I. Réflexions historiques
Mercy dénonce, de son côté, l'égoïsme des faux amis qui, a excitant eu elle des sentiments de haine et de vengeance qui ne sont point dans le caractère de cette jeune princesse », sacrifient sans scrupule à leurs vues personnelles a la gloire et Futilité de la Reine ».
L'exil de son neveu parut, dans le premier moment, devoir amener la retraite de Maurepas. Ce fut le bruit général à Paris, et déjà Ton nommait Choiseul comme le successeur désigné. Maurepas, volontairement sans doute, s'arrangea de manière à accréditer cette rumeur. Il a fit le mort » pendant quelques semaines. Prétextant ses années» sa goutte, la fatigue du voyage, il refusa de prendre part au Sacre, s'en fut à Pontchar train, tandis que la Cour tout entière se transportait à Reims, laissant ainsi, en apparence, le champ libre à ses détracteurs. Tout porte à croire, d'ailleurs, que le rusé vieillard, avant de prendre ce congé, n'avait pas négligé de mettre son royal élève en garde contre les assauts qu'il aurait à subir et de lui faire adroitement la leçon. Et sans doute comptait-il aussi sur les fautes de ses adversaires, sur l'ivresse qui succède aux trop faciles victoires, sur l'impatience des amis de Choiseul, sur le maladroit empressement de Marie- Antoinette. Si, comme il est probable, il fit réellement ce calcul, il n'eut pas longtemps à attendre pour en éprouver la justesse.