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L'ILE

A A l P H O N S F. DAUBE T

.Les îles ont bien froid quand la saison est dure...

Mais, en été, ce sont des vaisseaux de verdure,

Qui, jadis, par le fleuve entraînés lentement,

Se seraient échoués tout près du bord charmant.

Les branches sont leurs mâts, les feuilles sont leurs voiles

Et ces agrès vivants vibrent sous les étoiles.

Pour saluer l'essaim des nuages légers,

Les oiseaux font les chants joyeux des passagers.

Elles ne craignent pas le vent ni ses querelles,

Car le beau ciel de France est étendu sur elles.

Celle-ci porte haut son faîte verdoyant; lit le regard charmé s'étonne, en la voyant,

LES BERGES. 7

Des larges trous d'azur et des lumières blondes,

Dont se creuse la nuit des verdures profondes.

La ronce sur le bord mûrit son fruit vermeil;

Les grands peupliers droits se dressent au soleil,

Et les buissons, ces nains, sentent sur leurs épaules

Le vert frisson léger et les cheveux des saules.

Abordez! l'herbe embaume et vous verrez les fleurs,

Les papillons dont l'aile a toutes les couleurs

Des beaux matins poudrés de poussière d'aurore.

Allez ; que la fraîcheur n'arrête pas encore

Au charme exquis du seuil votre rêve et vos pas.

Est-ce une voix humaine? et n'entendez-vous pas,

— Car nous sommes au mois de la nature heureuse, —

Le rossignol chanter sa chanson amoureuse?

Allez jusqu'au fourré d'épines et de houx;

C'est presque un bois... Le front des hêcrcs a pour nous

L tnbre familière et propice; le chêne

D'un lien fraternel et vivant nous enchaîne,

Le j'aime la pâleur de femme du bouleau.

Sur la double beauté de la terre et de l'eau, Le ciel, comme un regard indulgent et limpide, Laisse tomber la paix qui fait l'heure rapide.

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