‹ Au docteur Auguste PettitChapitre 1 sur 3 · DOCTEUR CHARLES RICHET · texte numérisé non relu

DOCTEUR CHARLES RICHET

Professeur honoraire à la Faculté de Médecine

Prix Nobel

Membre de V Académie des Sciences Membre de V Académie de Médecine Président honoraire de la Société de Biologie

Mesdames et Messieurs,

C’est un jour de grande fête pour notre chère Société de Biologie, puisqu’en ce jour, elle vient présenter à notre vaillant Secrétaire général l’hommage de toute sa reconnaissance.

Oui, mon cher Auguste Pettit, les nombreux amis qui vous entourent ici sont dans la joie ; car ils peuvent dans cette réunion de famille vous témoigner leur grande et légitime affection.

On parlait de vos passions tout à l’heure ; passion pour votre chère maman et pour votre admirable sœur si légitimement heureuses aujourd’hui; passion pour la science histo-pathologique à laquelle vous avez consacré votre savante activité ; passion pour la musique où vous êtes un maître et qui vous apporte tant de joies esthétiques. Mais on a oublié une autre passion dévorante: c’est la passion pour la Société de Biologie.

Et ce ne fut pas un amour platonique, mais une robuste et féconde union qui a porté ses fruits. Grâce à vous, la Société de Biologie de Paris étend ses rameaux tentaculaires dans le monde

entier, d’Athènes à Barcelone, d’Upsal à Rio de Janeiro, de Bucarest à Montréal, de Bruxelles à Lisbonne, de Copenhague à Buenos-Ayres.

Cette fête de famille est donc en même temps une fête internationale de la Biologie. Jamais peut-être une société scientifique n’avait connu pareille expansion. Nul recueil n’est comparable à nos bulletins que viennent chaque semaine enrichir des communications envoyées par tous les biologistes du monde.

Et puis, c’est la biologie tout entière qui est représentée sous ses aspects multiples. Physique, chimie, médecine, chirurgie, zoologie, botanique, art vétérinaire, thérapeutique, forment un faisceau de connaissances biologiques qui ont pour bases l’observation et l’expérience, surtout l’expérience plus belle encore peut-être que l’observation.

Et je me souviens des temps anciens, quand, au Musée Dupuytren, je montais allègrement tous les samedis les quatre étages qui conduisaient à notre antique salle de séances. Claude Bernard présidait, respectueusement admiré par les jeunes gens d’alors, Il y avait Brown-Séquard, Paul Bert, Chauveau, Charcot, Ranvier et votre zélé prédécesseur, mon cher Pettit, M. Dumontpalier, qui, drapé de son paletot vétuste, apportait dans sa serviette légendaire les communications qu’il avait à présenter.

Certes alors, la Société de Biologie était florissante, et on enviait véhémentement l’honneur d’en faire partie, mais on ne pouvait pas se douter des conquêtes qu’elle ferait un jour. On ne pouvait pas supposer qu’un Secrétaire général armé autant de courtoisie que de vigueur lui apporterait cet éclat que vous avez su lui donner.

Regardez ces portraits qui décorent notre modeste asile : Rayer, Claude Bernard, Chauveau, Pouchet, Marey, Paul Bert,

Charcot. L’âme de ces maîtres est encore parmi nous. Alors ce n’est pas seulement au nom de nombreux Collègues qui sont venus vous saluer, mais au nom de tous nos illustres ancêtres, dont l’âme est parmi nous, que je vous adresse ici, mon cher ami, toute ma gratitude émue. Permettez-moi de vous donner ma fraternelle accolade.

DISCOURS

DU

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