines, quoiqu'il

Page 1