DOCTEUR LOUIS MARTIN
Sous-Directeur de VInstitut Pasteur Membre de V Académie de Médecine
Mon cher Pettit,
C ’est au nom de vos amis de l’Institut Pasteur que je dois prendre la parole et vous adresse de sincères félicitations.
Notre cher Maître, Monsieur Roux, a toujours insisté dans ses discours du premier de l’an sur un point qu’il désire ancrer dans nos esprits : l’Institut Pasteur doit être une grande famille et chaque fois qu’il arrive un évènement heureux à l’un de ses membres nous devons fêter cet évènement ; c’est avec plaisir qu’aujourd’hui nous participons à votre joie, c’est dans la tradition.
Avant de venir chez nous, vous avez étudié au Muséum le fontionnement des glandes surrénales et d’emblée vous avez montré que l’histologie peut être une science très vivante, indispensable pour bien comprendre le fonctionnement d’un organe et vous êtes resté fidèle à cette discipline, car dans de très nombreux travaux, vous avez utilisé le plan de vos premières études. Dans cette direction, j’ai eu le grand plaisir de travailler avec vous et d’étudier la sclérose expérimentale et toutes les lésions si intéressantes de la spirochétose ictéro hémorragique.
Le biologiste que vous êtes n’a pas été un Savant qui s’est
confiné dans la science pure; vous connaissez bien aussi tous les détails de la technique du laboratoire clinique, si bien que de très nombreux médecins ont recours à vous, soit pour le diagnostic des tumeurs, soit pour les réactions humorales qui caractérisent les maladies. Vos Maîtres et vos Camarades ont une telle confiance dans votre pratique qu’ils abusent parfois, car vous les recevez avec une telle complaisance qu’ils ne craignent jamais de récidiver.
Dans une cérémonie, comme celle d’aujourd’hui je ne devrais pas dévoiler vos passions et cependant vous en avez.
Je vous en connais une, au moins, que vous possédez au superlatif: vous aimez ardemment la jeunesse et votre plus grand plaisir est de l’initier aux pratiques du laboratoire. Combien d’internes des hôpitaux, grâce à vous sont devenus des biologistes; vous leur avez enseigné l’histologie au Muséum et vous avez continué cet enseignement à l’Institut Pasteur ; plus de la moitié de la dernière promotion ont suivi vos cours cette année, si bien qu’il aurait fallu nous réunir dans le grand amphithéâtre de la Faculté si on avait convoqué tous vos anciens élèves français ou étrangers.
Je crois aussi que vous aimez la musique et là encore vous êtes apôtre puisque vous cherchez à réunir souvent tous vos amis pour leur permettre de goûter les joies de l’harmonie.
Voulez-vous me permettre de dire que vous aimez passionément votre famille et je suis sûr de vous faire grand plaisir en demandant à tous ceux qui m’écoutent de l’associer à cette cérémonie. Votre élection à l’Académie de Médecine que nous fêtons aujourd’hui, vous a été très agréable, mais vous avez dû être particulièrement touché à cause de la joie profonde ressentie par votre Mère vénérée. Comme aussi, je suis bien certain que l’orgue que vos amis vous offrent sera bien venu et accepté par
vous, parce que Mademoiselle Marthe Pettit pourra en tirer les accords les plus mélodieux.
Croyez bien, mon cher Pettit, que comme tous vos amis, mes Camarades de l’Institut Pasteur ont été heureux d’assister à cette fête et que je suis fier d’avoir été leur interprête aujourd’hui.
DISCOURS
DU